{"id":2462,"date":"2015-02-25T21:04:49","date_gmt":"2015-02-25T20:04:49","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=2462"},"modified":"2015-02-26T14:34:36","modified_gmt":"2015-02-26T13:34:36","slug":"qui-a-peur-de-lumumba","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=2462","title":{"rendered":"Qui a peur de \/ Wie is er bang van Lumumba ?"},"content":{"rendered":"<div class=\"_4-u3 _5cla\">\n<div class=\"meta\">\n<p><strong> Collectif de signataires* <\/strong><br \/>\nMis en ligne <time><span id=\"1424793600\" class=\"prettydate\">mardi 24 f\u00e9vrier 2015, 17<abbr title=\"heure\">h<\/abbr>00<\/span><\/time><\/p>\n<\/div>\n<blockquote>\n<h5>17 janvier 1961\u3000: assassinat de Patrice Emery Lumumba, avec la complicit\u00e9 des autorit\u00e9s belges. 17 janvier 2015\u3000: lancement au Bozar du festival Congolisation; une contraction qui joue sur les mots \u00abCongo\u00bb et \u00abcolonisation\u00bb, qui rappelle que la culture artistique congolaise s\u2019est propag\u00e9e \u00e0 travers le monde.<\/h5>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lesoir.be\/803443\/article\/debats\/cartes-blanches\/2015-02-24\/qui-peur-lumumba\">Source : Le Soir <\/a><\/p>\n<div class=\"_5k3v _5k3w clearfix\">\n<div>\n<p><span class=\"photo \"><img decoding=\"async\" class=\"photo_img img\" title=\"\" src=\"https:\/\/fbcdn-sphotos-b-a.akamaihd.net\/hphotos-ak-xpf1\/v\/t1.0-9\/11011456_10153118163374907_5365822581032171082_n.jpg?oh=8fc13bfeb48a670299130323980868c5&amp;oe=558DC3CA&amp;__gda__=1435595445_b4d3c10713dcaf6e6a12520f1f020c23\" alt=\"\" \/><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>17 janvier 1961 : assassinat de Patrice Emery Lumumba, avec la complicit\u00e9 des autorit\u00e9s belges. 17 janvier 2015 : lancement au Bozar du festival Congolisation ; une contraction qui joue sur les mots \u00ab Congo \u00bb et \u00ab colonisation \u00bb, qui rappelle que la culture artistique congolaise s\u2019est propag\u00e9e \u00e0 travers le monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A 18h, dans un Bozar foisonnant, une trentaine de personnes (artistes, militants et citoyens qui se vivent comme les h\u00e9ritiers de Lumumba) se sont regroup\u00e9es sur les marches du grand hall, rev\u00eatues de l\u2019effigie de Lumumba. Hors programme, elles ont diffus\u00e9 haut et fort son c\u00e9l\u00e8bre discours du 30 juin 1960. Un ruban adh\u00e9sif leur barrait la bouche, d\u00e9non\u00e7ant ainsi le caract\u00e8re obscur du pass\u00e9 colonial de la Belgique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous nous r\u00e9jouissons de la tenue de cette manifestation. Elle a constitu\u00e9 une r\u00e9ponse vive et d\u00e9termin\u00e9e au lourd climat de censure qui a accompagn\u00e9 toute la conception de la programmation artistique de ce 17 janvier. En effet, sentant resurgir le spectre de Patrice Lumumba, des voix influentes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des institutions soutenant financi\u00e8rement cette journ\u00e9e (notamment au sein de la DGD Coop\u00e9ration) se sont imm\u00e9diatement braqu\u00e9es interdisant toute mention explicite \u00e0 Lumumba dans le programme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"photo \"><img decoding=\"async\" class=\"photo_img img\" title=\"\" src=\"https:\/\/fbcdn-sphotos-d-a.akamaihd.net\/hphotos-ak-xpf1\/v\/t1.0-9\/s720x720\/541630_10153118151339907_9003963536925654376_n.jpg?oh=e31262966c15a0221ba06a2d936b3105&amp;oe=559487F4&amp;__gda__=1435951945_af3b820dc65a3d6cd2542510ea52c245\" alt=\"\" \/><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Comm\u00e9morer Lumumba co\u00fbte que co\u00fbte <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Evacuer Lumumba du programme visait \u00e0 rendre impossible le d\u00e9ploiement de bout en bout d\u2019un projet artistique autour de sa personnalit\u00e9. C\u2019est donc en d\u00e9jouant les tentatives de contr\u00f4le de certains acteurs institutionnels que les artistes ont r\u00e9ussi \u00e0 convoquer le leader de la r\u00e9sistance coloniale au Congo ; aussi \u00e0 travers de plusieurs \u00e9vocations dans un texte, de photos sur un flyer, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La volont\u00e9 de mettre Lumumba \u00e0 l\u2019honneur a persist\u00e9 en allant se loger dans les br\u00e8ches de l\u2019institution. Autrement dit, depuis plus d\u2019un demi-si\u00e8cle, la loi du silence et les strat\u00e9gies de d\u00e9tournement se perp\u00e9tuent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans un de ses ouvrages, Achille Mbembe raconte que c\u2019est par les chants et les lamentations des grands-m\u00e8res qu\u2019il a compris l\u2019importance des exploits de Ruben Um Nyob\u00e9 (dirigeant camerounais pr\u00e9curseur des luttes d\u2019ind\u00e9pendance en Afrique, assassin\u00e9 en 1958 par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise.). Sa m\u00e9moire, nous dit-il, \u00ab fut ensevelie sous les d\u00e9combres des interdits et la censure d\u2019Etat\u00bb .<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cette censure, qui cherche \u00e0 r\u00e9duire les possibilit\u00e9s d\u2019expression des citoyens de la diaspora africaine, en rappelle d\u2019autres. Cela fait notamment plusieurs ann\u00e9es que les autorit\u00e9s communales d\u2019Ixelles refusent la proposition \u00e9manant d\u2019un collectif citoyen d\u2019honorer la place situ\u00e9e derri\u00e8re l\u2019\u00e9glise Saint Boniface du nom de \u00ab Place Lumumba \u00bb. Il y a pourtant 87 pays dans le monde o\u00f9 des rues ou des places portent son nom !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous voil\u00e0 donc face \u00e0 deux situations-types d\u2019injonction au silence visant \u00e0 brider des lieux publics \u00e0 partir desquels des rassemblements, des \u00e9changes d\u2019id\u00e9es, des d\u00e9bats deviendraient possibles, int\u00e9ressants et n\u00e9cessaires pour la construction d\u2019une histoire que l\u2019on partage.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Comm\u00e9morer Lumumba : les h\u00e9ritages comptent <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Plus de cinquante ans apr\u00e8s l\u2019assassinat de Lumumba, malgr\u00e9 une commission d\u2019enqu\u00eate sur les conditions de sa mort reconnaissant l\u2019implication du gouvernement belge, et des excuses formul\u00e9es au peuple congolais, la Belgique maintient un voile opaque sur son histoire coloniale. Pourquoi ? Est-elle uniquement en train de prot\u00e9ger des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s ou veille-t-elle aussi \u00e0 pr\u00e9server des \u00e9quilibres g\u00e9opolitiques potentiellement menac\u00e9s si des obligations de r\u00e9paration devaient \u00eatre prononc\u00e9es ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, la journ\u00e9e du 17 janvier a montr\u00e9 que le lourd pass\u00e9 colonial non assum\u00e9 de la Belgique continue aujourd\u2019hui \u00e0 produire ses effets jusque dans les actes des institutions li\u00e9es \u00e0 la culture et au d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sous l\u2019angle des institutions culturelles, cette censure soul\u00e8ve en effet une question cruciale : en maintenant les expressions artistiques sur un terrain qui ne s\u2019aventure pas sur l\u2019histoire sociale, politique et coloniale, les institutions culturelles, comme celle du Bozar, jouent-elles le r\u00f4le qui leur est assign\u00e9 ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Notre r\u00e9ponse est non. En cadenassant la cr\u00e9ation culturelle des organisateurs et des artistes, ces derniers se sont vus contraints d\u2019ass\u00e9cher leurs projets de d\u00e9part en les vidant des questions de soci\u00e9t\u00e9 qui comptent pour eux. Signalons que ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois qu\u2019une telle situation se produit. C\u2019est une confiscation du choix des sources d\u2019inspiration des communaut\u00e9s africaines et une atteinte \u00e0 leur libert\u00e9 de cr\u00e9ativit\u00e9 et d\u2019expression.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"photo photo_center\"><img decoding=\"async\" class=\"photo_img img\" title=\"\" src=\"https:\/\/fbcdn-sphotos-h-a.akamaihd.net\/hphotos-ak-xfp1\/v\/t1.0-9\/s180x540\/10988909_10153118166324907_4308287740189692305_n.jpg?oh=ad67f02160919c9ab4a2364d0d3236f6&amp;oe=5550F3BF&amp;__gda__=1430845510_b9725931d9ffd28baf8003d5c94e92a0\" alt=\"\" \/><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lumumba est une source l\u00e9gitime d\u2019inspiration comme tout \u00e9v\u00e9nement de l\u2019histoire africaine, prise dans une histoire-monde, que les diasporas cherchent \u00e0 s\u2019approprier pour r\u00e9pondre aux questions qui leur importent : de quelle histoire coloniale et de quels rapports coloniaux avec la Belgique h\u00e9ritent-elles ? De quelles r\u00e9sistances \u00e0 la colonisation h\u00e9ritent-elles ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si l\u2019on peut parler de r\u00e9paration symbolique \u00e0 travers les excuses que la Belgique a prononc\u00e9es, celles-ci ne se traduisent cependant pas dans les rapports contemporains que certaines institutions culturelles entretiennent avec les citoyens belges issus des diasporas africaines. La censure t\u00e9moigne, au contraire, d\u2019un certain m\u00e9pris r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019un rapport h\u00e9rit\u00e9 du colonialisme (contr\u00f4ler les esprits, ne pas voir, ne pas entendre, nier les contentieux \u00e9conomiques ou ceux li\u00e9s \u00e0 la r\u00e9paration mat\u00e9rielle, etc.)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le r\u00f4le des institutions culturelles n\u2019est pas de dire l\u2019histoire aux descendants des colonis\u00e9s en \u00e9vacuant Lumumba, ni de contr\u00f4ler leurs besoins.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ceux qui ont pris la responsabilit\u00e9 de la censure (avort\u00e9e) et qui s\u2019en servent pour tenter de mettre \u00e0 l\u2019abri un secret de polichinelle autour de l\u2019affaire Lumumba sont aussi, ce faisant, en train de d\u00e9truire, non pas nos forces d\u2019expression, mais les tentatives, port\u00e9es par les diasporas, de penser, en Belgique, les rapports de tension postcoloniaux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Signataires<\/strong> :<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[Associations]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Bakushinta asbl<\/p>\n<p>Bruxelles Panth\u00e8res<\/p>\n<p>Caf\u00e9 Congo<\/p>\n<p>Centre de Recherche sur la D\u00e9colonisation du Congo Belge (CRDCB)<\/p>\n<p>Change asbl<\/p>\n<p>Collectif Cr\u00e9ole<\/p>\n<p>Collectif M\u00e9moire Coloniale et Lutte Contre les Discriminations (CMCLD)<\/p>\n<p>Collectif Pr\u00e9sences Noires<\/p>\n<p>Comit\u00e9 belge contre la n\u00e9grophobie<\/p>\n<p>Conseil des Communaut\u00e9s Africaines en Europe et en Belgique (CCAEB)<\/p>\n<p>Le Centre Lazaret Multis-Services asbl<\/p>\n<p>Les Editions du Souffle<\/p>\n<p>Migrations et luttes sociales<\/p>\n<p>Observatoire Ba Ya Ya asbl<\/p>\n<p>Warrior Poets<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[Personnalit\u00e9s]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Gia Abrassart (journaliste, consultante)<\/p>\n<p>Karel Arnaut, (anthropologue, KULeuven).<\/p>\n<p>Rachida Aziz (chroniqueuse, militante, styliste)<\/p>\n<p>Joachim Ben Yakoub (Pianofabriek)<\/p>\n<p>Val\u00e9rie Brixhe (historienne des repr\u00e9sentations)<\/p>\n<p>V\u00e9ronique Clette-Gakuba (chercheure, ULB)<\/p>\n<p>Sarah Demart (chercheure, ULG)<\/p>\n<p>Ludo De Witte (auteur)<\/p>\n<p>Yves-Marina Gnahoua (com\u00e9dienne)<\/p>\n<p>Nicole Gr\u00e9goire (chercheure, ULB)<\/p>\n<p>Samira Hmouda (Pianofabriek)<\/p>\n<p>Julie Jaroszewski (chanteuse, com\u00e9dienne, auteure)<\/p>\n<p>Aya Kasasa (consultante D\u00e9veloppement Durable)<\/p>\n<p>Paul Kerstens (KVS)<\/p>\n<p>Jacinthe Mazzocchetti (chercheure, UCL)<\/p>\n<p>Monique Mbeka Phoba (r\u00e9alisatrice et productrice de films)<\/p>\n<p>Olivier Mukuna (journaliste et essayiste)<\/p>\n<p>Wetsi Mpoma (Africana-radio Campus)<\/p>\n<p>Modi Ntambwe (Africana-radio Campus)<\/p>\n<p>Christelle Pandanzyla (Africana-radio Campus)<\/p>\n<p>Gratia Pungu (militante f\u00e9ministe et anti-raciste)<\/p>\n<p>Nordine Sa\u00efdi (militant anticolonialiste)<\/p>\n<p>Angela Tillieu Olodo (KVS)<\/p>\n<p>Imhotep Tshilombo (com\u00e9dien)<\/p>\n<p>Pitcho Womba Konga (chanteur-acteur)<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<h3 style=\"text-align: center;\">Wie is er bang van Lumumba?<\/h3>\n<div class=\"intro\">17 januari 1961: de moord op Patrice Emery Lumumba, met de medeplichtigheid van de Belgische regering. 17 januari 2015, Bozar, Brussel: de lancering van het festival Congolisation \u2013 een samentrekking van de woorden \u00ab\u00a0Congo\u00a0\u00bb en \u00ab\u00a0kolonisatie\u00a0\u00bb, een woordspeling die een aantal verenigingen en individuen herinnert aan het feit dat de Congolese artistieke cultuur zich overal ter wereld heeft verspreid. Maar nog altijd niet zonder slag of sloot.<\/div>\n<div class=\"publication\">\u00a0<br class=\"date\" \/><\/p>\n<div class=\"clearfloats\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"carousel\">\n<figure class=\"preset- intro\"><a class=\"fancybox\" title=\"\" href=\"http:\/\/dewereldmorgen.be\/images\/cache\/xl\/2015\/02\/23\/lumumba-actie.jpg\" data-fancybox-group=\"gallery\"> <img decoding=\"async\" title=\"Vergroot afbeelding\" src=\"http:\/\/dewereldmorgen.be\/images\/cache\/large\/2015\/02\/23\/lumumba-actie.jpg\" alt=\"Lumumba actie\" \/> <\/a><\/figure>\n<\/div>\n<div class=\"body\">\n<p>Om 18u in een overvolle Bozar verzamelen dertig kunstenaars, activisten en burgers op de trappen van de grote zaal met het gezicht van Lumumba op hun lichamen gedrukt, hun monden dichtgetaped. In de marge van het offici\u00eble programma weergalmt luid en helder zijn historische toespraak van 30 juni 1960. Een niet mis te verstane aanklacht tegen het donkere koloniale verleden van Belgi\u00eb.<\/p>\n<p>We kijken trots terug op deze performance. Het was een levendige en vastberaden reactie tegen de censuur die zwaar op de artistieke voorbereidingen van dit evenement heeft gewogen. De geest van Lumumba heeft inderdaad invloedrijke figuren binnen de instellingen die deze dag financieel ondersteunden (onder meer bij de Directie-Generaal Ontwikkelingssamenwerking) zo ver gekregen om elke expliciete verwijzing naar zijn figuur uit het programma te verbannen.<\/p>\n<h2>Ten alle koste Lumumba herdenken<\/h2>\n<p>Ja, Lumumba werd uit het officieel programma geweerd. Het opzetten van een artistiek project rond zijn persoon werd daardoor bijna onmogelijk gemaakt. Het is wel ironisch dat dankzij de pogingen om artiesten in hun vrijheid te beperken, deze erin geslaagd zijn om het historisch belang van Lumumba tijdens het evenement op verschillende manieren in de verf te zetten.<\/p>\n<p>De kunstenaars hebben volhard in de wil om Lumumba te herdenken door zich te nestelen in de plooien van de grote instellingen en offici\u00eble agenda\u2019s. Inderdaad, meer dan een halve eeuw na datum regeert nog steeds de wet van de stilte en de afleidingsstrategie. In <i>Sortir de la grande nuit <\/i>(2010) vertelt Achille Mbembe dat hij heldendaden van Ruben Um Nyob\u00e9, de Kameroense onafhankelijkheidsleider die in 1958 werd vermoord, enkel toe hem zijn gekomen via de klaagzangen van zijn grootmoeders, niet via de offici\u00eble historiografie. Integendeel, de herinnering aan Ruben Um Nyob\u00e9, zegt Mbembe, \u00ab\u00a0werd begraven onder het puin van verboden en staatscensuur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Deze censuur, deze beperking van de vrije meningsuiting ten aanzien van de Afrikaanse diaspora, is geen ge\u00efsoleerd geval. Het doet denken aan de nu al jaren aanslepende weerstand van de gemeente Elsene tegen het voorstel van een bewonerscollectief om het plein achter de Sint Bonifaaskerk de naam \u2018Lumumbaplein\u2019 te geven. Onaanvaardbaar volgens Elsene, terwijl er op de wereld al 87 landen zijn waar straten of pleinen naar hem zijn vernoemd!<\/p>\n<p>We worden dus keer op keer geconfronteerd met het beteugelen van initiatieven in de publieke sfeer zoals bijeenkomsten, idee\u00ebnuitwisselingen en debatten \u2013 interventies die net de constructie van een gedeeld postkoloniaal verhaal zouden kunnen bewerkstelligen.<\/p>\n<h2>Erfgoed dat telt!<\/h2>\n<figure class=\"preset-medium\"><a class=\"fancybox\" title=\"\" href=\"http:\/\/dewereldmorgen.be\/images\/cache\/xl\/2014\/11\/16\/lumumba.jpeg\" data-fancybox-group=\"gallery\"> <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/dewereldmorgen.be\/images\/cache\/medium\/2014\/11\/16\/lumumba.jpeg\" alt=\"\" \/> <\/a><\/figure>\n<p>Waarom versluiert Belgi\u00eb nog steeds haar koloniale geschiedenis \u2013 meer dan vijftig jaar na de moord op Lumumba? Ondanks de door een onderzoekscommissie bevestigde betrokkenheid van de Belgische regering bij zijn moord? Ondanks de offici\u00eble excuses van Belgi\u00eb ten aanzien van het Congolese volk? Waarom? Probeert men misschien particuliere belangen te beschermen? Of wil men precaire geopolitieke evenwichten bewaren? Mogelijke schadevergoedingen voorkomen? Wat er ook van zij, de gebeurtenissen van 17 januari jl. hebben aangetoond dat het nooit echt erkende koloniale verleden van Belgi\u00eb doorwerkt, ook in instellingen die actief zijn in de culturele sector of de ontwikkelingssamenwerking.<\/p>\n<p>Vanuit het oogpunt van culturele instellingen, werpt deze censuur wel heel specifieke vragen op. Mogen culturele instellingen, zoals de Bozar, een rol spelen in het weren van kunstuitingen die ook gevoelige sociale, politieke of historische kwesties aankaarten? Spelen zij dan de rol die hen toegewezen wordt?<\/p>\n<p>Ons antwoord is eenduidig: nee! Hoe kan men verantwoorden dat culturele organisaties en kunstenaars gedwongen worden om hun werk te ontdoen van de maatschappelijke vraagstukken die zij in hun hart dragen? Het is onze plicht te onderlijnen dat het niet de eerste keer is dat een dergelijk voorval zich voordoet. Bij herhaling ontneemt men de Afrikaanse gemeenschappen de keuzevrijheid om hun eigen inspiratiebronnen te kiezen. Dit is een aanval op hun vrijheid van meningsuiting en creativiteit.<\/p>\n<p>Lumumba is een legitieme inspiratiebron net als andere belangwekkende gebeurtenissen in de Afrikaanse geschiedenis. Ze horen thuis in een gedeelde wereldgeschiedenis waaruit de verschillende diaspora\u2019s putten om de vragen die hun aanbelangen te beantwoorden: welke koloniale geschiedenis en koloniale verhoudingen met Belgi\u00eb erven zij? Welk verzet tegen deze kolonisatie erven zij?<\/p>\n<p>Offici\u00eble excuses werden symbolisch uitgesproken door de Belgische staat, maar deze vertalen zich klaarblijkelijk niet in de relaties die bepaalde culturele instellingen vandaag de dag onderhouden met Belgische burgers die deel uitmaken van de Afrikaanse diaspora. Wel integendeel, censuur getuigt van een veelzeggende neerbuigendheid ingebakken in overge\u00ebrfde koloniale verhoudingen (controleren van de geesten, niet zien, niet horen, ontkennen van economische geschillen of deze verbonden aan materieel herstel).<\/p>\n<p>Het is niet de verantwoordelijkheid van culturele instellingen om de les van de geschiedenis te spellen aan de afstammelingen van de gekoloniseerden of om hun collectief geheugen te controleren, door de figuur van Lumumba te miskennen. Degenen die verantwoordelijk zijn voor deze (mislukte) censuur moeten zich bewust zijn dat zij niet onze creatieve kracht vernietigen, maar wel de pogingen fnuiken van de diaspora om samen na te denken over de postkoloniale machtsverhoudingen in Belgi\u00eb.<\/p>\n<p><b>Collectieven\/ Verenigingen:<\/b><\/p>\n<ul>\n<li>Bakushinta asbl<\/li>\n<li>Bruxelles Panth\u00e8res<\/li>\n<li>Caf\u00e9 Congo<\/li>\n<li>Centre de Recherche sur la D\u00e9colonisation du Congo Belge (CRDCB)<\/li>\n<li>Change asbl<\/li>\n<li>Collectif Cr\u00e9ole<\/li>\n<li>Collectif M\u00e9moire Coloniale et Lutte Contre les Discriminations (CMCLD)<\/li>\n<li>Collectif Pr\u00e9sences Noires<\/li>\n<li>Conseil des Communaut\u00e9s Africaines en Europe et en Belgique (CCAEB)<\/li>\n<li>Le Centre Lazaret Multis-Services asbl<\/li>\n<li>Les Editions du Souffle<\/li>\n<li>Observatoire Ba Ya Ya asbl<\/li>\n<li>Pianofabriek culturencentrum<\/li>\n<li>Warrior Poets<\/li>\n<\/ul>\n<p><b>Personen:<\/b><\/p>\n<ul>\n<li>Pitcho Womba Konga\u00a0 (kunstenaar)<\/li>\n<li>Gia Abrassart (journaliste, consultante)<\/li>\n<li>Karel Arnaut, (anthropoloog, KULeuven).<\/li>\n<li>Rachida Aziz (schrijfster, militante, styliste)<\/li>\n<li>Joachim Ben Yakoub (Pianofabriek)<\/li>\n<li>V\u00e9ronique Clette-Gakuba (onderzoeker, ULB)<\/li>\n<li>Sarah Demart (onderzoeker, ULG)<\/li>\n<li>Ludo De Witte (schrijver)<\/li>\n<li>Yves-Marina Gnahoua (Actrice)<\/li>\n<li>Nicole Gr\u00e9goire (onderzoeker, ULB)<\/li>\n<li>Samira Hmouda (Pianofabriek)<\/li>\n<li>Aya Kasasa (consultante D\u00e9veloppement durable)<\/li>\n<li>Paul Kerstens (KVS)<\/li>\n<li>Jacinthe Mazzocchetti (onderzoeker, UCL)<\/li>\n<li>Monique Mbeka Phoba (regisseur en film producer)<\/li>\n<li>Olivier Mukuna (journalist en essayiste)<\/li>\n<li>Wetsi Mpoma (Africana-radio Campus)<\/li>\n<li>Modi Ntambwe (Africana-radio Campus)<\/li>\n<li>Christelle Pandanzyla (Africana-radio Campus)<\/li>\n<li>Gratia Pungu (f\u00e9ministe en antiraciste)<\/li>\n<li>Nordine Sa\u00efdi (antikoloniale activist )<\/li>\n<li>Angela Tillieu Olodo (KVS)<\/li>\n<li>Imhotep Tshilombo (Acteur)<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Collectif de signataires* Mis en ligne mardi 24 f\u00e9vrier 2015, 17h00 17 janvier 1961\u3000: assassinat de Patrice Emery Lumumba, avec la complicit\u00e9 des autorit\u00e9s belges. 17 janvier 2015\u3000: lancement au Bozar du festival Congolisation; une contraction qui joue sur les mots \u00abCongo\u00bb et \u00abcolonisation\u00bb, qui rappelle que la culture artistique congolaise s\u2019est propag\u00e9e \u00e0 travers &#8230; <a title=\"Qui a peur de \/ Wie is er bang van Lumumba ?\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=2462\" aria-label=\"En savoir plus sur Qui a peur de \/ Wie is er bang van Lumumba ?\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1438,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,36,7,18,28],"tags":[31,14,80,45,72,15],"class_list":["post-2462","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe","category-europe","category-negrophobie","category-resistance-bruxelles","category-racismes","tag-belgique","tag-bruxelles","tag-congo","tag-lumumba","tag-patrice-lumumba","tag-resistance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2462","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2462"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2462\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2465,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2462\/revisions\/2465"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1438"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2462"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2462"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2462"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}