{"id":1118,"date":"2012-05-19T02:11:34","date_gmt":"2012-05-19T01:11:34","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=1118"},"modified":"2013-11-12T02:13:17","modified_gmt":"2013-11-12T01:13:17","slug":"le-genie-collectif","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=1118","title":{"rendered":"Le g\u00e9nie collectif"},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align: justify;\">Le g\u00e9nie collectif<\/div>\n<div id=\"auteur\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.lesarkophage.com\/f\/index.php?sp=livAut&amp;auteur_id=79&amp;PHPSESSID=e180d4cb3b6231c318b91b2dede7a4a6\">J\u00e9r\u00e9mie Piolat<\/a>, Philosophe<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>L\u2019Am\u00e9rique latine est le seul continent o\u00f9 le socialisme se conjugue toujours au pr\u00e9sent, un socialisme qui a su \u00e9pouser les cultures populaires et marier la gauche et l\u2019\u00e9cologie. Une belle occasion de revenir sur le Chiapas. En 1998 des membres de L\u2019EZLN, arm\u00e9e zapatiste de lib\u00e9ration nationale, se rendirent \u00e0 Paris. Nous nous trouvions alors au sommet de ce qu\u2019avait commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9clencher jusqu\u2019en Europe occidentalis\u00e9e, quatre auparavant, cette gu\u00e9rilla mexicaine du Chiapas, apparue un beau premier de l\u2019an d\u2019un temps o\u00f9 le temps des gu\u00e9rillas semblait pour beaucoup r\u00e9volu.<!--more--><br \/>\n<\/strong><\/em><br \/>\nLa gu\u00e9rilla se manifesta ici d\u2019abord par quelques apparitions au journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9, puis des articles du sous-commandant Marcos publi\u00e9s dans L\u2019Autre Journal, puis un reportage sur Arte r\u00e9alis\u00e9 par Carmen Castillo, et enfin le livre du m\u00eame Marcos. Les Europ\u00e9ens de l\u2019Ouest, lisant Marcos, d\u00e9couvraient un langage inhabituel en mati\u00e8re de pratiques politiques. Y \u00e9taient pr\u00e9sents les esprits de la for\u00eat, les esprits des anc\u00eatres disparus qui participaient au d\u00e9bat politique. Surgissait un langage po\u00e9tique, imag\u00e9, puissant, autre, aux yeux des Europ\u00e9ens. Les Europ\u00e9ens d\u00e9couvraient le lien possible entre la culture traditionnelle et la r\u00e9sistance. Ils d\u00e9couvraient \u00e9galement la force de la culture populaire.<br \/>\nMarcos ne cessait de r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 travers ses interviews et \u00e9crits qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas l\u2019auteur, mais plut\u00f4t le porte-parole d\u2019un patrimoine commun traditionnel en prise avec l\u2019avenir et le combat implacable pour la justice. Les Europ\u00e9ens d\u00e9couvraient ce qu\u2019on appelle le g\u00e9nie culturel collectif et populaire : lorsque les \u00e9vocations sont si puissantes, si synth\u00e9tiques, si parlantes, et vont si vite \u00e0 l\u2019essentiel, qu\u2019elles ne peuvent \u00eatre le fruit d\u2019un seul esprit ou d\u2019une cr\u00e9ation solitaire.<br \/>\nCertains militants europ\u00e9ens se sont trouv\u00e9s presque au bord du pr\u00e9cipice, presque en face de cette question : o\u00f9 sont nos esprits, ces petites lumi\u00e8res qui nous permettent de voir dans le chaos, ce feu d\u2019images, de r\u00eaves, d\u2019\u00e9vocations, auquel nous pourrions nous ressourcer pour \u00eatre, devenir et nous battre ?<br \/>\nAutre chose que simplement les objectifs de lutte liait apparemment les militants gu\u00e9rilleros du Chiapas. Et la force de ce lien leur avait permis de faire l\u2019impensable : cr\u00e9er une gu\u00e9rilla qui d\u00e9fiait le pouvoir, prenait une ville, avait un code d\u2019honneur drastique, et n\u2019\u00e9tait pas lamin\u00e9e du premier coup. Les Indiens gu\u00e9rilleros avaient quelque chose \u00e0 d\u00e9fendre, un mode de vie, une spiritualit\u00e9, un attachement profond \u00e0 leur terre, \u00e0 leurs for\u00eats, qu\u2019ils refusaient d\u2019\u00eatre simplement destin\u00e9s \u00e0 satisfaire aux demandes du march\u00e9. Et ces for\u00eats, leurs esprits, peuplaient de leurs mots les \u00e9crits de l\u2019EZLN. Mieux encore, comme le disait le premier ouvrage de Marcos, ces mots faisaient appel aux fant\u00f4mes et faisaient remonter l\u2019oppression qu\u2019ils subissaient depuis 500 ans. Les combattants de l\u2019EZLN \u00e9taient reli\u00e9s. Entre eux, \u00e0 leur terre, \u00e0 leur histoire, \u00e0 l\u2019avenir. Leur combat avait un sens terriblement multiple.<br \/>\nLorsque les militants li\u00e9s \u00e0 l\u2019EZLN vinrent en France, \u00e0 plusieurs reprises, leur f\u00fbt pos\u00e9e cette question : comment pouvons-nous vous aider ? Cette simple question tuait dans l\u2019\u0153uf les autres questions qu\u2019auraient pu nous apporter le combat et la pr\u00e9sence des militants chiapan\u00e8ques : o\u00f9 est notre communaut\u00e9 \u00e0 nous autres Europ\u00e9ens de l\u2019Ouest ? O\u00f9 est notre g\u00e9nie collectif, capable d\u2019exprimer ce qui compte pour nous ?<br \/>\nLe risque de la folklorisation pointait son nez. La beaut\u00e9 des textes de l\u2019EZLN, de ses revendications, tenait donc finalement au fait que ces militants sont des Indiens et, on le sait, les Indiens ont encore une mani\u00e8re imag\u00e9e de s\u2019exprimer, mani\u00e8re propre aux peuples qui donnent aux \u00e9l\u00e9ments une \u00e2me, un esprit. L\u2019id\u00e9e n\u2019\u00e9tait pas loin que nous avions affaire encore une fois \u00e0 des primitifs et donc \u00e0 des croyances primitives, agr\u00e9ables et jolies certes, mais si d\u00e9pass\u00e9es et donc incapables de nous apprendre quoi que ce soit sur notre monde et son avenir.<br \/>\nInterroger ce qui se cachait derri\u00e8re la notion d\u2019esprit de la for\u00eat par exemple, comment cela peut se traduire dans un autre langage, qu\u2019est-ce que cela offre en terme d\u2019approche diff\u00e9rente, nourrissante, revitalisante, de notre capacit\u00e9 \u00e0 voir, de notre relation \u00e0 notre monde vivant, tout cela ne semblait pas devoir effleurer nos esprits. L\u2019EZLN \u00e9tait finalement une gentille petite et inoffensive gu\u00e9rilla exotique sans avenir r\u00e9el, qui plaisait \u00e0 la part du monde m\u00e9diatique et politique situ\u00e9e l\u00e9g\u00e8rement \u00e0 gauche.<br \/>\nComme il se devait, tout f\u00fbt oubli\u00e9. La question possible que nous avait ramen\u00e9e la r\u00e9volte du Chiapas retourna dans les poubelles du folklore exotique. La fascination pour le Chiapas n\u2019avait \u00e9t\u00e9 qu\u2019une mode.<br \/>\nIl y a eu l\u00e0 une terrible occasion rat\u00e9e. Car cette fois l\u00e0, la puissance de la culture populaire arrivait avec la tenue de combat, de r\u00e9sistance, d\u2019anticapitalisme, bref de tout ce qu\u2019il fallait pour que le militant occidental lui accorde un peu de son \u00e9coute et comprenne que, peut-\u00eatre, dans le combat contre le capitalisme, la culture populaire a un r\u00f4le \u00e0 jouer et plus encore. La culture populaire, quelle que soit son expression choisie, offre non tant une spiritualit\u00e9 en soi, mais de v\u00e9ritables techniques pour apprendre \u00e0 exister dans un monde qui ne serait pas capitaliste, un monde dont la seule consolation apr\u00e8s l\u2019\u00e9puisement priv\u00e9 de sens, serait la consommation.<br \/>\nJ\u2019utilise \u00e0 volontairement le mot \u00ab techniques \u00bb. Car une technique suppose un apprentissage. Certains diront \u00ab po\u00e9tiser ou re-po\u00e9tiser le monde \u00bb : Oui, et po\u00e9tiser le monde c\u2019est apprendre \u00e0 le sentir et donc peut \u00eatre \u00e0 le comprendre. Les cultures populaires constituent un ensemble de techniques vivantes pour po\u00e9tiser le monde, et, plus encore, en nous r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l\u2019\u00e9tymologie du mot, \u00e0 \u00ab po\u00ef\u00e9tiser \u00bb le monde, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 le comprendre, exister avec lui, tout en sachant ressentir ce monde, ces processus, son \u00e9tranget\u00e9, ses exigences, sa complexit\u00e9 renouvel\u00e9e sans cesse (dans le sens radicalement oppos\u00e9 au discours de Dakar de Sarkozy parlant du paysan africain \u00e0 l\u2019existence rythm\u00e9e par les saisons \u2013 o\u00f9 tout serait toujours la m\u00eame chose \u2013, \u00e0 une existence priv\u00e9e d\u2019histoire et donc d\u2019int\u00e9r\u00eat. Il y a dans ce discours, en r\u00e9sum\u00e9, quatre cent ans de haine occidentale contre le monde vivant dont, seule, la domination rend la pr\u00e9sence tol\u00e9rable.)<br \/>\nSans culture populaire, sans arts transmis et transform\u00e9s au jour le jour non dans une institution d\u2019\u00e9tat mais dans la rue, en famille, il est difficile d\u2019\u00e9prouver le sens qu\u2019aurait une vie hors syst\u00e8me capitaliste. C\u2019est entre autres \u00e0 partir de ce que peuvent nous apprendre toutes les pratiques culturelles populaires touchant \u00e0 la naissance, \u00e0 la mort, au soin, au lien avec la terre, avec sa communaut\u00e9, avec la rencontre de l\u2019autre, c\u2019est \u00e0 partir de tout cela, de cette richesse l\u00e0, que l\u2019on peut proclamer vouloir et pouvoir exister dans un monde non r\u00e9gi par les lois du capital.<br \/>\nPersonne n\u2019a invent\u00e9 le Mablax s\u00e9n\u00e9galais, le Chaabi maghr\u00e9bin, les incroyables postures des multiples danses tziganes, tels que ces arts se pratiquent dans la rue et non seulement sur des sc\u00e8ne professionnelles. Personne n\u2019a invent\u00e9 l\u2019accueil que r\u00e9servent aux \u00e9trangers voyageurs la grande majorit\u00e9 des peuples non occidentaux, et les significations profondes qui sous-tendent ces pratiques d\u2019accueil. Personne n\u2019a invent\u00e9 l\u2019art de se soigner avec des plantes ni celui de cultiver un lopin de terre sans le d\u00e9truire.<br \/>\nDans le village du Sud de la France d\u2019o\u00f9 je suis issu, mon ami Bruno qui a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019y rester sait tout faire pour survivre : cultiver, construire une maison, tailler les oliviers. Il sait lire le ciel et la s\u00e9cheresse annonc\u00e9e ou son contraire dans la posture ou la couleur d\u2019une plante.<br \/>\nDans de nombreuses r\u00e9gions d\u2019Afrique, on ne laisse jamais un nouveau-n\u00e9 seul, pleurer dans sa chambre.<br \/>\nLe fait est \u00e9voqu\u00e9 entre autres par Amadou Hampath\u00e9 Ba, au travers de son \u0153uvre.<br \/>\nPourquoi cet accompagnement ? Parce qu\u2019on ne consid\u00e8re pas que la vie du nouveau-n\u00e9, sa capacit\u00e9 \u00e0 vivre, va de soi. Il r\u00e8gne la menace d\u2019un esprit mal intentionn\u00e9 qui pourrait s\u2019emparer du b\u00e9b\u00e9, lui \u00f4ter la vie, ou sa puissance. Cela est-il faux ? Quelle id\u00e9e auront de la vie les enfants qu\u2019on a laiss\u00e9 pleurer, seuls, d\u00e8s le troisi\u00e8me jour, quand on sait qu\u2019un nouveau n\u00e9 qui hurle, hurle en g\u00e9n\u00e9ral parce qu\u2019il a faim ou mal ? Quelle id\u00e9e cet \u00eatre aura-t-il de la vie lorsqu\u2019on n\u2019a pas r\u00e9pondu \u00e0 ses besoins alors qu\u2019il \u00e9tait essentiellement besoin ? Lorsqu\u2019il entendait sans le comprendre qu\u2019il \u00e9tait capricieux ? Parce qu\u2019il mettait du temps \u00e0 apprendre le temps occidental, le temps salarial, et qu\u2019il vaut mieux, on le sait, commencer tr\u00e8s t\u00f4t cet apprentissage.<br \/>\nAilleurs, on s\u2019\u00e9meut \u00e0 juste titre du travail des enfants.<br \/>\nEt si sous cette \u00ab croyance \u00bb de laquelle nous sommes si prompts \u00e0 nous \u00e9mouvoir, visualisant l\u2019arri\u00e8re salle d\u2019un film d\u2019horreur vaudou, se cachait simplement une autre mani\u00e8re d\u2019affirmer une v\u00e9rit\u00e9 scientifique : un enfant qu\u2019on laisse pleurer lorsqu\u2019il a une semaine ou que l\u2019on s\u00e9pare de sa m\u00e8re d\u00e8s trois mois pour les besoins du monde salarial, risque d\u2019\u00eatre habit\u00e9 par un mauvais esprit, enfoui au plus profond de son corps, un esprit qui lui dira : dans ce monde, on ne vient pas au secours du faible, dans ce monde il ne faut pas accorder de l\u2019empathie pour les plus fragiles.<br \/>\nPersonne n\u2019a invent\u00e9, seul, cette th\u00e9orie africaine des risques encourus par le nouveau n\u00e9 et la pratique d\u2019accompagnement permanent des premiers mois de vie.<br \/>\nJ\u00e9r\u00e9mie Narby dans son ouvrage Le Serpent Cosmique avait d\u00e9montr\u00e9 au fil reconstituant son propre parcours de r\u00e9flexion, que les \u00ab voyages \u00bb, sous nicotine ing\u00e9r\u00e9e, des initi\u00e9s indiens, les mettant en relation avec l\u2019origine du monde, n\u2019avaient rien d\u2019un d\u00e9lire. Le serpent cosmique que les indiens voient, en l\u2019occurrence, a l\u2019exacte forme de l\u2019ADN. La pratique tr\u00e8s cadr\u00e9e, et aid\u00e9e entre autres par l\u2019absorption d\u2019un produit, permet en fait aux Indiens de voyager non dans le cosmos, mais en quelque sorte dans leur propre corps et d\u2019y visualiser cette part substantielle et invisible \u00e0 l\u2019\u0153il nu de leur vie qu\u2019est l\u2019ADN.<br \/>\nToutes ces pratiques culturelles que nous \u00e9voquons, tout cela, a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 par le g\u00e9nie populaire, inscrit dans le temps, l\u2019\u00e9coute, le dialogue, la transmission, l\u2019adaptation, le lien communautaire et \u00e0 la terre r\u00e9elle sur laquelle nous vivons. Ce g\u00e9nie s\u2019appelle la culture populaire.<br \/>\nLa culture des \u00ab cultivants \u00bb et non comme on dit ici des cultiv\u00e9s.<br \/>\nS\u2019il faut regarder de pr\u00e8s les cultures encore anim\u00e9es \u2013 quoiqu\u2019en danger plus que jamais car, en ces temps de mondialisation, le moindre lopin d\u2019autonomie est en guerre avec l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 mondialis\u00e9e \u2013, c\u2019est parce qu\u2019elles peuvent nous apprendre ce que nous n\u2019avons plus ici, en Europe occidentalis\u00e9e.<br \/>\nLa pr\u00e9sence des \u00ab autres \u00bb non occidentaux est un cadeau ou une ruse de l\u2019histoire. Il faut nous int\u00e9grer aux immigr\u00e9s et aux cultures populaires qu\u2019ils portent encore. Non pour devenir l\u2019autre, mais pour prendre la mesure de ce dont nous, Europ\u00e9ens, avons \u00e9t\u00e9 lest\u00e9s et le reconqu\u00e9rir.<br \/>\nIl nous faut aussi apprendre notre histoire \u00e0 hauteur de peuple et d\u2019hommes : dans quelle m\u00e9canique s\u2019inscrit ce que nous vivons et quand cela a-t-il commenc\u00e9 ? Savoir et apprendre \u00e0 penser que cette m\u00e9canique s\u2019est mise en place il y a plus de quatre si\u00e8cles pourra nous aider \u00e0 nous relier \u00e0 nous-m\u00eames et \u00e0 notre histoire, notre temps, nos sentiments de solitude, de d\u00e9passement face au discours de la crise de la dette et de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et aux promesses de tiers-mondisation m\u00eame du Nord.<br \/>\nOui, nous avons \u00e0 re-po\u00e9tiser le monde, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 le faire na\u00eetre avec nous, \u00e0 le comprendre, le sentir, sentir l\u2019importance de tout ce que le capitalisme d\u00e9consid\u00e8re et nous dresse \u00e0 d\u00e9consid\u00e9rer depuis notre naissance et la naissance des anc\u00eatres de nos anc\u00eatres.<br \/>\nAlors, nous pourrons commencer \u00e0 nous \u00ab d\u00e9moderniser \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 cesser d\u2019\u00eatre des maillons technologiquement am\u00e9liorables, isol\u00e9s et jetables, de la m\u00e9canique du march\u00e9 qui, il y a quatre si\u00e8cles, commen\u00e7a \u00e0 inventer ici, Europe, en supprimant les terres communes, l\u2019interdiction de l\u2019autonomie alimentaire, du lien \u00e0 la terre et de l\u2019art de la f\u00eater pour ne pas perdre la fragile capacit\u00e9 \u00e0 la sentir, \u00e0 nous unir et comprendre et respecter les incontournables r\u00e8gles et cycles du monde vivant dont nous sommes part.<br \/>\nLe combat contre le capitalisme mondialis\u00e9, capitalisme dont nous assistons aujourd\u2019hui au v\u00e9ritable triomphe pr\u00e9par\u00e9 \u2013 et d\u00e9nonc\u00e9 en vain \u2013 depuis plus de 20 ans, ne pourra se passer de notre saut dans le pr\u00e9cipice qu\u2019est la destruction d\u2019\u00e0 peu pr\u00e8s tout ce qui rend la vie ici-bas digne d\u2019\u00eatre v\u00e9cue : les cultures dont nous sommes les acteurs et les cr\u00e9ateurs jamais seuls.<br \/>\nCe saut et l\u2019ab\u00eeme nous grandiront.<br \/>\nUne simple question approche. En ces temps de crise forc\u00e9e et de menaces de famine, et aussi absurde cela pourra-t-il sembler au premier abord, ne faudrait-il pas, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 menace de ne plus pouvoir nourrir personne, imaginer comment mettre en marche la r\u00e9paration de la destruction initiale et fondatrice de la colonisation capitaliste et de la destruction de nos cultures populaires ? : dans chaque village, et m\u00eame chaque quartier de ville, la recr\u00e9ation des terres communes. \u25a0<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.egalite.be\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/arton111.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" title=\"arton111\" alt=\"\" src=\"http:\/\/www.egalite.be\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/arton111.jpg\" width=\"400\" height=\"309\" \/><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le g\u00e9nie collectif J\u00e9r\u00e9mie Piolat, Philosophe L\u2019Am\u00e9rique latine est le seul continent o\u00f9 le socialisme se conjugue toujours au pr\u00e9sent, un socialisme qui a su \u00e9pouser les cultures populaires et marier la gauche et l\u2019\u00e9cologie. Une belle occasion de revenir sur le Chiapas. En 1998 des membres de L\u2019EZLN, arm\u00e9e zapatiste de lib\u00e9ration nationale, se &#8230; <a title=\"Le g\u00e9nie collectif\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=1118\" aria-label=\"En savoir plus sur Le g\u00e9nie collectif\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1119,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,21,25],"tags":[63],"class_list":["post-1118","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-amerique-du-sud","category-anti-imperialisme","category-enseignement","tag-jeremie-piolat"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1118","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1118"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1118\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1120,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1118\/revisions\/1120"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1119"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1118"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1118"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1118"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}