{"id":4569,"date":"2020-10-18T21:48:24","date_gmt":"2020-10-18T20:48:24","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4569"},"modified":"2020-10-18T21:49:12","modified_gmt":"2020-10-18T20:49:12","slug":"les-biens-communs-coloniaux-et-la-decolonisation-de-la-gauche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4569","title":{"rendered":"LES \u00ab BIENS COMMUNS \u00bb COLONIAUX ET LA D\u00c9COLONISATION DE LA GAUCHE"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-text-color\"><span class=\"has-inline-color\"><strong><em>Les chercheurs universitaires Daniel Monta\u00f1<\/em>ez et Juan Vicente Iborra (UNAM, Mexique)<em>\u00a0d\u00e9nudent les contradictions d\u2019une certaine gauche \u00ab\u00a0communaliste\u00a0\u00bb occidentale. Tracer trop vite une \u00ab\u00a0internationale des biens communs\u00a0\u00bb dissout le rapport pr\u00e9pond\u00e9rant du colonialisme. Le \u00ab\u00a0ni-nisme\u00a0\u00bb sur le Venezuela, si utile \u00e0 l\u2019Empire, n\u2019en est qu\u2019une des cons\u00e9quences politiques.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><\/figure>\n<p><!--more--><\/p>\n<figure id=\"attachment_21734\" aria-describedby=\"caption-attachment-21734\" style=\"width: 562px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/03_manteros_lamine_pza-catalunya-1.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-21734\" src=\"https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/03_manteros_lamine_pza-catalunya-1.jpg?w=1024\" sizes=\"(max-width: 572px) 100vw, 572px\" srcset=\"https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/03_manteros_lamine_pza-catalunya-1.jpg?w=570 570w, https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/03_manteros_lamine_pza-catalunya-1.jpg?w=1140 1140w, https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/03_manteros_lamine_pza-catalunya-1.jpg?w=150 150w, https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/03_manteros_lamine_pza-catalunya-1.jpg?w=300 300w, https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/03_manteros_lamine_pza-catalunya-1.jpg?w=768 768w\" alt=\"\" width=\"572\" height=\"380\" data-attachment-id=\"21734\" data-permalink=\"https:\/\/venezuelainfos.wordpress.com\/03_manteros_lamine_pza-catalunya-1\/\" data-orig-file=\"https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/03_manteros_lamine_pza-catalunya-1.jpg\" data-orig-size=\"1500,1000\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"03_manteros_lamine_pza-catalunya-1\" data-image-description=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/03_manteros_lamine_pza-catalunya-1.jpg?w=300\" data-large-file=\"https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/03_manteros_lamine_pza-catalunya-1.jpg?w=523\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-21734\" class=\"wp-caption-text\">Des vendeurs informels protestent sur la Pla\u00e7a Catalunya de Barcelone contre la pers\u00e9cution raciste qu\u2019ils affirment subir de la part des m\u00e9dias et des institutions. Photo : Sandro Gordo<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le paradigme du \u00ab\u00a0commun\u00a0\u00bb s\u2019est install\u00e9 dans la politique contemporaine \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles depuis des d\u00e9cennies. D\u2019une assembl\u00e9e de quartier \u00e0 une ville collectivis\u00e9e, en passant par les centres culturels, les mus\u00e9es et m\u00eame les environnements institutionnels tels que les mairies, les municipalit\u00e9s et les partis politiques, cette id\u00e9e rassemble diverses exp\u00e9riences d\u2019organisation sociale qui renouvellent de mani\u00e8re cr\u00e9ative divers horizons politiques. S\u2019inscrivant dans le cadre universitaire, la proposition rassemblerait des intellectuels et des militants de toutes sortes, auparavant encadr\u00e9s dans des traditions tr\u00e8s diverses allant du marxisme et de la social-d\u00e9mocratie \u00e0 l\u2019anarchisme, l\u2019autonomie, le municipalisme ou le mouvement des squatters. En bref, il semble s\u2019agir d\u2019une sorte de renouveau de la gauche qui est parfaitement exprim\u00e9 par le jeu de mots propos\u00e9 par la philosophe Marina Garc\u00e9s dans le titre d\u2019une de ses publications : \u00ab\u00a0Commun (sans isme)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mais qu\u2019entend-on par \u00ab\u00a0commun\u00a0\u00bb ? Un nombre infini de livres ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits sur le sujet au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, et une synth\u00e8se risque de caricaturer la proposition. Mais nous allons essayer. Au fond, ils semblent faire appel au fait que dans la civilisation capitaliste, le monde a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 de mani\u00e8re dichotomique entre les sph\u00e8res publique et priv\u00e9e, faisant dispara\u00eetre tout vestige de relation communautaire. L\u2019individu appara\u00eet ainsi comme un sujet \u00e9clat\u00e9 qui affronte dans la solitude le monde des entreprises et de l\u2019\u00c9tat, qui d\u00e9finissent le cadre de son existence. Il s\u2019agit alors de retrouver les liens communautaires dans toutes les dimensions de la vie, des relations entre les voisins d\u2019une ville ou d\u2019un quartier \u00e0 celles des ouvriers d\u2019une usine ou de toute entreprise. Cela r\u00e9volutionnerait la politique et le sens m\u00eame de la vie en redonnant aux individus leur r\u00f4le actif dans le monde et leur essence d\u2019\u00eatres sociaux, r\u00e9cup\u00e9rant ainsi les r\u00eanes de leur existence dans la collectivit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans cette grande id\u00e9e, il y a fondamentalement deux positions, l\u2019une lib\u00e9rale et l\u2019autre critique. La premi\u00e8re proposerait que le\u00a0<em>commun<\/em>\u00a0puisse communaliser et humaniser le capitalisme, en proposant qu\u2019\u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e et publique s\u2019ajoute la d\u00e9fense d\u2019une propri\u00e9t\u00e9 commune de ressources et de moyens de production. Le d\u00e9fenseur le plus connu de cette ligne \u00e9tait la politologue Elinor Ostrom, qui a \u00e9tudi\u00e9 diverses exp\u00e9riences de gestion communale des ressources dans le monde entier et a montr\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait des moyens les plus efficaces et humains de produire des biens. D\u2019autre part, la perspective critique de la proposition verrait l\u2019expansion du commun comme un moyen d\u2019affronter et de transformer le capitalisme en un nouveau syst\u00e8me civilisateur, o\u00f9 la gestion collective des ressources et des moyens de production viserait non seulement \u00e0 g\u00e9rer collectivement la production de biens de mani\u00e8re efficace mais aussi \u00e0 mettre fin au syst\u00e8me d\u2019exploitation au niveau mondial. Cette ligne a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par de nombreux intellectuels dans l\u2019orbite du marxisme h\u00e9t\u00e9rodoxe, mettant en avant des auteurs comme Silvia Federici ou Raquel Guti\u00e9rrez et des auteurs comme David Harvey, Antonio Negri, Peter Linebaugh ou Ra\u00fal Zibechi.<\/p>\n<p>Cette proposition \u00e9tant n\u00e9e en Europe se base sur une g\u00e9n\u00e9alogie historique centr\u00e9e sur les luttes contre la d\u00e9possession des biens communs au Moyen \u00c2ge europ\u00e9en, surtout l\u2019enclosure des terres. Cela n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 la proposition d\u2019\u00eatre re\u00e7ue et d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 sa mani\u00e8re dans d\u2019autres contextes comme l\u2019Am\u00e9rique latine, o\u00f9 l\u2019accent est mis sur le fait que les modes de vie communautaires des peuples indig\u00e8nes et leurs luttes contre le colonialisme sont \u00e9galement une part importante de cet horizon global de lutte pour le commun. En fait, une tendance importante de la th\u00e9orie des\u00a0<em>biens communs<\/em>\u00a0consiste \u00e0\u00a0<em>d\u00e9centraliser les r\u00e9flexions de l\u2019exp\u00e9rience europ\u00e9enne<\/em>, en essayant de montrer comment les biens communs des diff\u00e9rents territoires et cultures se sont articul\u00e9s contre le syst\u00e8me mondial capitaliste. Des \u0153uvres telles que \u00ab\u00a0<em>L\u2019hydre de la r\u00e9volution : marins, esclaves et paysans dans l\u2019histoire cach\u00e9e de l\u2019Atlantique<\/em>\u00a0\u00bb de Peter Linebaugh et Marcus Rediker ou \u00ab\u00a0<em>Caliban et la sorci\u00e8re<\/em>\u00a0\u00bb de Silvia Federici montrent une sorte d&rsquo;\u00a0\u00bbunit\u00e9\u00a0\u00bb dans les luttes des diff\u00e9rents groupes \u00e0 travers le monde contre le capitalisme au cours des si\u00e8cles de son expansion mondiale et de la transition entre les modes de production f\u00e9odaux et capitalistes. Les pirates, les esclavis\u00e9.e.s d\u2019origine africaine, les peuples indig\u00e8nes et les paysan.ne.s d\u2019Europe organis\u00e9s \u00e0 partir de leurs propres formes et institutions, au-del\u00e0 des sph\u00e8res de l\u2019\u00c9tat public et du commerce bourgeois, sont montr\u00e9s dans ces \u0153uvres comme une \u00ab\u00a0<em>premi\u00e8re internationale communale<\/em>\u00a0\u00bb h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne contre le capitalisme.<\/p>\n<p>Nous ne nions pas que ces liens et articulations soient int\u00e9ressants et s\u00e9duisants, mais c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 partir de ce type d\u2019extrapolations qu\u2019une s\u00e9rie de contradictions ont commenc\u00e9 \u00e0 appara\u00eetre, qui ont conduit certains intellectuels indig\u00e8nes \u00e0 proposer l\u2019existence de \u00ab\u00a0<em>biens communs coloniaux<\/em>\u00ab\u00a0. Comme nous le savons, la gauche n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 exempte de colonialisme dans son parcours historique, \u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralement fid\u00e8le \u00e0 l\u2019id\u00e9al occidental moderne qui postule un lin\u00e9arisme t\u00e9l\u00e9ologique historique o\u00f9 les peuples occidentaux sont pr\u00e9sent\u00e9s comme les plus \u00ab\u00a0avanc\u00e9s\u00a0\u00bb du monde. Le concept des \u00ab\u00a0biens communs coloniaux\u00a0\u00bb met en lumi\u00e8re que la nouvelle gauche communale porte encore en elle le vieux probl\u00e8me de l\u2019ancienne gauche. Nous souhaitons montrer deux fa\u00e7ons dont les biens communs reproduisent le colonialisme :<\/p>\n<h2>1. L\u2019EUROCENTRISME ET LE COLONIALISME TH\u00c9ORIQUE DES BIENS COMMUNS<\/h2>\n<p>Le d\u00e9bat sur l\u2019eurocentrisme de l\u2019approche commune a r\u00e9cemment eu lieu dans le contexte latino-am\u00e9ricain. En 2015, Raquel Guti\u00e9rrez et son cercle de recherche sur les \u00ab\u00a0<em>r\u00e9seaux communautaires<\/em>\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Puebla ont convoqu\u00e9 le \u00ab\u00a0<em>Congr\u00e8s international de la communalit\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb au Mexique, en essayant de mettre en dialogue diverses traditions de pens\u00e9e et d\u2019activisme qui ont pour horizon le commun. Cependant, au moment du dialogue, il est devenu \u00e9vident que le terme \u00ab\u00a0<em>communalit\u00e9<\/em>\u00ab\u00a0, invent\u00e9 par les intellectuels indig\u00e8nes de Oaxaca pour penser aux \u00ab\u00a0<em>modes de vie des peuples indiens<\/em>\u00ab\u00a0, avait peu \u00e0 voir avec les biens communs dont parlaient la plupart des invit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement, et plus \u00e0 voir avec la trajectoire critique des biens communs invent\u00e9s en Europe, comme l\u2019a particuli\u00e8rement soulign\u00e9 l\u2019intellectuel zapot\u00e8que Carlos Manzo. Des auteurs tels que Raquel Guti\u00e9rrez, Ra\u00fal Zibechi, Mina Navarro et Luc\u00eda Linsalata avaient r\u00e9ussi \u00e0 \u00ab\u00a0latino-am\u00e9ricaniser\u00a0\u00bb la tradition europ\u00e9enne des biens communs en int\u00e9grant des \u00e9tudes de cas de la r\u00e9gion et en l\u2019articulant avec les travaux th\u00e9oriques d\u2019intellectuels tels que le critique marxiste \u00e9quatorien Bol\u00edvar Echeverr\u00eda, mais ils avaient encore un cadre \u00e9pist\u00e9mologique eurocentrique ancr\u00e9 dans l\u2019exp\u00e9rience historique europ\u00e9enne de la d\u00e9possession des biens communs.<\/p>\n<p><strong>Travailler avec une id\u00e9e eurocentrique des biens communs efface effectivement de profondes diff\u00e9rences<\/strong>. Ce n\u2019est pas la m\u00eame chose d\u2019\u00eatre d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 en tant que paysan europ\u00e9en par un processus de transformation des relations sociales de production au sein de votre propre civilisation, que d\u2019\u00eatre d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 en tant que paysan indig\u00e8ne, africain ou tout autre paysan non occidental par une civilisation qui vous est \u00e9trang\u00e8re. Dans ce dernier cas, la d\u00e9possession comprend la destruction non seulement du mode de production et du mode de vie, mais aussi de la culture elle-m\u00eame, qui comporte des dimensions spirituelles, religieuses et existentielles de la plus haute importance en plus des dimensions sociales et \u00e9conomiques. L\u2019indistinction de la signification m\u00eame du communal dans chaque contexte montre \u00e0 quel point cette approche peut \u00eatre probl\u00e9matique. Rappelons qu\u2019en Europe, au cours de ces si\u00e8cles, la politique de cl\u00f4ture des biens communs et la chasse aux sorci\u00e8res \u2013 comme l\u2019a excellemment racont\u00e9 Federici \u2013 avaient pour but de d\u00e9truire les relations communales afin d\u2019\u00e9tablir la solitude de l\u2019individu contraint de vendre sa force de travail au capital. Dans le cas des Am\u00e9riques, les communaut\u00e9s indig\u00e8nes ont souvent \u00e9t\u00e9 re-fonctionnalis\u00e9es et encourag\u00e9es de mani\u00e8re contr\u00f4l\u00e9e afin qu\u2019en plus de payer les taxes sur les \u00e9pices qui en r\u00e9sultent \u00e0 la Couronne, elles restent des usines de main-d\u2019\u0153uvre bon march\u00e9 pour les mines et les arm\u00e9es de r\u00e9serve dans les guerres d\u2019invasion du continent contre les autres peuples indig\u00e8nes.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, et ce n\u2019est pas moins important, cette approche<strong>\u00a0occulte le colonialisme historique donn\u00e9 au sein des exp\u00e9riences de \u00ab\u00a0commun\u00a0\u00bb en Occident<\/strong>. La confirmation de ce ph\u00e9nom\u00e8ne a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9e avec insistance par des auteurs comme Allan Green, qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019existence de \u00ab\u00a0biens communs coloniaux\u00a0\u00bb historiques, en faisant allusion dans son cas aux traditions communales des colons d\u2019Am\u00e9rique du Nord, qui ont priv\u00e9 les indig\u00e8nes de leurs terres pour les utiliser parmi eux en commun. L\u2019auteur confronte ainsi les visions quelque peu id\u00e9alistes d\u2019auteurs-rices tels que K\u0113haulani Kauanui, qui soutiennent que la r\u00e9bellion de Nathaniel Bacon en 1675 a pr\u00e9sent\u00e9 un sc\u00e9nario \u00e0 partir duquel on peut imaginer des croisements et des intersections entre les classes ouvri\u00e8res blanche, noire et indienne. Alors que l\u2019alliance entre la classe ouvri\u00e8re blanche et l\u2019\u00e9lite coloniale renforcerait la domination raciale avec la promulgation des codes noirs de Virginie, qui peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s comme une gen\u00e8se du supr\u00e9matisme blanc qui pr\u00e9vaut dans les soci\u00e9t\u00e9s modernes, qu\u2019elles soient communautaires ou non.<\/p>\n<p>Ce \u00ab\u00a0racisme communautaire\u00a0\u00bb peut \u00eatre reli\u00e9 \u00e0 d\u2019autres exp\u00e9riences communautaires historiques revendiqu\u00e9es par les communaut\u00e9s contemporaines. Par exemple, les exp\u00e9riences communautaires de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique n\u2019\u00e9taient pas exemptes de racisme \u00e0 l\u2019\u00e9gard des groupes gitans, juifs et musulmans. Le caract\u00e8re anti-mauresque de la r\u00e9volte des German\u00edas \u00e0 Valence et \u00e0 Majorque et leurs attaques continues contre les Morer\u00edas font partie de l\u2019implantation coloniale hispanique dans le territoire, s\u2019accordant sur la question coloniale avec l\u2019autoritarisme imp\u00e9rial auquel ils ont eux-m\u00eames \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s. En bref, il s\u2019agissait de racistes et d\u2019exclusifs communs, une question qui n\u2019est pas d\u00e9battue dans d\u2019importants ouvrages r\u00e9cents tels que \u00ab\u00a0<em>Las vecindades vitorianas : una experiencia hist\u00f3rica de comunidad popular embodied in the future<\/em>\u00a0\u00bb (Ayllu Egin, 2014) ou \u00ab\u00a0<em>El com\u00fa catal\u00e0 : la hist\u00f2ria dels que no surten a la hist\u00f2ria<\/em>\u00a0\u00bb (David Segarra, 2015), qui sont venus pr\u00e9senter dans le contexte p\u00e9ninsulaire des exp\u00e9riences d\u2019auto-organisation et de travail collectif \u00e0 partir desquelles on peut imaginer les processus de reproduction communautaire de nos jours. Cependant, cet exercice reste incomplet s\u2019il n\u2019est pas accompagn\u00e9 d\u2019une r\u00e9flexion sur la mani\u00e8re dont les enclosures et les processus d\u2019accumulation primitive d\u00e9limitaient, \u00e0 travers la division raciale du travail, les formes d\u2019organisation actuelle du travail, les privil\u00e8ges de la citoyennet\u00e9 par les politiques migratoires et les noyaux de concentration et d\u2019accumulation des richesses.<\/p>\n<p>En bref, l\u2019eurocentrisme de l\u2019approche affecterait au moins deux questions dans la vision des biens communs\u00a0: d\u2019une part la notion m\u00eame de ce qui est\u00a0<em>communal<\/em>, o\u00f9 aucune diff\u00e9rence n\u2019est faite entre l\u2019\u00e9conomie politique du communal au sein des soci\u00e9t\u00e9s du \u00ab\u00a0centre\u00a0\u00bb et de la \u00ab\u00a0p\u00e9riph\u00e9rie\u00a0\u00bb, et d\u2019autre part l\u2019occultation du racisme au sein des exp\u00e9riences historiques des biens communs occidentaux.<\/p>\n<h2>2. L\u2019IMP\u00c9RIALISME ET LE COLONIALISME POLITIQUE DES \u00ab\u00a0BIENS COMMUNS\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 l\u2019eurocentrisme et le colonialisme th\u00e9oriques des biens communs, il est plus facile de comprendre les d\u00e9rives politiques coloniales qu\u2019ils prennent actuellement. Nous en avons identifi\u00e9 au moins trois :<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, le\u00a0<strong>probl\u00e8me de la cooptation<\/strong>. Cette question a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9e par des intellectuels indig\u00e8nes d\u2019Am\u00e9rique du Nord, qui ont mis en garde contre l\u2019existence de \u00ab\u00a0biens communs coloniaux\u00a0\u00bb qui viennent essayer d\u2019inclure leurs luttes dans un horizon qui leur est \u00e9tranger. Des auteurs comme Glen Sean Coulthard (D\u00e9n\u00e9 Yellowknives) ou J. K\u0113haulani Kauanui (Kanaka maoli ou Hawa\u00efen natif) pointent dans ce sens vers une cooptation des mouvements indig\u00e8nes du paradigme des\u00a0<em>biens communs<\/em>. Cette question est historiquement li\u00e9e \u00e0 la longue tradition d\u2019int\u00e9gration coloniale des soci\u00e9t\u00e9s communales non occidentales au sein de l\u2019imp\u00e9rialisme, bien que dans ce cas elle se r\u00e9f\u00e8re plus directement \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019int\u00e9gration des luttes indig\u00e8nes dans les horizons de la gauche occidentale.\u00a0<strong>Pendant longtemps, les mouvements indig\u00e8nes ont \u00e9t\u00e9 contraints de s\u2019inscrire dans des cat\u00e9gories de classe et des luttes politiques, et se sentent aujourd\u2019hui dans une situation similaire face aux exigences du\u00a0<\/strong><em><strong>bien commun<\/strong><\/em><strong>.<\/strong><\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, le probl\u00e8me de la r\u00e9pression. Ce d\u00e9bat a \u00e9t\u00e9 intense en Europe en ce qui concerne les peuples racialis\u00e9s et migrants qui s\u2019y sont \u00e9tablis. Par exemple, le gouvernement des \u00ab\u00a0communs\u00a0\u00bb dirig\u00e9 par Ada Colau \u00e0 Barcelone a eu d\u2019intenses conflits avec le syndicat des vendeurs de rue de la ville, une organisation de migrants racialis\u00e9s qui les accuse de promouvoir des politiques racistes contre leurs formes sociales de survie. Ces actions sont historiquement li\u00e9es au racisme des gens du commun donn\u00e9 dans le pass\u00e9 dans la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique. On assiste ainsi \u00e0 l\u2019exclusion des biens communs et \u00e0 la r\u00e9pression des strat\u00e9gies de survie vitales des groupes de migrants entra\u00een\u00e9s sur le territoire par l\u2019imp\u00e9rialisme mondial, en accord avec la logique raciste du pass\u00e9 et en toute harmonie avec les logiques racistes du discours citoyen.<\/p>\n<p>TROISIEMEMENT, L E PROBLEME DE L\u2019ALLIANCE AVEC L\u2019IMPERIALISME. Cette question est clairement d\u2019actualit\u00e9 face \u00e0 la situation politique au Venezuela. De nombreux intellectuels de gauche du monde entier ont promu un manifeste \u00ab\u00a0<em>de et pour le peuple v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien pour arr\u00eater la guerre et l\u2019imp\u00e9rialisme<\/em>\u00ab\u00a0, parmi lesquels se trouvaient de grandes figures de la nouvelle gauche mondiale des biens communs, tant europ\u00e9en-ne-s que latino-am\u00e9ricain-ne-s. Suivant la logique \u00ab\u00a0communale\u00a0\u00bb, ils proposent de ne s\u2019aligner ni sur l\u2019imp\u00e9rialisme dirig\u00e9 par les \u00c9tats-Unis ni sur le gouvernement autoritaire du pr\u00e9sident v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien Nicolas Maduro, mais sur le peuple lui-m\u00eame, qui devrait d\u00e9cider de sa propre voie au-del\u00e0 des logiques partisanes et imp\u00e9rialistes, qu\u2019il soit de gauche ou de droite. Certains ont m\u00eame rencontr\u00e9 le chef de l\u2019opposition Juan Guaid\u00f3, r\u00e9cemment autoproclam\u00e9 pr\u00e9sident du pays avec le soutien des \u00c9tats-Unis et des puissances occidentales. Bien que la proposition d\u2019aller au-del\u00e0 des parties et de r\u00e9soudre le conflit \u00e0 partir des pouvoirs communs du peuple lui-m\u00eame puisse sembler int\u00e9ressante,\u00a0<strong>cette pr\u00e9tendue \u00ab\u00a0voie m\u00e9diane\u00a0\u00bb dans la crise politique actuelle ne fait que soutenir le coup d\u2019\u00c9tat de l\u2019opposition au Venezuela et l\u2019entr\u00e9e de l\u2019imp\u00e9rialisme et du n\u00e9ocolonialisme occidental dans le pays<\/strong>. Cet exemple montre malheureusement comment fonctionne cette logique du bien commun colonial, o\u00f9 le pari sur le bien commun continue de participer \u00e0 la logique du colonialisme. Cet exemple est historiquement li\u00e9 aux alliances \u00e9tablies entre les classes ouvri\u00e8res blanches organis\u00e9es en commun et les \u00e9lites imp\u00e9riales, comme nous l\u2019avons vu dans le cas de l\u2019Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<p>Il semblerait que la nouvelle gauche communale maintienne un vieux probl\u00e8me non r\u00e9solu de l\u2019ancienne gauche : le\u00a0<em>probl\u00e8me du colonialisme<\/em>. Le paradigme du commun contient des contributions tr\u00e8s int\u00e9ressantes \u00e0 la politique contemporaine et cette remarque doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une critique constructive. L\u2019analyse de cette face obscure coloniale de la th\u00e9orie, de la g\u00e9n\u00e9alogie et de la pratique politique des biens communs pourrait contribuer \u00e0 la t\u00e2che importante d\u2019une v\u00e9ritable d\u00e9colonisation de la gauche et \u00e0 la construction d\u2019un paradigme non colonial des biens communs des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Atlantique, puisque, comme nous l\u2019avons vu : le \u00ab\u00a0communal\u00a0\u00bb ne chasse pas forc\u00e9ment le \u00ab\u00a0colonial\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large\"><a href=\"https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/121657236_411683846490945_7155634739523953588_n-1-1.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-21740\" src=\"https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/121657236_411683846490945_7155634739523953588_n-1-1.jpg?w=259\" sizes=\"(max-width: 259px) 100vw, 259px\" srcset=\"https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/121657236_411683846490945_7155634739523953588_n-1-1.jpg 259w, https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/121657236_411683846490945_7155634739523953588_n-1-1.jpg?w=150 150w\" alt=\"\" data-attachment-id=\"21740\" data-permalink=\"https:\/\/venezuelainfos.wordpress.com\/121657236_411683846490945_7155634739523953588_n-1-1\/\" data-orig-file=\"https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/121657236_411683846490945_7155634739523953588_n-1-1.jpg\" data-orig-size=\"259,195\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1602633863&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"121657236_411683846490945_7155634739523953588_n-1-1\" data-image-description=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/121657236_411683846490945_7155634739523953588_n-1-1.jpg?w=259\" data-large-file=\"https:\/\/venezuelainfos.files.wordpress.com\/2020\/10\/121657236_411683846490945_7155634739523953588_n-1-1.jpg?w=259\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n<p><strong>D.M.<br \/>\nJ.V.I.<\/strong><\/p>\n<p><span class=\"has-inline-color\">Les\u00a0<strong>auteurs<\/strong>\u00a0(photographi\u00e9s avec la veuve de Haywood Harry, Gwendolyn Midlo Hall, qui a th\u00e9oris\u00e9 avec son mari la Nation Noire comme \u00ab\u00a0colonie interne\u00a0\u00bb)\u00a0:<\/span><\/p>\n<p><span class=\"has-inline-color\"><strong>Daniel Monta\u00f1ez Pico<\/strong>\u00a0a \u00e9tudi\u00e9 l\u2019anthropologie sociale et culturelle \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Grenade et a obtenu une ma\u00eetrise et un doctorat en \u00e9tudes latino-am\u00e9ricaines \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 nationale autonome du Mexique. Il enseigne \u00e0 l\u2019Universidad Nacional Aut\u00f3noma de M\u00e9xico et \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement pour le suppl\u00e9ment Ojarasca sur les affaires indig\u00e8nes de La Jornada et pour Gara. Auteur de Marxisme noir, pens\u00e9e d\u00e9colonisatrice dans les Caraibes anglophones.<\/span><\/p>\n<p><span class=\"has-inline-color\"><strong>Juan Vicente Iborra Mallent<\/strong>\u00a0est dipl\u00f4m\u00e9 en sciences politiques et en administration (Universit\u00e9 de Valence), en histoire (Universit\u00e9 de Valence), sp\u00e9cialiste des conflits (Universit\u00e9 d\u2019Utrecht) et titulaire d\u2019un master en \u00e9tudes latino-am\u00e9ricaines (Universit\u00e9 nationale autonome du Mexique). Il a r\u00e9cemment effectu\u00e9 un s\u00e9jour de recherche \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de New York (NYU) et un travail ethnographique de terrain au Honduras et \u00e0 New York (USA). Il a \u00e9galement collabor\u00e9 avec diverses revues scientifiques, \u00e9diteurs, m\u00e9dias num\u00e9riques et avec des universit\u00e9s interculturelles telles que l\u2019Universidad de los Pueblos del Sur (UNISUR). En outre, il a particip\u00e9 \u00e0 diverses conf\u00e9rences et activit\u00e9s universitaires. Sa derni\u00e8re publication est Black Lives Matter \u00e0 travers la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e am\u00e9ricaine (2018, North America, Revista Acad\u00e9mica del CISAN-UNAM).<\/span><\/p>\n<p><strong>Source\u00a0:\u00a0<a href=\"https:\/\/www.elsaltodiario.com\/1492\/los-comunes-coloniales-y-la-descolonizacion-de-la-izquierda\">https:\/\/www.elsaltodiario.com\/1492\/los-comunes-coloniales-y-la-descolonizacion-de-la-izquierda<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Traduction\u00a0:\u00a0<strong>Julie Jaroszewski pour\u00a0<a href=\"https:\/\/venezuelainfos.wordpress.com\/\">Venezuelainfos<\/a><\/strong><\/p>\n<p>URL de cet article\u00a0:\u00a0<a href=\"https:\/\/venezuelainfos.wordpress.com\/2020\/10\/13\/les-biens-communs-coloniaux-et-la-decolonisation-de-la-gauche\/\"><strong>https:\/\/venezuelainfos.wordpress.com\/2020\/10\/13\/les-biens-communs-coloniaux-et-la-decolonisation-de-la-gauche\/<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les chercheurs universitaires Daniel Monta\u00f1ez et Juan Vicente Iborra (UNAM, Mexique)\u00a0d\u00e9nudent les contradictions d\u2019une certaine gauche \u00ab\u00a0communaliste\u00a0\u00bb occidentale. Tracer trop vite une \u00ab\u00a0internationale des biens communs\u00a0\u00bb dissout le rapport pr\u00e9pond\u00e9rant du colonialisme. Le \u00ab\u00a0ni-nisme\u00a0\u00bb sur le Venezuela, si utile \u00e0 l\u2019Empire, n\u2019en est qu\u2019une des cons\u00e9quences politiques.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2691,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[21,36,18,28],"tags":[438,439,159,155],"class_list":["post-4569","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-anti-imperialisme","category-europe","category-resistance-bruxelles","category-racismes","tag-daniel-montanez-pico","tag-juan-vicente-iborra-mallent","tag-julie-jaroszewski","tag-ramon-grosfoguel"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4569","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4569"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4569\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4572,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4569\/revisions\/4572"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2691"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4569"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4569"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4569"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}