{"id":3997,"date":"2018-12-09T06:55:43","date_gmt":"2018-12-09T05:55:43","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=3997"},"modified":"2018-12-06T17:02:30","modified_gmt":"2018-12-06T16:02:30","slug":"le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=3997","title":{"rendered":"Le massacre de l\u2019Union Mini\u00e8re \u00e0 Lubumbashi (9 d\u00e9cembre 1941)"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Par <strong>Ludo De Witte<\/strong><a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn1\">[i]<\/a><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">A la m\u00e9moire de L\u00e9onard Mpoy, leader de \nla gr\u00e8ve de d\u00e9cembre 1941 \u00e0 l\u2019Union Mini\u00e8re, \u00e0 la m\u00e9moire de Jules \nMarchal (1924-2003), infatigable \u00ab&nbsp;creuseur&nbsp;\u00bb des archives coloniales, \nen vue d\u2019en extraire la v\u00e9rit\u00e9 sur le colonialisme.<\/h4>\n\n\n\n<p>L\u2019<strong>Africa Museum de Tervuren r\u00e9nov\u00e9<\/strong>, rouvre ce 9 \nd\u00e9cembre 2018: voil\u00e0 l\u2019occasion ou jamais de revenir sur le massacre par\n l\u2019arm\u00e9e coloniale belge (la \u00ab&nbsp;Force Publique&nbsp;\u00bb), de travailleurs noirs \nde l\u2019Union Mini\u00e8re partis en gr\u00e8ve en 1941. Ces ouvriers avaient arr\u00eat\u00e9 \nle travail pour r\u00e9clamer des salaires d\u00e9cents. Si l\u2019on veut vraiment \nd\u00e9coloniser notre espace public et notre histoire collective, on se doit\n de dire ce qu\u2019a repr\u00e9sent\u00e9 et repr\u00e9sente toujours cette entreprise, \njoyau \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de Belgique, multinationale \nstrat\u00e9gique toujours en activit\u00e9 aujourd\u2019hui sous le nom d\u2019Umicore. Il \nconvient de parler de l\u2019\u00e9normit\u00e9 des profits accumul\u00e9s par l\u2019Union \nMini\u00e8re\/Umicore au Congo, et de rappeler que des dizaines de milliers de\n Congolais les ont pay\u00e9s de leur sueur et de leur sang, parfois de leur \nvie. Ce devrait \u00eatre l\u2019une des finalit\u00e9s du mus\u00e9e de Tervuren.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de raconter l\u2019histoire de ce bain de sang, une suggestion me \npara\u00eet ici de mise. Il est bon d\u2019\u00e9crire l\u2019histoire et encore mieux de la\n transposer sous une forme adapt\u00e9e dans un mus\u00e9e, mais pour ancrer \ndurablement dans la m\u00e9moire collective des \u00e9v\u00e9nements autrement \nr\u00e9v\u00e9lateurs et symboliques, il est n\u00e9cessaire de la rendre visible dans \nl\u2019espace public. A l\u2019\u00e9poque o\u00f9 l\u2019identification de cadavres de soldats \ntomb\u00e9s pendant les deux guerres mondiales de 1914-18 et 1940-45 se \npoursuit et o\u00f9 se poursuit le rep\u00e9rage des fosses communes des victimes \nde la guerre civile Espagnole (1936-39), pour ne mentionner que ces cas \nd\u2019esp\u00e8ce, le temps n\u2019est-il pas venu qu\u2019on exige de l\u2019Etat belge et de \nl\u2019Umicore qu\u2019ils mettent tout en \u0153uvre pour que soient retrouv\u00e9es les \ncadavres des ouvriers massacr\u00e9s dans l\u2019ancien Elisabethville de 1941, et\n qu\u2019on \u00e9rige \u00e0 leur martyre, un monument digne de leur m\u00e9moire? Un lieu \nde m\u00e9moire qui, partant de ce massacre, immortalise le calvaire du \npeuple congolais au cours de ces ann\u00e9es sombres et p\u00e9nibles?<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que la Belgique et ses alli\u00e9s durant la Deuxi\u00e8me Guerre ont exig\u00e9 \ncomme effort de la part des Congolais fut impitoyable. Comme je l\u2019\u00e9cris \nailleurs, <em>\u00ab&nbsp;Pendant ces ann\u00e9es de guerre l\u2019Afrique centrale s\u2019\u00e9tait \ntransform\u00e9e en un immense camp de for\u00e7ats au service de l\u2019industrie de \nguerre alli\u00e9e<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn2\"><strong>[ii]<\/strong><\/a>\u00ab&nbsp;<\/em>.\n D\u00e8s le d\u00e9part, le travail forc\u00e9 a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la base de la colonisation, \nd\u2019abord sous le r\u00e9gime de l\u2019Etat ind\u00e9pendant du Congo, propri\u00e9t\u00e9 de \nL\u00e9opold II, mais ensuite encore lorsque cet Etat devint une colonie \nbelge en 1908. Le P\u00e8re Le Grand d\u00e9clarait au Congr\u00e8s colonial de 1926: <em>\u00ab&nbsp;La\n fa\u00e7on dont se font les recrutements d\u00e9passent toutes les bornes. On a \nvu des groupes entiers de Noirs se diriger la corde au cou vers les \nchantiers et on a vu des chefs m\u00e9daill\u00e9s <\/em>[chefs \u00e0 la solde de la Colonie]<em>\n \u00e0 l\u2019occasion du recrutement faire la chasse \u00e0 l\u2019homme. Bient\u00f4t ils \nessayeront de s\u2019\u00e9vader quitte \u00e0 mourir en hommes plut\u00f4t que d\u2019avoir \nl\u2019impression d\u2019\u00eatre esclaves<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn3\"><strong>[iii]<\/strong><\/a>\u00ab&nbsp;<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant la guerre, cette situation s\u2019est aggrav\u00e9e. Le nombre de \nCongolais astreints au travail forc\u00e9, est pass\u00e9 de 480.000 \u00e0 850.000 \ndoublant donc quasiment. Mais le durcissement de l\u2019exploitation prit \nencore d\u2019autres formes, impactant la population toute enti\u00e8re. Ainsi le \nnombre de jours ouvrables durant lesquels chaque Congolais m\u00e2le adulte \ndevait se consacrer \u00e0 des \u00ab&nbsp;t\u00e2ches de la communaut\u00e9&nbsp;\u00bb passa de 60 \u00e0 120 \njours par an. Quant \u00e0 la superficie de la culture forc\u00e9e (coton, manioc,\n riz, noix de palme), elle se vit tripler de 300.000 \u00e0 900.000 ha. Le \nP\u00e8re Hulstaert \u00e9crit que l\u2019ordre donn\u00e9 par les autorit\u00e9s de gagner la \nfor\u00eat en vue d\u2019y r\u00e9colter le caoutchouc provoqua <em>&nbsp;\u00bb une vague de \npeur et d\u2019horreur dans les r\u00e9gions de la for\u00eat tropicale, tant la \nm\u00e9moire de la p\u00e9riode terrible de la r\u00e9colte du caoutchouc dans l\u2019Etat \nind\u00e9pendant du Congo \u00e9tait rest\u00e9e vive chez beaucoup de gens<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn4\"><strong>[iv]<\/strong><\/a>\u00ab&nbsp;<\/em>.\n La p\u00e9nurie et la d\u00e9valuation du franc congolais, li\u00e9 au franc belge \ndiminua consid\u00e9rablement le pouvoir d\u2019achat des salari\u00e9s. C\u2019est ici \nqu\u2019il convient d\u2019\u00e9voquer les \u00e9v\u00e9nements sanglants de d\u00e9cembre 1941 \u00e0 \nl\u2019Union Mini\u00e8re du Haut Katanga.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.congoindependant.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/illustration-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5093\"\/><figcaption>Colonie belge 1941 \u2013 Gouverneur Maron aux martyrs de l\u2019UMHK \u00e0 Lumumbashi<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le premier qui ait \u00e9tudi\u00e9 ce dossier est Jules Marchal, ancien \nadministrateur colonial belge puis ancien ambassadeur et, \u00e0 sa retraite,\n historien-amateur et chercheur. Il se mit \u00e0 fouiller les archives de \nson ancien employeur. Jules Marchal d\u00e9couvrit, \u00e0 sa grande surprise, \ndans des documents officiels, que la colonisation belge se fondait sur \nune s\u00e9rie de crimes contre les populations qui lui \u00e9taient soumises. \nScandalis\u00e9 par ses d\u00e9couvertes, il d\u00e9pensa tout son temps et toute son \n\u00e9nergie \u00e0 l\u2019\u00e9tude de centaines de milliers de documents conserv\u00e9s aux \nArchives Africaines du D\u00e9partement des Affaires Etrang\u00e8res \u00e0 Bruxelles. \nUne bonne douzaine d\u2019ouvrages sont issus de ces recherches, tous \ncouvrant la p\u00e9riode 1885-1945. Ils rassemblent les donn\u00e9es de base qui \npermettent de comprendre l\u2019exploitation coloniale, sous L\u00e9opold II puis \nsous l\u2019administration belge.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais ici largement puiser dans le r\u00e9cit que fait Jules Marchal des \u00e9v\u00e8nements de 1941 dans son <em>Travail forc\u00e9 pour le cuivre et pour l\u2019or<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn5\"><strong>[v]<\/strong><\/a><\/em>.\n Pour les reconstituer, il se fonde sur le journal d\u2019Amour Maron, \ngouverneur du Katanga \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il en a trouv\u00e9 une copie dans les \narchives du Consulat belge \u00e0 Lubumbashi. J\u2019y ajoute quelques autres \ndonn\u00e9es tir\u00e9es de mes archives personnelles. L\u2019int\u00e9r\u00eat de tout ceci ne \nse limite pas \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 1941. La gravit\u00e9 du massacre de cette ann\u00e9e-l\u00e0 \nmarque \u00e0 ce point les travailleurs de l\u2019Union Mini\u00e8re, elle les \nterrorise tant que cela permet d\u2019expliquer pourquoi, dans les d\u00e9cennies \nqui suivent, ils n\u2019ont jou\u00e9 aucun r\u00f4le de premier plan, m\u00eame pas au \ntemps de la d\u00e9colonisation, m\u00eame pas pour organiser des arr\u00eats de \ntravail de quelque envergure. Le texte qui suit est de Jules Marchal, le\n mien est en italique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PR\u00c9LUDE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A partir de 1928 l\u2019Union Mini\u00e8re fit figure au Congo et en Europe \nd\u2019employeur mod\u00e8le, d\u00e9veloppant pour les travailleurs ses services \nm\u00e9dicaux et prenant en charge leur formation professionnelle au \nmaniement de l\u2019outillage et \u00e0 son entretien. [Le directeur g\u00e9n\u00e9ral en \nAfrique de l\u2019Union Mini\u00e8re] L\u00e9opold Mottoulle, s\u2019\u00e9vertua \u00e0 stabiliser la\n main d\u2019\u0153uvre africaine. Il s\u2019appliqua \u00e0 en faire, \u00e0 travers des \nservices sociaux de pointe, un r\u00e9servoir d\u2019ouvriers d\u00e9vou\u00e9s et \nindustrieux. Il consid\u00e9rait les travailleurs comme de grands enfants, \nqu\u2019il fallait diriger en bon <em>pater familias<\/em>, d\u00e9cidant de ce qui \u00e9tait bon pour eux et de ce qui ne l\u2019\u00e9tait pas, fixant le niveau des salaires selon son bon plaisir.<\/p>\n\n\n\n<p><em>[Bien que le logement et l\u2019alimentation de base \u00e9taient fournis \nen nature par l\u2019UM, le niveau de ces r\u00e9mun\u00e9rations en nature \u00e9tait celui\n d\u2019un salaire de famine]<\/em> et il se con\u00e7oit que les \u00ab&nbsp;grands \nenfants&nbsp;\u00bb n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s heureux des d\u00e9cisions dans ce domaine du \n\u00ab&nbsp;p\u00e8re de famille&nbsp;\u00bb. Ce fut tout particuli\u00e8rement le cas \u00e0 la fin 1941. \nLe salaire de base (c\u2019est-\u00e0-dire celui d\u2019un man\u0153uvre d\u00e9butant), avait \nretrouv\u00e9, apr\u00e8s la chute observ\u00e9e au cours de la crise des ann\u00e9es 1930, \nson niveau de 1930: 2 francs par jour. A la m\u00eame \u00e9poque, depuis le \ncommencement de la Seconde Guerre mondiale, le co\u00fbt de la vie s\u2019\u00e9tait \nconsid\u00e9rablement \u00e9lev\u00e9. Comme lors de la Premi\u00e8re Guerre, la monnaie \nnationale s\u2019\u00e9tait fortement d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le 6 novembre 1941, l\u2019administration coloniale du Katanga et la \ndirection de l\u2019Union Mini\u00e8re et de la Sermikat se r\u00e9unissent \u00e0 \nElisabethville (Lubumbashi). Monseigneur Jean-F\u00e9lix de Hemptinne, \u00e9v\u00eaque\n du Katanga, est pr\u00e9sent. A l\u2019ordre du jour, une enqu\u00eate de \nl\u2019administration coloniale qui d\u00e9montre que le minimum vital pour un \ntravailleur c\u00e9libataire, de 939 francs par an au 10 mai 1940, s\u2019est \n\u00e9lev\u00e9 \u00e0 1.503 F au 1er ao\u00fbt 1941, soit une augmentation de 71%. Le \nsalaire moyen en ville est de 700 F, \u00e0 comparer au chiffre de 1.503 F de\n l\u2019enqu\u00eate. Ceci \u00ab&nbsp;peut expliquer dans une certaine mesure la \nrecrudescence des vols&nbsp;\u00bb, affirme un des participants \u00e0 la r\u00e9union. Sans\n augmentation de salaires, \u00ab&nbsp;des troubles graves&nbsp;\u00bb sont \u00e0 craindre, \nopine l\u2019\u00e9v\u00eaque de Hemptinne. On se met d\u2019accord sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une \naugmentation des salaires de 30 \u00e0 40%<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn6\"><strong>[vi]<\/strong><\/a>. Mais rien n\u2019est mis en \u0153uvre pour la faire appliquer.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Des ann\u00e9es plus tard le journal katangais <\/em>L\u2019Informateur<em> \nd\u00e9crit le caract\u00e8re explosif de la situation en ces termes: \u00ab&nbsp;En avril \n1941, l\u2019attention de l\u2019administration est attir\u00e9e sur l\u2019incidence du \nrench\u00e9rissement permanent du co\u00fbt de la vie, sur l\u2019esprit des indig\u00e8nes.\n A cette date, les salaires et traitements des Europ\u00e9ens ont \u00e9t\u00e9 \nrevaloris\u00e9s dans d\u2019acceptables proportions, tandis que les travailleurs \nindig\u00e8nes, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, vivent toujours sous le r\u00e9gime du\n temps de paix. A la Cit\u00e9 comme dans les camps d\u2019organismes tels que \nl\u2019Union Mini\u00e8re et le BCK, les esprits sont remont\u00e9s, les meneurs, qui \nne sont encore que des p\u00e9roreurs de carrefour, s\u2019agitent. Les autorit\u00e9s \nqui sont en contact direct et permanent avec le travailleur doivent \nconsigner dans leurs rapports que les revendications des indig\u00e8nes sont \njustifi\u00e9es. Mais l\u2019administration sup\u00e9rieure continue \u00e0 faire la sourde \noreille&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn7\"><strong>[vii]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>DES GR\u00c8VES&nbsp;\u00c9CLATENT<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Shituru, situ\u00e9 pr\u00e8s de Jadotville (Likasi), avec ses usines de \nproduction de cuivre \u00e9lectrolytique et la fonderie de Panda toute \nproche, constituent \u00e0 cette \u00e9poque le complexe industriel le plus \nimportant de l\u2019Union Mini\u00e8re. Au mois d\u2019octobre 1941 les ouvriers blancs\n y avaient d\u00e9bray\u00e9 et rapidement eu gain de cause. A l\u2019exemple de cette \ngr\u00e8ve des Blancs, dans la nuit du 2 au 3 d\u00e9cembre, des Africains du camp\n de Shituru, auxquels se sont joints leurs camarades de Panda, d\u00e9cident \nde faire gr\u00e8ve le 4 au matin pour obtenir une augmentation de leurs \nsalaires. Le 3, au matin, L\u00e9on Mutamba, le porte-parole des gr\u00e9vistes, \nen informe le chef du camp de Shituru. Celui-ci alerte imm\u00e9diatement la \ndirection g\u00e9n\u00e9rale de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 Elisabethville, laquelle avise le \ngouverneur Maron. La direction se d\u00e9clare dans l\u2019impossibilit\u00e9 de c\u00e9der \nface \u00e0 la menace et obtient du gouverneur qu\u2019il maintienne l\u2019ordre et la\n discipline chez les travailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Se fondant sur la l\u00e9gislation par temps de guerre, Maron promulgue le\n m\u00eame jour un arr\u00eat\u00e9 r\u00e9quisitionnant tous les travailleurs, sous peine \nde cinq ans de prison pour les r\u00e9calcitrants (\u2026) Le jeudi 4 d\u00e9cembre, \navant l\u2019aube, des camions de l\u2019Union mini\u00e8re transportent les soldats de\n la Force Publique, l\u2019arm\u00e9e de la colonie, jusqu\u2019aux camps. A l\u2019entr\u00e9e \ndu camp de Shituru, la troupe se heurte \u00e0 500 travailleurs, en route \npour Panda. Elle les maintient sur place puis les refoule. A Panda elle \nentoure un groupe mass\u00e9 pr\u00e8s de l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p>Le directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Union Mini\u00e8re, L\u00e9opold Mottoulle, tente \nd\u2019\u00e9tablir le contact avec des groupes de gr\u00e9vistes. Il promet une \naugmentation de salaire \u00e0 ceux qui reprendront le travail \u00e0 11h, alors \nque les autres n\u2019obtiendraient rien. Il n\u2019est pas entendu, on lui lance \ndes pierres. Furieux et \u00e9c\u0153ur\u00e9 par l\u2019attitude de ses \u00ab&nbsp;grands enfants&nbsp;\u00bb,\n il est accueilli \u00e0 Panda par les clameurs et les protestations des \nfemmes. Elles se plaignent de l\u2019insuffisance des rations de viande et de\n poisson. Parmi les \u00e9quipes de jour de Shituru et Panda, soit 1.800 \npersonnes, 1.400 ouvriers sont en gr\u00e8ve. Seuls les recrues et les \nouvriers sp\u00e9cialis\u00e9s travaillent.<\/p>\n\n\n\n<p>Les officiers blancs de la Force publique, craignant d\u2019\u00eatre d\u00e9bord\u00e9s \npar les gr\u00e9vistes, ordonnent \u00e0 leurs hommes de faire preuve de \nsang-froid et de ne pas r\u00e9pondre aux provocations. Ils r\u00e9clament l\u2019envoi\n urgent de renforts de Lubumbashi. Le bilan des \u00e9chauffour\u00e9es est \nrelativement l\u00e9ger: cinq bless\u00e9s dont un soldat.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a qu\u2019un seul incident qui tourne au drame lorsque le \ncommandant du bataillon de la Force Publique Cardoen tue un gr\u00e9viste \nd\u2019une balle de revolver. Les renforts arrivent par train en d\u00e9but de \nsoir\u00e9e. Les soldats patrouillent la nuit. Le 5 d\u00e9cembre tout est calme \u00e0\n Shituru et Panda. 85% des membres du personnel se pr\u00e9sentent au \ntravail, mais le c\u0153ur n\u2019y est pas; il y a partout de vifs \u00e9changes. Au \ncours des deux journ\u00e9es suivantes, menaces ou rumeurs de gr\u00e8ve se \nmultiplient dans plusieurs si\u00e8ges d\u2019exploitation de l\u2019Union Mini\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>GR\u00c8VE<\/strong><strong>&nbsp;DANS LA CAPITALE DU KATANGA<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le lundi 8 d\u00e9cembre, les travailleurs d\u00e9braient \u00e0 Kambove et \u00e0 la \nmine voisine de Shanguluwe. Ils r\u00e9clament une augmentation de 1,50F par \njour au lieu des cinquante centimes propos\u00e9s. A Kambove les femmes se \njoignent aux hommes pour se plaindre des rations alimentaires. Le m\u00eame \njour, les menaces de gr\u00e8ve se pr\u00e9cisent \u00e0 Luishia et \u00e0 Kipushi. Deux \npelotons sont envoy\u00e9s \u00e0 Kipushi. Par ailleurs, le m\u00eame lundi \u00e0 la \nLubumbashi, la situation se d\u00e9grade d\u2019heure en heure \u00e0 la fonderie et \naux camps avoisinants. Mottoulle tient personnellement le gouverneur \nMaron au courant, apr\u00e8s lui avoir dit au matin regretter qu\u2019on n\u2019ait pas\n agi avec plus de fermet\u00e9 \u00e0 Jadotville.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouverneur prie le major Michel Vincke, le commandant militaire \nd\u2019Elisabethville, d\u2019envoyer des troupes sur place, afin de disperser les\n manifestants et d\u2019arr\u00eater les meneurs. Le procureur du roi, Paul Van \nArenbergh, et le procureur g\u00e9n\u00e9ral, Jean-Marie Devaux, se rendent sur \nles lieux, de m\u00eame que le commissaire de district. Van Arenbergh fait \narr\u00eater deux meneurs, ce qui fait monter la tension. Les ouvriers se \nmassent devant le bureau du chef de camp et, de la foule, montent des \ninvectives. A 23h Mottoulle t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 Maron que la troupe se pr\u00e9pare \u00e0\n faire usage de ses armes. A minuit, les manifestants sont dispers\u00e9s, \napr\u00e8s qu\u2019un soldat ait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 par le jet d\u2019une brique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>AU STADE DE FOOTBALL<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le mardi 9 d\u00e9cembre, \u00e0 6h du matin, le gouverneur Maron se rend au \ncamp central de Lubumbashi. Il ordonne aux travailleurs de se rassembler\n au stade de football et met en place \u00e0 la tribune un peloton de \nsoldats\u2014 d\u00e9monstration de force. <em>Ren\u00e9 Marchal, l\u2019administrateur du \nterritoire, est aussi sur place. Confront\u00e9 aux souffrances des \ntravailleurs, il avait d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 en juin 1941 que tous les employeurs \ndevaient fournir gratuitement le bois de chauffage \u00e0 leurs travailleurs.\n Cette initiative, qui \u00e9quivalait en quelque sorte \u00e0 une augmentation \nmensuelle des salaires des travailleurs de 15F, n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 \nappr\u00e9ci\u00e9e par l\u2019administration provinciale. Plus tard, on l\u2019avait oblig\u00e9\n \u00e0 revenir sur cette d\u00e9cision.<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn8\"><strong>[viii]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Selon Ren\u00e9 Marchal, ce 9 d\u00e9cembre une foule de 1.500 \u00e0 2.000 \nNoirs, hommes, femmes et enfants, est rassembl\u00e9e sur le terrain de \nfootball. L\u2019administrateur territorial, qui parle la langue locale et \nconna\u00eet bien la population noire, est formel: \u00ab&nbsp;Les gr\u00e9vistes n\u2019avaient \naucune intention belliqueuse. Il s\u2019agissait d\u2019une manifestation \npacifique contre la non-adaptation des salaires au co\u00fbt de la vie. Par \ncontre, l\u2019air r\u00e9solu de la troupe, et surtout des officiers, de m\u00eame que\n l\u2019\u00e9tat de surexcitation du gouverneur Maron me firent appr\u00e9hender le \npire. <\/em>(\u2026)<em> Maron paraissait avoir perdu le contr\u00f4le de ses \nnerfs. A chaque clameur de la foule, il levait les bras et secouait ses \npoings en signe de col\u00e8re. Il ne tenait pas en place&nbsp;\u00bb.<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn9\"><strong>[ix]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Apr\u00e8s un entretien de Maron avec le num\u00e9ro 1 de l\u2019Union Mini\u00e8re \nJules Cousin, Marchal re\u00e7oit du gouverneur cet ordre: \u00ab&nbsp;Vous pouvez \naller parler aux gr\u00e9vistes, mais je vous d\u00e9fends de leur faire la \nmoindre promesse. Faites-les rentrer chez eux et dites leur qu\u2019apr\u00e8s \ncela on examinera leur probl\u00e8me. Le capitaine De Milde va vous \naccompagner avec sa compagnie&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn10\"><strong>[x]<\/strong><\/a>.\n Il n\u2019y avait rien de mieux \u00e0 faire pour que la situation ne d\u00e9g\u00e9n\u00e8re \net, pire: envoyer le message aux gr\u00e9vistes qu\u2019ils n\u2019obtiendraient rien, \napr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 somm\u00e9s de se rassembler au stade de football, \naccompagn\u00e9s de leurs familles (la chose avait manifestement suscit\u00e9 des \nespoirs chez les gr\u00e9vistes), et cela sous la menace de soldats \nlourdement arm\u00e9s\u2014 non avec des fusils, mais des mitraillettes\u2014, dans une\n ambiance de suspicion r\u00e9ciproque entre travailleurs (dont certains \nleaders avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s) et soldats (l\u2019un d\u2019eux avait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 la \nveille).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Maron, Cousin et Mottoulle, l\u2019administration coloniale et les \nsoci\u00e9t\u00e9s coloniales: tous voulaient maintenir les ouvriers noirs dans le\n carcan du paternalisme, pilier de la colonisation belge. Dans l\u2019univers\n colonial, on ne n\u00e9gocie pas avec ces grands enfants. Plus encore: on ne\n discute pas avec eux de leurs revendications m\u00eame si on les consid\u00e8re \ncomme l\u00e9gitimes. Les Noirs devaient se taire, se satisfaire de ce qu\u2019on \nleur donnait et s\u2019incliner devant les refus qu\u2019on leur opposait. Toutes \nles tentatives de r\u00e9bellion \u2014 et m\u00eame la simple expression d\u2019un \nm\u00e9contentement \u2014 devaient \u00eatre r\u00e9prim\u00e9es, jamais reconnues!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;SI L\u2019ON M\u2019AVAIT DONN\u00c9&nbsp;LE POUVOIR DE N\u00c9GOCIER\u2026&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019administrateur de territoire Marchal et son adjoint sont bien \nre\u00e7us par la foule: \u00ab&nbsp;Les gr\u00e9vistes s\u2019\u00e9taient respectueusement \u00e9cart\u00e9s \npour nous laisser passer. Tout le monde observa un silence respectueux \npour m\u2019\u00e9couter&nbsp;\u00bb. Les travailleurs avaient \u00f4t\u00e9 leur chapeau: \u00ab&nbsp;la foule \nfaisait preuve d\u2019un respect parfait \u00e0 mon \u00e9gard&nbsp;\u00bb, note Marchal. Il leur\n dit \u00ab&nbsp;qu\u2019ils avaient des raisons de n\u2019\u00eatre pas tout \u00e0 fait satisfaits, \n\u00e9tant donn\u00e9 que le co\u00fbt de la vie avait augment\u00e9 dans de telles \nproportions qu\u2019il ne leur \u00e9tait plus possible, avec le taux ancien des \nsalaires, de faire face \u00e0 tous leurs besoins de famille&nbsp;\u00bb, mais, vu \nl\u2019\u00e9tat de guerre \u00ab&nbsp;que nous avons tous des sacrifices \u00e0 consentir, que \nles Europ\u00e9ens avaient \u00e0 supporter des restrictions aussi bien qu\u2019eux <\/em>(\u2026)<em>\n Je leur donnai l\u2019assurance que le gouvernement ferait tout son possible\n pour eux et que l\u2019Union Mini\u00e8re \u00e9tait dispos\u00e9e \u00e0 leur accorder une \naugmentation g\u00e9n\u00e9rale&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn11\"><strong>[xi]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Marchal va plus loin que ce qu\u2019on lui avait permis de dire, mais \nle r\u00e9sultat est \u2014momentan\u00e9ment \u2014 l\u00e0: \u00ab&nbsp;Je terminai en les exhortant tous\n \u00e0 rentrer chez eux directement et en les pr\u00e9venant de l\u2019\u00e9tat de \nsurexcitation de la troupe\u2026&nbsp;\u00bb La foule commence \u00e0 quitter les lieux. \nSauf plusieurs leaders qui, croyant que l\u2019administrateur territorial a \nle mandat pour n\u00e9gocier, insistent. Marchal \u00e9crit: \u00ab&nbsp;plusieurs meneurs \nr\u00e9clam\u00e8rent tout d\u2019abord la lib\u00e9ration de leurs camarades arr\u00eat\u00e9s la \nveille. D\u2019autres r\u00e9clam\u00e8rent une promesse formelle d\u2019augmentation&nbsp;\u00bb. Un \nouvrier propose une augmentation de 5 francs par jour, une revendication\n jug\u00e9e par Jules Marchal comme \u00ab&nbsp;pas tellement exag\u00e9r\u00e9e&nbsp;\u00bb. Cet ouvrier, \nc\u2019est peut-\u00eatre L\u00e9onard Mpoy, qui est identifi\u00e9 par Jules Marchal dans \nson livre comme le leader de la gr\u00e8ve. L\u2019administrateur territorial \nconclut: \u00ab&nbsp;J\u2019eus l\u2019impression en tous cas qu\u2019une solution rapide du \nconflit e\u00fbt pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e ais\u00e9ment si l\u2019on m\u2019avait donn\u00e9 le pouvoir \nde n\u00e9gocier avec eux&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn12\"><strong>[xii]<\/strong><\/a>. Malheureusement, ce n\u2019est pas le cas\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>LE MASSACRE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Gouverneur Maron s\u2019approche \u00e0 son tour de la foule et parle \naux gr\u00e9vistes. Ren\u00e9 Marchal observant la sc\u00e8ne \u00e9crit: \u00ab&nbsp;J\u2019eus la \nconviction qu\u2019il n\u2019existait aucun danger pour personne. Encore une \ndemi-heure de patience et, j\u2019en suis convaincu, les gr\u00e9vistes seraient \nrentr\u00e9s chez eux&nbsp;\u00bb. C\u2019est alors que le capitaine De Milde, officier de \nla Force Publique, s\u2019adresse aux gr\u00e9vistes puis leur fait trois \nsommations. Elles sont \u00e9nonc\u00e9es en lingala, la langue officielle de \nl\u2019arm\u00e9e coloniale; une langue, dit Ren\u00e9 Marchal, \u00ab&nbsp;que pas un gr\u00e9viste \nsur 100 ne comprenait. Les sommations rest\u00e8rent sans effet. Le capitaine\n ordonna alors \u00e0 ses hommes d\u2019avancer ba\u00efonnette au canon. Pas un \ngr\u00e9viste ne broncha. Les soldats h\u00e9sit\u00e8rent \u00e0 entrer en action, puis au \nlieu de piquer avec leurs ba\u00efonnettes, ils voulurent faire circuler \u00e0 \ncoup de crosses de fusils. Aussit\u00f4t un des gr\u00e9vistes a voulu s\u2019emparer \nd\u2019un fusil. Au m\u00eame instant un coup de feu partit qui d\u00e9clencha \ninstantan\u00e9ment une fusillade g\u00e9n\u00e9rale qui dura 8, 10, 15 secondes, je ne\n sais au juste&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn13\"><strong>[xiii]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La sc\u00e8ne est horrible: \u00ab&nbsp;Une trentaine de cadavres jonchaient la \ntribune, des bless\u00e9s se tortillaient dans les fils de fer barbel\u00e9s, \nd\u2019autres agonisaient dans une mare de sang. Une fuite \u00e9perdue des \nrescap\u00e9s s\u2019ensuivit. <\/em>(\u2026)<em> la plaine de football se vida \nrapidement, \u00e0 l\u2019exception de quelques dizaines d\u2019indig\u00e8nes qui, sans \nsouci du risque, se pr\u00e9cipit\u00e8rent au secours des victimes. Des femmes \nsurtout \u00e9taient accourues, et jetaient des cris de d\u00e9sespoir en \nreconnaissant leur mari parmi les tu\u00e9s&nbsp;\u00bb. La compagnie se retire, \npendant que des infirmiers emportent les bless\u00e9s sur des brancards vers \nune ambulance.<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn14\"><strong>[xiv]<\/strong><\/a>\n Bilan officiel du massacre: 45 hommes, 2 femmes et 1 enfant tu\u00e9s, 74 \nbless\u00e9s. Une cinquantaine de bless\u00e9s mourront le lendemain, selon le \nsyndicaliste belge Georges Lievens, sympathisant des gr\u00e9vistes<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn15\"><strong>[xv]<\/strong><\/a>.<\/em>\n A midi, \u00e0 Luishia la troupe se pr\u00e9pare \u00e0 disperser \u00e0 nouveau un \nrassemblement de gr\u00e9vistes. Au m\u00eame moment les travailleurs de la mine \nde l\u2019Etoile, descendant sur Elisabethville pour se plaindre \u00e9galement de\n leur ravitaillement, font demi-tour \u00e0 la nouvelle de ce qui vient de se\n produire.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Devant l\u2019h\u00f4pital indig\u00e8ne 3 \u00e0 400 personnes attendent dans le \ncalme les nouvelles des bless\u00e9s. Entre-temps, \u00ab&nbsp;le personnel blanc de \nl\u2019Union Mini\u00e8re d\u00e9cide de protester contre le massacre en organisant une\n gr\u00e8ve de quelques heures&nbsp;\u00bb. L\u2019administrateur territorial \u00e9crit plus \ntard: \u00ab&nbsp;J\u2019eus l\u2019occasion par la suite de me rendre compte combien les \ntravailleurs indig\u00e8nes avaient appr\u00e9ci\u00e9 cette manifestation de sympathie\n \u00e0 leur \u00e9gard&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn16\"><strong>[xvi]<\/strong><\/a>.\n Mais les autorit\u00e9s sont d\u2019un autre avis, car la s\u00e9gr\u00e9gation entre Noirs\n et Blancs est un des piliers du syst\u00e8me colonial. Le syndicaliste belge\n Georges Lievens va faire les frais de cet acte de solidarit\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>LE JOUR D\u2019APR<\/strong><strong>\u00c8S<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Que faire des corps? Mottoulle propose de les inhumer dans une \nfosse commune, mais l\u2019administration refuse. Une cinquantaine de d\u00e9tenus\n de la prison locale sont r\u00e9quisitionn\u00e9s pour creuser des tombes \nindividuelles au cimeti\u00e8re de la ville. On d\u00e9sire faire vite, sans les \nrites habituels des fun\u00e9railles, loin des familles, parce qu\u2019on craint \nque cette c\u00e9r\u00e9monie ne provoque de nouveaux d\u00e9sordres. Il fait encore \nnuit \u2013 la nuit du 9 au 10 \u2013 quand environ 45 cadavres sont jet\u00e9s dans \ndeux camions et transport\u00e9s vers le cimeti\u00e8re, o\u00f9 les d\u00e9tenus ach\u00e8vent \nde creuser les derni\u00e8res tombes. Un d\u00e9tachement de soldats prend \nposition autour des tombes. Le jour se l\u00e8ve \u2014 un jour qui \u00ab&nbsp;restera sans\n doute le jour le plus horrible de ma vie&nbsp;\u00bb, \u00e9crit l\u2019administrateur \nterritorial Marchal, qui est pr\u00e9sent. \u00ab&nbsp;Des miasmes repoussants \nempestaient l\u2019atmosph\u00e8re. Des liquides f\u00e9tides ruisselaient des deux \nv\u00e9hicules. Les cadavres gluants glissaient des mains des prisonniers et \nd\u00e9gringolaient au sol avec un bruit sourd. Spectacle d\u2019une horreur \nindescriptible&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn17\"><strong>[xvii]<\/strong><\/a>.\n Sans c\u00e9r\u00e9monie aucune, sans un dernier hommage, et pour les proches et \nsurvivants, sans identification de l\u2019endroit o\u00f9 ils sont enterr\u00e9s: \u00ab&nbsp;le \nmyst\u00e8re r\u00e8gne autour de la s\u00e9pulture clandestine des cadavres \nd\u00e9chiquet\u00e9s de ces victimes&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn18\"><strong>[xviii]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.congoindependant.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/illustration-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5094\"\/><figcaption>Le 9 d\u00e9cembre 1941 \u00e0 Lubumbashi, martyrs de L\u2019UMHK (Gouverneur Maron)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Pendant que les corps sont inhum\u00e9s, le travail reprend dans tous les \nchantiers et usines de I\u2019Union Mini\u00e8re. La plus grande gr\u00e8ve de \nl\u2019histoire coloniale belge se termine. L\u2019UMHK alloue une somme de 300 \nfrancs \u00e0 la famille de chacune des victimes, se fondant sur le montant \nsemblable habituellement vers\u00e9 en cas de d\u00e9c\u00e8s d\u2019un travailleur, alors \nque, en juillet 1941, le tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019Elisabethville \navait accord\u00e9 une indemnit\u00e9 de 1.000 francs \u00e0 la famille d\u2019un \ntravailleur de la G\u00e9comines, tu\u00e9 dans un accident de travail. <em>Le \nbain de sang terrifie les esprits: l\u2019Union Mini\u00e8re en sera quitte avec \nles gr\u00e8ves de travailleurs africains jusqu\u2019\u00e0 la fin du Congo Belge<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LES SUITES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le 11 d\u00e9cembre l\u2019Union Mini\u00e8re d\u00e9cide une hausse g\u00e9n\u00e9rale des \nsalaires de 25% et de 50% par rapport \u00e0 ceux d\u2019octobre. Ainsi le salaire\n de 2 francs passe \u00e0 3 francs, celui de 12 francs \u00e0 15 francs. <em>Deux \nsemaines plus tard la hausse est communiqu\u00e9e aux capitas de l\u2019Union \nMini\u00e8re. L\u2019administrateur territorial Marchal \u00e9crit: \u00ab&nbsp;Cette d\u00e9cision \nn\u2019\u00e9tait que trop justifi\u00e9e depuis longtemps. Elle arriva malheureusement\n un peu tard. Ce que je n\u2019ai pu m\u2019expliquer, c\u2019est la mauvaise gr\u00e2ce \navec laquelle l\u2019Union Mini\u00e8re se r\u00e9signa \u00e0 conc\u00e9der un r\u00e9ajustement si \nmanifestement imp\u00e9rieux. <\/em>(\u2026)<em> Il y eut surtout une faute \npsychologique impardonnable de la part de l\u2019Union Mini\u00e8re et du \ngouvernement se refusant nettement de mettre quoi que ce soit en \u0153uvre \npour rechercher sur place une solution pacifique du conflit, alors que \ncelle-ci e\u00fbt certainement \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e imm\u00e9diatement par une concession \nde la plus \u00e9l\u00e9mentaire justice; dans le domaine du r\u00e9ajustement des \nsalaires. <\/em>(\u2026)<em> la r\u00e9pression de cette gr\u00e8ve <\/em>[fut men\u00e9e d\u2019une fa\u00e7on]<em> inconsid\u00e9r\u00e9e, stupide et criminelle&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn19\"><strong>[xix]<\/strong><\/a><\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il reste \u00e0 la Justice de condamner nombre de gens appr\u00e9hend\u00e9s comme \nmeneurs aux diff\u00e9rents si\u00e8ges d\u2019exploitation et \u00e0 la S\u00fbret\u00e9 et au \nParquet d\u2019enqu\u00eater sur le r\u00f4le des syndicalistes blancs, impliqu\u00e9s dans \nla gr\u00e8ve selon Cousin. Les ouvriers blancs avaient cess\u00e9 le travail \nimm\u00e9diatement apr\u00e8s le massacre, \u00ab&nbsp;pour protester contre l\u2019assassinat \ndont venaient d\u2019\u00eatre victimes nos fr\u00e8res noirs&nbsp;\u00bb, en affirmant \u00ab&nbsp;que \nc\u2019\u00e9tait la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale qui avait fait tirer le gouvernement et que,\n si la G\u00e9n\u00e9rale avait fait tirer sur les Noirs, elle le ferait un jour \nsur nous&nbsp;\u00bb. <em>Un groupe d\u2019ouvriers europ\u00e9ens avait, en passant devant \nle bureau de la direction g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019UMHK cri\u00e9 \u00ab&nbsp;Nous ne voulons plus\n travailler avec des assassins&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn20\"><strong>[xx]<\/strong><\/a>.\n Le syndicaliste belge Georges Lievens est accus\u00e9 d\u2019avoir foment\u00e9 la \ngr\u00e8ve. Licenci\u00e9 par l\u2019Union Mini\u00e8re, il est condamn\u00e9 le 31 d\u00e9cembre 1941\n \u00e0 8 jours de prison et \u00e0 25 francs d\u2019amende pour injures au procureur \nVan Aerenbergh, qu\u2019il a accus\u00e9 d\u2019\u00eatre vendu \u00e0 l\u2019administration coloniale\n et \u00e0 l\u2019Union Mini\u00e8re. De 1941 \u00e0 1944, il erre \u00e0 travers tout le Congo, \npour retourner fin 1944 \u00e0 Elisabethville, o\u00f9 il se fait engager par le \nService des Finances de la ville. Il continue de d\u00e9noncer les \nresponsabilit\u00e9s belges dans le massacre, ce qui provoque son \nlicenciement<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn21\"><strong>[xxi]<\/strong><\/a><\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e8s d\u2019une ann\u00e9e apr\u00e8s le massacre, Maron est promu inspecteur d\u2019\u00c9tat, tout en conservant son poste de gouverneur du Katanga. <em>De\n tr\u00e8s hautes distinctions honorifiques \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 Amour Maron: \ncommandeur des Ordres du Lion et de L\u00e9opold II, officier de l\u2019Ordre de \nL\u00e9opold et de l\u2019\u00e9toile africaine, commandeur de l\u2019Ordre du Christ du \nPortugal, et porteur de l\u2019\u00e9toile des services en or<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn22\"><strong>[xxii]<\/strong><\/a>.\n Il n\u2019est pas le seul \u00e0 ne pas avoir p\u00e2ti du r\u00f4le qu\u2019il a jou\u00e9 dans les \n\u00e9v\u00e9nements: \u00ab&nbsp;Quelques mois apr\u00e8s la gr\u00e8ve, dans le salon de r\u00e9ception \nde la r\u00e9sidence du gouverneur, quelques minutes apr\u00e8s l\u2019annonce d\u2019une \ntr\u00e8s haute promotion <\/em>[accord\u00e9e au capitaine De Milde]<em> par Mr. le ministre <\/em>[Albert]<em>\n de Vleeschauwer&nbsp;\u00bb, \u00e9crivit l\u2019administrateur Marchal, j\u2019entendis cette \nr\u00e9flexion de la bouche m\u00eame d\u2019un magistrat: \u00ab&nbsp;Tel est le prix du sang de\n cinquante martyrs&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn23\"><strong>[xxiii]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>ORGANISER L\u2019OUBLI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Depuis, l\u2019oubli s\u2019organise. L\u2019angoisse d\u2019une population \nterroris\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements y aide. Cette brutale d\u00e9monstration de \nforce est compl\u00e8tement occult\u00e9e par la presse coloniale. <\/em>Le Courrier d\u2019Afrique<em>, sous le titre <\/em>\u00ab&nbsp;D\u00e9sordres graves \u00e0 I\u2019Union Mini\u00e8re&nbsp;\u00bb<em>,\n parle \u00ab&nbsp;de graves menaces sur la troupe appel\u00e9e \u00e0 intervenir pour \nmaintenir l\u2019ordre dans certains centres de l\u2019UMHK&nbsp;\u00bb. Un jour, \u00e0 \nl\u2019anniversaire de la boucherie, des fleurs sont d\u00e9pos\u00e9es sur le lieu du \ndrame. Ce geste est tr\u00e8s mal vu de l\u2019Union Mini\u00e8re, qui d\u00e9cide de \nd\u00e9truire le stade de football. Depuis lors, \u00ab&nbsp;le lieu est devenu un \nterrain inoffensif; un terrain vague h\u00e9riss\u00e9 de quelques herbes o\u00f9 les \ngosses s\u2019adonnent volontiers \u00e0 des parties de jeux&nbsp;\u00bb, peut-on lire dans \nle journal katangais <\/em>Mwango-Hebdo<em>, \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1973.<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn24\"><strong>[xxiv]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La population n\u2019a que de vagues souvenirs des \u00e9v\u00e9nements, bien \nque le massacre ait retenti dans la conscience collective. Dans la \npeinture populaire et dans des r\u00e9cits assez vagues on impute la \nresponsabilit\u00e9 du massacre au gouverneur Maron, qui aurait d\u00e9clench\u00e9 le \nbain de sang en tuant un leader des gr\u00e9vistes<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn25\"><strong>[xxv]<\/strong><\/a>.\n Lors d\u2019un s\u00e9jour \u00e0 Lubumbashi en 2008, j\u2019ai parl\u00e9 avec d\u2019anciens \nouvriers de l\u2019Union Mini\u00e8re qui n\u2019avaient pas v\u00e9cu le drame, mais qui \nfurent engag\u00e9s plus tard par cette soci\u00e9t\u00e9. Jean Munonga (1939) estimait\n que de 20 \u00e0 30 travailleurs avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s; Kamanda Ngongo (1930) me \nparla de 30 \u00e0 40 morts. Dans Mwango-Hebdo le commis Mulongoi, un \nsurvivant du massacre, parle de 120 morts.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Plus tard, sous Mobutu, l\u2019ancien PDG de la G\u00e9camines, Mulenda \nMb\u00f4, voulut \u00e9riger un monument aux morts \u00e0 l\u2019ancien emplacement du stade\n de football. Une fondation avait \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e, et un projet de \nmonument \u00e9labor\u00e9: un ensemble de statues devaient repr\u00e9senter un ouvrier\n qui travaille, trois autres en gr\u00e8ve, et un policier ou un soldat qui \nles frappe. Mais le projet n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 men\u00e9 \u00e0 bonne fin. A l\u2019endroit de \nla fusillade il y a eu d\u2019abord un d\u00e9p\u00f4t d\u2019immondices. Ensuite on y a \ninstall\u00e9 un atelier de pierres tombales.<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn26\"><strong>[xxvi]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><a href=\"http:\/\/www.congoindependant.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/massacre-union-miniere.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Le texte au format PDF<\/a><\/li><\/ul>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref1\">[i]<\/a>\n Auteur de L\u2019assassinat de Lumumba (Karthala, Paris, 2000) et de \nL\u2019ascension de Mobutu (Investig\u2019Action, Bruxelles, 2018). Cet article, \nqui doit beaucoup au livre de Jules Marchal Travail forc\u00e9 pour le cuivre\n et l\u2019or (1999), a donc \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 en fran\u00e7ais par deux N\u00e9erlandophones,\n Marchal et moi-m\u00eame. Jos\u00e9 Fontaine a bien voulu en corriger la langue \net je l\u2019en remercie infiniment.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref2\">[ii]<\/a>\n L. De Witte, \u00ab&nbsp;Congolese oorlogstranen: Deportatie en dwangarbeid voor \nde geallieerde oorlogsindustrie (1940-1945)&nbsp;\u00bb, DeWereldMorgen, 9\/1\/2016.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref3\">[iii]<\/a> F. Buelens, Congo 1885-1960. Een financieel-economische geschiedenis, p. 239.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref4\">[iv]<\/a> G. Hulstaert, dans ARSOM, Le Congo belge durant la Seconde Guerre Mondiale, p. 588.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref5\">[v]<\/a> La gr\u00e8ve et le massacre de 1941, dans J. Marchal, Travail forc\u00e9 pour le cuivre et pour l\u2019or (1999), pp. 196-199.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref6\">[vi]<\/a>\n Sous-commission de la main d\u2019\u0153uvre indig\u00e8ne du Katanga, \u00ab&nbsp;Compte-rendu \nde la r\u00e9union du 6 novembre 1941&nbsp;\u00bb, dact., 4 p., s.d., Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref7\">[vii]<\/a> \u00ab&nbsp;La tuerie de la Lubumbashi&nbsp;\u00bb, l\u2019Informateur, 23 f\u00e9vrier 1946.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref8\">[viii]<\/a>\n Ren\u00e9 Marchal, \u00ab&nbsp;La gr\u00e8ve indig\u00e8ne du camp de la Lubumbashi et le \nmassacre du 9 d\u00e9cembre 1941&nbsp;\u00bb, le 7 janvier 1946, dact., 9 p., Archives \nLDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref9\">[ix]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref10\">[x]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref11\">[xi]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref12\">[xii]<\/a> <em>Ibid<\/em>.\n Sur L\u00e9onard Mpoy, voir Donatien Dibwe dia Mwembu et Bogumil \nJewsiewicki, \u00ab&nbsp;De la surpolisation \u00e0 l\u2019antipolitique, quelques remarques\n en marge de l\u2019histoire du mouvement ouvrier \u00e0 l\u2019Union mini\u00e8re du \nHaut-Katanga (UMHK) et \u00e0 la G\u00e9camines, 1920-1996&nbsp;\u00bb, Brood en Rozen, p. \n195.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref13\">[xiii]<\/a>\n Ren\u00e9 Marchal, \u00ab&nbsp;La gr\u00e8ve indig\u00e8ne du camp de la Lubumbashi et le \nmassacre du 9 d\u00e9cembre 1941&nbsp;\u00bb, le 7 janvier 1946, dact., 9 p., Archives \nLDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref14\">[xiv]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref15\">[xv]<\/a>\n G. Lievens, \u00ab&nbsp;Lettre ouverte \u00e0 Monsieur Rolus, dirigeant de la \nMain-d\u2019Oeuvre Indig\u00e8ne de l\u2019Union Mini\u00e8re du Haut Katanga&nbsp;\u00bb, \nElisabethville, tract de 2 p., 9 d\u00e9cembre 1947, Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref16\">[xvi]<\/a>\n Ren\u00e9 Marchal, \u00ab&nbsp;La gr\u00e8ve indig\u00e8ne du camp de la Lubumbashi et le \nmassacre du 9 d\u00e9cembre 1941&nbsp;\u00bb, le 7 janvier 1946, dact., 9 p., Archives \nLDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref17\">[xvii]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref18\">[xviii]<\/a>\n G. Lievens, \u00ab&nbsp;Lettre ouverte \u00e0 Monsieur Rolus, dirigeant de la \nMain-d\u2019Oeuvre Indig\u00e8ne de l\u2019Union Mini\u00e8re du Haut Katanga&nbsp;\u00bb, \nElisabethville, tract de 2 p., 9 d\u00e9cembre 1947, Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref19\">[xix]<\/a> \u00ab&nbsp;Biographie de Lievens G.P. Ses d\u00e9m\u00eal\u00e9s avec l\u2019Union Mini\u00e8re&nbsp;\u00bb, Manuscrit, 2 p., Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref20\">[xx]<\/a>\n Info dans G. Lievens, \u00ab&nbsp;Lettre ouverte \u00e0 Monsieur Rolus, dirigeant de \nla Main-d\u2019Oeuvre Indig\u00e8ne de l\u2019Union Mini\u00e8re du Haut Katanga&nbsp;\u00bb, \nElisabethville, tract de 2 p., 9 d\u00e9cembre 1947, Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref21\">[xxi]<\/a> \u00ab&nbsp;Biographie de Lievens G.P. Ses d\u00e9m\u00e9l\u00e9s avec l\u2019Union Mini\u00e8re&nbsp;\u00bb, Manuscrit, 2 p., Archives LDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref22\">[xxii]<\/a>\n Biographie Amour-Emile-Valentin Maron, Biographie Belge d\u2019Outre-Mer, \nAc. Royale des Sciences d\u2019Outre-Mer, T. VI, 1968, col. 692-694.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref23\">[xxiii]<\/a>\n Ren\u00e9 Marchal, \u00ab&nbsp;La gr\u00e8ve indig\u00e8ne du camp de la Lubumbashi et le \nmassacre du 9 d\u00e9cembre 1941&nbsp;\u00bb, le 7 janvier 1946, dact., 9 p., Archives \nLDW.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref24\">[xxiv]<\/a>\n Mwango-Hebdo, \u00ab&nbsp;Massacre de 1941. T\u00e9moignages de rescap\u00e9s&nbsp;\u00bb, fin 1973, \ndoc. Archives LDW. Le 30 novembre 1973, le pr\u00e9sident Mobutu avait \u00e9voqu\u00e9\n le massacre dans un discours, ce qui \u00e9tait l\u2019occasion pour Mwango-Hebdo\n de consacrer quelques articles au drame.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref25\">[xxv]<\/a>\n \u00ab&nbsp;XXXIV. Maron Alphonse, Governor of Katanga. When he massacred the \npeople of the UMHK&nbsp;\u00bb, in Andr\u00e9 Yav (compiled and written), \u00ab&nbsp;Vocabulaire\n du ville de Elisabethville: A history of Elisabethville from its \nbeginnings to 1965&nbsp;\u00bb, Archives of Popular Swahili, Vol. 4, Issue 4, \n2001. Voir aussi \u00ab&nbsp;The history of Zaire as told and painted by Tshibumba\n Kanda Matulu in conversation with Johannes Fabian&nbsp;\u00bb, First Session, \nPart 1, Archives of Popular Swahili, Vol. 2, Issue 2, 1998. Dans ces \nr\u00e9cits le leader tu\u00e9 serait L\u00e9onard Mpoy, mais Mpoy a surv\u00e9cu le drame: \nen 1974 il est interview\u00e9 comme t\u00e9moin du drame dans la revue Mwango: J.\n Fabian, \u00ab&nbsp;Commenting Kalundi\u2019s comments: Notes on the ethnography of \ntranslating the \u2018Vocabulary of the town of Elisabethville&rsquo;&nbsp;\u00bb, Journal of\n Language and Popular Culture in Africa, Volume 1, Issue 3, 2001.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_ednref26\">[xxvi]<\/a> \u00ab&nbsp;La place a servi\u2026&nbsp;\u00bb: Donatien Dibwe Dia Mwembu, communication par email, le 16 novembre 2018.<\/h5>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.congoindependant.com\/le-massacre-de-lunion-miniere-a-lubumbashi-9-decembre-1941\/?fbclid=IwAR12m-qDNaRBd3A9cfYezcnT8UIw0gq_JhOtEZBHXHztkSz2ZugAfzOmZ8M#_edn5\">Source<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Ludo De Witte[i] A la m\u00e9moire de L\u00e9onard Mpoy, leader de la gr\u00e8ve de d\u00e9cembre 1941 \u00e0 l\u2019Union Mini\u00e8re, \u00e0 la m\u00e9moire de Jules Marchal (1924-2003), infatigable \u00ab&nbsp;creuseur&nbsp;\u00bb des archives coloniales, en vue d\u2019en extraire la v\u00e9rit\u00e9 sur le colonialisme. L\u2019Africa Museum de Tervuren r\u00e9nov\u00e9, rouvre ce 9 d\u00e9cembre 2018: voil\u00e0 l\u2019occasion ou jamais &#8230; <a title=\"Le massacre de l\u2019Union Mini\u00e8re \u00e0 Lubumbashi (9 d\u00e9cembre 1941)\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=3997\" aria-label=\"En savoir plus sur Le massacre de l\u2019Union Mini\u00e8re \u00e0 Lubumbashi (9 d\u00e9cembre 1941)\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3975,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,21,7,28],"tags":[80,145],"class_list":["post-3997","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe","category-anti-imperialisme","category-negrophobie","category-racismes","tag-congo","tag-ludo-de-witte"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3997","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3997"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3997\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4004,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3997\/revisions\/4004"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3975"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3997"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3997"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3997"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}