{"id":3776,"date":"2018-07-05T13:14:44","date_gmt":"2018-07-05T12:14:44","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=3776"},"modified":"2018-06-05T14:42:02","modified_gmt":"2018-06-05T13:42:02","slug":"soixante-dix-ans-de-chansons-pour-la-palestine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=3776","title":{"rendered":"Soixante-dix ans de chansons pour la Palestine"},"content":{"rendered":"<div class=\"container-wrap\">\n<div class=\"content\">\n<div class=\"content-inner\">\n<div id=\"post-entry\">\n<div class=\"post-entry-inner\"><span class=\"post-author vcard\">par Emmanuel Dror<\/span><\/div>\n<div><em>Si la chanson est reconnue depuis longtemps comme un \u00e9cho des opinions populaires, voire comme un instrument de ralliement derri\u00e8re une cause, dans le cas de la Palestine elle joue un r\u00f4le suppl\u00e9mentaire. Ce n\u2019est pas un myst\u00e8re\u00a0: l\u2019entreprise de colonisation du territoire palestinien s\u2019est tr\u00e8s t\u00f4t accompagn\u00e9e d\u2019une colonisation culturelle qui a\u00a0 entrav\u00e9, menac\u00e9 de disparition, voire totalement ni\u00e9 la culture palestinienne. Dans un tel contexte, les chansons palestiniennes, ou m\u00eame celles qui \u00ab\u00a0parlent de Palestine\u00a0\u00bb, en plus de participer \u00e0 la lutte proprement dite, constituent en elles-m\u00eames des actes de r\u00e9sistance, des \u00ab\u00a0preuves de vie\u00a0\u00bb, des preuves de cr\u00e9ativit\u00e9 d\u2019une population qui ne se laisse pas d\u00e9truire. C\u2019est cette histoire que nous allons explorer ici.<\/em><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><!--more--><\/p>\n<div class=\"post-entry-inner\"><img decoding=\"async\" class=\"attachment-medium-large size-medium-large wp-post-image\" src=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/wp-content\/uploads\/Palestine.jpg\" sizes=\"(max-width: 1013px) 100vw, 1013px\" srcset=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/wp-content\/uploads\/Palestine.jpg 1013w, https:\/\/www.contretemps.eu\/wp-content\/uploads\/Palestine-256x165.jpg 256w, https:\/\/www.contretemps.eu\/wp-content\/uploads\/Palestine-512x330.jpg 512w\" alt=\"\" width=\"1013\" height=\"652\" \/><\/div>\n<div>\n<p>L\u2019article qui fait autorit\u00e9 sur l\u2019histoire r\u00e9cente de la Palestine \u00e0 travers la musique est celui de Joseph Massad, publi\u00e9 en anglais en 2003<a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. C\u2019est \u00e0 partir de cet article que je propose ici une approche similaire, en fran\u00e7ais, compl\u00e9t\u00e9e par une mise \u00e0 jour rendue n\u00e9cessaire notamment par l\u2019arriv\u00e9e massive du rap dans les ann\u00e9es 2000. Cette approche sera \u00e9galement \u00e9tendue aux musiciens occidentaux qui, depuis les ann\u00e9es 1980, contribuent \u00e0 la mise en musique d\u2019une histoire palestinienne, y compris depuis 2005, \u00e0 travers leur participation \u00e0 la composante culturelle de la campagne internationale de Boycott, D\u00e9sinvestissement et Sanctions (BDS) lanc\u00e9e contre l\u2019\u00c9tat isra\u00e9lien. N\u00e9anmoins, comme Massad, je ne rechercherai pas l\u2019exhaustivit\u00e9, mais \u00e0 souligner comment la musique d\u2019une \u00e9poque r\u00e9agit \u00e0 l\u2019actualit\u00e9, comment elle exprime les sentiments populaires, parfois en contradiction avec les discours officiels, mais aussi comment elle mobilise les populations selon des registres \u00ab\u00a0de leur temps\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>Les d\u00e9buts (1948-1967)<\/strong><\/h2>\n<p>Comme le signale Massad, d\u00e8s la <em>Nakba<\/em> (la catastrophe) de 1948, des chansons populaires expriment les sentiments des artistes vis-\u00e0-vis de la Palestine, faisant \u00e9cho \u00e0 ceux des populations arabes. C\u2019est particuli\u00e8rement le cas des voisins libanais et \u00e9gyptiens, comme en t\u00e9moignent ces deux premi\u00e8res chansons\u00a0: <em>Ya Zayer Mahda Issa<\/em> (Oh visiteur du berceau de J\u00e9sus), dont on dit qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 chant\u00e9e par la toute jeune Najah Salam (Liban, 1948), et <em>Filastin<\/em> (Palestine), compos\u00e9e et chant\u00e9e entre autres par Mohammed Abdel Wahab (\u00c9gypte, 1949). Abdel Wahab est un compositeur et interpr\u00e8te \u00e9gyptien qui a r\u00e9volutionn\u00e9 la musique arabe dans les ann\u00e9es 1930 et qui, apr\u00e8s la guerre de Suez en 1956, a mis en musique de nombreux textes politis\u00e9s de po\u00e8tes \u00e9gyptiens. Le pr\u00e9sident \u00e9gyptien Gamal Abdel Nasser \u00e9tant alors devenu le h\u00e9ros du monde arabe, mais aussi l\u2019espoir du peuple palestinien, il est chant\u00e9 par un Abdel Wahab qui joue sur le sens du mot <em>Nasser<\/em> (le victorieux). Paradoxalement, et comme le signale Joseph Massad, l\u2019engouement d\u2019Abdel Wahab pour le mouvement nationaliste arabe contraste avec celui qu\u2019il exprime en faveur d\u2019instruments et d\u2019arrangements musicaux tr\u00e8s occidentaux, souvent symphoniques, parfois militaires, qui vont durablement influencer tout le Moyen Orient. \u00c0 Birzeit, dans la partie de la Palestine qui n\u2019est pas encore occup\u00e9e, Kamal Nasser \u00e9crit de nombreux po\u00e8mes, dont certains seront mis en musique par les fr\u00e8res Ahmad et Mohammad Fleifel. En 1956, <em>Ya Akhi al-Laje\u2019<\/em> (<em>Oh, mon fr\u00e8re le r\u00e9fugi\u00e9<\/em>) est donc l\u2019un des premiers appels <em>palestiniens<\/em> au soul\u00e8vement contre l\u2019injustice et l\u2019humiliation\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Ils nous offrent du poison dans notre nourriture, pour nous rendre dociles comme des moutons silencieux\u00a0\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<p>Devenu porte-parole de l\u2019OLP, il sera assassin\u00e9 en 1973 par les services secrets isra\u00e9liens.<\/p>\n<p>Au Liban, c\u2019est aussi dans les ann\u00e9es 1950 que les fr\u00e8res Assy et Mansour Rahbani rencontrent la jeune chanteuse Fairuz. Assy l\u2019\u00e9pouse et les deux fr\u00e8res composent pour elle des chansons qui vont faire conna\u00eetre la musique libanaise dans le monde entier et faire de Fairuz la plus grande star arabe depuis Oum Kalthoum. Bien que diff\u00e9rents de ceux de la musique d\u2019Abdel Wahab, les arrangements musicaux des fr\u00e8res Rahbani sont \u00e9galement tr\u00e8s influenc\u00e9s par la musique classique occidentale et domin\u00e9s par les violons. Leur premier album qui porte sur le sujet de la Palestine est <em>Rajioun <\/em>(<em>Nous reviendrons<\/em>), dont la premi\u00e8re \u00e9dition date de 1957 (et non pas de 1967 comme l\u2019\u00e9crit Massad dans son article). \u00c0 cette \u00e9poque, le retour esp\u00e9r\u00e9 est pour bient\u00f4t, \u00e0 travers des ponts faciles \u00e0 traverser, comme en t\u00e9moignent les titres <em>Ya Jisran Khachabiyan<\/em> (<em>Oh ponts de bois<\/em>) ou <em>Jisr al-Awda<\/em> (<em>Les ponts du retour<\/em>) et des paroles o\u00f9 le Palestinien est appel\u00e9 \u00e0 rester ind\u00e9racinable \u00ab\u00a0comme un olivier\u00a0\u00bb\u2026 Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, en \u00c9gypte, Abdel Wahab continue de composer des chansons nationalistes qui incluent des appels \u00e0 la lib\u00e9ration de la Palestine, que ce soit pour lui m\u00eame, avec <em>Sawt al-Jamahir<\/em> (<em>La voix des masses<\/em>), ou pour Abdel Halim Hafez, le chanteur \u00e0 la voix de velours, avec <em>Al-Watan al-Akbar <\/em>(<em>La patrie la plus grande<\/em>)<a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>L\u2019occupation s\u2019installe (1967-1992)<\/strong><\/h2>\n<p>La d\u00e9faite des arm\u00e9es arabes en 1967 et l\u2019occupation de J\u00e9rusalem-Est, de la Cisjordanie et de Gaza par l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne, v\u00e9cues comme de v\u00e9ritables trag\u00e9dies, vont \u00eatre une nouvelle source d\u2019inspiration. En \u00c9gypte, Abdel Halim Hafez chante <em>Al-Massih<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire le Messie, dont la trahison est mise sur le compte des Juifs, m\u00e9taphore de l\u2019occupation de J\u00e9rusalem qui, selon Massad, lui sera souvent reproch\u00e9e par la suite. Au Liban, les fr\u00e8res Rahbani continuent leur riche production de chansons consacr\u00e9es \u00e0 la Palestine, principalement chant\u00e9es par Fairuz. On retrouve dans leur c\u00e9l\u00e8bre album <em>Al-Quds Fil Bal<\/em> (<em>J\u00e9rusalem dans mon c\u0153ur<\/em>), le th\u00e8me du retour, mais cette fois-ci conjugu\u00e9 au futur (<em>Sanarjiou Yawman<\/em>\u00a0: <em>Nous retournerons un jour<\/em>), et qui semble maintenant moins proche\u00a0: \u00ab\u00a0des nu\u00e9es d\u2019oiseaux reviendront alors que nous restons ici\u00a0\u00bb. Les villes perdues sont nomm\u00e9es, comme <em>Bissane<\/em>, <em>Yaffa<\/em> (chant\u00e9e aussi par Joseph Azar) ou J\u00e9rusalem, \u00e0 travers des chansons comme <em>Al-Quds al-Atiqah<\/em> (<em>La vieille ville de J\u00e9rusalem<\/em>) ou <em>Zahrat al-Madain<\/em> (<em>La fleur des villes<\/em>). Enfin, on trouve \u00e9galement quelques chansons plus combatives, comme <em>Sayfun fal-Yuchhar<\/em> (<em>Une \u00e9p\u00e9e doit \u00eatre brandie<\/em>). Le po\u00e8te palestinien Mahmoud Darwich dira plus tard des fr\u00e8res Rahbani qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque, ils \u00e9taient les v\u00e9ritables auteurs des hymnes nationaux palestiniens, des chansons de r\u00e9f\u00e9rence et des motivations pour aller de l\u2019avant. Joseph Massad fait \u00e9cho \u00e0 Darwich en soulignant qu\u2019en l\u2019absence d\u2019un \u00c9tat palestinien, ce sont les chansons qui servent souvent \u00e0 enregistrer et \u00e0 diffuser les sentiments et les aspirations d\u2019un peuple d\u00e9poss\u00e9d\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 la d\u00e9faite succ\u00e8de la militarisation de la r\u00e9sistance palestinienne, symbolis\u00e9e par la bataille de Karameh en 1968, et les chansons s\u2019en ressentent. Ainsi, les Rahbani \u00e9crivent une com\u00e9die musicale,\u00a0<em>Jibal al-Sawan<\/em> (<em>Les montagnes de silex<\/em>), qui appelle \u00e0 la r\u00e9volte. Ce sont \u00e9galement les d\u00e9buts des enfants terribles de la chanson \u00e9gyptienne, le chanteur Cheikh Imam et l\u2019auteur Ahmed Fouad Najm, avec par exemple <em>Ya Falastiniyun<\/em> (<em>Oh Palestiniens<\/em>)\u00a0: \u00ab\u00a0Oh Palestiniens, je veux venir et \u00eatre avec vous, les armes \u00e0 la main\u00a0\u00bb. Au-del\u00e0 des textes de Najm qui appellent \u00e0 la lutte arm\u00e9e, qui osent m\u00eame s\u2019attaquer \u00e0 la figure de Nasser, et qui leur vaudront de nombreux s\u00e9jours en prison, la musique de Cheikh Imam est \u00e9galement r\u00e9volutionnaire par son utilisation d\u2019un instrument arabe, le <em>oud<\/em> (luth), mais aussi de gammes et de rythmes arabes classiques. Quant \u00e0 Abdel Wahab, il compose sa fameuse <em>Asbaha al-Ana indi Bunduqiyyah<\/em> (<em>Maintenant je me suis procur\u00e9 un fusil<\/em>), sur un po\u00e8me du Syrien Nizar Kabbani qui r\u00e9sonne avec <em>Ya Falastiniyun\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0Maintenant je me suis procur\u00e9 un fusil, emmenez-moi avec vous en Palestine\u00a0\u00bb. Aussi connue sous le nom de <em>Tarik Wahed<\/em> (<em>La seule direction<\/em>), elle sera chant\u00e9e par l\u2019\u00c9gyptienne Oum Kalthoum, la plus grande chanteuse que le monde arabe ait jamais connue, alors au sommet de sa gloire.<\/p>\n<p>Paradoxalement, il faut attendre la guerre des six jours et le renouveau de l\u2019OLP pour voir se diffuser des chansons r\u00e9volutionnaires interpr\u00e9t\u00e9es par les Palestiniens eux-m\u00eames. \u00c0 la chanson traditionnelle palestinienne qui tenait lieu d\u2019hymne national depuis les ann\u00e9es 1930, <em>Mawtini<\/em> (<em>Ma Patrie<\/em>), succ\u00e8de <em>Biladi<\/em> (<em>Mon Pays<\/em>), beaucoup plus combative et \u00e0 la gloire des Fedayin, les r\u00e9sistants palestiniens. On dit d\u2019ailleurs qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque, une chanson est compos\u00e9e apr\u00e8s chaque op\u00e9ration militaire palestinienne<a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>\u00a0! \u00c9manant de groupes d\u2019anonymes exil\u00e9s ou r\u00e9fugi\u00e9s, tel que Al-Firqah al-Markaziyyah, affili\u00e9 \u00e0 l\u2019OLP, leurs titres sont on ne peut plus explicites\u00a0: <em>Ana Samid<\/em> (<em>Je r\u00e9siste<\/em>)\u00a0; <em>Fidaiyyeh<\/em> (Fedayin)\u00a0; <em>Al-Assifa<\/em> (<em>La temp\u00eate<\/em>, nom donn\u00e9 \u00e0 la branche arm\u00e9e du Fatah) ou, tout simplement, <em>Kalachnikov.<\/em> Leurs paroles sont en dialecte palestinien et leurs musiques sont militaires, comme on peut s\u2019y attendre, mais on y retrouve \u00e9galement des instruments traditionnels tels que le <em>oud<\/em> ou le <em>kanoun<\/em>. En Syrie, un groupe de Palestiniens en exil fonde en 1977 le groupe Al Ashikin qui simplifie aussi les rythmes complexes de la musique classique pour composer des ritournelles populaires sur des po\u00e8mes palestiniens de Tawfiq Ziad, Mahmoud Darwich ou Samih el Qasim, mais aussi des chansons historiques comme cette <em>Men Sejen Akka<\/em> (<em>De la prison de Saint Jean d\u2019Acre<\/em>) qui d\u00e9crit la pendaison de trois h\u00e9ros palestiniens des \u00e9meutes contre les sionistes en 1929 en Palestine. On a aussi dit que leur chanson <em>Habat al-Nar <\/em>(<em>Le feu souffle<\/em>) annon\u00e7ait la premi\u00e8re Intifada.<\/p>\n<p>Avec les exploits de l\u2019OLP, et le demi-succ\u00e8s de la guerre de Kippour en 1973, la popularit\u00e9 de la Palestine s\u2019\u00e9tend dans le monde arabe, comme en t\u00e9moignent deux chansons simplement appel\u00e9es <em>Filastin<\/em> (<em>Palestine<\/em>), \u00e9crites par deux groupes marocains, Jil Jilala et Nass El Ghiwane, ou <em>Falastini <\/em>(<em>Palestinien<\/em>), par l\u2019Irakien Jaafar Hassan. Au Liban, o\u00f9 s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9e l\u2019OLP, et en pleine guerre civile, une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de chanteurs libanais fait son apparition, qui met en musique des po\u00e8mes palestiniens. En 1976, Ahmad Kaabour transforme <em>Ounadikom<\/em> (<em>Je vous appelle<\/em>), du po\u00e8te et homme politique palestinien Tawfiq Ziad, en un hymne militant. Il est \u00e9galement, avec George Qurmuz, le premier \u00e0 chanter le po\u00e8me de Mahmoud Darwich <em>Bitaqat Hawiyyah<\/em> (<em>Carte d\u2019identit\u00e9<\/em>), aussi connu sous le nom de <em>Sajjil Ana Arabi<\/em> (<em>Inscris, je suis Arabe<\/em>). L\u2019autre chanteur libanais qui fait alors ses d\u00e9buts sur le devant de la sc\u00e8ne est Marcel Khalife, qui mettra en musique de nombreux po\u00e8mes de Darwich tels que <em>Jawaz al-Safar <\/em>(<em>Le Passeport<\/em>),<em> Rita wa al-Bunduqiyyah<\/em> (<em>Rita et le fusil<\/em>), <em>Ila Ummi<\/em> (<em>\u00c0 ma m\u00e8re<\/em>), voire l\u2019op\u00e9ra <em>Ahmed al-Arabi<\/em> (<em>Ahmed l\u2019Arabe<\/em>). En 1985 il transformera \u00e0 son tour le po\u00e8me <em>Ana Amchi<\/em> (<em>Je marche debout<\/em>), de Samih al-Qasim, en un hymne politique\u00a0: \u00ab\u00a0je marche debout avec une branche d\u2019olivier dans la main et mon propre cercueil sur l\u2019\u00e9paule\u00a0\u00bb. Sans se d\u00e9marquer compl\u00e8tement de l\u2019occidentalisation de la musique, Marcel Khalife et cette nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de musiciens tentent de nouvelles formes de m\u00e9tissage entre musiques arabes classiques et modernes, en particulier en remettant au premier plan le <em>oud<\/em> arabe, dont Khalife est un virtuose, tout en gardant l\u2019accompagnement par un orchestre classique. Le succ\u00e8s de Khalife, en termes de ventes d\u2019albums et de places de concerts, contribuera \u00e0 diffuser massivement le th\u00e8me de la Palestine dans la culture populaire du monde arabe, mais aussi du reste du monde. En concert, il d\u00e9diera syst\u00e9matiquement aux prisonniers palestiniens sa ritournelle populaire <em>Asfour<\/em> (<em>Un oiseau<\/em>), chant\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ral par Oumayma Al-Khalil, et qui \u00e9voque un oiseau bless\u00e9 qui s\u2019est enfui de sa cage, all\u00e9gorie de la libert\u00e9. De la m\u00eame fa\u00e7on, au-del\u00e0 de ses textes pas toujours militants, Khalife aura contribu\u00e9 \u00e0 rendre Darwich, et \u00e0 travers lui une po\u00e9sie palestinienne vivante et cr\u00e9ative, extr\u00eamement c\u00e9l\u00e8bre et populaire dans le monde entier.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s 25 ans d\u2019occupation, la cause palestinienne a fait le tour du monde et commence \u00e0 influencer des artistes des quatre coins de la plan\u00e8te. On commence ainsi \u00e0 trouver des allusions \u00e0 la Palestine, souvent assez br\u00e8ves, dans des chansons du Jama\u00efcain Peter Tosh, de l\u2019Am\u00e9ricain Ray Charles, de l\u2019Anglais Elvis Costello ou des Fran\u00e7ais Renaud, Francis Cabrel, Niagara ou Zebda. L\u2019actualit\u00e9 tragique, en particulier la guerre d\u2019Isra\u00ebl sur le Liban et le massacre de Sabra et Chatila (1982), ou l\u2019Intifada de 1987-1992, galvanisera certains artistes qui y consacreront des chansons enti\u00e8res, comme par exemple les Anglais du groupe ska Special AKA (<em>War Crimes<\/em>), les Marocains de Nass El Ghiwane (<em>Sabra wa Chatila<\/em>) ou les Fran\u00e7ais du groupe punk B\u00e9rurier Noir qui, avec <em>Ibrahim<\/em>, raconteront\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0l\u2019histoire cruelle et v\u00e9ridique d\u2019Ibrahim avec ses fr\u00e8res, \u00e9lev\u00e9 dans la mis\u00e8re, dans les bombes et dans la guerre. Palestine, quel est ton crime\u00a0?\u00a0\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<p>En Palestine, on commence \u00e0 rencontrer des textes plus complexes, souvent \u00e9crits par des po\u00e8tes palestiniens, qui ne sont pas exempts d\u2019une actualit\u00e9 politique mais qui s\u2019enrichissent de la vie au quotidien sous une occupation qui dure. C\u2019est le cas du groupe Sabreen de J\u00e9rusalem qui, dans les ann\u00e9es 1980, mettra en musique <em>Hubb ala al-Tariqah al-Filastiniyyah<\/em> (<em>L\u2019amour \u00e0 la palestinienne<\/em>) de Abed al-Latif Akel, mais aussi <em>Dukhan al-Barakin<\/em> (<em>La fum\u00e9e des volcans<\/em>) de Samih al-Qasim, ou <em>An Ensan<\/em> (<em>\u00c0 propos d\u2019un homme<\/em>) de Mahmoud Darwich. Les paroles alternent entre arabe classique et dialecte palestinien, et la musique combine parfois des chants folkloriques palestiniens et du jazz, m\u00e9langeant des instruments traditionnels et modernes. Pendant la premi\u00e8re Intifada, plusieurs compositeurs palestiniens produiront des cassettes de chants r\u00e9volutionnaires qu\u2019ils diffuseront clandestinement, comme Mustafa al Kurd, Suhail Khoury ou Thaer Barghouti, certains feront m\u00eame de la prison pour cela.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>La d\u00e9sillusion post-Oslo (1993-2003)<\/strong><\/h2>\n<p>Apr\u00e8s la premi\u00e8re guerre du Golfe et les accords d\u2019Oslo de 1993, le \u00ab\u00a0processus de paix\u00a0\u00bb annonce une \u00e8re nouvelle, certains croient la paix proche et le groupe Sabreen sort un album intitul\u00e9 <em>Jay al-Hamam<\/em> (<em>Les colombes arrivent<\/em>). Par un ph\u00e9nom\u00e8ne peu abord\u00e9 dans l\u2019historiographie r\u00e9cente, la <em>normalisation<\/em> d\u2019Isra\u00ebl conduit \u00e9galement \u00e0 l\u2019ouverture de ses fronti\u00e8res aux artistes du monde entier. Pour la premi\u00e8re fois, Tel Aviv est incluse dans les villes des tourn\u00e9es des grands artistes europ\u00e9ens ou nord-am\u00e9ricains, trop contents de trouver l\u00e0 un nouveau public et un nouveau march\u00e9. L\u2019illusion d\u2019un \u00ab\u00a0nouvel ordre mondial\u00a0\u00bb et ses cons\u00e9quences au Moyen-Orient se manifeste \u00e9galement par l\u2019enregistrement de plusieurs morceaux interpr\u00e9t\u00e9s par des collectifs de chanteurs arabes, un peu \u00e0 l\u2019image de <em>We Are The World.<\/em> C\u2019est le cas en 1998 de <em>Al-Hulm al-Arabi<\/em> (<em>Le r\u00eave arabe<\/em>), chant\u00e9 par une vingtaine d\u2019artistes de tous les pays arabes sauf l\u2019Irak (exclu du \u00ab\u00a0nouvel ordre r\u00e9gional\u00a0\u00bb par les participants du Kowe\u00eft), chacun dans son dialecte, pour un texte et un clip qui \u00e9voquent la Palestine, un peu simplistes mais au succ\u00e8s retentissant.<\/p>\n<p>Mais le r\u00eave se transforme vite en cauchemar\u00a0: en 1996 avec le bombardement isra\u00e9lien de la ville de Qana au Liban qui fait plus de 100 morts\u00a0; en 2000 avec la deuxi\u00e8me Intifada, symbolis\u00e9e par les assassinats commis par l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne et retransmis \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision du jeune Fares Odeh, connu pour sa photographie lan\u00e7ant des pierres \u00e0 un char, et de l\u2019encore plus jeune Mohammed al-Durah, dans les bras de son p\u00e8re\u00a0; avec les \u00e9v\u00e9nements du 11 septembre 2001\u00a0; avec les nouvelles guerres en Afghanistan et en Irak. Au Liban, ce sont des chanteuses qui sont sur le devant de la sc\u00e8ne et qui d\u00e9noncent les promesses non tenues. D\u2019abord Majida El Roumi qui chante <em>Qana<\/em>, ou qui reprend du Darwich avec <em>Sakata al-Kinaa<\/em> (<em>Les masques sont tomb\u00e9s<\/em>). Ensuite la jeune star montante Julia Boutros qui chante <em>Wein al-Malayeen?<\/em> (<em>O\u00f9 sont les millions<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0O\u00f9 sont les millions d\u2019arabes? O\u00f9 est la col\u00e8re arabe\u00a0?\u00a0\u00bb) ou <em>Hajar al-Mensiyen<\/em> (<em>Les pierres des oubli\u00e9s<\/em>). En \u00c9gypte, l\u2019heure n\u2019est plus \u00e0 la po\u00e9sie et aux m\u00e9taphores, mais \u00e0 la d\u00e9nonciation pure et simple, et des chansons telles que <em>Israel<\/em>, de Hicham Abbas, l\u2019encore plus explicite <em>Ana Bakrah Israel<\/em> (<em>Je hais Isra\u00ebl<\/em>) de Shaaban Abdel Rahim, ou le morceau collectif (mais enti\u00e8rement \u00e9gyptien) <em>Al-Quds Haterga Lina<\/em> (<em>J\u00e9rusalem nous reviendra<\/em>) font \u00e9galement r\u00e9f\u00e9rence au massacre de Qana et au calvaire du jeune al-Durah.<\/p>\n<p>Dans le reste du monde aussi, de nombreux artistes se m\u00e9fient des discours officiels, comme en t\u00e9moignent les paroles de raps fran\u00e7ais de <em>J\u2019Aurais Pu Croire<\/em> de IAM et <em>Jeteur de Pierre<\/em> de Sniper, ou de chansons am\u00e9ricaines comme <em>Gun Music<\/em> de Talib Kweli ou <em>Self Evident <\/em>de Ani di Franco et espagnoles comme <em>Intifada<\/em> du groupe ska punk Ska-P. Dans <em>Charlatown<\/em>, Amazigh Kateb, le chanteur du groupe fran\u00e7ais Gnawa Diffusion, ironise\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00abJ\u2019attends la Palestine depuis cinquante ans. L\u2019Intifada appelle le monde, mais \u00e7a sonne occup\u00e9\u2026\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>Le boycott culturel (2004-2011)<\/strong><\/h2>\n<p>Alors que l\u2019article de Joseph Massad s\u2019arr\u00eate ici, les trag\u00e9dies continuent\u00a0: les guerres contre Gaza en 2004, 2006 et 2009\u00a0; la guerre contre le Liban en 2006\u00a0; le massacre de neuf passagers turcs de la Flottille de la Libert\u00e9 qui tentaient de briser le blocus de Gaza en 2010\u2026 Mais dans le monde musulman, certains continuent d\u2019esp\u00e9rer, avec des chansons classiques comme <em>Al-Quds<\/em> (<em>J\u00e9rusalem<\/em>) de l\u2019Irakien Kadhem Saher, ou des chansons \u00ab\u00a0pop\u00a0\u00bb comme <em>Kollena Wahed<\/em> (<em>Nous sommes tous unis<\/em>) de l\u2019\u00c9gyptien Tamer Hosni. D\u2019autres continuent de d\u00e9noncer, comme le groupe \u00e9lectronique tuniso-palestinien Checkpoint 303 avec <em>Gaza Calling<\/em>, le chanteur pop turc Murat Solmaz avec <em>Gazze<\/em>, ou le rappeur libanais Rayess Bek avec <em>L\u2019Homme de Gauche<\/em>. De la m\u00eame fa\u00e7on, des artistes palestiniens continuent de publier des chansons engag\u00e9es, par exemple Kamilya Jubran, l\u2019ancienne chanteuse de groupe Sabreen, avec <em>Ghareeba<\/em> (<em>L\u2019\u00e9trang\u00e8re<\/em>), Rim Banna avec <em>Fares Odeh <\/em>ou<em> Sarkhat Min al-Quds<\/em> (<em>Un cri de J\u00e9rusalem<\/em>), Reem Kelani avec <em>Yaffa<\/em> (<em>Jaffa<\/em>, un po\u00e8me de Mahmoud Salim al-Hout, diff\u00e9rent de la chanson des Rahbani), Basel Zayed avec <em>Jenin<\/em>, Amal Murkus avec\u00a0<em>Al-Saber Ya Mubtali<\/em> (<em>Patience oh malheureux<\/em>), ou le Trio Joubran avec <em>Ala Hadhihi al-Ard<\/em> (<em>Sur cette terre<\/em>, un po\u00e8me de Mahmoud Darwich).<\/p>\n<p>Mais \u00e0 partir des ann\u00e9es 2000, c\u2019est surtout le rap palestinien qui fait parler de lui, avec des groupes de Palestine comme DAM, G-Town ou Ramallah Underground, ou des rappeur.se.s en exil comme Ragtop ou Rafeef Ziadah. Le rap est un genre adapt\u00e9 \u00e0 la d\u00e9nonciation, mais il est \u00e9galement, avec l\u2019av\u00e8nement d\u2019internet, un moyen d\u2019atteindre facilement des millions d\u2019auditeurs sans n\u00e9cessairement recourir \u00e0 une maison de disques multinationale. Ainsi le titre <em>Meen Irhabi\u00a0?<\/em> (<em>Qui est le terroriste\u00a0?<\/em>), du groupe DAM, est un succ\u00e8s international en 2001 avant m\u00eame que ne sorte leur premier album en 2006. Il leur ouvre les portes des festivals du monde entier, devenant des stars aux \u00c9tats-Unis en 2008 apr\u00e8s la sortie du premier documentaire consacr\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne rap en Palestine, <em>Slingshot Hip-Hop<\/em> de l\u2019Am\u00e9ricano-Palestinienne Jackie Salloum. En 2009, c\u2019est aussi sur internet que les po\u00e8mes d\u00e9clam\u00e9s de Rafeef Ziadah deviennent \u00ab\u00a0viraux\u00a0\u00bb, comme son <em>Shades of Anger<\/em>.<\/p>\n<p>En 2005, des associations de la soci\u00e9t\u00e9 civile palestinienne lancent la campagne de Boycott, D\u00e9sinvestissement et Sanctions (BDS) contre l\u2019\u00c9tat isra\u00e9lien, appelant la communaut\u00e9 internationale \u00e0 faire pression sur cet \u00c9tat pour qu\u2019il respecte le droit international, les droits humains et les droits fondamentaux du peuple palestinien. Le volet culturel de cette campagne, \u00e0 l\u2019image du boycott de l\u2019Afrique du Sud dans les ann\u00e9es 1980, incite principalement les musiciens \u00e0 refuser de participer \u00e0 des concerts se d\u00e9roulant en Isra\u00ebl, ou subventionn\u00e9s par des agences gouvernementales isra\u00e9liennes. Compl\u00e9mentaires de cette campagne de boycott, d\u2019autres formes d\u2019engagement pour les artistes consistent \u00e0 promouvoir la culture palestinienne et \u00e0 exprimer leur solidarit\u00e9 dans des chansons, individuelles, collectives ou en collaboration directe avec des artistes palestiniens<a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. C\u2019est de cet autre engagement que sont n\u00e9s de nombreux duos entre le groupe palestinien DAM et des rappeurs du monde entier comme les Alg\u00e9riens de MBS, les Fran\u00e7ais de La Caution ou la rappeuse am\u00e9ricaine Invincible.<\/p>\n<p>\u00c0 ce stade, et avant d\u2019explorer plus avant l\u2019engagement des artistes occidentaux en faveur de la Palestine, il convient de signaler qu\u2019elle \u00e9mane souvent, mais pas toujours, d\u2019artistes qui se sentent concern\u00e9s par cette situation parce que leur propre histoire est li\u00e9e au Moyen-Orient ou \u00e0 d\u2019autres exp\u00e9riences coloniales, racistes ou imp\u00e9rialistes qu\u2019ils identifient \u00e0 la Palestine. On remarque alors que la plupart des chanteurs de Zebda, Gnawa Diffusion, Sniper et La Caution sont originaires du Maghreb ou d\u2019Afrique, qu\u2019Invincible est une isra\u00e9lo-am\u00e9ricaine anti-sioniste, que Narcicyst est un canadien d\u2019origine irakienne, que Sikh Knowledge est un canadien d\u2019origine indienne, ou que Maher Zain est un su\u00e9dois d\u2019origine libanaise. Aux <em>chansons collectives<\/em> des ann\u00e9es 1990 ont fait place des <em>raps collectifs<\/em> regroupant des artistes belges, anglais, am\u00e9ricains et sud-africains avec des artistes maghr\u00e9bins, iraniens ou palestiniens, mais \u00e9galement avec de nombreux chanteurs occidentaux <em>d\u2019origine<\/em> maghr\u00e9bine, irakienne, libanaise, iranienne ou palestinienne (voir en particulier <em>Long Live Palestine<\/em>, qui rassemble une dizaine de rappeur.se.s du monde entier en 2009).<\/p>\n<p>Selon les pays, le niveau de prise de conscience et d\u2019engagement de chaque population peut se mesurer \u00e0 l\u2019aune de son expression culturelle et musicale. Ainsi, de nombreux artistes britanniques, qui ne sont pas majoritairement originaires du monde arabe, rejoignent tr\u00e8s vite la campagne de boycott culturel, tel que Roger Waters, membre fondateur du groupe Pink Floyd, le chanteur Elvis Costello, les rappeurs Mic Righteous ou Lowkey, ou le groupe punk Oi Polloi. Si ce dernier groupe d\u00e9nonce explicitement les crimes isra\u00e9liens dans une nouvelle version de leur ancienne chanson <em>They Shoot Children, Don\u2019t They?<\/em>, d\u2019autres le font plus indirectement en interpr\u00e9tant d\u2019anciennes chansons qui prennent un nouveau sens dans le contexte palestinien. C\u2019est le cas de Yusuf Islam (plus connu sous son ancien pseudonyme de Cat Stevens) qui reprend la chanson de George Harrison <em>The Day the World Gets \u2018Round<\/em>, ou de l\u2019infatigable Roger Waters qui reprend l\u2019hymne des droits civiques am\u00e9ricains <em>We Shall Overcome<\/em>, dans le cadre de l\u2019un de ses nombreux engagements dans le mouvement de solidarit\u00e9, y compris au sein du Tribunal Russell pour la Palestine. Suite \u00e0 la trag\u00e9die de la Flottille de la Libert\u00e9 en 2010, la campagne BDS rencontre un succ\u00e8s grandissant qui permet une prise de conscience aigu\u00eb du r\u00f4le des artistes dans les relations internationales dont ils sont devenus des acteurs \u00e0 part enti\u00e8re. \u00c0 titre d\u2019exemple, on peut citer le chanteur irlandais Tommy Sands qui compose le morceau <em>Peace on the Shores of Gaza<\/em> et, dans la foul\u00e9e, annule son concert pr\u00e9vu en Isra\u00ebl.<\/p>\n<p>En Suisse ou en France, des artistes de plus en plus connus tels que Michel B\u00fchler, M\u00e9dine, Manu Chao, Yann Tiersen, Kery James, Youssoupha, Amazigh Kateb, Mister You ou les groupe Tryo, les Brixton Cats, Kalash, les 400 Hy\u00e8nes, MAP ou ZEP, osent aborder ce sujet tabou qu\u2019est la Palestine, en particulier apr\u00e8s les attaques contre Gaza en 2009 et contre la Flottille de la Libert\u00e9 en 2010. Si un nombre important de membres de ces groupes sont d\u2019origine maghr\u00e9bine, ce n\u2019est pas le cas de l\u2019artiste fran\u00e7ais Kwal qui, au retour d\u2019un voyage en Palestine, compose un album entier en arabe, <em>Al-Amal Rahina<\/em> (<em>L\u2019espoir en otage<\/em>), d\u00e9di\u00e9 \u00e0 ses amis \u00ab\u00a0rencontr\u00e9s en Palestine, subissant au quotidien occupation militaire, enfermement et privations\u00a0\u00bb. Aux \u00c9tats-Unis aussi, la Palestine devient le sujet principal de chansons d\u2019artistes connus. C\u2019est le cas de <em>Road to Peace<\/em>, la seule chanson explicitement politique de Tom Waits, de <em>Qana<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9e en 2006 par la chanteuse am\u00e9ricaine Patti Smith \u00e0 son public londonien, du nom du village libanais \u00e0 nouveau frapp\u00e9 par des bombardements isra\u00e9liens, ou de toutes les chansons de l\u2019album <em>Madness<\/em>, \u00e9crit par Harrison \u00ab\u00a0Professor\u00a0\u00bb Stafford, chanteur du groupe de reggae Groundation, \u00e0 son retour d\u2019un voyage en Palestine. Apr\u00e8s l\u2019attaque contre Gaza en 2009, la rappeuse Invincible compose <em>The Emperor\u2019s Clothes<\/em>, qui est la premi\u00e8re chanson dont les paroles soutiennent explicitement la campagne BDS. Michael Heart avec <em>Song for Gaza<\/em>, et Omar Offendum avec <em>On this Land<\/em>, texte de Darwich, rappellent \u00e0 cette occasion leurs origines syriennes. Au Canada, les artistes engag\u00e9s se trouvent plut\u00f4t sur la sc\u00e8ne alternative, tels que les groupes punk Propagandhi ou The Brat Attack. Enfin, en Jama\u00efque, le c\u00e9l\u00e8bre chanteur de reggae Jimmy Cliff adapte \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 la chanson <em>Vietnam<\/em>, qu\u2019il avait \u00e9crite \u00e0 l\u2019origine en 1969, en la renommant <em>Afghanistan<\/em>, mais sans oublier la Palestine dans ses paroles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>Apr\u00e8s le Printemps Arabe (2011-aujourd\u2019hui)<\/strong><\/h2>\n<p>\u00c0 partir de fin 2010, une vague de protestations populaires dans le monde arabe va conduire \u00e0 la destitution des pr\u00e9sidents en Tunisie et en \u00c9gypte en 2011, ainsi qu\u2019au Y\u00e9men en 2012. Connue sous l\u2019appellation \u00ab\u00a0Printemps Arabe\u00a0\u00bb<a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>, cette p\u00e9riode remplit d\u2019espoir le Maghreb et le Moyen-Orient, et les collaborations internationales autour de la Palestine se poursuivent, telle <em>Freedom for Palestine<\/em>, un rap collectif rassemblant une quinzaine d\u2019artistes britanniques autour des membres du groupe \u00e9lectronique Faithless. On retrouve \u00e9galement des duos entre l\u2019Australo-Libanais Phil Monsour et la Canado-Palestinienne Rafeef Ziadah, entre le groupe sud-africain The Mavrix et le Palestinien Mohammed Omar, entre l\u2019Anglo-Palestinienne Shadia Mansour et l\u2019Am\u00e9ricano-Syrien Omar Offendum, entre les Portoricains de Calle 13 et la Palestinienne Kamilya Jubran, ou entre la Chilienne Ana Tijoux et Shadia Mansour.<\/p>\n<p>Par l\u2019implication personnelle de certains artistes dans la campagne BDS, on peut observer un effet \u00ab\u00a0boule de neige\u00a0\u00bb, comme en t\u00e9moigne le parcours du rappeur sud-africain Iain Ewok\u00a0: en 2011, il annule sa participation \u00e0 un festival partiellement financ\u00e9 par l\u2019ambassade d\u2019Isra\u00ebl \u00e0 Pretoria\u00a0; en 2012, il compose un rap pour la Palestine, <em>Freedom For Us All<\/em>\u00a0; et en 2014 il convainc son compatriote, le rappeur Raheem Kemet, de le rejoindre sur un nouveau titre consacr\u00e9 \u00e0 la d\u00e9nonciation de la situation en Palestine, <em>Intifada Intellect<\/em>. De m\u00eame, si en 2012 le groupe libanais Mashrou\u2019 Leila refuse de faire la premi\u00e8re partie du groupe am\u00e9ricain The Red Hot Chili Peppers \u00e0 Beyrouth, pour protester contre leur concert pr\u00e9vu en Isra\u00ebl, il faudra attendre 2018 pour qu\u2019ils s\u2019engagent dans un projet explicitement pro-palestinien (voir ci-dessous). Enfin, la campagne BDS comporte \u00e9galement un versant \u00e9conomique et, l\u00e0 encore, les artistes peuvent s\u2019av\u00e9rer de pr\u00e9cieux alli\u00e9s. En effet, l\u2019une des cibles embl\u00e9matiques de BDS est l\u2019entreprise isra\u00e9lienne de gaz\u00e9ificateurs Sodastream et son \u00e9g\u00e9rie Scarlett Johansson. En 2014, le groupe DAM compose pour l\u2019occasion une chanson humoristique et en anglais, <em>Scarlett Johansson Has Gas<\/em> et, dans le m\u00eame esprit, participe au rap \u00ab\u00a0\u00e9ducatif\u00a0\u00bb australien de Juice Rap News dont les vid\u00e9os permettent de rallier de nombreux jeunes \u00e0 cette campagne politique.<\/p>\n<p>Bien que l\u2019actualit\u00e9 soit toujours aussi tragique en Palestine, elle passe de plus en plus souvent au second plan. Plusieurs revirements de situation (par exemple \u00e0 Bahre\u00efn, en Syrie, en \u00c9gypte ou au Y\u00e9men) vont installer la r\u00e9gion dans une guerre sans fin et un pessimisme revenu \u00e0 son plus haut niveau, comme en t\u00e9moigne la chanson de la Libanaise Carole Samaha, <em>Wahchani Bladi <\/em>(<em>Mon pays me manque<\/em>), illustr\u00e9e par un clip pro-palestinien. Sur la sc\u00e8ne palestinienne, DAM compose une chanson en hommage aux prisonniers palestiniens en gr\u00e8ve de la faim, <em>Rissala min Zinzana (<\/em><em>Lettre de prison), avec les fr\u00e8res Joubran au Oud et le Libanais Bachar Khalife au piano. <\/em>Qassem al-Najar commente l\u2019actualit\u00e9 avec <em>Dabber Halak ya Fayyad <\/em>(<em>D\u00e9brouille-toi Fayyad<\/em>, du nom du premier ministre de l\u2019Autorit\u00e9 Palestinienne), tandis que Moneim Adwan continue d\u2019adapter Darwich (<em>Yasmin<\/em>). <em>De nouveaux rappeur.se.s apparaissent \u00e9galement, comme Sabreena Da Witch, The Revolution Makers ou, en exil, Remi Kanazi, et Shadia Mansour qui conna\u00eet un beau succ\u00e8s en solo sur internet avec son rap revendicatif, <\/em><em>Al-Kofeyye Arabeyye (<\/em><em>Le Keffieh est arabe).<\/em><\/p>\n<p>La guerre en Syrie en particulier, a d\u00e9tourn\u00e9 l\u2019attention de la Palestine pour deux raisons principales\u00a0: d\u2019abord \u00e0 cause de l\u2019importance de ce conflit dans la g\u00e9opolitique r\u00e9gionale et mondiale, mais aussi parce que les Palestiniens eux-m\u00eames, et le mouvement de solidarit\u00e9 internationale avec la Palestine, sont divis\u00e9s et affaiblis par cette question<a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. En 2012 en France, <em>Une Vie de Moins<\/em>, un morceau du groupe Zebda dont les paroles sont pourtant \u00e9crites par l\u2019historien Jean-Pierre Filiu, qui n\u2019est pas inclus dans le CD du groupe et qu\u2019ils n\u2019ont jamais jou\u00e9 en concert, entra\u00eenera quand m\u00eame la r\u00e9probation du CRIF (Conseil repr\u00e9sentatif des institutions juives de France) et une petite controverse m\u00e9diatique<a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. Mais la situation est complexe puisque la France accueille aussi des r\u00e9fugi\u00e9s palestiniens, tels ceux qui ont form\u00e9 le groupe Gazateam, ou The Refugees of Rap, du camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Yarmouk en Syrie, qui ont fui la guerre et publient la chanson <em>Ehkee<\/em> (<em>Parle<\/em>) en duo avec Tamer Nafar, l\u2019un des rappeurs de DAM. Comme d\u2019habitude, c\u2019est aussi une chanson qui r\u00e9sumera le mieux la situation, en f\u00e9vrier 2014\u00a0: <em>Allah al-Thawra<\/em> (<em>Dieu de la R\u00e9volution<\/em>), interpr\u00e9t\u00e9e par un trio de Palestiniens, la chanteuse Terez Sliman, le rappeur Tamer Nafar, et le po\u00e8te Marwan Makhoul. Ils y commentent le r\u00f4le n\u00e9faste jou\u00e9 par toutes les puissances \u00e9trang\u00e8res, en Irak, Palestine, \u00c9gypte ou Syrie, et les divisions qui en r\u00e9sultent entre Arabes.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est que lors des sursauts d\u2019horreur provoqu\u00e9s par l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne que les \u00e9ditorialistes et les chanteu.se.r.s se rappellent de la Palestine, comme \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2014, avec de nouveaux massacres \u00e0 Gaza, l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne tuant plus de 2.000 Palestiniens et en blessant 10.000, en sept semaines. Le premier morceau en hommage aux Gazaouis bombard\u00e9s est celui de Mohamed Assaf, le jeune chanteur de Gaza devenu superstar internationale apr\u00e8s avoir gagn\u00e9 Arab Idol en 2013, puis \u00eatre devenu ambassadeur de bonne volont\u00e9 de l\u2019UNRWA, et qui en appelle ses concitoyens \u00e0 \u00ab\u00a0lever la t\u00eate haute\u00a0\u00bb (<em>Erfaa Rassak<\/em>). Quelques jours plus tard c\u2019est au tour d\u2019un combo de rappeurs de Norv\u00e8ge, du P\u00e9rou, de Cuba, d\u2019Afrique du Sud et de France, avec un message clair\u00a0: <em>Boycott Isra\u00ebl<\/em>, suivi du rappeur autochtone ojibw\u00e9 de D\u00e9troit, Sacramento Knoxx, avec <em>The Trees Will Grow Again<\/em> (<em>Les arbres grandiront \u00e0 nouveau<\/em>), dont le clip appelle encore une fois \u00e0 rejoindre la campagne BDS. La chanteuse de Brooklyn Sonia Montez leur succ\u00e8de avec<em> Climbing Fences<\/em> (<em>En escaladant les barri\u00e8res<\/em>), suivie par le rappeur fran\u00e7ais M\u00e9dine avec <em>Gaza Soccer Beach<\/em>.<\/p>\n<p>Alors que le reste du monde tergiverse, les Palestiniens n\u2019ont pas le choix de continuer la lutte\u2026 et de composer des chansons. C\u2019est le cas pour des musiciens d\u00e9j\u00e0 connus comme DAM, The Revolution Makers, le Trio Joubran, Rafeef Ziadah ou Terez Sliman, mais aussi pour de nouveaux venus. Parmi ceux l\u00e0, le chanteur de rock Jowan Safadi brise un double tabou en s\u2019adressant aux juifs arabes et en h\u00e9breu dans <em>Liot Aravi<\/em> (<em>\u00catre un arabe<\/em>)<a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Hey toi, l\u2019Arabe import\u00e9, \u00e9coute ce que l\u2019Arabe local te dit. Vous avez \u00e9t\u00e9 tra\u00een\u00e9s ici pour prendre ma place\u2026\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>On d\u00e9couvre aussi le chanteur et multi-instrumentiste Tamer Abu Ghazaleh, le groupe \u00e9lectro 47 Soul, ou le groupe Maimas dont le chanteur, Haidar Eid, est aussi un militant \u00e0 Gaza et d\u00e9die l\u2019une de ses chansons au militant assassin\u00e9 Basel al-Araj (<em>Ila Bassel<\/em>). En janvier 2017 Tamer Nafar, rappeur de DAM, sort l\u2019un de ses textes les plus forts, <em>Bafaker Erhal<\/em> (<em>Je pense \u00e0 partir<\/em>), o\u00f9 il exprime son ras-le-bol et son envie de quitter la Palestine.<\/p>\n<p>Hors de Palestine, les morceaux consacr\u00e9s exclusivement \u00e0 la Palestine se font plus rares, mais on compte quand m\u00eame une chanson offerte par Dominique Grange \u00e0 la Campagne BDS France, <em>D\u00e9truisons le Mur<\/em>, un discours de Yasser Arafat mis en musique par HK et les Saltimbanks, <em>The Olive Branch<\/em>, ou m\u00eame une chanson collective argentine, <em>Palestina.<\/em> Aux \u00c9tats-Unis, on peut compter sur des fid\u00e8les comme David Rovics, avec un disque entier de chansons consacr\u00e9e \u00e0 la Palestine, ou Roger Waters qui chante le po\u00e8me <em>Wait For Her<\/em> (<em>Attends-la<\/em>) de Mahmoud Darwich. Mais le plus beau succ\u00e8s de la campagne BDS est sans doute d\u2019avoir rencontr\u00e9 le mouvement Black Lives Matter en 2015, et de s\u2019\u00eatre assur\u00e9 un soutien mutuel<a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>. Cela a permis \u00e0 de nouveaux artistes Noirs am\u00e9ricains de renouer avec la Palestine et son combat, de Lauryn Hill \u00e0 Gary Clark Jr., en passant par Jasiri X, Vic Mensa, ou des membres des groupes The Coup ou Digable Planets. R\u00e9cemment, et c\u2019est dire s\u2019il est encore difficile aujourd\u2019hui de soutenir ouvertement la Palestine, c\u2019est tr\u00e8s discr\u00e8tement que certains artistes ont du exprimer leur soutien, en ins\u00e9rant dans leurs clips des images de Gaza aux c\u00f4t\u00e9s de celles de Ferguson. C\u2019est le cas du clip de <em>We Gotta Pray<\/em>, de Alicia Keys, de<em> Season of Change<\/em>, de Bettye Lavette avec Stone Foundation ou de <em>We Could Be Free <\/em>de Vic Mensa. Dans ce dernier cas, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 trop puisque le clip a \u00e9t\u00e9 censur\u00e9 par Apple et Google<a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>.<\/p>\n<p>Dans cette p\u00e9riode particuli\u00e8rement difficile pour les Palestiniens, les autorit\u00e9s isra\u00e9liennes se font encore plus agressives et leurs soutiens vont toujours plus loin. En d\u00e9cembre 2017, la reconnaissance par le pr\u00e9sident Donald Trump, au nom des \u00c9tats-Unis, de J\u00e9rusalem comme capitale d\u2019Isra\u00ebl est l\u2019occasion d\u2019une r\u00e9ponse imm\u00e9diate de Rafeef Ziadah, sous la forme d\u2019une chanson adress\u00e9e directement \u00e0 celui qu\u2019elle appelle \u00ab\u00a0L\u2019Homme Orange\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s une manifestation de protestation \u00e0 Nabi Saleh en Cisjordanie, la jeune palestinienne Ahed Tamimi, 15 ans, est arr\u00eat\u00e9e avec d\u2019autres membres de sa famille. Elle sera condamn\u00e9e \u00e0 8 mois de prison pour avoir gifl\u00e9 un soldat isra\u00e9lien, non sans avoir d\u00e9clench\u00e9 une vague de soutien international. Syrienne r\u00e9fugi\u00e9e en Jordanie, Tania Maria Sakkal interpr\u00e8te une chanson dont le titre joue sur la signification du pr\u00e9nom Ahed (la promesse), <em>Enti al-Ahed<\/em> (<em>Toi la promesse<\/em>), tandis qu\u2019en Gr\u00e8ce, Andreas Manolidis et Sylvia Kapernarou interpr\u00e8tent une \u00ab\u00a0Chanson pour Ahed\u00a0Tamimi \u00bb.<\/p>\n<p>En se rapprochant du 70<sup>e<\/sup> anniversaire de la Nakba en mai 2018, on sent un regain de col\u00e8re et d\u2019inspiration chez les artistes palestiniens et internationaux, d\u00e9sireux de travailler ensemble, comme le Trio Joubran avec Roger Waters, sur un po\u00e8me de Darwich. L\u2019une des collaborations les plus ambitieuses de ces derni\u00e8res ann\u00e9es se met \u00e9galement en place entre les Britanniques de Block9, Banksy et Brian Eno, l\u2019Irlandaise R\u00f3is\u00edn Murphy, les Libanais de Mashrou\u2019 Leila, les Palestiniens du Trio Joubran, Akram Abdulfattah et Wassim Qassis, et d\u2019autres. R\u00e9unis dans l\u2019h\u00f4tel de Banksy \u00e0 Bethlehem, ou par vid\u00e9oconf\u00e9rence pour ceux qui n\u2019ont pas pu obtenir de visa, ils y concoctent un disque entier, intitul\u00e9 <em>Block9 Creative Retreat Palestine (La retraite cr\u00e9ative du Block9 en Palestine<\/em>). Enfin, le dernier album de Rim Banna est r\u00e9alis\u00e9 en collaboration avec le duo tuniso-palestinien Checkpoint 303 et le pianiste norv\u00e9gien Bugge Wesseltoft. Sorti un mois apr\u00e8s sa mort, en mars 2018, il s\u2019intitule <em>Sawt al-Moukawama<\/em> (<em>La voix de la r\u00e9sistance<\/em>) et symbolise encore une fois la r\u00e9sistance d\u2019un peuple qui survit \u00e0 ses pertes.<\/p>\n<p>A partir de la fin mars, de grandes manifestations pacifiques sont organis\u00e9es \u00e0 Gaza, brutalement r\u00e9prim\u00e9es par les autorit\u00e9s isra\u00e9liennes. Parall\u00e8lement, et en solidarit\u00e9 avec les manifestants et le journaliste abattu Yasser Murtaja, quatre chanteurs de Gaza (Bashir Besaiso, Mohammed Al-Baz, Minim Awad et Ehab Khrais) composent <em>Al-Rabye al-Ahmar<\/em> (Le Printemps Rouge). Alors que l\u2019anniversaire de la Nakba co\u00efncide avec le d\u00e9m\u00e9nagement de l\u2019ambassade am\u00e9ricaine \u00e0 J\u00e9rusalem, l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne assassine plus de 60 civils palestiniens et en blesse pr\u00e8s de 3000. En hommage \u00e0 ces victimes, la grande Fairuz, \u00e0 83 ans, sort de sa retraite et chante le Psaume 13 de la Bible: <em>Ila Mata Ya Rabbou<\/em> (Jusqu\u2019\u00e0 quand, Seigneur?). La boucle est boucl\u00e9e, et Fairouz aura ainsi particip\u00e9 \u00e0 plus de 60 des 70 premi\u00e8res ann\u00e9es de chansons engag\u00e9es pour la Palestine, en attendant la victoire, ou du moins la prochaine bataille\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n<p>Si, dans les grands m\u00e9dias officiels, l\u2019histoire r\u00e9cente de la Palestine est plut\u00f4t racont\u00e9e \u00e0 travers le narratif isra\u00e9lien, la chanson permet \u00e0 sa mani\u00e8re de diffuser une version alternative et populaire. Si, par ailleurs, c\u2019est surtout d\u2019\u00c9gypte et du Liban que ces messages sont partis pendant les trente premi\u00e8res ann\u00e9es d\u2019occupation de la Palestine, ils ont maintenant \u00e9t\u00e9 rejoints par des chansons du monde entier. Le soutien par la musique \u00e0 la cause palestinienne s\u2019est r\u00e9pandu dans tout le monde arabe, atteignant les musiciens arabes en diaspora ainsi que de nombreux musiciens occidentaux. On peut m\u00eame parler d\u2019allers-retours, tant les influences r\u00e9ciproques sont \u00e9videntes du point de vue des styles musicaux. La parole s\u2019est \u00e9galement lib\u00e9r\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la technologie et \u00e0 internet qui permettent maintenant aux artistes de transmettre directement \u00e0 leur public des messages subversifs, autrefois soumis \u00e0 la censure ou \u00e0 l\u2019autocensure.<\/p>\n<p>Comme l\u2019avait remarqu\u00e9 Joseph Massad dans son essai de 2003, il est passionnant de voir que si ces dizaines de chansons expriment plus ou moins la m\u00eame col\u00e8re devant l\u2019oppression, et le m\u00eame espoir de lib\u00e9ration, elles diff\u00e8rent toutes par leurs styles et la corde sensible sur laquelle elles veulent appuyer. Il est tout aussi int\u00e9ressant de voir que ces changements de styles suivent de pr\u00e8s les victoires, les d\u00e9faites et les changements de strat\u00e9gie de la r\u00e9sistance arabe et palestinienne, le contexte politique du pays d\u2019o\u00f9 elles \u00e9manent, et que cette tendance se poursuit encore, apr\u00e8s 70 ans d\u2019occupation de la Palestine.<\/p>\n<p>Si la multiplication des chansons pro-palestiniennes, de tous styles et de toutes origines, n\u2019est pas n\u00e9cessairement une preuve que la victoire se rapproche, elle d\u00e9montre en tout cas, si besoin \u00e9tait, que la propagande pro-isra\u00e9lienne v\u00e9hicul\u00e9e par les gouvernements occidentaux ne prend pas. On voit \u00e0 quel point l\u2019art, et m\u00eame l\u2019une de ses formes les plus populaires comme la chanson, est un enjeu politique, utilis\u00e9 d\u2019ailleurs aussi bien par l\u2019\u00c9tat isra\u00e9lien dans sa tentative de normalisation que par les militants de la solidarit\u00e9 internationale avec la Palestine dans leur campagne de boycott culturel. Les chansons ne se contentent plus de d\u00e9crire l\u2019Histoire et de raconter l\u2019esp\u00e9rance, elles participent effectivement au combat politique, ne serait-ce qu\u2019en affirmant la vigueur d\u2019une cr\u00e9ation culturelle palestinienne. Aujourd\u2019hui, au-del\u00e0 des chansons qu\u2019ils \u00e9crivent, les artistes sont invit\u00e9s \u00e0 prendre parti dans ce conflit. Ils le font d\u2019ailleurs, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 comme de l\u2019autre, et l\u2019histoire jugera.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>Liste de chansons, leur interpr\u00e8te, le pays et l\u2019ann\u00e9e (\u00e0 \u00e9couter <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=5SZNRpl1Krs&amp;list=PLkeA_mTMOkTsshUhOlBgZqPYx4UrLNCvh\">ici<\/a>) <\/strong><\/h2>\n<p><em>En ce qui concerne la retranscription phon\u00e9tique de l\u2019arabe en lettres latines, la prononciation d\u2019une m\u00eame lettre (les voyelles surtout) peut varier selon l\u2019auteur, et selon s\u2019il s\u2019agit d\u2019arabe litt\u00e9ral ou dialectal.<\/em><\/p>\n<ul>\n<li><em>Ya Zayer Mahda Issa<\/em> (<em>Oh visiteur du berceau de J\u00e9sus<\/em>), Najah Salam, Liban, 1948<\/li>\n<li><em>Filastin<\/em> (<em>Palestine<\/em>), Mohammed Abdel Wahab, \u00c9gypte, 1949<\/li>\n<li><em>Nasser<\/em> (Le Victorieux), Mohammed Abdel Wahab, Egypte, 1956<\/li>\n<li><em>Ya Akhi al-Laje\u2019 <\/em>(<em>Oh, mon fr\u00e8re le r\u00e9fugi\u00e9<\/em>), Kamal Nasser, Palestine, 1956<\/li>\n<li><em>Rajioun<\/em> (<em>Nous reviendrons<\/em>), Fairuz, Liban, 1957<\/li>\n<li><em>Ahtarifou al-Houzna <\/em>(Est-ce que tu connais la tristesse), Fairuz, Liban, 1957<\/li>\n<li><em>Ya Jisran Khachabiyan<\/em> (<em>Oh ponts de bois<\/em>), Fairuz, Liban, 1957<\/li>\n<li><em>Jisr al-Awda <\/em>(<em>Les ponts du retour<\/em>), Fairuz, Liban, 1957<\/li>\n<li><em>Al-Watan al-Akbar <\/em>(<em>La patrie la plus grande<\/em>), Abdel Halim Hafez, \u00c9gypte, 1960<\/li>\n<li><em>Sawt al-Jamahir<\/em> (<em>La voix des masses<\/em>), Mohammed Abdel Wahab, \u00c9gypte, 1963<\/li>\n<li><em>Al-Massih<\/em> (<em>Le Messie<\/em>), Abdel Halim Hafez, \u00c9gypte, 1967<\/li>\n<li><em>Sanarjiou Yawman<\/em> (<em>Nous retournerons un jour<\/em>), Fairuz, Liban, 1967<\/li>\n<li><em>Bissane,<\/em> Fairuz, Liban, 1967<\/li>\n<li><em>Yaffa<\/em>, Fairuz et Joseph Azar, Liban, 1967<\/li>\n<li><em>Al-Quds al-Atiqah<\/em> (<em>La vieille ville de J\u00e9rusalem<\/em>), Fairuz, Liban, 1967<\/li>\n<li><em>Zahrat al-Madain<\/em> (<em>La fleur des villes<\/em>), Fairuz, Liban, 1967<\/li>\n<li><em>Sayfun fal-Yuchhar<\/em> (<em>Une \u00e9p\u00e9e doit \u00eatre brandie<\/em>), Fairuz, Liban, 1967<\/li>\n<li><em>Jibal al-Sawan<\/em> \u00a0(<em>Les montagnes de silex<\/em>), Fairuz, Liban, 1969<\/li>\n<li><em>Ya Falastiniyun<\/em> (<em>Oh Palestiniens<\/em>), Cheikh Imam, \u00c9gypte, 1968<\/li>\n<li><em>Asbaha al-Ana indi Bunduqiyyah<\/em> (<em>Maintenant je me suis procur\u00e9 un fusil<\/em>), aussi appel\u00e9e <em>Tarik Wahed<\/em> (<em>La seule direction<\/em>), Oum Kalthoum, \u00c9gypte, 1969<\/li>\n<li><em>Mawtini<\/em> (<em>Ma Patrie<\/em>), Palestine, 1934<\/li>\n<li><em>Biladi<\/em> (<em>Mon Pays<\/em>), Palestine, ann\u00e9es 1970<\/li>\n<li><em>Ana Samid<\/em> (<em>Je r\u00e9siste<\/em>), Al-Firqah al-Markaziyyah, Palestine\/Liban, ann\u00e9es 1970<\/li>\n<li><em>Fidaiyyeh<\/em> (<em>Fedayin<\/em>), Al-Firqah al-Markaziyyah, Palestine\/Liban, ann\u00e9es 1970<\/li>\n<li><em>Kalachnikov, <\/em>Al-Firqah al-Markaziyyah, Palestine\/Liban, ann\u00e9es 1970<\/li>\n<li><em>Al-Assifa<\/em> (<em>La temp\u00eate<\/em>), membres du Fatah, Palestine\/Liban, 1974<\/li>\n<li><em>Men Sejen Akka <\/em>(<em>De la prison de Saint Jean d\u2019Acre<\/em>), Al Ashikin, Palestine\/Syrie, ann\u00e9es 1980<\/li>\n<li><em>Habat al-Nar<\/em> (<em>Le feu souffle<\/em>), Al Ashikin, Palestine\/Syrie, ann\u00e9es 1980<\/li>\n<li><em>Filastin<\/em> (<em>Palestine<\/em>), Jil Jilala, Maroc, 1973<\/li>\n<li><em>Filastin<\/em> (<em>Palestine<\/em>), Nass El Ghiwane, Maroc, ann\u00e9es 1970<\/li>\n<li><em>Falastini<\/em> (<em>Palestinien<\/em>), Jaafar Hassan, Irak, 1978<\/li>\n<li><em>Ounadikom<\/em> (<em>Je vous appelle<\/em>), Ahmad Kaabour, Liban, 1976<\/li>\n<li><em>Bitaqat Hawiyyah<\/em> (<em>Carte d\u2019identit\u00e9<\/em>), aussi connue sous le nom de <em>Sajjil Ana Arabi<\/em> (Inscris, je suis Arabe), Ahmad Kaabour et George Qurmuz, Liban, 1976<\/li>\n<li><em>Jawaz al-Safar <\/em>(<em>Le Passeport<\/em>), Marcel Khalife, Liban, 1976<\/li>\n<li><em>Rita wa al-Bunduqiyyah<\/em> (<em>Rita et le fusil<\/em>), Marcel Khalife, Liban, 1976<\/li>\n<li><em>Ila Ummi<\/em> (<em>\u00c0 ma m\u00e8re<\/em>), Marcel Khalife, Liban, 1976<\/li>\n<li><em>Ahmed al-Arabi<\/em> (<em>Ahmed l\u2019Arabe<\/em>), Marcel Khalife, Liban, 1984<\/li>\n<li><em>Ana Amchi<\/em> (<em>Je marche debout<\/em>), Marcel Khalife, Liban, 1985<\/li>\n<li><em>Asfour<\/em> (<em>Un oiseau<\/em>), Marcel Khalife, Liban, 2003<\/li>\n<li><em>Equal Rights<\/em> (<em>Droits \u00e9gaux<\/em>), Peter Tosh, Jama\u00efque, 1977<\/li>\n<li><em>A Peace That We Never Before Could Enjoy<\/em> (<em>Une Paix dont nous n\u2019avions jamais pu profiter<\/em>), Ray Charles, USA, 1978<\/li>\n<li><em>Oliver\u2019s Army<\/em> (<em>L\u2019arm\u00e9e d\u2019Olivier<\/em>), Elvis Costello, UK, 1979<\/li>\n<li><em>Miss Maggie<\/em>, Renaud, France, 1985<\/li>\n<li><em>Triviale Poursuite,<\/em> Renaud, France, 1988<\/li>\n<li><em>Tout le Monde y Pense<\/em>, Francis Cabrel, France, 1989<\/li>\n<li><em>J\u2019Ai Vu<\/em>, Niagara, France, 1990<\/li>\n<li><em>Ba\u00efonnettes<\/em>, Zebda, France, 1992<\/li>\n<li><em>War Crimes<\/em> (<em>Crimes de guerre<\/em>), Special AKA, UK, 1982<\/li>\n<li><em>Sabra wa Chatila<\/em> (<em>Sabra et Chatila<\/em>), Nass El Ghiwane, Maroc, 1983<\/li>\n<li><em>Ibrahim<\/em>, B\u00e9rurier Noir, France, 1987<\/li>\n<li><em>Hubb ala al-Tariqah al-Filastiniyyah<\/em> (<em>L\u2019amour \u00e0 la palestinienne<\/em>), Sabreen, Palestine, 1984<\/li>\n<li><em>Dukhan al-Barakin<\/em> (<em>La fum\u00e9e des volcans<\/em>), Sabreen, Palestine, 1984<\/li>\n<li><em>An Ensan<\/em> (<em>\u00c0 propos d\u2019un homme<\/em>), Sabreen, Palestine, 1984<\/li>\n<li><em>Atfal al-Intifada<\/em> (<em>Les enfants de l\u2019Intifada<\/em>), Mustafa al Kurd, Palestine, 1987<\/li>\n<li><em>Sharrar<\/em> (<em>L\u2019\u00e9tincelle<\/em>), Suhail Khoury, Palestine, 1988<\/li>\n<li><em>Dawla<\/em> (<em>L\u2019\u00c9tat<\/em>), Thaer Barghouti, Palestine, 1988<\/li>\n<li><em>Jay al-Hamam<\/em> (<em>Les colombes arrivent<\/em>), Sabreen, Palestine, 1994<\/li>\n<li><em>Al-Hulm al-Arabi<\/em> (<em>Le r\u00eave arabe<\/em>), collectif, monde arabe, 1998<\/li>\n<li><em>Qana<\/em>, Majida El Roumi, Liban, 1996<\/li>\n<li><em>Sakata al-Kinaa<\/em> (<em>Les masques sont tomb\u00e9s<\/em>), Majida El Roumi, Liban, 1994<\/li>\n<li><em>Wein al-Malayeen?<\/em> (<em>O\u00f9 sont les millions<\/em>), Julia Boutros, Liban, ann\u00e9es 1990<\/li>\n<li><em>Hajar al-Mensiyen<\/em> (<em>Les pierres des oubli\u00e9s<\/em>), Julia Boutros, Liban, 1995<\/li>\n<li><em>Israel<\/em>, Hicham Abbas, Egypte, ann\u00e9es 2000<\/li>\n<li><em>Ana Bakrah Israel<\/em> (<em>Je hais Isra\u00ebl<\/em>), Shaaban Abdel Rahim, \u00c9gypte, 2000<\/li>\n<li><em>Al-Quds Haterga Lina<\/em> (<em>J\u00e9rusalem nous reviendra<\/em>), collectif, \u00c9gypte, 2002<\/li>\n<li><em>J\u2019Aurais Pu Croire<\/em>, IAM, France, 1993<\/li>\n<li><em>Jeteur de Pierre<\/em>, Sniper, France, 2003<\/li>\n<li><em>Gun Music<\/em> (<em>La musique des fusils<\/em>), Talib Kweli, USA, 2002<\/li>\n<li><em>Self Evident<\/em> (<em>\u00c9vident<\/em>), Ani di Franco, USA, 2002<\/li>\n<li><em>Intifada<\/em>, Ska-P, Espagne, 2002<\/li>\n<li><em>Charlatown,<\/em> Gnawa Diffusion, France, 2003<\/li>\n<li><em>Al-Quds<\/em> (<em>J\u00e9rusalem<\/em>), Kadhem Saher, Irak, ann\u00e9es 2000<\/li>\n<li><em>Kollena Wahed<\/em> (<em>Nous sommes tous unis<\/em>), Tamer Hosni, \u00c9gypte, 2009<\/li>\n<li><em>Gaza Calling<\/em> (<em>Gaza appelle<\/em>), Checkpoint 303, Tunisie\/Palestine, 2007<\/li>\n<li><em>Gazze<\/em> (<em>Gaza<\/em>), Murat Solmaz, Turquie, 2009<\/li>\n<li><em>L\u2019Homme de Gauche<\/em>, Rayess Bek, Liban, 2010<\/li>\n<li><em>Ghareeba<\/em> (<em>L\u2019\u00e9trang\u00e8re<\/em>), Kamilya Jubran, Palestine, 2005<\/li>\n<li><em>Fares Odeh<\/em>, Rim Banna, Palestine, 2005<\/li>\n<li><em>Sarkhat Min al-Quds<\/em> (<em>Un cri de J\u00e9rusalem<\/em>), Rim Banna, Palestine, 2010<\/li>\n<li><em>Yaffa<\/em> (<em>Jaffa<\/em>) Reem Kelani, Palestine, 2006<\/li>\n<li><em>Jenin<\/em>, Basel Zayed, Palestine, 2006<\/li>\n<li><em>Al-Saber Ya Mubtali<\/em> (<em>Patience oh malheureux<\/em>), Amal Murkus, Palestine, 2007<\/li>\n<li><em>Ala Hadhihi al-Ard<\/em> (<em>Sur cette terre<\/em>), Trio Joubran, Palestine, 2009<\/li>\n<li><em>Meen Irhabi\u00a0?<\/em> (<em>Qui est le terroriste\u00a0?<\/em>), DAM, Palestine, 2001<\/li>\n<li><em>Ihda<\/em> (<em>D\u00e9dicace<\/em>), DAM, Palestine, 2006<\/li>\n<li><em>Men al-Kaheff <\/em>(Dans la cave), Ramallah Underground, Palestine, 2007<\/li>\n<li><em>1948, <\/em>Ragtop, Palestine\/USA, 2009<\/li>\n<li><em>Shades of Anger <\/em>(<em>Nuances de col\u00e8re<\/em>), Rafeef Ziadah, Palestine\/Canada, 2009<\/li>\n<li><em>Boomerang<\/em>, MBS et DAM, Alg\u00e9rie et Palestine, 2004<\/li>\n<li><em>Mes Endroits<\/em>, La Caution et DAM, France et Palestine, 2006<\/li>\n<li><em>People Not Places <\/em>(<em>Les gens, pas les lieux<\/em>), Invincible et DAM, USA et Palestine, 2008<\/li>\n<li><em>Palestine ChChing<\/em>, Sikh Knowledge, Inde\/Canada, 2009<\/li>\n<li><em>Palestine Will Be Free<\/em> (<em>La Palestine sera libre<\/em>), Maher Zain, Su\u00e8de\/Liban, 2009<\/li>\n<li><em>Baddi Salam<\/em> (<em>Je veux la Paix<\/em>), Mahmoud Jrere (de DAM) et Shadia Mansour, Palestine et Palestine\/UK, 2007<\/li>\n<li><em>Hamdulilah Gaza<\/em> (<em>B\u00e9nie soit Gaza<\/em>), Narcicyst et Shadia Mansour, Irak\/Canada et Palestine\/UK, 2009<\/li>\n<li><em>L\u2019Expression Contre l\u2019Oppression<\/em>, rap collectif, Belgique, 2009<\/li>\n<li><em>Long Live Palestine<\/em> (<em>Longe vie \u00e0 la Palestine<\/em>), Shadia Mansour (Palestine\/UK), DAM (Palestine), Lowkey (Irak\/UK), Narcicyst (Irak\/Canada), Eslam Jawaad (Liban\/UK), Hichkas (Iran), Reveal (Iran\/UK), Mongrel (UK) et Hasan Salaam (USA), 2009<\/li>\n<li><em>Horizon<\/em>, Code Rouge et Amel Mathlouthi, Belgique et Tunisie, 2010<\/li>\n<li><em>They Shoot Children, Don\u2019t They?<\/em> (<em>Ils tirent sur des enfants, n\u2019est-ce pas\u00a0?<\/em>), Oi Polloi, UK, 2006,<\/li>\n<li><em>The Day the World Gets \u2018Round<\/em> (<em>Le jour o\u00f9 le monde r\u00e9ussit<\/em>), Yusuf Islam (Cat Stevens), UK, 2009<\/li>\n<li><em>We Shall Overcome<\/em> (<em>Nous triompherons<\/em>), Roger Waters, UK, 2010<\/li>\n<li><em>Peace on the Shores of Gaza <\/em>(<em>La Paix sur les rives de Gaza<\/em>), Tommy Sands, Irlande, 2010<\/li>\n<li><em>Don\u2019t it make you wonder?<\/em> (<em>Est-ce que \u00e7a ne te fait pas r\u00e9fl\u00e9chir\u00a0?<\/em>), Mic Righteous, UK, 2010<\/li>\n<li><em>En Palestine<\/em>, Michel B\u00fchler, Suisse, 2004<\/li>\n<li><em>Enfant du Destin (David)<\/em>, M\u00e9dine, France, 2004<\/li>\n<li><em>Rainin\u2019 In Paradize<\/em>, Manu Chao, France, 2007<\/li>\n<li><em>Palestine<\/em>, Yann Tiersen, France, 2010<\/li>\n<li><em>Avec le Coeur et la Raison<\/em>, Kery James, France, 2009<\/li>\n<li><em>A Force de le Dire<\/em>, Youssoupha, France, 2009<\/li>\n<li><em>Sans Histoire<\/em>, Amazigh Kateb, France, 2009<\/li>\n<li><em>J\u2019Commence Tout Doux<\/em>, Mister You, France, 2010<\/li>\n<li><em>Si la Vie m\u2019a Mis L\u00e0<\/em>, Tryo, France, 2004<\/li>\n<li><em>Palestine<\/em>, les Brixton Cats, France, 2005<\/li>\n<li><em>Guerriers Sans Armes<\/em>, Kalash, France, 2008<\/li>\n<li><em>Palestine<\/em>, les 400 Hy\u00e8nes, France, 2006<\/li>\n<li><em>Palestine<\/em>, MAP, France, 2009<\/li>\n<li><em>Palestine<\/em>, ZEP, France, 2009<\/li>\n<li><em>Inscris, Je Suis Arabe<\/em>, ZEP, France, 2009<\/li>\n<li><em>Al-Amal Rahina<\/em> (<em>L\u2019espoir en otage<\/em>), Kwal, France, 2010<\/li>\n<li><em>Road to Peace<\/em> (<em>La route vers la Paix<\/em>), Tom Waits, USA, 2006<\/li>\n<li><em>Qana<\/em>, Patti Smith, USA, 2006<\/li>\n<li><em>The Emperor\u2019s Clothes<\/em> (<em>Les habits de l\u2019Empereur<\/em>), Invincible, USA, 2009<\/li>\n<li><em>We Will Not Go Down (Song for Gaza)<\/em> (Nous ne nous rendrons pas, Chanson pour Gaza), Michael Heart, Syrie\/USA, 2009<\/li>\n<li><em>On this Land<\/em> (<em>Sur cette Terre<\/em>), Omar Offendum, Syrie\/USA, 2011<\/li>\n<li><em>Madness<\/em> (L<em>a Folie<\/em>), Harrison \u00ab\u00a0Professor\u00a0\u00bb Stafford, USA, 2011<\/li>\n<li><em>Fixed Frequencies<\/em> (<em>Fr\u00e9quences fixes<\/em>), Propagandhi, Canada, 2005<\/li>\n<li><em>End the Occupation<\/em> (<em>Non \u00e0 l\u2019occupation<\/em>), The Brat Attack, Canada, 2008<\/li>\n<li><em>Afghanistan<\/em>, Jimmy Cliff, Jama\u00efque, 2011<\/li>\n<li><em>Freedom for Palestine<\/em> (<em>Libert\u00e9 pour la Palestine<\/em>), Lowkey, Attab Haddad (Irak\/UK), Faithless, One Giant Leap, Kubb, Specimen A, Mark Thomas, Michael Rosen, LSK, Andrea Britton, Joelle Barker, des membres du London Community Gospel Choir (UK), et le Durban Gospel Choir (Afrique du Sud), 2011<\/li>\n<li><em>Ghosts of Deir Yassin<\/em> (<em>Les fant\u00f4mes de Deir Yassine<\/em>), Phil Monsour et Rafeef Ziadah, Liban\/Australie et Palestine\/Canada, 2012<\/li>\n<li><em>The New Black<\/em> (<em>Le nouveau Noir<\/em>), The Mavrix et Mohammed Omar, Afrique du Sud et Palestine, 2012<\/li>\n<li><em>Lazem Netghayyar <\/em>(<em>Nous devons changer<\/em>), Shadia Mansour et Omar Offendum, Palestine\/UK et Syria\/US, 2013<\/li>\n<li><em>Multi Viral<\/em>, Calle 13 et Kamilya Jubran, Porto-Rico et Palestine, 2013<\/li>\n<li><em>Somos Sur <\/em>(<em>Nous sommes le sud<\/em>), Ana Tijoux et Shadia Mansour, Chili et Palestine\/UK, 2014<\/li>\n<li><em>Freedom For Us All<\/em> (<em>La libert\u00e9 pour nous tous<\/em>), Iain Ewok, Afrique du Sud, 2012<\/li>\n<li><em>Intifada Intellect<\/em>, Iain Ewok et Raheem Kemet, Afrique du Sud, 2014<\/li>\n<li><em>Scarlett Johansson Has Gas<\/em> (<em>Scarlett Johansson a des gaz<\/em>), DAM, Palestine, 2014<\/li>\n<li><em>Israel vs. Palestine<\/em>, Juice Rap News, Norman Finkelstein et DAM, Australie, USA et Palestine, 2014<\/li>\n<li><em>Wahchani Bladi <\/em>(<em>Mon pays me manque<\/em>), Carole Samaha, Liban, 2013<\/li>\n<li><em>Rissala min Zinzana (<\/em><em>Lettre de prison<\/em><em>), DAM, Palestine, 2011<\/em><\/li>\n<li><em>Dabber Halak ya Fayyad<\/em>, (<em>D\u00e9brouille-toi Fayyad<\/em>), Qassem al-Najar, Palestine, 2012<\/li>\n<li><em>Yasmin<\/em> (<em>Jasmin<\/em>), Moneim Adwan, Palestine, 2013<\/li>\n<li><em>Wein Ma Fi Hada <\/em>(<em>Quand il n\u2019y a personne<\/em>), Sabreena Da Witch, Palestine, 2011<\/li>\n<li><em>Sout<\/em> (<em>Du bruit<\/em>), The Revolution Makers, Palestine, 2013<\/li>\n<li><em>Normalize This!<\/em> (<em>Normalisez-moi \u00e7a\u00a0!<\/em>), Remi Kanazi, Palestine\/USA, 2012<\/li>\n<li><em>Al-Kofeyye Arabeyye<\/em> (<em>Le Keffieh est arabe<\/em>), Shadia Mansour, Palestine\/UK, 2011<\/li>\n<li><em>Une Vie de Moins<\/em>, Zebda, France, 2012<\/li>\n<li><em>Impossible<\/em>, Gazateam, Palestine\/France, 2012<\/li>\n<li><em>Ehkee<\/em> (<em>Parle<\/em>), The Refugees of Rap et Tamer Nafar, Syrie\/France et Palestine, 2013<\/li>\n<li><em>Allah al-Thawra<\/em> (<em>Dieu de la R\u00e9volution<\/em>), Terez Sliman, Tamer Nafar, Marwan Makhoul, Palestine, 2014<\/li>\n<li><em>Erfaa Rassak<\/em> \u00a0(<em>L\u00e8ve la t\u00eate haute<\/em>), Mohamed Assaf, Palestine, 2014<\/li>\n<li><em>Boycott Isra\u00ebl<\/em>, Don Martin (Norv\u00e8ge), Immortal Technique (P\u00e9rou\/USA), Eltipo Este (Cuba), Tumi (Afrique du Sud), Tonto Noiza (France), 2014<\/li>\n<li><em>The Trees Will Grow Again<\/em> (<em>Les arbres grandiront \u00e0 nouveau<\/em>), Sacramento Knoxx, USA, 2014<\/li>\n<li><em>Climbing Fences<\/em> (<em>En escaladant les barri\u00e8res<\/em>), Sonia Montez, USA, 2014<\/li>\n<li><em>Gaza Soccer Beach, <\/em>M\u00e9dine, France, 2014<\/li>\n<li><em>Min enta\u00a0?<\/em> (<em>Qui es-tu\u00a0?<\/em>), DAM, Palestine, 2015<\/li>\n<li><em>Shaddena al-Heil <\/em>(<em>Renforcer notre R\u00e9sistance<\/em>), The Revolution Makers, Palestine, 2015<\/li>\n<li><em>Pause<\/em>, Rafeef Ziadah, Palestine\/UK, 2015<\/li>\n<li><em>Ashtata <\/em>(<em>La pluie<\/em>), Terez Sliman et Sophia Adriana, Palestine et Portugal, 2016<\/li>\n<li><em>Liot Aravi<\/em> (<em>\u00catre un arabe<\/em>), Jowan Safadi, Palestine, 2015<\/li>\n<li><em>Alameh<\/em> (<em>Signe<\/em>), Tamer Abu Ghazaleh, Palestine, 2017<\/li>\n<li><em>Everyland<\/em> (<em>Toute Terre<\/em>), 47 Soul, Palestine, 2015<\/li>\n<li><em>Ila Bassel<\/em> (<em>Pour Basel<\/em>), Maimas, Palestine, 2017<\/li>\n<li><em>Bafaker Erhal<\/em> (<em>Je pense \u00e0 partir<\/em>), Tamer Nafar, Palestine, 2017<\/li>\n<li><em>D\u00e9truisons le Mur !<\/em>, Dominique Grange, France, 2015<\/li>\n<li><em>The Olive Branch<\/em>, HK et les Saltimbanks, France, 2015<\/li>\n<li><em>Palestina<\/em> (<em>Palestine<\/em>),Puel Kona, Karamelo Santo et Las Manos de Filippi, Argentine, 2016<\/li>\n<li><em>Wait For Her<\/em> (<em>Attends-la<\/em>), Roger Waters, UK, 2017<\/li>\n<li><em>Falasteen Habibti<\/em> (<em>Palestine mon amour<\/em>), David Rovics, USA, 2014<\/li>\n<li><em>Checkpoint<\/em>, Jasiri X, USA, 2014<\/li>\n<li><em>We Gotta Pray<\/em> (<em>Nous devons prier<\/em>), Alicia Keys, USA, 2014<\/li>\n<li><em>Season of Change<\/em> (<em>La saison du changement<\/em>), Bettye Lavette et Stone Foundation, USA\/UK, 2017<\/li>\n<li><em>We Could Be Free<\/em> (<em>Nous pourrions \u00eatre libres<\/em>), Vic Mensa, USA, 2017<\/li>\n<li><em>In Jerusalem<\/em> (<em>\u00c0 J\u00e9rusalem<\/em>), Rafeef Ziadah, Palestine\/UK, 2017<\/li>\n<li><em>Enti al-Ahed<\/em> (<em>Toi la Promesse<\/em>), Tania Maria Sakkal, Syrie\/Jordanie, 2017<\/li>\n<li><em>Ena Tragoudi gia tin Ahed Tamimi <\/em>(<em>Une chanson pour Ahed Tamimi<\/em>), Andreas Manolidis et Sylvia Kapernarou, Gr\u00e8ce, 2018<\/li>\n<li><em>Supremacy<\/em> (<em>Supr\u00e9matie<\/em>), le Trio Joubran et Roger Waters, Palestine et UK, 2018<\/li>\n<li><em>Block9 Creative Retreat Palestine<\/em> (<em>La retraite cr\u00e9ative du Block9 en Palestine<\/em>), Le Trio Joubran, Akram Abdulfattah, Wassim Qassis (Palestine), Mashrou\u2019 Leila (Liban), Block9, Brian Eno, Fred, EBS (UK), R\u00f3is\u00edn Murphy (Irlande), The Black Madonna (USA), 2018<\/li>\n<li><em>Sawt al-Moukawama<\/em> (<em>La voix de la r\u00e9sistance<\/em>), Rim Banna (Palestine), Checkpoint 303 (Tunisie\/Palestine), Bugge Wesseltoft (Norv\u00e8ge), 2018<\/li>\n<li><em>Al-Rabye al-Ahmar<\/em> (Le Printemps Rouge), Bashir Besaiso, Mohammed Al-Baz, Minim Awad et Ehab Khrais, Palestine, 2018<\/li>\n<li><em>Ila Mata Ya Rabbou<\/em> (Jusqu\u2019\u00e0 quand, Seigneur?), Fairuz, Liban, 2018.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Notes<\/h2>\n<p><a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]\u00a0<\/a>Joseph Massad, <a href=\"http:\/\/www.palestine-studies.org\/jps\/fulltext\/41338\">\u00ab\u00a0Liberating Songs: Palestine Put to Music\u00a0\u00bb<\/a>, <em>Journal of Palestine Studies <\/em>32:21-38 (2003).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Voir une liste plus compl\u00e8te de quelques 180 chansons \u00e0 la fin du texte, et la plupart d\u2019entre elles <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=5SZNRpl1Krs&amp;list=PLkeA_mTMOkTsshUhOlBgZqPYx4UrLNCvh\">sur Youtube ici<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]\u00a0<\/a>Kamal Boullata, <a href=\"https:\/\/folkways.si.edu\/palestine-lives-songs-from-the-struggle-of-the-people-of-palestine\/historical-song-islamica-protest-world\/music\/album\/smithsonian.\">\u00ab\u00a0Palestine Lives\u00a0!\u00a0\u00bb<\/a>, notes de pochette du disque <em>Paredon Records <\/em>P-1022 (1974).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Emmanuel Dror, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.contretemps.eu\/interventions\/boycott-oui-culturel-aussi\">Boycott? Oui! Culturel? Aussi!<\/a>\u00a0\u00bb, <em>Contretemps<\/em>, 14 janvier 2011.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Yves Gonzalez-Quijano, \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/le-nouvel-orientalisme-et-les-jeunes-rebelles-les-rappeurs-de-la-scene-arabe\/\">Le nouvel orientalisme et les jeunes rebelles : les rappeurs de la sc\u00e8ne arabe\u00a0<\/a>\u00bb, <em>Contretemps<\/em>, 25 ao\u00fbt 2013.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Nicolas Dot-Pouillard \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/orientxxi.info\/magazine\/les-palestiniens-dechires-par-la-crise-syrienne,0389\">Les Palestiniens d\u00e9chir\u00e9s par la crise syrienne<\/a>\u00a0\u00bb, <em>Orient XXI<\/em>, 18 octobre 2013,<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Alain Gresh \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/blog.mondediplo.net\/2012-11-02-Une-chanson-pour-Gaza-le-Crif-pour-la-censure\">Une chanson pour Gaza\u00a0: le Crif pour la censure\u00a0?\u00a0<\/a>\u00bb, <em>Les blogs du Diplo<\/em>, 2 novembre 2012,<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Annie Robbins \u00ab<a href=\"http:\/\/mondoweiss.net\/2015\/08\/radical-talent-safadis\/\">\u00a0Radical talent Jowan Safadi\u2019s new song \u2013 \u2018To be an Arab\u2019\u00a0<\/a>\u00bb, <em>Mondoweiss<\/em>, 13 ao\u00fbt 2015,<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.blackpalestiniansolidarity.com\/\">Black-Palestinian Solidarity<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Ali Abunimah \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/electronicintifada.net\/blogs\/ali-abunimah\/apple-censors-vic-mensas-views-palestine\">Apple censors Vic Mensa\u2019s views on Palestine\u00a0<\/a>\u00bb, <em>Electronic Intifada<\/em>, 16 janvier 2018,<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chansons-palestine\/#_ftn2\">Source<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Emmanuel Dror Si la chanson est reconnue depuis longtemps comme un \u00e9cho des opinions populaires, voire comme un instrument de ralliement derri\u00e8re une cause, dans le cas de la Palestine elle joue un r\u00f4le suppl\u00e9mentaire. Ce n\u2019est pas un myst\u00e8re\u00a0: l\u2019entreprise de colonisation du territoire palestinien s\u2019est tr\u00e8s t\u00f4t accompagn\u00e9e d\u2019une colonisation culturelle qui &#8230; <a title=\"Soixante-dix ans de chansons pour la Palestine\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=3776\" aria-label=\"En savoir plus sur Soixante-dix ans de chansons pour la Palestine\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":916,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[32,12,38,186],"class_list":["post-3776","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-palestine-moyen-orient","tag-culture","tag-gaza","tag-guerre","tag-palestine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3776","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3776"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3776\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3779,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3776\/revisions\/3779"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/916"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3776"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3776"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3776"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}