{"id":4459,"date":"2020-06-05T22:16:23","date_gmt":"2020-06-05T21:16:23","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4459"},"modified":"2020-06-05T22:28:34","modified_gmt":"2020-06-05T21:28:34","slug":"etre-noir%c2%b7e-aux-etats-unis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4459","title":{"rendered":"\u00catre Noir\u00b7e aux \u00c9tats-Unis"},"content":{"rendered":"<header class=\"heading-zone\">\n<div class=\"heading-zone-wrapper \">\n<div class=\"heading-zone-title\">\n<h4>\u00catre Noir\u00b7e aux \u00c9tats-Unis : 6 grands r\u00e9cits sur les probl\u00e9matiques raciales am\u00e9ricaines<\/h4>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/header>\n<div class=\"content-inner prose\">\n<div class=\"share-zone\">\n<div class=\"text-zone\">\n<div class=\"intro\">\n<p><span class=\"intro-slug\">#BlackLivesMatter |<\/span>Harriet Beecher Stowe, James Baldwin, Toni Morrison\u2026 A travers leurs romans, elles et ils ont d\u00e9peint les violences, les injustices, le m\u00e9pris subis par les Noirs aux Etats-Unis depuis la naissance du pays.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><!--more--><\/p>\n<div class=\"text-zone\">\n<figure class=\"image\"><picture><img decoding=\"async\" class=\"dejavu dejavu-loaded aligncenter\" src=\"https:\/\/cdn.radiofrance.fr\/s3\/cruiser-production\/2020\/06\/b79aaa05-e1d3-4555-85a3-7d3f4f638e5f\/838_gettyimages-57172813.jpg\" alt=\"L'\u00e9crivain am\u00e9ricain James Baldwin \u00e0 Saint Paul de Vence (France), en septembre 1985\" width=\"838\" height=\"558\" \/><\/picture><figcaption class=\"figcaption\"><span class=\"caption\">L&rsquo;\u00e9crivain am\u00e9ricain James Baldwin \u00e0 Saint Paul de Vence (France), en septembre 1985<\/span><span class=\"bullet\">\u2022<\/span><span class=\"copyright\">\u00a0Cr\u00e9dits :\u00a0<em>Ulf Andersen<\/em>\u00a0&#8211;\u00a0<em>Getty<\/em><\/span><\/figcaption><\/figure>\n<div class=\"content-body\">\n<p class=\"heading-zone-title-date\"><time datetime=\"05\/06\/2020\">05\/06\/2020\u00a0<\/time><time datetime=\"mis \u00e0 jour \u00e0 18:14\">(MIS \u00c0 JOUR \u00c0 18:14)<\/time><\/p>\n<p class=\"heading-zone-title-owner\">Par\u00a0Naomi Titti\u00a0et\u00a0Pauline Petit<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>L&rsquo;histoire des Noirs en Am\u00e9rique, c&rsquo;est l&rsquo;histoire de l&rsquo;Am\u00e9rique. Et ce n&rsquo;est pas une belle histoire<\/em>\u00ab\u00a0, d\u00e9plorait le grand \u00e9crivain afro-am\u00e9ricain James Baldwin. Cette phrase r\u00e9sonne encore bruyamment aujourd&rsquo;hui, alors que les Etats-Unis sont\u00a0<a href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/societe\/etats-unis-les-violences-policieres-contre-les-noirs-en-quelques-grandes-dates\">\u00e0 nouveau endeuill\u00e9s par le meurtre d&rsquo;un Afro-am\u00e9ricain au cours d&rsquo;une arrestation polici\u00e8re<\/a>. Depuis des si\u00e8cles, de grands \u00e9crivains de la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine racontent la permanence des stigmatisations et violences subies par les Afro-Am\u00e9ricains, dans un pays o\u00f9 le racisme s&rsquo;est enracin\u00e9. Qu\u2019ils aient \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par des auteurs noirs ou blancs, certains de ces ouvrages ont particuli\u00e8rement marqu\u00e9 leur \u00e9poque, en provoquant une prise de conscience et bousculant l\u2019opinion publique. Du temps de l&rsquo;esclavage \u00e0 celui des violences polici\u00e8res en passant par la s\u00e9gr\u00e9gation, retrouvez dans cette s\u00e9lection de six grands romans la voix de ceux qui t\u00e9moignent de la difficult\u00e9 d&rsquo;\u00eatre Noir aux Etats-Unis.<\/p>\n<h2><picture><img decoding=\"async\" class=\"dejavu dejavu-loaded aligncenter\" src=\"https:\/\/cdn.radiofrance.fr\/s3\/cruiser-production\/2015\/01\/920054e5-a14f-11e4-adec-005056a87c89\/250_tom.jpg\" alt=\"La Case de l'oncle Tom\" width=\"250\" height=\"192\" \/><\/picture><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Beecher Stowe, \u00ab\u00a0La Case de l\u2019Oncle Tom\u00a0\u00bb (1852)<\/h2>\n<p>En plus d\u2019\u00eatre le roman le plus vendu du XIXe si\u00e8cle,\u00a0<em><strong>La Case de l\u2019Oncle Tom<\/strong><\/em>\u00a0(1852) d\u2019<strong>Harriet Beecher Stowe<\/strong>\u00a0est consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019une des plus grandes prouesses de persuasion de l\u2019histoire des Etats-Unis. Cette oeuvre a permis de renforcer le d\u00e9bat autour de l\u2019institution esclavagiste, particuli\u00e8rement ancr\u00e9e au Sud du pays, en d\u00e9crivant les horreurs v\u00e9cues par l\u2019Oncle Tom, un esclave noir qui s\u2019accroche \u00e0 sa foi pour survivre au cauchemar. En 1850, deux ans avant la publication du roman, le\u00a0<em>Fugitive Slave Act<\/em>\u00a0est adopt\u00e9, contraignant les Nordistes \u00e0 venir en aide aux propri\u00e9taires sudistes pour rapatrier les esclaves en fuite vers le Nord. C\u2019est ainsi que de nombreux Blancs abolitionnistes, aux rangs desquels Harriet Beecher Stowe, commenc\u00e8rent \u00e0 \u00e9lever plus r\u00e9solument leurs voix contre l\u2019esclavage, en refusant de participer \u00e0 cette entreprise barbare. Cette loi poussa la romanci\u00e8re \u00e0 prendre la plume, apr\u00e8s avoir assist\u00e9 \u00e0 une vente d\u2019esclaves, sc\u00e8ne qui a inspir\u00e9 l&rsquo;ouverture de son r\u00e9cit.<\/p>\n<p>Durant la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle, alors que les d\u00e9bats s\u2019enflammaient autour de l\u2019abolition de l\u2019esclavage,\u00a0<em>La Case de l\u2019Oncle Tom<\/em>\u00a0a litt\u00e9ralement mis le feu aux poudres. On dit en effet que ce roman est l&rsquo;un des \u00e9l\u00e9ments d\u00e9clencheurs de la guerre de S\u00e9cession (1861-1865). En cristallisant les tensions entre pro et anti-esclavagistes, l\u2019histoire de l\u2019Oncle Tom a mis tout un syst\u00e8me en branle, exposant ses contradictions. Comment un pays peut-il soutenir des valeurs chr\u00e9tiennes comme la charit\u00e9 et l&rsquo;amour de son prochain, tout en commettant de telles atrocit\u00e9s sur des \u00eatres humains\u00a0?<\/p>\n<div id=\"inread\" class=\"inread\" data-advertising=\"\" data-adunit=\"litterature\/litterature\/article\" data-keywords=\"culture\/Harriet Beecher Stowe\/Zora Neale Hurston\/Richard Wright\/John Howard Griffin\/James Baldwin\/Toni Morrison\/\u00c9tats-Unis\/racisme\" data-google-query-id=\"CJ3BnvrI6-kCFQVW4Aodi9kCWA\">\n<div id=\"google_ads_iframe_128139881\/RF_france_culture\/litterature\/litterature\/article\/inread_0__container__\"><\/div>\n<\/div>\n<blockquote><p>En 1840, les traqueurs d\u2019esclaves, soutenus par la lie de la population, et lanc\u00e9s par certains hommes politiques, assaillirent les quartiers des noirs libres, les pill\u00e8rent, et en firent le sac. Les malheureux n\u00e8gres qui essay\u00e8rent de d\u00e9fendre leurs propri\u00e9t\u00e9s furent tu\u00e9s\u00a0; on jeta dans les rues leurs corps mutil\u00e9s\u00a0: il y eut des femmes viol\u00e9es, et quelques-unes moururent par suite des outrages auxquels elles furent en butte. Pendant plusieurs jours la ville fut livr\u00e9e au plus affreux d\u00e9sordre, et au milieu de la confusion g\u00e9n\u00e9rale, des hommes, des femmes, des enfants de couleur, furent enlev\u00e9s et vendus au Sud, quoique affranchis.\u00a0<strong>Harriet Beecher Stowe, \u00ab\u00a0La Case de l&rsquo;Oncle Tom\u00a0\u00bb<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>La publication du roman d&rsquo;Harriet Beecher Stowe a entra\u00een\u00e9 une incroyable prise de conscience non seulement aux Etats-Unis, mais plus largement dans le monde entier. Son personnage s&rsquo;est transform\u00e9 en martyr. Maltrait\u00e9 par son terrible ma\u00eetre Simon Legree, parangon de l\u2019avidit\u00e9 et du m\u00e9pris, l\u2019Oncle Tom inspira les \u00ab\u00a0<em>Tom Shows<\/em>\u00ab\u00a0, du nom des adaptations th\u00e9\u00e2trales du roman, jou\u00e9es dans les quatre coins du monde. Ces spectacles, pourtant initi\u00e9s par un \u00e9lan abolitionniste et humaniste, sont aujourd&rsquo;hui remis en cause\u00a0: en empruntant les images caricatur\u00e9es des Noirs aux\u00a0<em>minstrel shows<\/em>, ils ont contribu\u00e9 \u00e0 alimenter des st\u00e9r\u00e9otypes racistes apr\u00e8s l\u2019abolition de l\u2019esclavage. Cette \u00ab\u00a0Tom-mania\u00a0\u00bb\u00a0a n\u00e9anmoins eu un fort impact \u00e0 son \u00e9poque. Apr\u00e8s cela, impossible de ne pas se positionner sur la question\u00a0: les batailles culturelles \u00e9taient lanc\u00e9es, pr\u00e9mices d\u2019un v\u00e9ritable conflit, celui de la guerre de S\u00e9cession. Il est dit que, lors de leur rencontre, Abraham Lincoln aurait parl\u00e9 d\u2019Harriet Beecher Stowe en ces termes\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<em>C&rsquo;est donc cette petite dame qui est responsable de cette grande guerre\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<h2><img decoding=\"async\" class=\"dejavu portrait dejavu-loaded aligncenter\" style=\"font-size: 16px;\" src=\"https:\/\/cdn.radiofrance.fr\/s3\/cruiser-production\/2018\/10\/cdcebfe2-4d4c-4eec-89e0-7facb51dfb70\/250_mais-leurs-yeux-dardaient-sur-dieu.jpg\" alt=\"Mais leurs yeux dardaient sur Dieu\" width=\"250\" height=\"375\" \/><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Neale Hurston, \u00ab\u00a0Mais leurs yeux dardaient sur Dieu\u00a0\u00bb (1937)<\/h2>\n<p>Son titre est myst\u00e9rieux, mais le roman \u00e9crit par\u00a0<strong>Zora Neale Hurston<\/strong>\u00a0en 1937 n&rsquo;a rien de mystique. C&rsquo;est d&rsquo;abord une histoire d&rsquo;amour et une qu\u00eate d&rsquo;\u00e9mancipation. Celles de Janie Crawford, fille d\u2019esclave n\u00e9e d\u2019un viol et \u00e9lev\u00e9e par sa grand-m\u00e8re, qui raconte ses trois mariages, ses trois vies de femme noire-am\u00e9ricaine au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. D&rsquo;abord un mariage arrang\u00e9 avec un fermier fruste, qu&rsquo;elle quittera pour s&rsquo;enfuir \u00e0 Eatonville avec l&rsquo;ambitieux Joe Starks. Mais Janie s&rsquo;aper\u00e7oit alors bient\u00f4t qu&rsquo;elle n&rsquo;est pour lui qu&rsquo;un troph\u00e9e, qui n&rsquo;a pas sa place sous le porche o\u00f9 toutes les d\u00e9cisions &#8211; mais aussi tous les ragots &#8211; se font. Devenue veuve, Janie s&rsquo;\u00e9prend d&rsquo;un vagabond, Vergible Woods. Cette fois, c&rsquo;est la promesse d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 au sein du couple qui la guide. Mais la romance prend un tour dramatique. Au soir de sa vie, Janie est seule, mais libre.<\/p>\n<p>A travers ces trois aventures, ce que raconte Zora Neale Hurston, c&rsquo;est surtout la soif de libert\u00e9 d&rsquo;une femme noire dans le sud des Etats-Unis, o\u00f9 s\u00e9vit durement le racisme. Ici, la fin de la guerre de la S\u00e9cession en 1865 a entra\u00een\u00e9 l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage et la lib\u00e9ration de pr\u00e8s de quatre millions d&rsquo;esclaves. Mais progressivement, la s\u00e9gr\u00e9gation raciale s&rsquo;y est install\u00e9e. Les lynchages et la cr\u00e9ation du Ku Klux Klan, soci\u00e9t\u00e9 supr\u00e9maciste blanche et terroriste, mettent en danger ces nouveaux citoyens. Puisqu&rsquo;ils ne peuvent vivre en s\u00e9curit\u00e9 avec les Blancs, certains Afro-Am\u00e9ricains cr\u00e9ent des communaut\u00e9s s\u00e9par\u00e9es. C&rsquo;est le cas d&rsquo;Eatonville, la premi\u00e8re ville am\u00e9ricaine enti\u00e8rement administr\u00e9e par des Afro-Am\u00e9ricains, dans laquelle Zora Neale Hurston a v\u00e9cu, comme son h\u00e9ro\u00efne.<\/p>\n<p>Aux Etats-Unis, c&rsquo;est un roman culte. De nombreuses autrices afro-am\u00e9ricaines comme Maya Angelou, Alice Walker ou Zadie Smith le placent au sommet de leur panth\u00e9on litt\u00e9raire personnel. S&rsquo;il est aujourd&rsquo;hui \u00e9tudi\u00e9 dans les \u00e9coles am\u00e9ricaines comme un classique,\u00a0<em><strong>Mais leurs yeux dardaient sur Dieu<\/strong><\/em>\u00a0a \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t mal re\u00e7u \u00e0 sa parution. On a reproch\u00e9 \u00e0 son autrice l&rsquo;usage du dialecte parl\u00e9 par les Noirs du sud, une langue imag\u00e9e proche du cr\u00e9ole, mais \u00e9galement de raconter les divisions au sein de la communaut\u00e9 afro-am\u00e9ricaine, bas\u00e9es sur la couleur plus ou moins sombre de leur peau\u2026 Anthropologue et grande voyageuse, Zora Neale Hurston est consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;une des premi\u00e8res voix de la conscience noire de la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine. Pour Toni Morrison, elle est tout simplement \u00ab\u00a0<em>l\u2019une des plus grandes \u00e9crivaines de notre \u00e9poque\u00a0\u00bb.\u00a0<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Tellement j\u2019en ai pass\u00e9 du temps avec eux les ptis blancs que jusqu\u2019\u00e0 mes six ans par l\u00e0 j\u2019ai jamais su que j\u2019\u00e9tais pas blanche. Et j\u2019aurais pas rien d\u00e9couvert pareil, mais vl\u00e0 un homme y vient pour prendre des photos (&#8230;). Donc une fois qu\u2019on a bien zyeut\u00e9 la photo et tout le monde s\u2019est vu point\u00e9 dessus, reste plus personne \u00e0 montrer sauf une ptite noire vraiment noire avec des cheveux longs l\u00e0 au proche d\u2019Eleanor. Moi c\u2019est l\u00e0 que j\u2019\u00e9tais suppos\u00e9e \u00e0 me trouver mais moi la ptite noire toute noire je pouvais pas croire qu\u2019elle \u00e9tait moi. Donc j\u2019ai demand\u00e9, O\u00f9 c\u2019est chuis rendue, moi\u00a0? Me vois m\u00eame pas. Et tout le monde y ont rigol\u00e9, m\u00eame Miste Washburn. Miss Nellie, qu\u2019\u00e9tait la maama des tizenfants (&#8230;) elle a point\u00e9 vers la ptite noire et elle a dit\u00a0: C\u2019est toi, Alphabet. Tu te connais donc pas toi-m\u00eame\u00a0?\u00a0<strong>Zora Neale Hurston, \u00ab\u00a0Mais leurs yeux dardaient sur Dieu\u00a0\u00bb<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<h2><picture><img decoding=\"async\" class=\"dejavu portrait dejavu-loaded aligncenter\" src=\"https:\/\/cdn.radiofrance.fr\/s3\/cruiser-production\/2020\/06\/363fb423-b24c-409a-8401-4503b3de7ac7\/250_cvt_black-boy_1906.jpg\" alt=\"Black Boy\" width=\"250\" height=\"422\" \/><\/picture><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Richard Wright, \u00ab\u00a0Black Boy\u00a0\u00bb (1945)<\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0<em>La lecture me stimulait, mais me d\u00e9primait aussi, car elle me montrait ce qui \u00e9tait possible, tout ce qui m&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 refus\u00e9. (&#8230;) Je n&rsquo;avais plus simplement l&rsquo;impression que le monde autour de moi m&rsquo;\u00e9tait hostile, me tuait, je le savais.<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0<em><strong>Black Boy<\/strong><\/em>\u00a0(1945) est le r\u00e9cit autobiographique de\u00a0<strong>Richard Wright<\/strong>, n\u00e9 au sein d&rsquo;une famille m\u00e9tiss\u00e9e (afro-am\u00e9ricaine, blanche et indienne Choctaw). Un roman aux accents existentialistes, qui fait surgir par l&rsquo;\u00e9criture la prise de conscience des in\u00e9galit\u00e9s raciales qui jalonnent l&rsquo;existence d&rsquo;un petit gar\u00e7on afro-am\u00e9ricain dans les ann\u00e9es 1920. Si le jeune Richard parvient presque \u00e0 admettre la bigoterie de sa famille, la violente autorit\u00e9 paternelle et m\u00eame la pauvret\u00e9, il ne peut accepter le racisme qu&rsquo;il est appel\u00e9 \u00e0 subir toute sa vie\u00a0: \u00ab\u00a0<em>J&rsquo;avais commenc\u00e9 trop tard \u00e0 affronter le monde blanc. Il m&rsquo;\u00e9tait impossible de faire de la servilit\u00e9 une partie machinale de mon comportement.<\/em>\u00a0\u00bb Dans ce r\u00e9cit, on trouve \u00e0 la fois le t\u00e9moignage de la peur m\u00eal\u00e9e de honte et le refus de se soumettre \u00e0 un syst\u00e8me injuste qui se manifeste \u00e0 travers des pr\u00e9jug\u00e9s et humiliations quotidiennes, mais aussi des lois fonci\u00e8rement racistes\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Le r\u00eave que j&rsquo;\u00e9chafaudais, tout le syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9ducation du Sud avait pour mission de l&rsquo;\u00e9touffer. L&rsquo;Etat du Mississippi avait d\u00e9pens\u00e9 des millions de dollars pour s&rsquo;assurer que je n&rsquo;\u00e9prouverais jamais les sentiments que j&rsquo;\u00e9tais pr\u00e9cis\u00e9ment en train d&rsquo;\u00e9prouver\u00a0; je commen\u00e7ais \u00e0 ressentir ce que les lois de s\u00e9gr\u00e9gation des N\u00e8gres devaient emp\u00eacher de laisser parvenir \u00e0 ma conscience.\u00a0<strong>Richard Wright, \u00ab\u00a0Black Boy\u00a0\u00bb<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Cette conscience des privil\u00e8ges des Blancs se cristallise aussi avec la litt\u00e9rature que d\u00e9vore Richard pour s&rsquo;\u00e9vader. Mais m\u00eame dans la fiction, les Noirs sont invisibilis\u00e9s. Pire, toutes les aventures et sentiments qu&rsquo;il peut ressentir par procuration gr\u00e2ce aux romans lui rappellent, par effet de contraste, que les Afro-Am\u00e9ricains ne peuvent vivre pleinement leurs aspirations\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>J&rsquo;avais soif de livres, de nouvelles fa\u00e7ons de voir et de concevoir. L&rsquo;important n&rsquo;\u00e9tait pas de croire ou de ne pas croire \u00e0 mes lectures, mais de ressentir du neuf, d&rsquo;\u00eatre affect\u00e9 par quelque chose qui transform\u00e2t l&rsquo;aspect du monde. (&#8230;.) Je savais maintenant ce que repr\u00e9sentait le fait d&rsquo;\u00eatre n\u00e8gre. J&rsquo;\u00e9tais capable de supporter la faim. J&rsquo;avais appris \u00e0 vivre dans la haine. Mais de sentir que certains sentiments m&rsquo;\u00e9taient refus\u00e9s, que l&rsquo;essence m\u00eame de la vie \u00e9tait inaccessible, cela me faisait mal, me blessant par dessus tout. Une faim nouvelle \u00e9tait n\u00e9e en moi.\u00a0<strong>Richard Wright, \u00ab\u00a0Black Boy\u00a0\u00bb<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<h2><picture><img decoding=\"async\" class=\"dejavu portrait dejavu-loaded aligncenter\" src=\"https:\/\/cdn.radiofrance.fr\/s3\/cruiser-production\/2020\/06\/acd7f80b-b38c-487e-893c-b0ae5380504d\/250_griffin.jpg\" alt=\"Dans la peau d'un noir \" width=\"250\" height=\"418\" \/><\/picture><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\">John Howard Griffin, \u00ab\u00a0Dans la peau d&rsquo;un noir\u00a0\u00bb (1961)<\/h2>\n<p>En 1959,\u00a0<strong>John Howard Griffin<\/strong>\u00a0(1920-1980) d\u00e9couvre l&rsquo;inqui\u00e9tant taux de suicides des Afro-Am\u00e9ricains dans le Sud des Etats-Unis. Il est stup\u00e9fait. Dans une soci\u00e9t\u00e9 s\u00e9gr\u00e9gationniste o\u00f9 les violences raciales sont taboues, bien que r\u00e9elles, le journaliste blanc et texan s\u2019interroge sur les ressorts d\u2019une telle injustice\u00a0: \u201c<em>Qu\u2019\u00e9prouve-t-on lorsqu\u2019on est l\u2019objet d\u2019une discrimination fond\u00e9e sur la couleur de votre peau, c\u2019est-\u00e0-dire sur quelque chose qui \u00e9chappe \u00e0 votre contr\u00f4le\u00a0?<\/em>\u201d Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, l\u2019auteur d\u00e9cide de mener une enqu\u00eate immersive en devenant lui-m\u00eame le sujet de son analyse\u00a0: il se met \u00ab\u00a0dans la peau d\u2019un noir\u00a0\u00bb. Pour ce faire, Griffin entame un traitement dermatologique (lampe \u00e0 UV et prise de pilules contre la maladie du vitiligo qui \u00e9claircissent la peau) afin de rendre son \u00e9piderme plus fonc\u00e9, et organise un voyage de six semaines dans les Etats les plus racistes du Sud du pays, en se pr\u00e9sentant comme Afro-Am\u00e9ricain. Deux ans plus tard, il publie son carnet de route\u00a0<em><strong>Dans la peau d&rsquo;un noir<\/strong><\/em>\u00a0(titre original\u00a0:\u00a0<em>Black Like Me<\/em>), r\u00e9cit d\u2019une exp\u00e9rience immersive pouss\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame, et livre un t\u00e9moignage in\u00e9dit &#8211; car subi par un homme blanc &#8211; du racisme.<\/p>\n<blockquote><p>Dans un flot de lumi\u00e8re refl\u00e9t\u00e9 par le carrelage blanc, le visage et les \u00e9paules d\u2019un inconnu &#8211; un Noir farouche, chauve, tr\u00e8s fonc\u00e9 &#8211; me fixait avec intensit\u00e9 dans le miroir. (\u2026) La transformation \u00e9tait compl\u00e8te et bouleversante. Je m\u2019attendais \u00e0 me trouver d\u00e9guis\u00e9, ceci \u00e9tait tout autre chose. \u00a0<strong>J.H. Griffin, \u00ab\u00a0Dans la peau d&rsquo;un noir\u00a0\u00bb<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Dans cet ouvrage, le journaliste texan tente de pallier l\u2019incommunicabilit\u00e9 entre deux Am\u00e9riques, en cherchant des r\u00e9ponses \u00e0 ses propres incompr\u00e9hensions.\u00a0<em>\u201cLa seule fa\u00e7on possible de combler le gouffre entre nous, me semblait-il, \u00e9tait de devenir un Noir.\u201d<\/em>\u00a0A travers son r\u00e9cit autobiographique, Griffin livre une \u00e9tude des st\u00e9r\u00e9otypes, des humiliations arbitraires, des difficult\u00e9s \u00e0 trouver un travail d\u00e9cent, de l\u2019animosit\u00e9, du m\u00e9pris \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la communaut\u00e9 noire. Il d\u00e9peint les m\u00e9caniques de \u201cl\u2019\u0153il haineux\u201d que les Blancs racistes r\u00e9servent aux Noirs. Un regard qui tue, litt\u00e9ralement, les taux de suicides des Afro-Am\u00e9ricains, \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Griffin ou aujourd\u2019hui, le prouvent (comme le montre\u00a0<a href=\"https:\/\/www.aappublications.org\/news\/2019\/10\/14\/suicide101419\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">une \u00e9tude sur le suicide des adolescents am\u00e9ricains r\u00e9alis\u00e9e par l&rsquo;<em>American Academy of Pediatrics<\/em><\/a>\u00a0en 2019).<\/p>\n<p>Quelques mois apr\u00e8s son immersion, la peau du journaliste redevient blanche, mais il se retrouve profond\u00e9ment boulevers\u00e9 par cette exp\u00e9rience\u00a0: \u00ab\u00a0<em>mon esprit avait subi la m\u00eame transformation que ma figure<\/em>\u00ab\u00a0. La r\u00e9ception de son ouvrage fut mitig\u00e9e. Son travail immersif est salu\u00e9 et fait figure de r\u00e9f\u00e9rence dans la litt\u00e9rature sur le genre du journalisme immersif. N\u00e9anmoins, les activistes afro-am\u00e9ricains de l\u2019\u00e9poque estiment que sa performance r\u00e9v\u00e8le la na\u00efvet\u00e9 de Griffin qui, selon eux, omet le poids de l\u2019histoire dans son r\u00e9cit\u00a0: quelques semaines sous traitement ne suffisent pas \u00e0\u00a0<em>r\u00e9ellement<\/em>\u00a0s&rsquo;identifier \u00e0 la condition noire am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui encore, la r\u00e9ception de l&rsquo;oeuvre est parfois ambigu\u00eb. L&rsquo;id\u00e9e qu\u2019un homme blanc se noircisse la peau pour parler au nom des Noirs appara\u00eet comme une entreprise maladroite et paternaliste.\u00a0<a href=\"https:\/\/medium.com\/@SamMcKenzieJr\/black-like-me-is-blackface-too-fd37dc19fade\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Pour certains, la d\u00e9marche de Griffin s&rsquo;apparente \u00e0 du\u00a0<em>blackface<\/em><\/a>. Sans doute est-il dommage qu\u2019il faille aller jusque-l\u00e0 pour admettre l\u2019existence du racisme syst\u00e9mique. Selon le militant noir Stokely Carmichael, aussi connu sous le nom de Kwame Ture,\u00a0<em>Dans la peau d&rsquo;un noir<\/em>\u00a0est donc \u00ab\u00a0<em>un livre excellent\u2026 pour les Blancs<\/em>\u00ab\u00a0. Griffin en convenait\u00a0; il avait m\u00eame fini par arr\u00eater de donner des conf\u00e9rences sur cet ouvrage, trouvant qu&rsquo;il \u00e9tait \u00ab\u00a0<em>absurde pour un homme blanc de pr\u00e9tendre parler au nom des Noirs alors qu&rsquo;ils ont leur propres voix\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<aside class=\"bounce with-image\">\n<div class=\"bounce-content\">\n<div class=\"bounce-informations\">\n<div class=\"teaser-flag-video\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/aside>\n<p>Toutefois, replac\u00e9 dans son contexte,\u00a0<em>Dans la peau d\u2019un noir<\/em>\u00a0appara\u00eet comme un r\u00e9el effort pour ouvrir les yeux de l\u2019Am\u00e9rique blanche des ann\u00e9es 1960, notamment celle qui refuse d\u2019\u00e9couter les Noirs lorsqu&rsquo;ils cherchent \u00e0 exprimer leur col\u00e8re. C&rsquo;est ce qu&rsquo;avance Robert Bonazzi, auteur de\u00a0<em>Man in the Mirror\u00a0: John Howard Griffin and the Story of Black Like Me<\/em>\u00a0(1997),\u00a0<a href=\"https:\/\/www.smithsonianmag.com\/arts-culture\/black-like-me-50-years-later-74543463\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">dans une interview pour le\u00a0<em>Smithsonian Magazine<\/em><\/a>\u00a0: \u00ab\u00a0<em>C&rsquo;est un document historique utile sur l&rsquo;\u00e8re s\u00e9gr\u00e9gationniste, qui, encore aujourd&rsquo;hui, produit une onde de choc chez les jeunes lecteurs. C&rsquo;est aussi un r\u00e9cit sinc\u00e8re dans lequel Griffin admet son propre racisme et auquel les lecteurs blancs peuvent s&rsquo;identifier, pour ensuite, peut-\u00eatre, faire face \u00e0 leur propre d\u00e9ni de justice<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0[traduction des r\u00e9dactrices]. Ainsi, Griffin d\u00e9construit, \u00e0 sa mani\u00e8re, l\u2019id\u00e9ologie du supr\u00e9macisme blanc\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<em>Je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de d\u00e9fendre la cause des Noirs. J\u2019ai cherch\u00e9 ce qu\u2019ils avaient d\u2019 \u201cinf\u00e9rieur\u201d et je n\u2019ai pas trouv\u00e9\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<h2><picture><img decoding=\"async\" class=\"dejavu portrait dejavu-loaded aligncenter\" src=\"https:\/\/cdn.radiofrance.fr\/s3\/cruiser-production\/2018\/04\/096a6f75-4f36-459f-ba04-105e76579e90\/250_9782234084261-001-t.jpg\" alt=\"Si Beale Street pouvait parler\" width=\"250\" height=\"402\" \/><\/picture><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\">James Baldwin, \u00ab\u00a0Si Beale Street pouvait parler\u00a0\u00bb (1974)<\/h2>\n<p>Accus\u00e9s \u00e0 tort d&rsquo;avoir viol\u00e9 deux femmes blanches, neuf jeunes Afro-Am\u00e9ricains \u00e2g\u00e9s de 12 \u00e0 20 ans ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 mort, apr\u00e8s trois proc\u00e8s exp\u00e9ditifs, en 1932. On les a appel\u00e9s les \u00ab\u00a0Scottsboro Boys\u00a0\u00bb et leur histoire est embl\u00e9matique des discriminations raciales qui entravent la justice am\u00e9ricaine. Selon un\u00a0<a href=\"http:\/\/www.law.umich.edu\/special\/exoneration\/Pages\/about.aspx\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">rapport du\u00a0<em>National Registry of Exonerations<\/em>\u00a0publi\u00e9 en 2017,<\/a>\u00a0les Afro-Am\u00e9ricains repr\u00e9sentent 13% de la population am\u00e9ricaine, mais comptent pour 47% des 2\u00a0000 d\u00e9clarations d&rsquo;innocence apr\u00e8s des erreurs judiciaires. C&rsquo;est une partie de cette r\u00e9alit\u00e9 que d\u00e9peint\u00a0<strong>James Baldwin<\/strong>\u00a0dans\u00a0<em><strong>Si Beale Street pouvait parler<\/strong><\/em>.<\/p>\n<p>Adapt\u00e9 au cin\u00e9ma par Barry Jenkins en 2018, ce roman montre comment le politique s&rsquo;immisce, presque in\u00e9vitablement, dans la vie intime des Afro-Am\u00e9ricains. L&rsquo;histoire se passe \u00e0 Harlem, dans les ann\u00e9es 1970. Tish et Fonny, \u00e2g\u00e9s d&rsquo;\u00e0 peine 20 ans, s&rsquo;aiment depuis toujours, attendent un enfant et sont d\u00e9finitivement pr\u00eats \u00e0 vivre le restant de leur vie \u00e0 deux. La promesse de bonheur de ce tableau se brise lorsque Fonny est incarc\u00e9r\u00e9\u00a0: on l&rsquo;accuse d&rsquo;avoir viol\u00e9 une jeune femme porto-ricaine, qu&rsquo;il n&rsquo;a pourtant jamais rencontr\u00e9e. Se livre alors une bataille d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e contre une institution judiciaire o\u00f9 les Noirs sont consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00ab\u00a0coupables id\u00e9aux\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>Vous comprenez, il avait trouv\u00e9 son centre, le pivot de sa propre existence, en lui-m\u00eame \u2013 et \u00e7a se voyait. Il n\u2019\u00e9tait le n\u00e8gre de personne. Et \u00e7a, c\u2019\u00e9tait un crime dans cette pourriture de pays libre.<\/em>\u00a0<strong>James Baldwin, \u00ab\u00a0Si Beale Street pouvait parler\u00a0\u00bb<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p><em>Si Beale Street pouvait parler<\/em>\u00a0est aussi l&rsquo;oeuvre d&rsquo;un homme qui lutte depuis des ann\u00e9es pour la reconnaissance des droits civiques des Afro-Am\u00e9ricains, aux c\u00f4t\u00e9s notamment de Sidney Poitier, Nina Simone et Harry Belafonte. Que ce soit dans ses essais ou ses romans, James Baldwin aborde sans d\u00e9tour des questions politiques\u00a0: l&rsquo;homosexualit\u00e9 dans\u00a0<em>La Chambre de Giovanni<\/em>\u00a0(1956), la mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de la communaut\u00e9 noire dans\u00a0<em>Chronique d&rsquo;un pays natal<\/em>\u00a0(1955), l\u2019amn\u00e9sie volontaire des \u00c9tats-Unis envers les questions raciales dans\u00a0<em>Personne ne sait mon nom<\/em>\u00a0(1961), et la violence qui en d\u00e9coule dans\u00a0<em>La Prochaine fois, le feu<\/em>\u00a0(1963).<\/p>\n<p>Id\u00e9aliste, James Baldwin a aussi voulu mettre un oc\u00e9an de distance entre lui et le racisme de la soci\u00e9t\u00e9 s\u00e9gr\u00e9gationniste am\u00e9ricaine en s&rsquo;exilant en France. Il ne voulait pas \u00eatre lu comme \u00ab\u00a0<em>juste un n\u00e8gre\u00a0; ni m\u00eame juste un \u00e9crivain n\u00e8gre<\/em>\u00ab\u00a0. Mais les pr\u00e9jug\u00e9s et st\u00e9r\u00e9otypes raciaux, s&rsquo;ils diff\u00e8rent \u00e0 la marge, traversent les fronti\u00e8res, comme il l&rsquo;\u00e9voquait\u00a0<a href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/les-nuits-de-france-culture\/je-mappelle-james-baldwin-23-james-baldwin-des-quon-parle-des-noirs-vous-tous-devenez-blancshttps:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/les-nuits-de-france-culture\/james-baldwin-je-netais-pas-beau-ni-boxeur-ni-chanteur-ni-danseur-jetais-coince-alors-jai-pense-que\">sur\u00a0<em>France Culture<\/em>, en 1975 dans un entretien accord\u00e9 \u00e0 Eric Laurent<\/a>\u00a0<a href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/les-nuits-de-france-culture\/james-baldwin-je-netais-pas-beau-ni-boxeur-ni-chanteur-ni-danseur-jetais-coince-alors-jai-pense-que\">:\u00a0<\/a><\/p>\n<blockquote><p>La plupart du temps, la plupart des Blancs voient une image des Noirs, mais ne voient pas l&rsquo;humain derri\u00e8re la peau. Ce n&rsquo;est pas mon probl\u00e8me, c&rsquo;est le v\u00f4tre.\u00a0<strong>James Baldwin<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<aside class=\"bounce with-image\"><\/aside>\n<h2><img decoding=\"async\" class=\"dejavu portrait dejavu-loaded aligncenter\" style=\"font-size: 16px;\" src=\"https:\/\/cdn.radiofrance.fr\/s3\/cruiser-production\/2019\/08\/bad40df0-eb6b-4f4a-a674-6e31a52e4f96\/250_71onhew7qil.jpg\" alt=\" \" width=\"250\" height=\"409\" \/><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Toni Morrison, \u00ab\u00a0Beloved\u00a0\u00bb (1987)<\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Soixante millions et davantage<\/em>\u00ab\u00a0, c\u2019est le nombre que\u00a0<strong>Toni Morrison<\/strong>\u00a0(1931-2019) rappelle \u00e0 l\u2019or\u00e9e de son roman\u00a0<em><strong>Beloved<\/strong><\/em>, publi\u00e9 en 1987. Soixante millions et davantage, c\u2019est le nombre estim\u00e9 de Noirs morts de la traite n\u00e9gri\u00e8re et du syst\u00e8me esclavagiste am\u00e9ricains. A travers son cinqui\u00e8me roman, qui lui valut le Prix Pulitzer en 1988, Toni Morrison fait revivre les spectres, les horreurs du pass\u00e9. A la crois\u00e9e du conte de fant\u00f4mes, du roman psychologique et du r\u00e9cit d&rsquo;esclaves,\u00a0<em>Beloved<\/em> s\u2019inspire de l\u2019histoire vraie de Margaret Garner (1834-1858). Cette femme noire \u00e9tait esclave dans la plantation de Maplewood, avec son mari et ses quatre enfants. En 1856, alors qu\u2019elle cherche \u00e0 s\u2019enfuir, la famille est retrouv\u00e9e \u00e0 Cincinnati (Ohio) par des chasseurs d\u2019esclaves. Incapable de se r\u00e9soudre \u00e0 revivre le cauchemar de la vie de servitude, Margaret Garner tente de tuer ses enfants, et est arr\u00eat\u00e9e avant de pouvoir mettre fin \u00e0 sa propre existence. Sur les quatre, seul son nourrisson de deux ans succombe.<\/p>\n<p>Sethe, l\u2019h\u00e9ro\u00efne du roman, conna\u00eet sensiblement le m\u00eame sort apr\u00e8s sa fuite des plantations du Bon Abri. Huit ans apr\u00e8s l\u2019abolition de l\u2019esclavage, alors que l\u2019ancienne esclave et sa fille a\u00een\u00e9e Denver sont enfin libres, le fant\u00f4me de son b\u00e9b\u00e9 tu\u00e9, Beloved, se mat\u00e9rialise et revient sous leur toit. La plume lyrique et ensorcelante de Toni Morrison nous fait ainsi voyager entre le pr\u00e9sent de 1873, temps de la libert\u00e9, et le pass\u00e9 de 1856, temps du traumatisme. En r\u00e9alit\u00e9, la libert\u00e9 est ici rendue captive de souvenirs impossibles \u00e0 enterrer. Celui de l\u2019enfer des plantations et de l\u2019impossibilit\u00e9 de se laisser aimer. Celui de la culpabilit\u00e9 d\u2019un infanticide motiv\u00e9 par un crime contre l\u2019humanit\u00e9. En 2012, l&rsquo;\u00e9crivaine phare du canon litt\u00e9raire noir am\u00e9ricain exprimait son refus d&rsquo;oublier l&rsquo;histoire de l&rsquo;esclavage\u00a0<a href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/voix-nue\/toni-morrison-35-rediffusion\">au micro de\u00a0<em>France Culture,<\/em>\u00a0dans \u00ab\u00a0A Voix Nue\u00a0\u00bb<\/a>\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>C&rsquo;est cette histoire qui marche debout, vivante, qui rentre dans la maison, qui s&rsquo;assoit \u00e0 table parmi eux et \u00e0 ce moment-l\u00e0 on ne peut plus l&rsquo;\u00e9viter. Il faut l&rsquo;affronter, il faut y faire face afin, on peut l&rsquo;esp\u00e9rer, de comprendre ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 et de le transcender.\u00a0<strong>Toni Morrison\u00a0<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Dans son roman tr\u00e8s largement acclam\u00e9, l\u2019autrice prodige use d\u2019un phras\u00e9 lyrique et d\u2019une structure in\u00e9dite, o\u00f9 pr\u00e9sent et pass\u00e9 s\u2019entrelacent comme par magie, encore plus concr\u00e8tement que par\u00a0<em>flashbacks<\/em>. Et ce non seulement pour imager le retour de b\u00e2ton d&rsquo;une m\u00e9moire trop longtemps ignor\u00e9e, mais aussi pour rendre \u00ab\u00a0l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019esclavage intime\u00a0\u00bb. Le chef-d\u2019oeuvre de Toni Morrison est en effet novateur \u00e0 cet \u00e9gard\u00a0: il met au jour les pens\u00e9es profondes des millions de femmes esclaves et m\u00e8res, \u00e0 qui l\u2019on a \u00f4t\u00e9 le droit d\u2019aimer leur propre chair.<\/p>\n<blockquote><p>Pour une ancienne esclave, aimer aussi fort \u00e9tait risqu\u00e9\u00a0; surtout si c\u2019\u00e9tait ses enfants qu\u2019elle avait d\u00e9cid\u00e9 d\u2019aimer. Le mieux, il le savait, c\u2019\u00e9tait d\u2019aimer un petit peu, juste un petit peu chaque chose, pour que, le jour o\u00f9 on casserait les reins \u00e0 cette chose ou qu\u2019on la fourrerait dans un sac de jute lest\u00e9 d\u2019une pierre, eh bien, il vous reste peut-\u00eatre un peu d\u2019amour pour ce qui viendrait apr\u00e8s.\u00a0<strong>Toni Morrison, \u00ab\u00a0Beloved\u00a0\u00bb<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"author\"><a title=\"Acc\u00e9der \u00e0 la page de Naomi Titti\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/personne\/naomi-titti-dingong\">Naomi Titti<\/a>\u00a0et\u00a0<a title=\"Acc\u00e9der \u00e0 la page de Pauline Petit\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/personne\/pauline-petit\">Pauline Petit<\/a><\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<aside class=\"bounce with-image\"><span class=\"bounce-title\">\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER<\/span><\/aside>\n<aside><span class=\"bounce-link-title\"><a title=\"\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER Les Etats-Unis peuvent-ils d\u00e9passer le &quot;racisme enracin\u00e9&quot; ? \" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/le-temps-du-debat\/les-etats-unis-peuvent-ils-depasser-le-racisme-enracine\">Les Etats-Unis peuvent-ils d\u00e9passer le \u00ab\u00a0racisme enracin\u00e9\u00a0\u00bb ?<\/a><\/span><\/aside>\n<aside><span class=\"bounce-link-title\"><a title=\"\u00c0 LIRE AUSSI De La Case de l\u2019Oncle Tom \u00e0 Toni Morrison : \u00e9critures am\u00e9ricaines sur l\u2019esclavage\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/conferences\/musee-du-quai-branly\/de-la-case-de-loncle-tom-toni-morrison-ecritures-americaines-sur\">De La Case de l\u2019Oncle Tom \u00e0 Toni Morrison : \u00e9critures am\u00e9ricaines sur l\u2019esclavage<\/a><\/span><\/aside>\n<aside><span class=\"bounce-link-title\"><a title=\"\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER L'\u00e9conomie am\u00e9ricaine au cin\u00e9ma (2\/4) : L'esclavage ou le mod\u00e8le du Sud\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/entendez-vous-leco\/leconomie-americaine-a-lecran-24-lesclavage-ou-le-modele-du-sud\">L&rsquo;\u00e9conomie am\u00e9ricaine au cin\u00e9ma (2\/4) : L&rsquo;esclavage ou le mod\u00e8le du Sud<\/a><\/span><\/aside>\n<aside><span class=\"bounce-link-title\"><a title=\"\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER La revanche des vieux conflits (1\/4) : Du G\u00e9n\u00e9ral Lee aux N\u00e9o-conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s : la cause perdue des supr\u00e9macistes blancs\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/cultures-monde\/la-revanche-des-vieux-conflits-14-du-general-lee-aux-neo-confederes-la-cause-perdue-des\">La revanche des vieux conflits (1\/4) : Du G\u00e9n\u00e9ral Lee aux N\u00e9o-conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s : la cause perdue des supr\u00e9macistes blancs<\/a><\/span><\/aside>\n<aside><span class=\"bounce-link-title\"><a title=\"\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER Toni Morrison et Max Roach : la voix et le rythme\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/les-nuits-de-france-culture\/toni-morrison-et-max-roach-la-voix-et-le-rythme\">Toni Morrison et Max Roach : la voix et le rythme<\/a><\/span><\/aside>\n<aside><span class=\"bounce-link-title\"><a title=\"\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER Angela Davis : &quot;Pour d\u00e9truire les racines du racisme il faut renverser tout le syst\u00e8me capitaliste&quot;\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/les-nuits-de-france-culture\/angela-davis-pour-detruire-les-racines-du-racisme-il-faut\">Angela Davis : \u00ab\u00a0Pour d\u00e9truire les racines du racisme il faut renverser tout le syst\u00e8me capitaliste\u00a0\u00bb<\/a><\/span><\/aside>\n<aside><span class=\"bounce-link-title\"><a title=\"\u00c0 LIRE AUSSI \u00c0 l'origine du Blackface\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/theatre\/a-lorigine-du-blackface\">\u00c0 l&rsquo;origine du Blackface<\/a><\/span><\/aside>\n<aside><span class=\"bounce-link-title\"><a class=\"title-sticker\" title=\"\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER Je m'appelle James Baldwin\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/les-nuits-de-france-culture\/je-mappelle-james-baldwin\">Je m&rsquo;appelle James Baldwin<\/a><\/span><\/aside>\n<aside><a title=\"\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER Je m'appelle James Baldwin (3\/3) : James Baldwin : &quot;Je suis un t\u00e9moin plus qu'un porte-parole&quot;\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/les-nuits-de-france-culture\/james-baldwin-je-suis-un-temoin-plus-quun-porte-parole\">Je m&rsquo;appelle James Baldwin (3\/3) : James Baldwin : \u00ab\u00a0Je suis un t\u00e9moin plus qu&rsquo;un porte-parole\u00a0\u00bb<\/a><\/aside>\n<aside class=\"bounce with-image\">\n<div class=\"bounce-content\">\n<div class=\"bounce-informations\">\n<div class=\"bounce-label\">\n<div class=\"label-sticker\" title=\"\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER Toni Morrison, la m\u00e9moire en h\u00e9ritage\"><a class=\"title-sticker\" title=\"\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER Toni Morrison\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/series\/toni-morrison\">Toni Morrison<\/a><\/div>\n<div class=\"label-sticker\" title=\"\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER Toni Morrison, la m\u00e9moire en h\u00e9ritage\"><span class=\"bounce-link-title\"><a class=\"title-sticker\" title=\"\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER Toni Morrison, la m\u00e9moire en h\u00e9ritage\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/a-voix-nue\/toni-morrison-lintegrale-en-cinq-entretiens-2012\">Toni Morrison, la m\u00e9moire en h\u00e9ritage<\/a><\/span><\/div>\n<div title=\"\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER Toni Morrison, la m\u00e9moire en h\u00e9ritage\"><\/div>\n<div class=\"label-sticker\" title=\"\u00c0 R\u00c9\u00c9COUTER Toni Morrison, la m\u00e9moire en h\u00e9ritage\">BIBLIOGRAPHIE<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/aside>\n<\/div>\n<div class=\"content-section\">\n<div class=\"content-section-wrapper bibliography\">\n<div class=\"bibliography-content-book \">\n<p class=\"bibliography-content-book-text\"><a class=\"bibliography-content-book-text-title\" title=\"D\u00e9couvrir l'oeuvre : La Case de l'oncle Tom\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/oeuvre-la-case-de-l-oncle-tom-de-harriet-beecher-stowe\">La Case de l&rsquo;oncle Tom<\/a><span class=\"bibliography-content-book-text-authors\"><a title=\"Acc\u00e9der \u00e0 la page de Harriet Beecher Stowe\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/personne-harriet-beecher-stowe\">Harriet Beecher Stowe<\/a><\/span><span class=\"bibliography-content-book-text-editor-and-date\">Le Livre de poche, 1852<\/span><\/p>\n<p class=\"bibliography-content-book-text\"><a class=\"bibliography-content-book-text-title\" title=\"D\u00e9couvrir l'oeuvre : Mais leurs yeux dardaient sur Dieu\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/oeuvre\/mais-leurs-yeux-dardaient-sur-dieu\">Mais leurs yeux dardaient sur Dieu<\/a><span class=\"bibliography-content-book-text-authors\"><a title=\"Acc\u00e9der \u00e0 la page de Zora Neale Hurston\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/personne\/zora-neale-hurston\">Zora Neale Hurston<\/a><\/span><span class=\"bibliography-content-book-text-editor-and-date\">Paris, Zulma, 2018<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"bibliography-content-book show\">\n<p class=\"bibliography-content-book-text\"><a class=\"bibliography-content-book-text-title\" title=\"D\u00e9couvrir l'oeuvre : Black Boy\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/oeuvre\/black-boy\">Black Boy<\/a><span class=\"bibliography-content-book-text-authors\"><a title=\"Acc\u00e9der \u00e0 la page de Richard Wright\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/personne-richard-wright\">Richard Wright<\/a><\/span><span class=\"bibliography-content-book-text-editor-and-date\">1945<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"bibliography-content-book show\">\n<p class=\"bibliography-content-book-text\"><a class=\"bibliography-content-book-text-title\" title=\"D\u00e9couvrir l'oeuvre : Dans la peau d'un noir\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/oeuvre\/dans-la-peau-dun-noir\">Dans la peau d&rsquo;un noir<\/a><span class=\"bibliography-content-book-text-authors\"><a title=\"Acc\u00e9der \u00e0 la page de John Howard Griffin\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/personne\/john-howard-griffin\">John Howard Griffin<\/a><\/span><span class=\"bibliography-content-book-text-editor-and-date\">1961<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"bibliography-content-book show\">\n<p class=\"bibliography-content-book-text\"><a class=\"bibliography-content-book-text-title\" title=\"D\u00e9couvrir l'oeuvre : Si Beale Street pouvait parler\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/oeuvre\/si-beale-street-pouvait-parler\">Si Beale Street pouvait parler<\/a><span class=\"bibliography-content-book-text-authors\"><a title=\"Acc\u00e9der \u00e0 la page de James Baldwin\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/personne-james-baldwin\">James Baldwin<\/a><\/span><span class=\"bibliography-content-book-text-editor-and-date\">Stock, 2017<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"bibliography-content-book show\">\n<p class=\"bibliography-content-book-text\"><a class=\"bibliography-content-book-text-title\" title=\"D\u00e9couvrir l'oeuvre : Beloved\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/oeuvre-beloved-de-toni-morrison.html\">Beloved<\/a><span class=\"bibliography-content-book-text-authors\"><a title=\"Acc\u00e9der \u00e0 la page de Toni Morrison\" href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/personne\/toni-morrison\">Toni Morrison<\/a><\/span><span class=\"bibliography-content-book-text-editor-and-date\">10\/18, 2008<\/span><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/litterature\/etre-noire-aux-etats-unis-6-grands-recits-sur-les-problematiques-raciales-americaines?fbclid=IwAR2t8Kye22zivK2wA8yVcuHGgCzJn3bSB2XsCxUesqJyH8_SS5p0iTp0GM8\">Source<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00catre Noir\u00b7e aux \u00c9tats-Unis : 6 grands r\u00e9cits sur les probl\u00e9matiques raciales am\u00e9ricaines #BlackLivesMatter |Harriet Beecher Stowe, James Baldwin, Toni Morrison\u2026 A travers leurs romans, elles et ils ont d\u00e9peint les violences, les injustices, le m\u00e9pris subis par les Noirs aux Etats-Unis depuis la naissance du pays.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1267,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[21,7],"tags":[84],"class_list":["post-4459","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-anti-imperialisme","category-negrophobie","tag-black-power"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4459","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4459"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4459\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4466,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4459\/revisions\/4466"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1267"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4459"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4459"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4459"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}