{"id":1036,"date":"2012-06-27T00:24:45","date_gmt":"2012-06-26T23:24:45","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=1036"},"modified":"2015-12-04T21:16:38","modified_gmt":"2015-12-04T20:16:38","slug":"la-violence-policiere-en-belgique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=1036","title":{"rendered":"La violence polici\u00e8re en Belgique"},"content":{"rendered":"<header class=\"entry-header\">\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Crie que tu es un sale macaque ou je te frappe encore!<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/header>\n<div class=\"entry-content\">\n<div>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><strong>La violence polici\u00e8re en Belgique<\/strong><\/h3>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<div>21 juin 2012<\/div>\n<p>( MO* ) \u2014 Auteur:\u00a0 John Vandaele<\/p>\n<div>\n<p>MO* inventorie la violence polici\u00e8re dans notre pays. La police ne nie pas les probl\u00e8mes et propose m\u00eame des rem\u00e8des. Reste \u00e0 savoir si la politique veut collaborer.<!--more--><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mani\u00e8re dont la police vous traite, d\u00e9termine entre d\u2019autres facteurs comment vous vous sentez dans la soci\u00e9t\u00e9. \u2018Cela a chang\u00e9 nos vies \u00e0 jamais\u2019, t\u00e9moignent des Belges victimes de violence polici\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Prenez l\u2019exemple de Khaled Battafala, juriste, animateur de jeunes, dans la vingtaine. Le 28 ao\u00fbt 2009 il est en visite chez ses parents \u00e0 Ixelles. Lorsqu\u2019il s\u2019approche de la maison, il remarque une ambulance et quelques infirmiers tentant de r\u00e9animer une femme. Il rejoint Nordine, qui vient de demander aux infirmiers s\u2019il ne serait pas possible de couvrir le corps nu de la femme. Apparemment les infirmiers ont r\u00e9agi en appelant la police. Quelques moments plus tard, celle-ci arrive et attaque le duo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Khaled est frapp\u00e9 \u00e0 coups de matraque, apr\u00e8s quoi il est menott\u00e9 et oblig\u00e9 \u00e0 monter dans le combi. Accroupi, les policiers le frappent sur la t\u00eate et dans la nuque. Le tabassage s\u2019interrompt \u00e0 chaque fois que le combi s\u2019arr\u00eate. Quand il red\u00e9marre, quelqu\u2019un crie \u00ab\u00a0<em>go, go, go<\/em>\u00a0\u00bb et les coups reprennent. \u2018Dis que tu es un sale macaque ou je frappe plus fort\u2019, s\u2019\u00e9crie un policier. Khaled s\u2019ex\u00e9cute. \u2018Apr\u00e8s je me sentais si humili\u00e9. Je regrette toujours, mais j\u2019\u00e9tais gagn\u00e9 par la peur.\u2019 La police saute Nordine sur le dos quand il tombe, son nez est fractur\u00e9. Vingt-quatre heures plus tard ils sont lib\u00e9r\u00e9s, mais seulement apr\u00e8s avoir sign\u00e9 une d\u00e9claration qu\u2019ils sont coupables d\u2019\u00ab\u00a0insubordination\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0coups port\u00e9s \u00e0 la police\u00a0\u00bb. \u2018A ce moment j\u2019aurais sign\u00e9 n\u2019importe quoi pour \u00eatre libre.\u2019 Aujourd\u2019hui, trois ans apr\u00e8s les faits, Khaled n\u2019a toujours pas eu d\u2019entretien avec un juge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ou prenez l\u2019exemple de Marianne Maeckelbergh. Elle travaille comme antropologue \u00e0 l\u2019Universite de Leiden et fait des recherches sur entre autres les mouvement sociaux mondiaux. C\u2019est pourquoi elle se rend \u00e0 Bruxelles le 1er octobre 2010, o\u00f9 a lieu une manif du r\u00e9seau No Border, qui lutte contre l\u2019exclusion des migrants. La police l\u2019arr\u00eate pendant qu\u2019elle prend des photos. Maeckelbergh : \u2018Pendant quatorze heures j\u2019\u00e9tais l\u2019esclave de leur pouvoir arbitraire. J\u2019ai re\u00e7u deux gifles \u00e0 main ouverte dans le visage pendant qu\u2019un autre policier me tirait les cheveux par l\u2019arri\u00e8re. Plus tard un policier m\u2019a donn\u00e9 un coup de pied dans la cuisse gauche et m\u2019a crach\u00e9 dans le visage, pendant qu\u2019il m\u2019appelait une sale pute. Apr\u00e8s ils m\u2019ont encha\u00een\u00e9e \u00e0 un radiateur et couverte d\u2019insultes. Le chef de police (bureau de la rue de l\u2019Hectolitre) a suivi la sc\u00e8ne depuis son bureau sans r\u00e9agir. Il n\u2019a m\u00eame pas r\u00e9agi lorsqu\u2019une autre personne arr\u00eat\u00e9e a re\u00e7u des coups de pied et de main de trois policiers. Cette personne est tomb\u00e9e et s\u2019est recroquevill\u00e9e pour \u00e9viter les coups alors que sa main \u00e9tait encha\u00een\u00e9e. Maeckelbergh a la forte impression que ce type de violence n\u2019est pas exceptionnel, puisque cela se passait tr\u00e8s ouvertement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a aussi le fameux cas de Niki, l\u2019<em>indign\u00e9e<\/em> grecque qui f\u00fbt arr\u00eat\u00e9e le 14 octobre 2011 pendant une action contre Dexia. Assise, les mains lies derri\u00e8re le dos, un policier lui donne un coup de pied dans la figure. Les enregistrements par gsm font le tour du monde. Quoique les images sont suffisamment claires, des sources fiables nous confirment que la police a ni\u00e9 leur authenticit\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion du proc\u00e8s. Il s\u2019agirait d\u2019une illusion d\u2019optique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 6 d\u00e9cembre 2011 l\u2019Angolais Jos\u00e9 Eduardo Simba (29 ans) est tabass\u00e9 sur le lieu du travail. A ce moment il fait un stage comme comptable chez MuziekPublique au th\u00e9\u00e2tre Moli\u00e8re dans le c\u0153ur de Bruxelles. Puisque le th\u00e9\u00e2tre se situe dans une zone o\u00f9 ont lieu les manifestations contre la r\u00e9\u00e9lection de Joseph Kabila, Jos\u00e9 va jeter un coup d\u2019\u0153il pendant la pause de midi. La police l\u2019ordonne de soit participer \u00e0 la manif, soit s\u2019en aller. Jos\u00e9 retourne au boulot. Un peu plus tard, comme il entend un vacarme, il va regarder depuis le portail du th\u00e9\u00e2tre. <em>\u2018Suivez-nous, fouteur de merde\u2019, <\/em>lui crie un policier. Jos\u00e9 rentre au th\u00e9\u00e2tre en criant : \u2018Ils me suivent.\u2019 Sans permis de perquisition les agents de police le poursuivent jusque dans les entrailles du th\u00e9\u00e2tre. Ils l\u2019isolent dans les coulisses et y chassent les autres qui y sont pr\u00e9sents. Jos\u00e9 est couch\u00e9 sur le sol pendant que trois policiers le tabassent. Un peu plus tard ils l\u00e2chent \u00e9galement leurs deux chiens sur Jos\u00e9. Les t\u00e9moignages viennent des autres membres du personnel, qui ouvrent la porte \u00e0 tour de r\u00f4le dans le but de lib\u00e9rer Jos\u00e9, mais qui sont chaque fois brutalement repouss\u00e9s. C\u2019est seulement apr\u00e8s un \u00ab\u00a0traitement\u00a0\u00bb de dix minutes que Jos\u00e9 est emmen\u00e9. Il est lib\u00e9r\u00e9 sans accusations \u00e0 trois heures de la nuit. Un m\u00e9decin constatera chez Eduardo plusieurs morsures de chien, des c\u00f4tes contusionn\u00e9es et une grande angoisse. A la m\u00eame \u00e9poque MuziekPublique conseille ses collaborateurs noirs de ne plus venir au travail. Le risque de se faire attaquer par la police est devenu trop grand pour eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Samira est une fr\u00eale cinquantenaire d\u2019origine marocaine. Le 21 janvier 2012 elle organise une boum dans son logement pr\u00e8s de la gare du Nord. La police passe suite \u00e0 une plainte pour tapage nocturne. Sur leur demande elle se rend calmement dans la rue pour un contr\u00f4le d\u2019identit\u00e9. Soudain elle est terrass\u00e9e d\u2019un coup de jambe, elle se retrouve couch\u00e9e sur le ventre et maintenue dans cette position par des pieds sur son dos. Apr\u00e8s quoi on l\u2019emm\u00e8ne dans la nuit hivernale, habill\u00e9e seulement d\u2019un chemisier. Arriv\u00e9e au bureau de police, elle doit remettre ses bijoux et son soutien-gorge.\u00a0 \u2018Quand je commen\u00e7ais \u00e0 me plaindre du froid, le policier Gaetan Wilmot me hurlait de fermer ma gueule. \u00ab\u00a0Pute, salope saoule\u00a0\u00bb, qu\u2019il me criait. Je r\u00e9pliquais que je n\u2019\u00e9tais pas saoule et je r\u00e9clamais un test sanguin, mais il me jetait \u00e0 terre de toute sa force. A ce moment-l\u00e0 je croyais vraiment que je n\u2019\u00e9tais plus en Belgique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trois heures plus tard, \u00e0 7h30 du matin, elle quitte le bureau de police avec une convocation pour se pr\u00e9senter pour un interrogatoire pour \u00ab\u00a0r\u00e9bellion et coups port\u00e9s \u00e0 la police\u00a0\u00bb. Samira : \u2018L\u2019interrogatoire f\u00fbt conduit le 6 mars par Gaetan Wilmot, l\u2019homme qui m\u2019avait battue.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Samira et ses s\u0153urs ne comprennent plus. \u2018Avant, quand on entendait parler de violence polici\u00e8re, on pensait toujours : pas de fum\u00e9e sans feu. Maintenant on pense autrement. Je ne me sens plus Belge. Nous ne sommes plus rien, maintenant.\u2019<\/p>\n<blockquote>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Un large spectre<\/h2>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les cas que nous venons de d\u00e9crire ne sont que quelques exemples de violence polici\u00e8re r\u00e9cente dans les environs de Bruxelles. En grandes lignes on n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 l\u2019image d\u2019un large spectre de violence. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 vous avez un nombre limit\u00e9 de faits criminels, impliquant par exemple un groupe de policiers qui laissent un Alg\u00e9rien faire son travail de pickpocket \u00e0 la gare du Midi \u00e0 Bruxelles, pour lui prendre son butin plus tard dans la soir\u00e9e et l\u2019amocher salement. Un coll\u00e8gue les d\u00e9nonce. Cette cat\u00e9gorie de faits comprend \u00e9galement les cas d\u00e9crits ci-dessus de violence verbale et physique \u00ab\u00a0moyenne\u00a0\u00bb.\u00a0 De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du spectre il y a la violence physique et verbale plut\u00f4t mod\u00e9r\u00e9e, qui souvent passe inaper\u00e7ue. En effet, souvent les victimes ne d\u00e9posent pas plainte pour un tas de raisons : trop pauvres, trop de honte, trop de peur, pas de confiance dans le r\u00e9sultat de leur action.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Nordine Sa\u00efdi<\/strong>, par exemple, est arr\u00eat\u00e9 le 16 ao\u00fbt 2009 alors qu\u2019il distribue des pamphlets sur le march\u00e9 d\u2019Anderlecht. Il veut tirer l\u2019attention des clients et des marchands sur les produits isra\u00e9liens qui sont vendus alors qu\u2019Isra\u00ebl transgresse le droit international. Apr\u00e8s six heures il est lib\u00e9r\u00e9 sans proc\u00e8s verbal. Au bureau de police, on lui dit ceci : \u2018<em>Bougnoul<\/em>, si \u00e7a ne te pla\u00eet pas ici, va chier dans ton propre pays. Attache une ceinture autour de ton ventre et va te faire exploser dans ton pays \u00e0 toi.\u2019 Marc Condijts, adjoint du commissaire \u00e0 Anderlecht, est parmi les impliqu\u00e9s. Plus tard des coll\u00e8gues d\u00e9posent \u00e9galement plainte contre Condijts pour remarques homophobes et violence verbale et physique. Condijts n\u2019est pas un inconnu de la justice suite \u00e0 de nombreuses plaintes\u00a0: la derni\u00e8re, pour coups et blessures, date d\u2019octobre 2011 \u2018Nos policiers doivent se rendre compte que le citoyen n\u2019est pas toujours blanc ou fortun\u00e9, mais parfois de couleur et pauvre.\u2019 .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des entretiens que nous avons eus, il devient clair que dans certains bureaux de police la violence verbale et les \u00ab\u00a0tartes\u00a0\u00bb (des coups \u00e0 la main ouverte, qui ne laissent pas de traces) sont presque de la routine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parfois les victimes sont des jeunes. X a quinze ans, il est d\u2019origine maghr\u00e9bine. Il se prom\u00e8ne avec des amis apr\u00e8s l\u2019\u00e9cole. Avec un d\u2019eux, il tra\u00eene par rapport aux autres. Les deux autres cassent la vitre d\u2019une voiture et ils sont arr\u00eat\u00e9s. Plus tard la police sonne \u00e0 la maison\u00a0de X pour fouiller sa chambre. Ils ne trouvent rien. X est emmen\u00e9 dans le combi, les parents inquiets suivent. Apr\u00e8s un interrogatoire le jeune peut accompagner ses parents \u00e0 la maison. X a l\u2019air \u00ab\u00a0touch\u00e9\u00a0\u00bb. Ce n\u2019est que lorsque les parents insistent que le jeune avoue qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 battu. Des tartes. Les parents sont embarrass\u00e9s par les \u00e9v\u00e8nements et n\u2019en parlent \u00e0 personne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Thomas Devos de \u2018Jeugd en Stad\u2019 (JES) est \u00e9ducateur de rue \u00e0 Molenbeek : \u2018La premi\u00e8re fois tu penses que les jeunes exag\u00e8rent ou qu\u2019ils mentent, mais apr\u00e8s vingt fois \u00e7a t\u2019ouvre les yeux. Ce genre de violence est courant.\u2019 Devos ne sait pas dire dans quelle mesure le racisme joue un r\u00f4le. \u2018Parfois j\u2019entends que les policiers marocains sont les plus violents. On ne peut certainement pas dire que tous les policiers sont des racistes. Une enqu\u00eate montre que les jeunes ont plus de respect pour des agents de quartier que pour les \u00e9quipes d\u2019intervention.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dirk De Block de COMAC, les jeunes de la PTB: \u2018Les contr\u00f4les policiers sont souvent bas\u00e9s sur ce qu\u2019on appelle le <em>profiling<\/em> des groupes \u00e0 risque, qui sont contr\u00f4l\u00e9s beaucoup plus fr\u00e9quemment. Les contr\u00f4les fr\u00e9quents des m\u00eames jeunes risquent \u00e0 terme d\u2019exasp\u00e9rer ces derniers au point de provoquer des r\u00e9bellions.<\/p>\n<blockquote>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Le probl\u00e8me n\u2019est pas ni\u00e9<\/h2>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les policiers \u00e0 qui nous avons parl\u00e9 ne nient pas les probl\u00e8mes. Il y a le t\u00e9moignage de l\u2019agent Sa\u00efd, mais m\u00eame le commissaire Pierre Collignon de Molenbeek ne minimalise pas les probl\u00e8mes. Il ajoute qu\u2019aujourd\u2019hui, gr\u00e2ce \u00e0 une meilleure formation, la violence a diminu\u00e9. \u2018Le niveau d\u2019\u00e9ducation a fortement augment\u00e9. Jusqu\u2019aux ann\u00e9es septante les agents de quartier \u00e9taient parfois illettr\u00e9s. La violence \u00e9tait plus accept\u00e9e \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, tandis que les gens d\u2019aujourd\u2019hui sont plus capables de s\u2019exprimer. Ceci dit, oui, la violence polici\u00e8re se produit chaque jour. Elle est la cons\u00e9quence de deux probl\u00e8mes. Le premier se situe au niveau de la s\u00e9lection : il s\u2019agit des personnes qui veulent devenir policier pour \u2018faire la chasse aux arabes\u2019 et qui passent les s\u00e9lections avec succ\u00e8s. Ceux-l\u00e0, il faut les \u00e9liminer. Le deuxi\u00e8me probl\u00e8me est celui des policiers qui ne savent plus faire face \u00e0 la pression psychologique. Des personnes qui ont fait la patrouille pendant dix ou quinze ans, et qui se sont tout le temps fait insulter et qui r\u00e9agissent maintenant par des \u2018tartes\u2019. Ces gens-l\u00e0, on peut parfois les r\u00e9cup\u00e9rer. Avec un bon accompagnement et une p\u00e9riode de travail dans l\u2019administration, les choses peuvent retourner \u00e0 la normale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Collignon fait une distinction entre les interventions polici\u00e8res lors des manifestations, o\u00f9 il y a un \u00e9l\u00e9ment structurel de violence, et ce qui se passe apr\u00e8s une arrestation. \u2018A ce moment-l\u00e0, la violence est interdite. Quand quelqu\u2019un est menott\u00e9, il doit \u00eatre trait\u00e9 comme un bijou pr\u00e9cieux. M\u00eame quand en tant que policier vous \u00eates insult\u00e9, vous devez pouvoir le supporter.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Olivier Stein est un avocat qui souvent prend la d\u00e9fense des victimes de violence polici\u00e8re. Il est membre de la commission justice de la Ligue des Droits de l\u2019Homme. \u2018Ces derniers temps la violence est devenue plus fr\u00e9quente. Actuellement, la Ligue re\u00e7oit une ou deux r\u00e9clamations de violence polici\u00e8re par semaine. C\u2019est pourquoi nous cr\u00e9ons maintenant, en collaboration avec JES, un observatoire de violence polici\u00e8re.\u2019 Stein craint une criminalisation des mouvements sociaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon Diane Reynders du Comit\u00e9 P, les chiffres dont dispose le comit\u00e9 ne sont pas fiables puisque bon nombre de zones polici\u00e8res ne transmettent pas rigoureusement leurs donn\u00e9es sur les r\u00e9clamations et les condamnations. Elle dit qu\u2019en g\u00e9n\u00e9ral les interventions de la police se font de mani\u00e8re correcte, mais que malheureusement la violence polici\u00e8re est un ph\u00e9nom\u00e8ne existant.<\/p>\n<blockquote>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Sanctions<\/h2>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bon nombre de victimes ont l\u2019impression que leurs plaintes restent sans cons\u00e9quences. La bureaucratie juridique est lourde, d\u2019autant plus \u00e0 Bruxelles. Ainsi notre pays a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 en 2009 par la Cour Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme pour torture et discrimination de Turan Cakir, qui a \u00e9t\u00e9 gravement maltrait\u00e9 par la police de Schaerbeek. La justice avait laiss\u00e9 l\u2019affaire se prescrire, apr\u00e8s quoi la victime a plaid\u00e9 sa cause avec succ\u00e8s au niveau europ\u00e9en.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le fait que les policiers, pour se prot\u00e9ger eux-m\u00eames, d\u00e9posent plainte \u00e0 leur tour pour r\u00e9bellion et coups port\u00e9s \u00e0 la police \u2013 ce que Collignon reconna\u00eet \u2013 n\u2019est pas sans cons\u00e9quences. Stein : \u2018Lorsque les victimes r\u00e9ussissent finalement \u00e0 prouver leur innocence, ils sont souvent trop \u00e9puis\u00e9s pour poursuivre la proc\u00e9dure. La baisse du nombre de convictions ne peut donc pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme une am\u00e9lioration.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon le rapport annuel du Comit\u00e9 P, un seul policier a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 en Belgique en 2010 pour violence sans raison l\u00e9gale. Le rapport mentionne \u00e9galement qu\u2019\u00e0 Gand 31 policiers ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s pour d\u2019autres d\u00e9lits que la violence, contre seulement 23 \u00e0 Bruxelles et 16 \u00e0 Anvers, des villes beaucoup plus grandes que Gand. Soit les policiers gantois sont plus \u00ab\u00a0m\u00e9chants\u00a0\u00bb, soit les chiffres ne sont pas corrects, soit les infractions \u00e0 Bruxelles et \u00e0 Anvers sont moins rigoureusement poursuivies. Quoi qu\u2019il en soit, il y a du travail \u00e0 faire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Reynders n\u2019exclut pas que l\u2019attitude des parquets diff\u00e8re en fonction des r\u00e9gions. De plus, l\u2019on peut se poser la question de savoir quelle importance le monde politique, notamment la Ministre de la Justice, attache \u00e0 la violence polici\u00e8re. Stein : \u2018Malheureusement, l\u2019accord de gouvernement mentionne uniquement la violence contre la police, mais pas la violence par la police. Les principaux probl\u00e8mes sont que les autres policiers ne r\u00e9agissent pas \u00e0 la violence et que le parquet ne fait pas tout son possible pour garder la police dans son r\u00f4le.\u2019 Jos Colpin, porte-parole du parquet, affirme que ce dernier prend la violence contre les citoyens arr\u00eat\u00e9s tr\u00e8s au s\u00e9rieux, mais il avoue que souvent trop de temps passe avant qu\u2019une affaire soit plaid\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Diane Reynders trouve \u00e9galement que les policiers doivent apprendre \u00e0 critiquer leurs coll\u00e8gues. Et qu\u2019\u00e0 terme la violence sape la l\u00e9gitimit\u00e9 de la police et rend leur travail plus difficile. Collignon de nuancer : \u2018Le d\u00e9fi consiste \u00e0 changer les choses sans nuire au moral du corps de police.\u2019<\/p>\n<blockquote>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Pr\u00e9vention<\/h2>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et la pr\u00e9vention de violence polici\u00e8re, comment s\u2019y prendre ? Selon Reynders, la formation peut jouer un grand r\u00f4le : \u2018Il faut instaurer un code de conduite plus clair, qui fasse part de la formation. La police travaille au service de la communaut\u00e9 et des citoyens, mais nos policiers doivent bien se rendre compte que ce citoyen n\u2019est pas toujours blanc ou fortun\u00e9, mais parfois de couleur et pauvre.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jozef De Witte, directeur du Centre pour l\u2019Egalit\u00e9 des Chances et la Lutte contre le Racisme, consid\u00e8re qu\u2019il y a encore un long chemin \u00e0 parcourir : \u2018Une \u00e9tude aupr\u00e8s de la police anversoise montre que bon nombre de policiers se font porter malades lorsqu\u2019ils doivent travailler en \u00e9quipe avec un coll\u00e8gue d\u2019origine marocaine. On peut se demander comment ces personnes vont agir contre des citoyens d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re.\u2019 De Witte n\u2019est pas content de la mani\u00e8re dont la police traite la violence et la discrimination. \u2018Sur ce plan, il est temps que les bourgmestres plaident eux aussi pour la tol\u00e9rance z\u00e9ro. Maintenant que la Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur est \u00e9galement comp\u00e9tente pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des chances, il y a une possibilit\u00e9 de r\u00e9aliser un progr\u00e8s important.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.mo.be\/fr\/artikel\/crie-que-tu-es-un-sale-macaque-ou-je-te-frappe-encore\">Source<\/a><\/p>\n<div>\n<div>\n<h3>\u2018Zeg dat je een makaak bent of ik sla harder\u2019<\/h3>\n<\/div>\n<div>Politiegeweld in Belgi\u00eb<\/div>\n<div>\n<div>25 april 2012<\/div>\n<p>( MO*) \u2014 Auteur:\u00a0 John Vandaele<\/p>\n<div>\n<p>MO* brengt politiegeweld in ons land in kaart. De politie zelf ontkent de problemen niet en suggereert hoe ze kunnen worden verholpen. Vraag is of de politiek mee aan die kar wil trekken.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<fieldset>\n<legend>Mediaviewer<\/legend>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div id=\"mediaviewer_item_0\">\n<p><img decoding=\"async\" title=\"\" src=\"http:\/\/www.mo.be\/sites\/default\/files\/imagecache\/article_detail_full\/20120423_policebrussels_flickr.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<div>\n<div>De Brusselse politie aan het werk aan het Anspach centrum, juli 2008.<\/div>\n<div>\u00a9 CC fototineke.be<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/fieldset>\n<\/div>\n<div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Omwille van plaatsgebrek werden de getuigenissen in dit artikel ingekort. De volledige getuigenissen leest u op <em><a href=\"http:\/\/www.mo.be\/politiegeweld-brussel\">Politiegeweld in Belgi\u00eb: de getuigenissen<\/a><\/em><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">De manier waarop de politie je behandelt, bepaalt mee hoe je je voelt in de samenleving. \u2018Ons leven was nooit meer helemaal hetzelfde\u2019, getuigen Belgen die kennismaakten met politiegeweld.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Neem Khaled Battafala, jurist, jeugdwerker en twintiger. Hij bezoekt op 28 augustus 2009 zijn ouders in Elsene. Als hij in de buurt komt, ziet hij een ambulance en enkele verplegers die een vrouw reanimeren. Hij staat bij Nordine, die de verplegers even ervoor heeft gevraagd of ze de vrouw, die naakt is, niet wat kunnen bedekken. Kennelijk hebben de verplegers daarop de politie opgeroepen. Even later verschijnt die ten tonele en valt het tweetal aan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Khaled krijgt klappen van de wapenstok; voor hij het weet, zit hij geboeid in de combi. Hij zit voorovergebogen, de agenten slaan op zijn hoofd en nek. Telkens als de combi halt houdt, stopt het kloppen. Als hij weer doorrijdt, roept iemand \u201cgo, go, go\u201d en slaan ze verder. \u2018Zeg dat je een vuile makaak bent of ik sla nog harder\u2019, roept een agent. Khaled doet het. \u2018Achteraf voelde ik me zo vernederd. Het spijt me nog altijd, maar ik was overweldigd en bang.\u2019 De politie springt op zijn rug als hij valt, Nordines neus wordt gebroken. Vierentwintig uur later worden ze weer vrijgelaten, maar pas nadat ze een verklaring hebben getekend dat ze zich bezondigd hebben aan \u201cweerspannigheid\u201d en \u201cslagen aan de politie\u201d. \u2018Op dat moment had ik eender wat getekend om weer vrij te komen.\u2019 We zijn bijna drie jaar later en Khaled kreeg nog altijd geen rechter te spreken.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Of neem Marianne Maeckelbergh. Ze werkt als antropologe aan de Universiteit van Leiden en onderzoekt onder meer wereldwijde sociale bewegingen. Daarom komt ze op 1 oktober 2010 naar een manifestatie in Brussel van het No Bordernetwerk, dat strijdt tegen uitsluiting van migranten. De politie arresteert haar terwijl ze foto\u2019s neemt. Maeckelbergh: \u2018Veertien uur lang werd ik onderworpen aan hun macht en willekeur. Ik werd twee keer in het gezicht geslagen met de open hand, terwijl een andere agent me van achter heel hard aan mijn haar trok. Later werd ik door een agent tegen mijn linkerdij geschopt en in mijn gezicht gespuwd, terwijl hij me meermaals vuile hoer noemde. Daarna werd ik vastgeketend aan een radiator en voortdurend bedreigd. De politiechef (kantoor Hectoliterstraat) zag het vanuit zijn kantoor allemaal gebeuren en reageerde niet. Ook niet toen een andere gearresteerde meermaals werd geschopt en geslagen door drie agenten, tot hij op de grond lag te schreeuwen en zich helemaal in een knoop had gedraaid \u2013 zijn hand was vastgeketend \u2013 in een poging de slagen te ontwijken.\u2019 Maeckelbergh heeft de stellige indruk dat het geweld niet uitzonderlijk is, omdat het voor niemand verborgen werd.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Er is ook het bekende geval van de Griekse Niki, een indignada die op 14 oktober 2011 werd aangehouden tijdens een actie tegen Dexia. Ze zit met de handen op de rug gebonden op de grond als een agent in burger haar in het gezicht trapt. De gsm-opnamen gaan de wereld rond. Hoewel de beelden voor zich spreken, worden ze \u2013 zo vernemen we uit goede bron \u2013 in de rechtszaak ontkend door de politie. Het zou om gezichtsbedrog gaan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Op 6 december 2011 wordt de Angolees Jos\u00e9 Eduardo Simba (29 jaar) op zijn werk afgeranseld. De man loopt stage als boekhouder bij MuziekPublique in het theater Moli\u00e8re, hartje Brussel. Aangezien het theater in de zone ligt waar de manifestaties tegen de herverkiezing van Joseph Kabila plaatsvinden, gaat Jos\u00e9 over de middag even kijken. De politie maant hem aan ofwel deel te nemen aan de manifestatie, ofwel weg te gaan. Jos\u00e9 gaat weer werken. Als hij later veel lawaai hoort, kijkt hij toch even vanuit de poort van het theater. \u2018Suivez-nous, fouteur de merde\u2019, roept een agent hem toe. Jos\u00e9 loopt het theater in, roepend: \u2018Ze volgen mij.\u2019 Zonder huiszoekingsbevel volgen de agenten hem diep het theater in. Ze isoleren hem in de backstage van het theater en jagen er iedereen weg. Jos\u00e9 ligt op de grond, drie agenten slaan hem. Even later komen er ook twee honden aan te pas. Dat getuigen alle personeelsleden, die beurtelings de deur openen om Jos\u00e9 te bevrijden maar brutaal worden weggeduwd. Pas na tien minuten \u201cbewerking\u201d wordt Jos\u00e9 weggevoerd. Om 3 uur \u2019s nachts wordt hij vrijgelaten zonder beschuldigingen. Later stelt een arts bij Eduardo meerdere hondenbeten vast, gekneusde ribben en grote angstigheid. In die periode raadt MuziekPublique zijn zwarte medewerkers aan niet meer te komen werken: het risico dat ze door de politie worden aangevallen, is te groot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Samira is een tengere dame van vijftig van Marokkaanse afkomst. Op 21 januari 2012 viert ze een feestje in haar woning bij het Noordstation. Als de politie na klachten over nachtlawaai langskomt, wordt ze, als ze zich even op straat begeeft om kalmpjes haar identiteitskaart te tonen, met een beenveeg gevloerd, op haar buik gelegd, geboeid en met voeten op haar rug tegen de grond gehouden. Daarna wordt ze afgevoerd in de koude winternacht, met alleen een hemdje aan. Als ze in het politiekantoor komt, moet ze haar juwelen en bh afgeven. \u2018Toen ik klaagde over de kou, brieste agent Gaetan Wilmot dat ik mijn bek moest houden. \u201cHoer, dronken slet\u201d, riep hij. Ik zei hem dat ik niet dronken was, vroeg om een bloedtest, maar hij slingerde me met geweld tegen de grond. Op dat moment dacht ik echt dat ik niet meer in Belgi\u00eb was.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Drie uur later, om 7.30 uur \u2019s morgens, verlaat ze het politiekantoor met een oproepingsbevel dat ze zich moet melden voor verhoor wegens \u201cweerspannigheid en slagen aan de politie\u201d. Samira: \u2018Het verhoor werd op 6 maart afgenomen door Gaetan Wilmot, de man die me had geslagen.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Samira en haar zus snappen het niet. \u2018Als we vroeger hoorden over politiegeweld, dachten we altijd: waar rook is, zal wel vuur zijn. Nu denken we daar anders over. Ik voel me geen Belg meer. We zijn niets nu.\u2019<\/p>\n<blockquote>\n<h2>Een breed spectrum<\/h2>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deze gevallen zijn maar een snelle greep uit recent politiegeweld in de Brusselse omgeving. Grosso modo doemt het beeld op van een breed spectrum van geweld. Aan de ene kant heb je een beperkt aantal zaken van criminele aard, waarbij bijvoorbeeld een groep politieagenten een Algerijn zonder papieren eerst zijn werk als zakenroller laat doen aan het Brusselse Zuidstation, om hem \u2019s avonds zijn buit af te nemen en vreselijk toe te takelen. Ze worden verklikt door een collega. Daaronder bevinden zich de hierboven beschreven gevallen van \u201cmiddelmatig\u201d verbaal en fysiek geweld. Aan de andere kant van het spectrum is er lichter fysiek en verbaal geweld, dat dikwijls onder de radar blijft. Omdat mensen om allerlei redenen geen klacht indienen: te arm, beschaamd, bang, geen geloof in het resultaat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Zo wordt Nordine Sa\u00efdi op 16 augustus 2009 opgepakt terwijl hij pamfletten uitdeelt op de markt van Anderlecht. Hij wil klanten en verkopers erop wijzen dat producten uit Isra\u00ebl worden aangeboden en dat Isra\u00ebl de internationale rechtsregels overtreedt. Na zes uur komt hij vrij zonder proces-verbaal. Op het politiekantoor krijgt hij het volgende te horen: \u2018Bougnoul, als het je hier niet aanstaat, ga dan in je eigen land schijten. Doe iets rond je buik en laat je ontploffen in je eigen land.\u2019 Marc Condijts, adjunct van de commissaris in Anderlecht. is een v Onze mensen moeten meer beseffen dat de burger niet altijd blank of welgesteld is, maar soms ook gekleurd en arm. an de betrokkenen. Later dienen ook collega\u2019s klacht in tegen Condijts, voor homofobe opmerkingen en verbaal en fysiek geweld. Condijts is ook bij het gerecht bekend vanwege vele klachten: de laatste, voor slagen en verwondingen, dateert van oktober 2011.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Uit de gesprekken die we voerden, blijkt dat in bepaalde politiekantoren verbaal geweld en \u201ctaarten\u201d (klappen met de open hand die geen sporen nalaten) bijna routine zijn.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Soms zijn jongeren daarvan het slachtoffer. X is vijftien jaar en van Maghrebijnse afkomst. Na school is hij met drie vrienden op stap. Met \u00e9\u00e9n van hen blijft hij achter. De twee anderen slaan het raam van een wagen in en worden opgepakt. Later belt de politie bij X thuis aan en doorzoekt zijn kamer. Er wordt niks gevonden. X wordt meegenomen in een combi; de verontruste ouders volgen. Na verhoor kan de jongen weer mee met zijn ouders. X ziet er \u201cgetroffen\u201d uit. Pas als de ouders aandringen, bekent de jongen dat hij geslagen is. Taarten. De ouders zijn beschaamd over de gebeurtenis en praten er met niemand over.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Thomas Devos van Jeugd en Stad (JES) doet straathoekwerk in Molenbeek: \u2018De eerste keer denk je dat de jongeren overdrijven of liegen, maar de twintigste keer gaan je ogen open. Dit soort geweld gebeurt dikwijls.\u2019 Devos weet niet in hoever racisme een rol speelt. \u2018Soms hoor ik dat Marokkaanse agenten de ergste geweldplegers zijn. Je kunt zeker niet zeggen dat alle agenten racisten zijn. Een bevraging leert dat jongeren meer waardering hebben voor de wijkagenten dan voor de interventieploegen.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dirk De Block van Comac, de jongerenbeweging van de PVDA, en tevens werkzaam bij het Molenbeekse jeugdhuis D\u2019broej: \u2018Vele politiecontroles zijn gebaseerd op zogenaamde profiling van risicogroepen, die veel meer worden gecontroleerd.\u2019 Het risico bestaat dat het almaar controleren van dezelfde jongeren op de duur zoveel ergernis wekt dat ze er juist rebels door worden.<\/p>\n<blockquote>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Probleem niet ontkend<\/h2>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">De politiemensen die wij spraken, ontkennen de problemen niet. Er is het getuigenis van agent Sa\u00efd maar ook commissaris Pierre Collignon van Molenbeek veegt de problemen niet onder de mat. Al wijst hij erop dat er tegenwoordig, dankzij betere opleiding, minder geweld is dan vroeger: \u2018Het studieniveau is sterk gestegen. Tot de jaren zeventig waren wijkagenten soms ongeletterd. Geweld werd toen meer aanvaard, mensen zijn nu mondiger. Dat gezegd zijnde: ja, er zijn dagelijkse geweldfeiten bij de politie. Die zijn het gevolg van twee problemen. Het eerste is verkeerde selectie: mensen die eigenlijk bij de politie komen om \u201cArabieren te kraken\u201d en toch door de selectie geraken. Die moet je er weer uit krijgen. Het tweede probleem is dat van agenten die het niet meer aankunnen. Mensen die tien, vijftien jaar patrouilleren, al die tijd uitgescholden worden en daarom \u201ctaarten\u201d gaan uitdelen. Die mensen kunnen we soms recupereren. Als we hen goed opvangen en een tijd in de administratie laten werken, kan het weer goed komen.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Collignon ziet een onderscheid tussen het politieoptreden bij manifestaties, waar structureel een element van geweld in zit, en wat er gebeurt na een arrestatie. \u2018Dan is geweld verboden. Als iemand geboeid is, moet hij behandeld worden als een waardevol juweel. Zelfs als je als agent beledigd wordt, wat veel gebeurt, moet je dat kunnen verdragen.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Advocaat Olivier Stein verdedigt vaak mensen die het slachtoffer zijn van politiegeweld en is lid van de commissie justitie van de Liga van de Rechten van de Mens. \u2018Het geweld neemt de jongste tijd toe. De Liga krijgt dezer dagen een tot twee klachten over politiegeweld per week binnen. Daarom richten we nu, samen met JES, een observatorium voor het politiegeweld op.\u2019 Stein vreest voor een criminalisering van sociale bewegingen.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Diane Reynders van het Comit\u00e9 P wijst erop dat de cijfers waarover het comit\u00e9 beschikt niet betrouwbaar zijn omdat nogal wat politiezones hun gegevens over klachten en veroordelingen niet nauwgezet doorsturen. Ze stelt dat de politie over het algemeen behoorlijk optreedt maar dat politiegeweld spijtig genoeg voorkomt.<\/p>\n<blockquote>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Sancties<\/h2>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Veel slachtoffers hebben het gevoel dat er amper iets gebeurt met hun klachten. De juridische molens draaien, zeker in Brussel, erg traag. Zo werd ons land in 2009 veroordeeld door het Europees Hof voor de Rechten van de Mens voor foltering en discriminatie van Turan Cakir, die zwaar werd toegetakeld door de Schaarbeekse politie. Omdat het gerecht de zaak liet verjaren, ging het slachtoffer zijn zaak met succes bepleiten op Europees niveau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dat geweld plegende agenten bij wijze van zelfbescherming steevast een tegenklacht indienen wegens weerspannigheid en slagen aan de politie \u2013 wat ook Collignon erkent \u2013 heeft gevolgen. Stein: \u2018Als slachtoffers er na lange tijd in slagen hun onschuld te bewijzen, zijn ze vaak te uitgeput om nog verder te procederen. Dat er minder veroordelingen zijn, mag dus niet ge\u00efnterpreteerd worden als bewijs dat de situatie verbetert.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Volgens het jaarverslag van het Comit\u00e9 P werd in 2010 in Belgi\u00eb \u00e9\u00e9n agent veroordeeld voor geweld zonder wettige reden. Het verslag leert ook dat in Gent in totaal 31 politieagenten werden veroordeeld voor andere vergrijpen dan geweld, tegen maar 23 in Brussel en zestien in Antwerpen, steden die veel groter zijn dan Gent. Ofwel zijn de Gentse agenten \u201cstouter\u201d, ofwel kloppen de cijfers niet, ofwel worden overtredingen in Brussel en Antwerpen lakser vervolgd. In alle gevallen is er werk aan de winkel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Reynders wil niet uitsluiten dat de houding van het parket verschilt van regio tot regio. Bovendien is het maar de vraag hoe belangrijk de politiek, de minister van Justitie in het bijzonder, politiegeweld vindt. Stein: \u2018Het regeerakkoord spreekt spijtig genoeg enkel over geweld tegen de politie en niet over geweld door de politie. De grootste problemen zijn dat andere agenten niet reageren op geweld en dat het parket er niet alles aan doet om ervoor te zorgen dat de politie in haar rol blijft.\u2019 Woordvoerder Jos Colpin zegt dat het parket geweld tegenover gearresteerde burgers wel ernstig neemt, maar geeft toe dat het soms erg lang duurt voor zaken voorkomen.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Diane Reynders vindt ook dat agenten moeten leren om elkaar kritiek te geven. En dat geweld uiteindelijk de legitimiteit van de politie ondergraaft en haar werk moeilijker maakt. Collignon nuanceert: \u2018De uitdaging is om dingen te veranderen zonder het moreel van het korps aan te tasten.\u2019<\/p>\n<blockquote>\n<h2>Preventie<\/h2>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">En wat met het voorkomen van politiegeweld? Reynders vindt dat de opleiding daarin een grote rol kan spelen: \u2018Er zou een duidelijker gedragscode moeten komen, die al op de politieschool wordt aangeleerd. Een gemeenschapsgerichte politie is er voor de burger, maar onze mensen moeten meer beseffen dat die burger niet altijd blank of welgesteld is, maar soms ook gekleurd en arm.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jozef De Witte, directeur van het Centrum voor Gelijke Kansen en Racismebestrijding, gelooft dat er nog veel werk aan de winkel is: \u2018Uit onderzoek bij de Antwerpse politie bleek dat heel wat agenten zich ziek melden als ze bij een collega van Marokkaanse oorsprong worden ingedeeld. Je kunt je afvragen hoe zulke mensen optreden tegen burgers van vreemde herkomst.\u2019 De Witte is niet tevreden over de manier waarop de politie met geweld en discriminatie omgaat. \u2018Burgemeesters mogen ook wel eens pleiten voor nultolerantie op dit vlak. Nu de minister van Binnenlandse Zaken ook gelijke kansen onder zich heeft, is er een kans om stappen vooruit te zetten op dat vlak.\u2019<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.mo.be\/artikel\/zeg-dat-je-een-makaak-bent-ik-sla-harder\">Source<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Crie que tu es un sale macaque ou je te frappe encore! La violence polici\u00e8re en Belgique 21 juin 2012 ( MO* ) \u2014 Auteur:\u00a0 John Vandaele MO* inventorie la violence polici\u00e8re dans notre pays. La police ne nie pas les probl\u00e8mes et propose m\u00eame des rem\u00e8des. Reste \u00e0 savoir si la politique veut collaborer.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":813,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[36,42,4,7,8,18,28,37,39,5],"tags":[31,14,23,13,54,15],"class_list":["post-1036","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-europe","category-homophobie","category-islamophobie","category-negrophobie","category-prisons","category-resistance-bruxelles","category-racismes","category-romophobie","category-sans-papier","category-violence-policiere","tag-belgique","tag-bruxelles","tag-discrimination","tag-nordine-saidi","tag-police","tag-resistance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1036","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1036"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1036\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2624,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1036\/revisions\/2624"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/813"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1036"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1036"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1036"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}