{"id":4496,"date":"2020-07-03T19:55:57","date_gmt":"2020-07-03T18:55:57","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4496"},"modified":"2020-08-05T16:29:47","modified_gmt":"2020-08-05T15:29:47","slug":"conditions-minimales-pour-une-decolonisation-de-lespace-public-minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4496","title":{"rendered":"Conditions minimales pour une d\u00e9colonisation de l\u2019espace public \/ Minimale voorwaarden voor dekolonisering van de openbare ruimte"},"content":{"rendered":"<p>La d\u00e9colonisation de l\u2019espace public est en cours et elle n\u2019a attendu, \u00e0 Bruxelles, les initiatives institutionnelles actuelles. Elle s&rsquo;appuie, de longues dates, sur les actions d&rsquo;activistes et d&rsquo;artistes. Ce sont ces interventions qu&rsquo;il s&rsquo;agit de soutenir et prolonger. Par: collectif de signataires (acad\u00e9miques, artistes, activistes).<\/p>\n<p>Een aantal kunstenaars, activisten, wetenschappers, onderzoekers, burgers, journalisten en auteurs reageren op het voorstel van Pascal Smet, Brussels staatssecretaris voor het patrimonium, voor de oprichting van een commissie of werkgroep voor de dekolonisering van de openbare ruimte in het Brussels Hoofdstedelijk Gewest. Zij stellen vier \u00ab\u00a0minimale voorwaarden voor dekolonisering van de openbare ruimte\u00a0\u00bb om deze commissie een kans op resultaten te geven.<!--more--><\/p>\n<figure id=\"attachment_4498\" aria-describedby=\"caption-attachment-4498\" style=\"width: 651px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Intervention-sur-la-statue-du-roi-Baudouin-Bruxelles-juin-2020.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-4498 size-full\" src=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Intervention-sur-la-statue-du-roi-Baudouin-Bruxelles-juin-2020.jpg\" alt=\"\" width=\"661\" height=\"881\" srcset=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Intervention-sur-la-statue-du-roi-Baudouin-Bruxelles-juin-2020.jpg 661w, https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Intervention-sur-la-statue-du-roi-Baudouin-Bruxelles-juin-2020-225x300.jpg 225w\" sizes=\"(max-width: 661px) 100vw, 661px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-4498\" class=\"wp-caption-text\">Intervention sur la statue du roi Baudouin -Bruxelles juin 2020<\/figcaption><\/figure>\n<p>La d\u00e9colonisation de l\u2019espace public est en cours et elle n\u2019a attendu, \u00e0 Bruxelles, ni l\u2019adoption d\u2019un plan r\u00e9gional ni la d\u00e9cision d\u2019une commission d\u2019experts pour transformer les monuments, changer les noms de rue, renommer les boulevards, \u00e9crire l\u2019histoire des r\u00e9sistances anti-coloniales, produire tags, graffitis, songs, musiques, installations, visites guid\u00e9es d\u00e9coloniales, etc. Depuis la manifestation Black Lives Matter qui a rassembl\u00e9 \u00e0 Bruxelles plus de 15.000 personnes contre la n\u00e9grophobie end\u00e9mique le 7 juin dernier dans le contexte d\u2019un soul\u00e8vement anti-raciste mondial, le patrimoine colonial qui tr\u00f4ne et impose sa version criminelle de l\u2019histoire dans l\u2019espace public fait l\u2019objet de multiples actions d\u2019interventions d\u00e9coloniales : p\u00e9titions, textes, d\u00e9boulonnages, tags, colorations, d\u00e9tournements, happenings, \u00e9missions radio, etc. De Minneapolis \u00e0 Bruxelles en passant par Bristol et Paris \u201cnous assistons \u00e0 un intense moment d&rsquo;iconoclasme d\u00e9colonial\u201d (Norman Ajari[1]), \u00e0 un refus d\u2019avoir \u00e0 faire face encore \u00e0 des criminels coloniaux qui s\u2019en sortiraient indemnes.<\/p>\n<p>Si dans l\u2019espace public, dans la ville v\u00e9cue, ce mouvement de transformation d\u00e9colonial multiforme est perceptible, compris, prolong\u00e9, photographi\u00e9, discut\u00e9, dans l\u2019espace m\u00e9diatique et politique il semble coinc\u00e9 dans une alternative infernale anesth\u00e9siante : soit remplacement imm\u00e9diat (par exemple celui de la statue de Storms square de Mee\u00fbs ou, selon la proposition de Raoul Hedebouw, porte-parole du Parti du travail de Belgique, celui de la statue de L\u00e9opold II par la statue de Patrice Lumumba), soit maintien en l\u2019\u00e9tat avec cartel explicatif. Aucune de ces propositions n\u2019est \u00e0 la hauteur de l\u2019\u00e9v\u00e9nement mondial.<\/p>\n<p>Au vu de ce que repr\u00e9sente la colonisation belge au Congo dans l\u2019histoire de la colonisation du continent africain, le maintien tel quel des monumentalit\u00e9s colonialistes, entour\u00e9es de panneaux explicatifs illisibles, entretient de fait la n\u00e9gation de l\u2019existence et de la m\u00e9moire des Africains de Belgique, qu\u2019ils aient des origines congolaises, rwandaises, burundaises, ou d\u2019autres pays d\u2019Afrique. Ces statues n\u2019ont rien de neutre tant elles fonctionnent comme autant d\u2019apologies du crime contre l\u2019humanit\u00e9, du pillage, de la violence, de l\u2019appropriation, de la supr\u00e9matie. \u201c<i>Monde compartiment\u00e9, manich\u00e9iste, immobile, monde de statues : la statue du g\u00e9n\u00e9ral qui a fait la conqu\u00eate, la statue de l&rsquo;ing\u00e9nieur qui a construit le pont. Monde s\u00fbr de lui, \u00e9crasant de ses pierres les \u00e9chines \u00e9corch\u00e9es par le fouet. Voil\u00e0 le monde colonial<\/i>\u201d dit Fanon<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/240620\/conditions-minimales-pour-une-decolonisation-de-l-espace-public?utm_source=facebook&amp;fbclid=IwAR34IdTKuSALAxNTKKUzsZQzRtjWQiD-gvssdZIEj1fsOppZqqcoHoaK_yU#_ftn2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">[2]<\/a>. Le remplacement imm\u00e9diat et g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, outre le risque d\u2019une r\u00e9action de type trumpiste (\u201cne touchez pas \u00e0 notre patrimoine national\u201d), r\u00e9duit les probl\u00e8mes de d\u00e9colonisation de l\u2019espace public \u00e0 de simples d\u00e9cisions logistiques sans enjeu sur le plan de la pens\u00e9e. Ne parlons pas de l\u2019absence d\u2019imagination historique dans les \u00e9nonc\u00e9s du type \u201cma statue &#8211; mon histoire\u201d\u00a0; d\u2019autres imaginations existent d\u00e9j\u00e0. L\u2019urgence politique nous semble devoir \u00eatre dans le soutien et l\u2019intensification d\u2019un processus de d\u00e9mant\u00e8lement multiforme. Ce processus serait une contribution des espaces publics et de ce qui s\u2019y passe \u00e0 des formes de<i>\u00a0r\u00e9parations<\/i>\u00a0touchant \u00e0 de nombreux autres ordres et organisations sociales: restitutions des biens spoli\u00e9s et inversion des g\u00e9opolitiques postcoloniales, n\u00e9grophobies et racismes syst\u00e9miques, violences polici\u00e8res et fronti\u00e8res meurtri\u00e8res de l\u2019Europe, actions proactives de lutte contre les discriminations et\u00a0 enseignement de l\u2019histoire des luttes d\u00e9coloniales, d\u00e9mant\u00e8lement des folklores racistes et fin du blackface<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/240620\/conditions-minimales-pour-une-decolonisation-de-l-espace-public?utm_source=facebook&amp;fbclid=IwAR34IdTKuSALAxNTKKUzsZQzRtjWQiD-gvssdZIEj1fsOppZqqcoHoaK_yU#_ftn3\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">[3]<\/a>, etc.<\/p>\n<p>Nous prenons acte du passage en force du secr\u00e9taire d\u2019Etat bruxellois en charge du Patrimoine, Pascal Smet qui met en place une commission pour prendre en charge la d\u00e9colonisation de l\u2019espace public afin d\u2019organiser un d\u00e9bat ouvert avec des experts, des personnes d\u2019origine congolaise, rwandaise et burundaise et d\u00e9cider s\u2019il faut ou non enlever les statues coloniales. En Belgique, il existe malheureusement une longue tradition d\u2019 \u00ab\u00a0encommissionnement\u00a0\u00bb des probl\u00e8mes politiques en vue de produire des consensus majoritaires et\/ou de les d\u00e9membrer : on peut penser au groupe de travail qui devait se mettre en place \u00e0 l\u2019issue de la table ronde \u00e9conomique en 1960 pour traiter de la question des artefacts pill\u00e9s durant la colonisation, lequel ne s\u2019est jamais r\u00e9uni ou, plus proche de nous, la n\u00e9gociation sur la sc\u00e9nographie de la nouvelle exposition de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Tervuren durant laquelle les controverses engag\u00e9es par les experts issus des diasporas africaines ont \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement disqualifi\u00e9es.\u00a0 Encommissionnements aux r\u00e9sultats faibles voire inexistants, dont l&rsquo;archivage des discussions montrent \u00e0 quel point les r\u00e9flexes coloniaux y sont l\u00e9gion\u00a0 (mus\u00e9e, suites des tables-rondes, etc.).<\/p>\n<p>En tant qu\u2019activistes, en tant qu\u2019artivistes, en tant que chercheurs, en tant qu\u2019artistes qui suivons et participons depuis des ann\u00e9es \u00e0 la d\u00e9colonisation de l\u2019espace public nous avons cru n\u00e9cessaire de rendre public un certain nombre de conditions pour que les d\u00e9bats de cette commission aient une chance d\u2019aboutir \u00e0 un r\u00e9sultat, lequel s\u2019inscrira n\u00e9cessairement dans la dur\u00e9e (les interventions sur l\u2019espace public ont des effets dans la longue dur\u00e9e), qui puisse \u00eatre en mesure de transformer de fa\u00e7on significative l\u2019espace public colonial.<\/p>\n<ul>\n<li><b>La d\u00e9colonisation de l\u2019espace public est un appel d\u00e9colonial \u00e0 la r\u00e9paration<\/b><\/li>\n<\/ul>\n<p>S\u2019il s\u2019agit d\u2019un processus, c\u2019est bien parce que\u00a0<i>d\u00e9manteler<\/i>\u00a0ne se r\u00e9duit pas \u00e0 la simple d\u00e9molition-disparition et \u00e0 la reconstruction instantan\u00e9e. Remplacer du jour au lendemain la statue tr\u00f4nante de L\u00e9opold II par celle de Patrice Lumumba en un geste \u201cfort\u201d et \u201cimm\u00e9diat\u201d risque de laisser croire que le probl\u00e8me serait \u201cr\u00e9gl\u00e9\u201d, une fois pour toutes. Laissant dans l\u2019ombre les enjeux \u00e9minemment politiques d\u2019histoire du colonialisme, de qualification des crimes contre l\u2019humanit\u00e9 et de r\u00e9parations mais aussi les continuit\u00e9s post-coloniales de la colonialit\u00e9 du pouvoir (discriminations \u00e0 l\u2019embauche, au logement, dans l\u2019espace public, racisme institutionnel, racisme d\u2019Etat, racisme scolaire et environnemental, racisme \u00e9pist\u00e9mologique, violences et crimes policiers, profilage racial, s\u00e9gr\u00e9gation ethno-spatiale, criminalisation et incarc\u00e9ration, etc.). Au vu de l\u2019importance des enjeux pos\u00e9s par le soul\u00e8vement anti-raciste mondial en cours, le strict remplacement ou d\u00e9placement aurait pour effet de refermer la crise et d\u2019effacer le trouble d\u00e9colonial au nom de la peur de \u201ctroubles \u00e0 l\u2019ordre public\u201d (raison avanc\u00e9e pour ne pas inaugurer une place Lumumba \u00e0 Ixelles).<\/p>\n<p>Il s\u2019agirait au contraire de prendre au s\u00e9rieux les dynamiques activistes \u00e0 l\u2019\u0153uvre qui, lieu par lieu, situation par situation, proposent des interventions diff\u00e9rentes, pr\u00e9cises, situ\u00e9es : faire tomber L\u00e9opold II \u00e0 Auderghem, peindre Baudouin, n\u00e9gocier avec les institutions, filmer et enregistrer des statements (notamment la d\u00e9nonciation du statu quo institutionnel) exiger, tagger, etc. Il s\u2019agit de \u201cfaire vivre un probl\u00e8me et ses ramifications multiples\u201d, de maintenir expressive la question coloniale et d\u00e9coloniale en Belgique.<\/p>\n<p>L\u2019intervention\u00a0<i>PeoPL<\/i><a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/240620\/conditions-minimales-pour-une-decolonisation-de-l-espace-public?utm_source=facebook&amp;fbclid=IwAR34IdTKuSALAxNTKKUzsZQzRtjWQiD-gvssdZIEj1fsOppZqqcoHoaK_yU#_ftn4\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">[4]<\/a>\u00a0de l\u2019artiste Laura Nsengiyumva qui a mis en acte la fonte d\u2019une sculpture de glace, r\u00e9plique de la statue \u00e9questre de L\u00e9opold II place du Tr\u00f4ne, a d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9 de solides bases exp\u00e9rientielles pour une d\u00e9colonisation de l\u2019espace public colonial : le d\u00e9mant\u00e8lement des statues colonialistes est un processus qui poss\u00e8de une dur\u00e9e propre, c\u2019est une question de pouvoir et de mati\u00e8re qu\u2019il faut prendre au s\u00e9rieux. A travers le d\u00e9mant\u00e8lement et le r\u00e9agencement des lettres du nom \u201cLeopold II\u201d,\u00a0<i>PeoPL<\/i>\u00a0pose \u00e9galement la question du sujet qui fait la d\u00e9colonisation, de la puissance destituante. Depuis\u00a0<i>PeoPL\u00a0<\/i>nous savons que la d\u00e9colonisation est une m\u00e9tamorphose radicale des mat\u00e9riaux et de l\u2019espace colonial lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>La perspective de la fonte et donc la mat\u00e9rialit\u00e9 des statues (faites pour beaucoup \u00e0 partir de cuivre et d\u2019\u00e9tain provenant du Congo) ouvre une porte qui d\u00e9passe l\u2019argument selon lequel la question des monuments serait une question purement symbolique. Comme nous invitent \u00e0 le penser diff\u00e9rentes th\u00e9ories de l\u2019espace public, le jeu sur la mat\u00e9rialit\u00e9 de la ville contribue \u00e0 produire des effets et des questionnements qui sont aussi politiques. Il s\u2019agirait ici de donner une chance \u00e0 des branchements innovants entre interventions urbanistiques et processus de restitution en cours, mais aussi par l\u00e0, d\u2019accompagner la mise \u00e0 l\u2019agenda des \u201cr\u00e9parations\u201d comme l\u2019intervention sur la statue de Baudouin nous y engage.<\/p>\n<ul>\n<li><b>Non pas produire un anesth\u00e9siant consensus m\u00e9moriel mais activer les conflictualit\u00e9s d\u00e9coloniales situ\u00e9es.<\/b><\/li>\n<\/ul>\n<p>La commission ou le groupe de travail, dans sa composition m\u00eame, devra d\u2019embl\u00e9e \u00e9viter le pi\u00e8ge d\u2019une pol\u00e9mique pour plateaux TV opposant des activistes noirs et leurs savoirs \u00e0 des historiens blancs qui auraient \u00e0 n\u00e9gocier \u201cen leur nom\u201d des solutions \u201cacceptables par tous\u201d. Historiens qualifi\u00e9s d&rsquo;experts que l\u2019on appelle encore trop souvent en un geste quasi messianique pour clore le d\u00e9bat. Le point de d\u00e9part sur lequel s\u2019accorder devrait \u00eatre que les statues coloniales racontent une histoire r\u00e9visionniste qui \u00e9crase et r\u00e9duit au silence les voix des colonis\u00e9s et de leurs descendants. Le temps \u00e9pais de leur fonte (de leur disparition) correspond \u00e0 ce qu\u2019il faut pour l\u2019instauration d\u2019une justice m\u00e9morielle \u00e0 partir des voix de luttes et de r\u00e9sistances. Dans cette controverse m\u00e9morielle, pas plus que dans aucune autre, il n\u2019y a d\u2019\u00e9pist\u00e9mologie du point z\u00e9ro. Il n\u2019y a pas de \u201cnous\u201d a priori, allant de soi. M\u00e9thodologiquement parlant, la fabrication d\u2019un \u201cnous urbain\u201d devra respecter l&rsquo;existence d\u2019agendas diff\u00e9r\u00e9s (Houria Bouteldja<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/240620\/conditions-minimales-pour-une-decolonisation-de-l-espace-public?utm_source=facebook&amp;fbclid=IwAR34IdTKuSALAxNTKKUzsZQzRtjWQiD-gvssdZIEj1fsOppZqqcoHoaK_yU#_ftn5\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">[5]<\/a>) correspondant \u00e0 des trajectoires et \u00e0 des positions dans l\u2019histoire qui sont conflictuelles.<\/p>\n<p>Les propositions d\u2019existences et de mat\u00e9rialisation dans l\u2019espace public, la r\u00e9appropriation des espaces du colonisateur (statues, noms de rues), elles, appartiennent, parall\u00e8lement, aux communaut\u00e9s afrodescendantes et non aux seuls groupes blancs quelles que soient leurs\u00a0 intentions. Les visions d\u00e9coloniales du monde proviennent d\u2019une exp\u00e9rience qui est\u00a0<i>situ\u00e9e<\/i>. Elles \u00e9manent des tentatives afrodescendantes, situ\u00e9es dans l\u2019exp\u00e9rience violente de la d\u00e9possession, de produire th\u00e9oriquement les \u00ab\u00a0soubassements d\u2019un monde qui soutient\u00a0\u00bb (Nadia Yala Kisukidi<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/240620\/conditions-minimales-pour-une-decolonisation-de-l-espace-public?utm_source=facebook&amp;fbclid=IwAR34IdTKuSALAxNTKKUzsZQzRtjWQiD-gvssdZIEj1fsOppZqqcoHoaK_yU#_ftn6\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">[6]<\/a>). La responsabilit\u00e9 des Blancs consisterait plut\u00f4t, non pas \u00e0 arbitrer le sens de l\u2019espace public mais \u00e0 contribuer au d\u00e9mant\u00e8lement de la ville coloniale en travaillant les nombreux\u00a0 sites probl\u00e9matiques o\u00f9, en tant que Blancs, ils agissent quotidiennement. L\u00e0, seraient leurs engagements\u00a0: par rapport \u00e0 des institutions en place \u00e0 d\u00e9sarmer, travailler \u00e0 l\u2019ouverture de prises, saisir ce qui les constitue comme Blancs contemporains \u00e0 partir des fils des archives \u00e9conomiques, politiques, culturelles et sociales. Agenda diff\u00e9r\u00e9 veut aussi dire ici responsabilit\u00e9s diff\u00e9renci\u00e9es. Ces enjeux sont emm\u00eal\u00e9s et c\u2019est pourquoi, si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 cette proposition \u00e9thique, il s\u2019agit, au c\u0153ur de cette commission ou de ce groupe de travail d\u2019en instaurer la possibilit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><b>Des attentions aux effets produits par les mat\u00e9rialit\u00e9s des monuments et \u00e0 l&#8217;emprise de l&rsquo;urbanisme colonial plut\u00f4t que des interventions symboliques d\u00e9li\u00e9es.<\/b><\/li>\n<\/ul>\n<p>La premi\u00e8re hypoth\u00e8se de travail est donc de penser le d\u00e9mant\u00e8lement, le pliage des statues et noms de rues qui se \u201ctiennent\u201d et qui nous \u201ctiennent\u201d sur le mode de l\u2019empoisonnement et de ses refoulements. Pour \u201cd\u00e9construire la fiction coloniale\u201d (Paulin J. Hountondji<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/240620\/conditions-minimales-pour-une-decolonisation-de-l-espace-public?utm_source=facebook&amp;fbclid=IwAR34IdTKuSALAxNTKKUzsZQzRtjWQiD-gvssdZIEj1fsOppZqqcoHoaK_yU#_ftn7\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">[7]<\/a>) que fabriquent et entretiennent ces agencements imp\u00e9riaux (statues, noms, art\u00e8res, parcs, monuments, etc.) il s\u2019agira d\u2019intervenir de fa\u00e7on \u00e0 d\u00e9faire leur fonction de sid\u00e9ration. Pour cela, il sera sans doute pr\u00e9f\u00e9rable de penser les symboles coloniaux ensemble, plut\u00f4t qu\u2019au cas par cas communal, de restituer entre eux les contigu\u00eft\u00e9s spatiales et temporelles. Les vestiges coloniaux actifs sont \u00e0 saisir comme le labyrinthe-f\u00e9tiche<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/240620\/conditions-minimales-pour-une-decolonisation-de-l-espace-public?utm_source=facebook&amp;fbclid=IwAR34IdTKuSALAxNTKKUzsZQzRtjWQiD-gvssdZIEj1fsOppZqqcoHoaK_yU#_ftn8\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><sup>[8]<\/sup><\/a>\u00a0d\u2019une politique de la ville \u00e0 dimension imp\u00e9rialiste (m\u00e9tropole coloniale).\u00a0 Une vision d\u2019ensemble permettra de penser des interventions locales faisant sens, outillant et faisant exister d\u2019autres interventions locales. Il s\u2019agit de multiplier les prises, de penser les destitutions et leurs processus en m\u00eame temps que les institutions qui manquent.<\/p>\n<p>Comme il ne s\u2019agit pas de gommer le pass\u00e9, mais au contraire de le densifier, de le rendre pertinent au pr\u00e9sent, il y aura besoin de penser les mat\u00e9rialit\u00e9s, les plasticit\u00e9s, tout autant que de relier les histoires du pass\u00e9 ancien et r\u00e9cent, les histoires pr\u00e9sentes \u00e0 ce que tel ou tel nom de rue, statuaire, square, repr\u00e9sente dans les luttes, pour certains quartiers, dans les \u00e2mes.<\/p>\n<p>Afin de d\u00e9finir l\u2019existant, de faire advenir des interventions qui nous guideront, des appels \u00e0 contribution et \u00e0 id\u00e9es, conceptuellement, artistiquement probl\u00e9matis\u00e9s, pourraient sans tarder \u00eatre lanc\u00e9s, depuis cette commission et ce groupe, sans tarder. Les interventions politiques et artistiques font en effet moteur d\u2019enqu\u00eate urbanistique autant que les \u201cavis\u201d et \u201carguments\u201d ; c\u2019est largement admis dans la pratique architecturale et a fait l\u2019objet d\u2019exp\u00e9rimentations \u00e0 Bruxelles : espaces provisoires, happenings, r\u00e9appropriations doivent pouvoir \u00eatre soutenus par des budgets culturels d\u2019\u00e9tude. Il s\u2019agit \u00e9galement d\u2019y adjoindre des phases d\u2019\u00e9tudes sur les exp\u00e9riences de \u201cd\u00e9mant\u00e8lement\u201d qu\u2019ont connues d\u2019autres pays en prise avec ces questions (Europe de l\u2019Est, par exemple, mais aussi bien entendu Afrique du Sud).<\/p>\n<p><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<ul>\n<li><b>Articuler une formulation des probl\u00e8mes (par les activistes, artistes et chercheurs afrodescendants) aux appels \u00e0 projet<\/b><\/li>\n<\/ul>\n<p>La commission ou le groupe de travail n\u2019aura pas \u00e0 penser la d\u00e9colonisation de l\u2019espace public\u00a0<i>ex nihilo<\/i>\u00a0mais bien \u00e0 recenser, \u00e0 exhumer et \u00e0 prolonger les propositions multiples qui ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es et qui ne vont pas manquer de venir.<\/p>\n<p>Pour que le d\u00e9mant\u00e8lement de l\u2019espace public colonial puisse effectivement se produire comme un processus public, d\u00e9mocratique et politique et ainsi contribuer \u00e0 une pens\u00e9e collective, il s\u2019agirait, tout d\u2019abord, de ne plus effacer les tags, graffs et interventions de type d\u00e9colonial : ce sont des archives au pr\u00e9sent pour la commission ou le groupe de travail. Il s\u2019agit donc d\u00e8s aujourd\u2019hui que Pascal Smet mette entre parenth\u00e8ses, en tant que Secr\u00e9taire d\u2019Etat bruxellois en charge du Patrimoine, les restaurations automatiques de \u201cpatrimoine\u201d.<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/240620\/conditions-minimales-pour-une-decolonisation-de-l-espace-public?utm_source=facebook&amp;fbclid=IwAR34IdTKuSALAxNTKKUzsZQzRtjWQiD-gvssdZIEj1fsOppZqqcoHoaK_yU#_ftn9\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><sup>[9]<\/sup><\/a>\u00a0Cela fait des dizaines d\u2019ann\u00e9es qu\u2019il y a des interventions sur ces statues, mais aujourd\u2019hui, ces interventions se branchent \u00e0 une histoire qu\u2019il serait bon de ne pas nier. En parall\u00e8le, les \u00e9v\u00e9nements et attaques de statues contemporains s\u2019inscrivent dans une longue histoire de ce qui, depuis 1960, n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9.<\/p>\n<p>Pour le patrimoine dont la R\u00e9gion ou les communes sont d\u00e9positaires, il s\u2019agit de ne pas qualifier ces actions d\u2019intervention de \u201cvandalisme\u201d. En effet, ce sont des interventions porteuses d\u2019\u00e9nonc\u00e9s de d\u00e9finition de l\u2019espace. Nous le savons lorsqu\u2019il s\u2019agit de r\u00e9nover les espaces publics ou les \u201cchancres urbains\u201d : dans de nombreuses villes, et ce fut aussi le cas \u00e0 Bruxelles (Cit\u00e9 Administrative de l\u2019Etat, par exemple), les interventions ponctuelles informent des possibilit\u00e9s d\u2019interventions urbanistiques. Et certes les statues et noms de rue ressemblent bien \u00e0 un chancre diss\u00e9min\u00e9, avec ses r\u00e9seaux et ses r\u00e9pliques. La topographie m\u00eame de la ville est embarqu\u00e9e dans l&rsquo;histoire coloniale (IEB<a class=\"external\" tabindex=\"-1\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/plis\/blog\/240620\/conditions-minimales-pour-une-decolonisation-de-l-espace-public?utm_source=facebook&amp;fbclid=IwAR34IdTKuSALAxNTKKUzsZQzRtjWQiD-gvssdZIEj1fsOppZqqcoHoaK_yU#_ftn10\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">[10]<\/a>) alors que les quartiers noirs (Matonge, Clemenceau, etc.) ont une existence remise en cause par diverses op\u00e9rations urbanistiques ou polici\u00e8res.<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il advienne au lendemain du 30 juin 2020 nous continuerons \u00e0 documenter et \u00e0 intervenir sur le processus de d\u00e9colonisation de l\u2019espace public, \u00e0 relayer les interventions et propositions populaires et artistiques \u00e0 l\u2019\u0153uvre pour impacter positivement les travaux de cette commission ou de ce groupe de travail.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_4499\" aria-describedby=\"caption-attachment-4499\" style=\"width: 927px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/peopl.png\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-4499 size-full\" src=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/peopl.png\" alt=\"\" width=\"937\" height=\"571\" srcset=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/peopl.png 937w, https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/peopl-300x183.png 300w, https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/peopl-768x468.png 768w\" sizes=\"(max-width: 937px) 100vw, 937px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-4499\" class=\"wp-caption-text\">Het werk Peopl van Laura Nsengiyumva<\/figcaption><\/figure>\n<p><span lang=\"fr-FR\">De dekolonisering van de openbare ruimte is volop aan de gang. Ze heeft in Brussel niet gewacht op de aanvaarding van een gewestelijk plan, noch op de beslissing van een commissie van experten om monumenten te transformeren, straatnamen te veranderen, boulevards te hernoemen, de geschiedenis van het antikoloniaal verzet te schrijven, tags, graffiti, songs, muziek, installaties of geleide dekoloniale bezoeken etc. te produceren.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">De Black Lives Matter manifestatie heeft op 7 juni laatstleden meer dan 15.000 mensen samengebracht in Brussel tegen het endemische anti-zwarte racisme. Sindsdien is in de context van een wereldwijd antiracistisch protest het koloniaal patrimonium dat vanop zijn troon zijn criminele versie van de geschiedenis aan de openbare ruimte oplegt het onderwerp geworden van talrijke dekoloniale acties: petities, teksten, neerhalen (van standbeelden en monumenten), tags, verkleuringen (met verf), happenings, radio-uitzendingen, etc.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Van Minneapolis tot Brussel over Boston en Parijs \u201cnemen we deel aan een intens ogenblik van dekoloniaal iconoclasme\u201c (Norman Ajari)<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>\u00a0en aan een weigering om nog visueel geconfronteerd te worden met kolonialen die onbeschadigd met hun misdaden wegraken.<\/span><\/p>\n<p>Als in de openbare ruimte van de stad, zoals we die beleven, deze dekoloniale veelzijdige transformatiebeweging waarneembaar is geworden, begrepen, verlengd, gefotografeerd en bediscussieerd in de mediatieke en politieke ruimte, zit ze blijkbaar klem in een verdovend hels dilemma: ofwel de onmiddellijke verwijdering (bijvoorbeeld van het standbeeld van Storms op de Mee\u00fcssquare, ofwel, volgens het voorstel van Raoul Hedebouw, woordvoerder van de Partij van de Arbeid in Belgi\u00eb, de vervanging van het standbeeld van Leopold II door een van Patrice Lumumba), ofwel de instandhouding van de status quo met verklarende bordjes. Geen enkel van deze voorstellen doet recht aan deze wereldwijde beweging.<\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Rekening houdend met de relevantie van de Belgische kolonisering van Congo in het geheel van de kolonisering van het Afrikaanse continent, betekent de instandhouding van de koloniale monumenten in hun huidige toestand de ontkenning van het de facto bestaan en herinnering van de Afrikanen in Belgi\u00eb, of ze van Congolese, Rwandese, Burundese oorsprong zijn of uit andere Afrikaanse landen komen.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Deze standbeelden zijn helemaal niet neutraal, omdat ze fungeren als evenveel apologie\u00ebn van de misdaad tegen de mensheid, de roof, het geweld, de toe-eigening, de suprematie. \u201dEen wereld opgedeeld in compartimenten, maniche\u00efstisch, star onbeweeglijk, een wereld van standbeelden: het standbeeld van de generaal die op veroveringstocht was, het standbeeld van de ingenieur die een brug heeft gebouwd. Een wereld zeker van zichzelf, die met zijn stenen beelden de door de gesel gevilde stekels verplettert. Ziedaar de koloniale wereld\u201d, zo zegt Frantz Fanon<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Een onmiddellijke en veralgemeende vervanging herleidt, naast het risico op een Trumpiaanse reactie (\u201dRaak niet aan ons nationaal patrimonium\u201d), de problemen van de dekolonisering van de openbare ruimte naar simplistische logistieke beslissingen zonder enige inbreng op vlak van de idee\u00ebn. Laat ons het niet hebben over de afwezigheid van historische verbeelding in uitspraken als \u201dmijn standbeeld \u2013 mijn geschiedenis\u201d. Andere verbeeldingen bestaan al.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Volgens ons zit de politieke urgentie eerder in het onderhouden en intensifi\u00ebren van een veelzijdig ontmantelingsproces. Dit proces zou bestaan uit een deelname van de openbare ruimte en van al wat daar gebeurt aan talrijke andere sociale eisen en organisaties: restitutie van de gestolen goederen, ommekeer van de postkoloniale geopolitiek, de haat tegenover zwarte mensen en het systemisch racisme, het politiegeweld en slachtpartijen aan de Europese grenzen, proactieve strijdacties tegen discriminatie en geschiedenisonderwijs over de dekoloniale strijd, ontmanteling van racistische folklores en een einde aan\u00a0<em>blackface<\/em><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>, etc.<\/span><\/p>\n<p>We nemen akte van de<em>\u00a0forcing<\/em>\u00a0door Brussels staatssecretaris voor het patrimonium Pascal Smet die een commissie installeert voor de dekolonisering van de openbare ruimte, met als bedoeling een open debat te organiseren met experten, met personen van Congolese, Rwandese en Burundese origine, om te beslissen of de koloniale standbeelden al dan niet moeten verwijderd worden.<\/p>\n<p>In Belgi\u00eb bestaat jammer genoeg een lange traditie van \u2018commissionering\u2019 van politieke problemen om een meerderheidsconsensus te produceren en\/of ze in stukken te verdelen. We kunnen daarbij terugdenken aan de werkgroep die moest opgericht worden tijdens de economische rondetafel van 1960. Die zou de kwestie regelen van de tijdens de kolonisering gestolen artefacten. Ze is nooit samengekomen.<\/p>\n<p>We kunnen recenter ook terugdenken aan de onderhandelingen over de scenografie van de nieuwe referentietentoonstelling in Tervuren. Daar werd de ge\u00ebngageerde inbreng van experten uit de Afrikaanse diaspora systematisch gediskwalificeerd. Dit zijn \u2018commissioneringen\u2019 met zwakke tot onbestaande resultaten, die in hun archivering van de discussies aantonen hoezeer de koloniale reflexen legio zijn (het museum, de gevolgen van de rondetafels, etc.).<\/p>\n<p>Als activisten, als \u2018artivisten\u2019, als onderzoekers, als kunstenaars die reeds jaren de dekolonisering van de openbare ruimte volgen en er aan deelnemen, hebben wij het nodig geacht een aantal voorwaarden openbaar te verkondigen, opdat de debatten in deze commissie een kans zouden hebben tot resultaten te leiden, die noodzakelijkerwijs op de langetermijn moeten inspelen (tussenkomsten op de openbare ruimte hebben immers langetermijneffecten) en die in staat moeten zijn om op een betekenisvolle manier de openbare koloniale ruimte te transformeren.<\/p>\n<p><strong><span lang=\"fr-FR\">1) De dekolonisering van de openbare ruimte is een dekoloniaal app\u00e9l tot herstel<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Het gaat hier om een proces want de ontmanteling valt niet te herleiden tot een eenvoudige afbraak\/verdwijning en tot een onmiddellijke reconstructie. Het statige standbeeld van Leopold II vervangen door dat van Patrice Lumumba is een \u201csterke\u201d en \u201conmiddellijke\u201d geste die het risico in zich draagt dat het probleem voor eens en altijd \u2018geregeld\u2019 lijkt.<\/p>\n<p>Zo blijven de bij uitstek politieke uitdagingen van de koloniale geschiedenis op de achtergrond, zoals de kwalificering van de misdaden tegen de mensheid en de herstelbetalingen, maar ook de postkoloniale continu\u00efteit van het kolonialisme van de macht (discriminatie bij aanwervingen, voor woningen, in de openbare ruimte, het institutionele racisme van de staat, racisme in de school en in het leefmilieu, het epistemologisch racisme, het geweld en de misdaden van de politie,\u00a0<em>racial profiling<\/em>, de etnisch-ruimtelijke segregatie, de criminalisering en gevangenzetting, etc.).<\/p>\n<p>Gezien het belang van de uitdagingen door het nu plaatsgrijpende wereldwijde antiracistische verzet, zou de loutere vervanging of verplaatsing de inkapseling van de crisis als effect hebben. De dekoloniale onrust riskeert dan weggevaagd te worden, in naam van de angst voor \u201cverstoringen van de openbare orde\u201d (een reden die werd ingezet om geen Lumumbaplein in te huldigen in Elsene).<\/p>\n<p>Integendeel, waar het om gaat is de activistische dynamiek ernstig te nemen die aan het werk is, plaats per plaats, situatie per situatie en die verschillende, precieze en gesitueerde interventies voorstellen: een standbeeld van Leopold II in Oudergem laten vallen, Boudewijn overschilderen, onderhandelen met de instellingen, filmen en opnemen van afgelegde verklaringen (meer bepaald de afkeuring van het institutionele status quo), eisen stellen, tags plaatsen, etc. Waar het om gaat is \u201ceen probleem in al zijn veelvoudige vertakkingen tot leven brengen\u201d, om de koloniale en dekoloniale kwestie in Belgi\u00eb expressief in stand te houden.<\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">De happening PeoPL<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>\u00a0van kunstenares Laura Nsengiyumva voerde het smelten van een ijssculptuur als actie op, met een replica van het standbeeld van Leopold II op het Troonplein. Deze actie heeft een solide ervaringsbasis gegeven aan de dekolonisering van de openbare koloniale ruimte: de ontmanteling van koloniale standbeelden is een proces met een eigen tijdsdynamiek. Het is een kwestie van macht en een materie die ernstig moet worden genomen. Door deze ontmanteling en de herschikking van de letters in de naam \u201dLeopold II\u201d stelt tevens de vraag over het onderwerp van de dekolonisatie en van de macht der afwijzing.<\/span><\/p>\n<p>Het perspectief van dit smelten en dus van de materialiteit van standbeelden (vele daarvan zijn gemaakt op basis van koper en tin uit Congo) opent een deur die het argument terzijde schuift volgens hetwelk de kwestie van de monumenten louter symbolisch is. Wij nodigen uit om verschillende theorie\u00ebn over de openbare ruimte te bedenken. Dit spel met de materialiteit van de stad draagt bij tot de productie van effecten en invraagstellingen die eveneens politiek zijn. Het gaat hem hier om het geven van een kans aan vernieuwende vertakkingen tussen urbanistische interventies en het proces van restitutie dat aan de gang is. Het gaat daar echter ook om de agendasetting voor de \u2018herstellingen\u2019 te begeleiden, zoals de actie aan het standbeeld van Boudewijn ons engageert.<\/p>\n<p><strong>2) Geen verdovende herinneringsconsensus produceren maar de lokale dekoloniale conflicten activeren<\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Deze commissie of werkgroep moet in zijn huidige samenstelling vooral de valstrik vermijden van een polemiek voor de tv-camera\u2019s tussen zwarte activisten en hun kennis van zaken en witte historici, die dan \u2018in hun naam\u2019 oplossingen zouden moeten onderhandelen die \u2018aanvaardbaar zijn voor iedereen\u2019. Het zijn historici die men als experten kwalificeert en nog te dikwijls met een bijna messianistisch gebaar aanspreekt om het debat af te sluiten. Het vertrekpunt van waaruit men overeenstemming kan vinden zou het standpunt moeten zijn dat de koloniale standbeelden een revisionistische geschiedenis vertellen die de stem van de gekoloniseerden en hun nazaten het zwijgen oplegt. De ruime tijdspanne waarin deze beelden smelten (verdwijnen) komt overeen met wat nodig is voor het bewerkstelligen van een rechtvaardig geheugen, vanuit de stemmen van de strijd en het verzet. In deze geheugencontroverse is er, net zomin als in eender welke andere, geen epistemologie van een nulpunt. Er is\u00a0<em>a priori<\/em>\u00a0geen \u2018wij\u2019. Methodologisch gesproken moet de fabricatie van een \u2018stedelijk wij\u2019 het bestaan van verschillende agenda\u2019s respecteren (Houria Bouteldja<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>) die overeenkomen met trajecten en stellingen in de geschiedenis die conflictueus zijn.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">De voorstellen voor bestaan en materialisering in de openbare ruimte, het terug zich toe-eigenen van de ruimte van de kolonisator (standbeelden en straatnamen), behoren gelijklopend aan de gemeenschappen van Afrikaanse nazaten en niet alleen maar aan witte groepen, wat hun intenties ook mogen zijn.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">De dekoloniale visies van de wereld komen voort uit een ervaring waarvan de herkomst bekend is. Ze komen voort uit pogingen van Afrikaanse nazaten en situeren zich in de gewelddadige ervaring van de onteigening, de theoretische productie van de \u201cfundamenten van een wereld die ondersteunt\u201d (Nadia Yala Kisukidi<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a>).<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">De verantwoordelijkheid van de witte mensen bestaat er eerder in om bij te dragen tot de ontmanteling van de koloniale stad, niet door als arbiter de zin van de openbare ruimte te bepalen, maar door de talrijke problematische sites te bewerken waar ze dagelijks als witte mensen ageren.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Daar horen hun engagementen te zijn: door de instellingen ter plaatse te ontwapenen, te werken aan een opening van de krachtsverhoudingen, om vast te grijpen wat hen omschrijft als hedendaagse witte mensen, te beginnen bij de economische, politieke, culturele en sociale archieven. Uiteenlopende agenda\u2019s betekenen ook uiteenlopende verantwoordelijkheden. Deze uitdagingen zitten verstrikt en het is daarom dat het \u2013 als men zich houdt aan dit ethisch voorstel \u2013 gaat over het installeren van deze mogelijkheid in het hart zelf van deze commissie of werkgroep<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"fr-FR\">3) Aandacht voor de effecten voortgebracht door de materialiteit van deze monumenten en vastgrijpen van het urbane kolonialisme, eerder dan los van elkaar staande symbolische interventies<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">De eerste werkhypothese is dus nadenken over de ontmanteling en afbraak van standbeelden en straatnamen die zich \u2018plaatsen\u2019 en ons \u2018plaatsen\u2019 in de modus van vergiftiging en zijn repressie. Om de \u201ckoloniale fictie te deconstrueren\u201d (Paulin J. Hountondji<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a>) die deze imperialistische agentia in stand houden (standbeelden, straatnamen, kruispunten, parken, monumenten, etc.) zal men op dusdanige manier moeten tussenbeide komen dat hun functie ontrafeld wordt om ons nog met stomheid te slaan. Daarom zal men zonder twijfel best de koloniale symbolen als een geheel overschouwen, eerder dan gemeentelijk geval per geval, om hun ruimtelijke en tijdsgebonden verbondenheid te herstellen. De nog actieve koloniale overblijfselen moeten aangepakt worden als het fetisj-labyrint<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a>\u00a0van een stadsbeleid met een imperialistische dimensie (de koloniale metropool). Een visie op het geheel zal ons toestaan lokale tussenkomsten te bedenken die zinvol zijn, gebruik maken van en helpen bij het ontstaan van lokale interventies. Het gaat erom de ingrepen te verveelvoudigen, verwijderingen te bedenken en hun behandeling, tegelijk met de instellingen die nog ontbreken.<\/span><\/p>\n<p>Het gaat hier niet over het uitgommen van het verleden, maar integendeel om het te verdiepen, om het relevant maken voor het heden. Het zal nodig zijn de materialiteit, de plasticiteit anders te denken, en ondertussen ook de geschiedenissen van het oude en het recente verleden met elkaar te verbinden, met de hedendaagse geschiedenis, zodat die of die straatnaam, dat standbeeld, die square zich presenteert in deze strijd.<\/p>\n<p>Om het bestaande te defini\u00ebren, de interventies te laten gebeuren die ons zullen leiden, kunnen zonder aarzelen oproepen tot het bijdragen van idee\u00ebn, conceptueel en artistiek geproblematiseerd, gelanceerd worden, vanuit deze commissie en deze werkgroep. Politieke en artistieke interventies zijn effectief de motor voor stadsonderzoek, evengoed als de \u2018raadgevingen\u2019 en de \u2018argumenten\u2019. Dat wordt grotendeels al toegestaan in de architecturale praktijk en is al onderwerp geweest van experimenten in Brussel: voorlopige ruimtes, happenings, toe-eigeningen moeten worden ondersteund door culturele budgetten. Het gaat er eveneens over hier studiefazen aan toe te voegen over ervaringen met \u2018ontmanteling\u2019 die andere landen hebben gekend, die door deze kwestie benomen waren (Oost-Europa, bijvoorbeeld, maar uiteraard ook Zuid-Afrika).<\/p>\n<p><strong><span lang=\"fr-FR\">4) Formulering van de problemen uitspreken over oproepen tot dit project (door activisten, kunstenaars en onderzoekers onder Afrikaanse nazaten)<\/span><\/strong><\/p>\n<p>De commissie of werkgroep moet dan niet de dekolonisatie van de openbare ruimte\u00a0<em>ex nihilo<\/em>\u00a0uitdenken, maar zal daarentegen meerdere voorstellen bespreken, bovenhalen en verlengen, die reeds lang geleden werden geformuleerd en die zonder twijfel nog zullen komen.<\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Opdat de ontmanteling van de koloniale openbare ruimte effectief kan gebeuren als een openbaar, democratisch en politiek proces en zo kan bijdragen aan de collectieve gedachte, zal men eerst en vooral niet de tags, de graffiti en andere dekoloniale interventies uitvegen: dit zijn hedendaagse archieven voor de werkgroep of de commissie. Pascal Smet moet dus vanaf vandaag de automatische restauraties van het patrimonium\u00a0<em>\u2018on hold\u2019<\/em>\u00a0zetten als Brussels staatssecretaris voor het patrimonium<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Voor het patrimonium waar het Gewest en de gemeentes verantwoordelijk zijn, zal het er om gaan deze interventies niet als \u2018vandalisme\u2019 te behandelen. Het zijn in feite dragers van uitspraken die de ruimte defini\u00ebren. Dat weten we wanneer het gaat over de renovatie van openbare ruimtes of \u2018stadskankers\u2019 in ontelbare steden en dat was ook het geval in Brussel (de Administratieve Wijk bijvoorbeeld). Punctuele tussenkomsten tonen mogelijkheden voor urbanistische interventies.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Zonder twijfel gelijken deze standbeelden en straatnamen op een uitgezaaide kanker, met zijn netwerken en zijn replieken. De topografie zelf van de stad is ondergedompeld in de koloniale geschiedenis (IEB<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a>) wanneer de zwarte wijken (Matonge, Clemenceau, etc.) een bestaan leiden dat in vraag wordt gesteld door diverse urbanistische en politionele operaties.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Wat er ook moge gebeuren op 30 juni 2020, de zestigste verjaardag van de onafhankelijkheid van Congo, wij zullen er mee doorgaan ons te documenteren en tussenbeide te komen in het proces van de dekolonisering van de openbare ruimte en artistieke en volkstussenkomsten en -voorstellen verspreiden, om een positieve impact te hebben op het werk van deze commissie of deze werkgroep.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Ondertekenaars:<\/h3>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Martin Vander Elst, antropoloog, UCLouvain<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">V\u00e9ronique Clette-Gakuba, sociologe, ULB<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">David Jamar, professor sociologie, UMONS<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Toma Muteba Luntumbue, kunstenaar, curator en kunsthistoricus<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Joachim Ben Yakoub, UGent<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Monique Mbeka Phoba, cineaste, scenariste et dekoloniaal conf\u00e9renci\u00e8re<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Mireille Fanon Mendes Flandre, voormalig VN-experte, voormalig voorzitster (2014-2016) van de Working Group of Experts on People of African Descent, Fondation Frantz Fanon<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Fran\u00e7oise Verg\u00e8s, politoloog, feministisch dekoloniaal militante<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Norman Ajari, filosoof, Villanova University<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Olivier Marboeuf, auteur, verteller, onafhankelijk expositiecommissaris en oprichter van het kunstencentrum Espace Khiasma<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Sorana Munsya, psychologe en curatrice<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Mirelle Tsheusi Robert, voorzitster van de vzw Bamko-Cran<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Gia Abrassart, journaliste<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Olivier Mukuna, journaliste en essayiste<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Georgine Dibua Athapol, coordinatrice van de vzw Bakushinta<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Modi Ntambwe, experte mensenrechten, gender, Innovatie et Ontwikkeling<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Rachida Aziz, mode-ontwerpster en activiste<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Isabelle Stengers, filosofe, ULB<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Didier Debaise, filosoof, ULB<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Christian Lukenge, verantwoordelijke Intal Congo<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Nordine Sa\u00efdi, dekoloniaal militante en lid van Bruxelles Panth\u00e8res<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Andr\u00e9 Clette, burger, auteur<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Ludo De Witte, socioloog en auteur<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Carole Sacr\u00e9, antropologe, UCLouvain<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Tunde Adefioye, St Lucas Antwerpen<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Nicole Gr\u00e9goire, antropologe<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Lisette Lombe, artieste<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Benjamine Laini Lusalusa, activiste<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Anne Wetsi Mpoma, kunstenactiviste, dekoloniaal denkster en kunsthistorica<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Folashade Ajayi, VUB<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Jacinthe Mazzocchetti, antrolopoge, UCL<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Fran\u00e7ois Makanga, acteur en museumgids<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Jean-Sylvain Tshilumba Mukendi, onafhankelijke onderzoeker, kunsthistoricus<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Katrin Solhdju, historica et wetenschapsfilosofe, UMONS<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Karel Arnaut, antrolopoog, KU Leuven<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Khadija Senhadji, militante, dekoloniaal antiraciste<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Elsa Roland, onderwijswetenschappen, ULB<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Graziella Vella, onderzoekster UMONS<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Soraya El Kahlaoui, onderzoekster UGent<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Mukendy Munda B, praktiseert de verplegingskunst, specialiteit verteringsendoscopie en cardiologie, associatiem<\/span>anager<\/p>\n<p><span lang=\"fr-FR\">Sarra Mouny, leerkracht<\/span><\/p>\n<h3>Ondertekenende organisaties:<\/h3>\n<p>Pr\u00e9sences Noires<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.pointculture.be\/partenaires\/bamko\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">BAMKO-CRAN asbl<\/a><\/p>\n<p>Caf\u00e9 Congo<\/p>\n<p>BAKUSHINTA<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Bruxelles Panth\u00e8res<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.collectif-fairepart.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Collectif Faire-Part<\/a><\/p>\n<p><em>\u201cConditions minimales pour une d\u00e9colonisation de l\u2019espace public\u201d werd vertaald door Lode Vanoost.<\/em><\/p>\n<h3>Notes:<\/h3>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a>\u00a0Norman Ajari .<a href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/culture-idees\/130620\/norman-ajari-la-pensee-decoloniale-casse-la-republique-en-deux\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u201cLa pens\u00e9e d\u00e9coloniale casse la r\u00e9publique en deux\u201d<\/a>, Mediapart, 23 juni 2020.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a>\u00a0Frantz Fanon, De verworpenen der aarde, Van Gennep, Amsterdam.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a>\u00a0<a href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4274\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u201cPlaidoyer pour la fin du blackface en Belgique\u201d<\/a>, Bruxelles Panth\u00e8res, 28 september 2019.<\/p>\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a>\u00a0Zie\u00a0<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=rxKuToUnl70\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u201cLa nuit blanche fait son retour dans les Marolles \u00e0 Bruxelles ce week-end\u201d<\/a>, 6 mei 2016 en\u00a0<a href=\"https:\/\/www.rektoverso.be\/artikel\/peopl-colonial-haunting-and-decolonial-dreams?fbclid=IwAR2DMJON6DUr5KsVLWWfy7b_ogQwaB7iOA_2J_mRgLQeX3uSrXEsxBHT4cc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PeoPL: Colonial Haunting and Decolonial Dreams<\/a>, RektoVerso, 2 december 2018.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a>\u00a0Tussenkomst van Houria Bouteldja, Pianofabriek, Brussel, 14 december 2014, \u00ab Forum belge contre l\u2019Islamophobie\u201c. Zie ook\u00a0<a href=\"https:\/\/www.ieb.be\/Rencontre-avec-Nordine-Saidi-membre-fondateur-de-Bruxelles-Pantheres\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Rencontre avec Nordine Sa\u00efdi, membre fondateur de Bruxelles Panth\u00e8res<\/a>. Inter-Environment Bruxelles, 31 augustus 2016.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a>N.Y. Kisukidi, \u201cLaetitia Africana \u2013 Philosophie, d\u00e9colonisation et m\u00e9lancolie\u201d in A. Mbembe et F. Sarr,\u00a0<a href=\"http:\/\/www.philippe-rey.fr\/livre-%C3%89crire_l%E2%80%99Afrique_Monde-344-1-1-0-1.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Ecrire l\u2019Afrique-Monde<\/a>. Ed. Philippe Rey, 2017.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a>\u00a0Paulin J. Hountondji,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/rfsp_0035-2950_1978_num_28_2_393780_t1_0376_0000_000\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Sur la philosophie africaine: critique de l\u2019ethnophilosophie<\/a>, Maspero, 1977.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a>\u00a0Toma Muteba Luntumbue heeft reeds ge\u00ebxperimenteerd met het idee van een heractivering vertrekkend van artefacten die die kolonisatie heeft weggerukt uit Afrika onder de vorm van een labyrint van racistische theorie\u00ebn die de rooftochten hebben mogelijk gemaakt, evenals de studie, de inzet van musea en tenslotte de sacralisering van voorwerpen die sindsdien afgesloten zitten in een \u201cgevangenis der zintuigen\u201c.\u00a0<a href=\"http:\/\/www.citemiroir.be\/fr\/activite\/labyrinthe-fetiches\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Labyrinthe-f\u00e9tiches<\/a>, Cit\u00e9 Miroir, Li\u00e8ge, 2017.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a>\u00a0Dit type articulering werd reeds onderhandeld door V\u00e9ronique Clette-Gakuba en de Cercle Binabi, door middel van een koloniale medaille getagd aan de ULB. Er zijn nog andere precedenten. Het zijn soms trouwens ook beelden waarvan de geste als artistiek kan worden gekwalificeerd.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"https:\/\/www.dewereldmorgen.be\/artikel\/2020\/06\/25\/minimale-voorwaarden-voor-dekolonisering-van-de-openbare-ruimte\/#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a>\u00a0<a href=\"https:\/\/www.ieb.be\/Bruxelles-ville-congolaise-introduction\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Bruxelles ville congolaise: introduction<\/a>. Inter-Environment Bruxelles, 20 november 2018 .<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La d\u00e9colonisation de l\u2019espace public est en cours et elle n\u2019a attendu, \u00e0 Bruxelles, les initiatives institutionnelles actuelles. Elle s&rsquo;appuie, de longues dates, sur les actions d&rsquo;activistes et d&rsquo;artistes. Ce sont ces interventions qu&rsquo;il s&rsquo;agit de soutenir et prolonger. Par: collectif de signataires (acad\u00e9miques, artistes, activistes). Een aantal kunstenaars, activisten, wetenschappers, onderzoekers, burgers, journalisten en &#8230; <a title=\"Conditions minimales pour une d\u00e9colonisation de l\u2019espace public \/ Minimale voorwaarden voor dekolonisering van de openbare ruimte\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4496\" aria-label=\"En savoir plus sur Conditions minimales pour une d\u00e9colonisation de l\u2019espace public \/ Minimale voorwaarden voor dekolonisering van de openbare ruimte\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4500,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,21,36,7,18,28],"tags":[],"class_list":["post-4496","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe","category-anti-imperialisme","category-europe","category-negrophobie","category-resistance-bruxelles","category-racismes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4496","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4496"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4496\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4529,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4496\/revisions\/4529"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4500"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4496"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4496"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4496"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}