{"id":472,"date":"2013-02-05T05:19:34","date_gmt":"2013-02-05T04:19:34","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=472"},"modified":"2013-11-10T05:22:47","modified_gmt":"2013-11-10T04:22:47","slug":"le-racisme-est-une-question-de-pouvoir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=472","title":{"rendered":"\u2018Le racisme est une question de pouvoir\u2019"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>Houria Bouteldja, porte-parole des Indig\u00e8nes de la R\u00e9publique<\/div>\n<div>\n<h3>\u2018Le racisme est une question de pouvoir\u2019<\/h3>\n<\/div>\n<div>\n<div>4 fevrier 2013<\/div>\n<p>\u2014<\/p>\n<div>\n<p>Une forte conscience politique, des analyses claires, une combativit\u00e9 t\u00eatue : voici les mots cl\u00e9s pour d\u00e9crire Houria Bouteldja (39), fille d\u2019immigrants alg\u00e9riens venus vivre en France lorsqu\u2019elle avait sept ans. Bouteldja a un projet politique : elle veut cr\u00e9er une nouvelle gauche avec l\u2019antiracisme et l\u2019anticolonialisme comme fers de lance. Elle a aussi une ambition : d\u00e9coloniser le monde. Elle plaide pour cette d\u00e9colonisation par le biais de ce qui est devenu le PIR, Parti des Indig\u00e8nes de la R\u00e9publique, un mouvement dont elle est porte-parole.<!--more--><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<fieldset>\n<legend>Mediaviewer<\/legend>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div id=\"mediaviewer_item_0\"><img decoding=\"async\" title=\"\" alt=\"\" src=\"http:\/\/www.mo.be\/sites\/default\/files\/imagecache\/article_detail_full\/gedesk201210261710242_MO100_600_0.jpg\" \/><\/p>\n<div>\n<div>Houria Bouteldja.<\/div>\n<div>\u00a9 Sander De Wilde<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/fieldset>\n<\/div>\n<div>\n<p>Le manifeste paru en janvier 2005 sous le titre \u2018Nous sommes les indig\u00e8nes de la R\u00e9publique\u00a0!\u2019 a \u00e9clat\u00e9 comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. La d\u00e9claration, sign\u00e9e par un grand nombre d\u2019intellectuels, d\u2019activistes d\u2019origine immigr\u00e9e et de d\u00e9fenseurs blancs de la cause palestinienne, est un diagnostic de la situation des personnes d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re, \u00e9tabli par ces personnes elles-m\u00eames. Ce diagnostic parle tant du pass\u00e9 que de l\u2019avenir. Les immigrants et leurs descendants en France sont en effet originaires des anciennes colonies.<\/p>\n<p>Ils sont d\u00e8s lors porteurs d\u2019une histoire\u00a0: celle de la colonisation. Et ils ont un projet politique qui ne se limite pas \u00e0 la poursuite d\u2019une plus grande justice sociale en France, mais qui a \u00e9galement l\u2019ambition d\u2019arriver \u00e0 une plus grande justice dans les relations internationales. \u2018Nous voulons d\u00e9coloniser le monde\u2019, d\u00e9clare d\u00e9cid\u00e9ment Houria Bouteldja.<\/p>\n<p>Bouteldja, \u00e0 l\u2019\u00e9poque porte-parole du groupe f\u00e9ministe de migrants <em>Les Bl\u00e9dardes<\/em>, est un des auteurs du manifeste. Depuis, elle est devenue la personnification de ce mouvement des Indig\u00e8nes de la R\u00e9publique ainsi que leur porte-parole officielle.<\/p>\n<p>Je l\u2019ai rencontr\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 2007, dans l\u2019Institut du Monde Arabe \u00e0 Paris, o\u00f9 elle travaille. Nous avons alors parl\u00e9 de <em>Ni Putes Ni Soumises<\/em>, un mouvement f\u00e9ministe cr\u00e9\u00e9 au lendemain des d\u00e9bats passionn\u00e9s sur la situation des jeunes femmes dans les banlieues. Bouteldja parlait de f\u00e9minisme colonial, dans le sens o\u00f9 les hommes de la classe moyenne blanche abusent la situation des femmes dans les banlieues pour laver leurs mains dans l\u2019innocence lorsqu\u2019il s\u2019agit de sexisme et pour adopter une position sup\u00e9rieure par rapport aux hommes d\u2019origine immigr\u00e9e.<\/p>\n<p>Je la revois en octobre 2012. D\u2019abord \u00e0 Paris o\u00f9 le sociologue communiste Sa\u00efd Bouamama, auteur du livre<em> Nique la France<\/em>, et elle donnent une conf\u00e9rence sur le proc\u00e8s intent\u00e9 contre eux pour racisme antiblanc. La troisi\u00e8me fois, je la vois dans les locaux d\u2019<em>Egalit\u00e9<\/em>, une petite organisation \u00e0 Bruxelles qui plaide pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des chances, o\u00f9 elle \u00e9tait venue pr\u00e9senter le livre \u2018Nous sommes les indig\u00e8nes de la R\u00e9publique\u00a0!\u2019.<\/p>\n<h2>Imp\u00e9rialisme<\/h2>\n<p>\u2018L\u2019appel des Indig\u00e8nes de la R\u00e9publique prend sa source dans une situation sp\u00e9cifique qui existe depuis trente ans\u2019, nous dit Houria Bouteldja. \u2018Car la question de la migration occupe une place centrale dans le d\u00e9bat politique en France depuis trente ans d\u00e9j\u00e0. Dans ces trente ans, il y a eu des moments critiques qui ont rendu le d\u00e9bat encore plus brutal et plus agressif. Il y a eu le 11 septembre et le d\u00e9but d\u2019une campagne particuli\u00e8rement agressive contre l\u2019islam et contre les musulmans. En 2002, il y a eu les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et Le Pen qui est arriv\u00e9 au second tour. En 2003, il y a eu le d\u00e9bat sur le voile, qui a pris des proportions hyst\u00e9riques et qui a men\u00e9 \u00e0 la loi contre le port du voile \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Il y a aussi eu la campagne de diabolisation contre l\u2019islamologue Tariq Ramadan.\u2019<\/p>\n<p>\u2018Suite \u00e0 cette offensive id\u00e9ologique que les noirs, les Arabes et les musulmans qui vivent dans les banlieues ont d\u00fb supporter, nous avons in\u00e9vitablement senti le besoin de nous organiser, d\u2019autant plus que la gauche nous a abandonn\u00e9s. Car la gauche a collabor\u00e9 avec la droite et l\u2019extr\u00eame-droite dans la campagne anti-islam.\u2019<\/p>\n<p>Ce n\u2019est cependant pas sur la lutte contre l\u2019islamophobie que Bouteldja et ses compagnons se focalisent. \u2018L\u2019islamophobie \u00e9tait d\u2019importance secondaire pour nous\u2019, nous confie-t-elle. \u2018Il y a un probl\u00e8me g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et c\u2019est celui du racisme et de l\u2019imp\u00e9rialisme, deux \u00e9l\u00e9ments indissociables. C\u2019est ce probl\u00e8me qui est capital pour nous.\u2019 Pour les Indig\u00e8nes, le c\u0153ur du probl\u00e8me n\u2019est donc pas la tol\u00e9rance ou l\u2019int\u00e9gration ; il ne s\u2019agit pas uniquement de relations sociales. Il ne s\u2019agit pas non plus de racisme dans le sens de haine contre les autres. Pour les Indig\u00e8nes, il s\u2019agit de rapports de force au sein et en dehors de la civilisation fran\u00e7aise. Il s\u2019agit donc aussi de rapports de force au niveau mondial, d\u2019o\u00f9 le lien avec l\u2019imp\u00e9rialisme. \u2018Notre analyse est que la France \u00e9tait un \u00e9tat colonial avant et l\u2019est encore \u00e0 ce jour, tout d\u2019abord dans ses relations avec les Antilles, mais \u00e9galement dans ses relations avec ses anciennes colonies. La France est toujours pr\u00e9sente en Afrique et elle adopte une attitude postcoloniale vis-\u00e0-vis des migrants originaires des anciennes colonies.\u2019<\/p>\n<p>\u2018La R\u00e9publique fran\u00e7aise demande qu\u2019on croit en elle comme on croit en un dieu. Nous, les Indig\u00e8nes, ne croyons pas en la R\u00e9publique\u2019, nous dit Houria Bouteldja. \u2018Notre relation vis-\u00e0-vis de la R\u00e9publique est celle d\u2019un ath\u00e9iste. Nous croyons uniquement en ce que nous voyons et nous voulons nous lib\u00e9rer du mythe r\u00e9publicain de \u2018<em>Libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9, fraternit\u00e9<\/em>.\u2019\u00a0 car cette devise ne vaut pas pour les femmes, les n\u00e9cessiteux et les indig\u00e8nes.\u2019 Il y a donc un \u00e9cart entre la th\u00e9orie et la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>\u2018Selon le discours officiel, nous sommes tous des citoyens fran\u00e7ais. Or, la r\u00e9alit\u00e9 est que les noirs et les Arabes forment une sous-classe, que les banlieues sont des quartiers pauvres o\u00f9 habitent surtout des Arabes et des noirs, que ces Arabes et ces noirs sont confront\u00e9s cinq fois plus au ch\u00f4mage et que les prisons sont remplis d\u2019Arabes et de noirs. Il y a donc des citoyens et des sous-citoyens.\u2019<\/p>\n<h2>Colonialisme<\/h2>\n<p>Sans surprise, cette analyse a suscit\u00e9 de vives r\u00e9actions. Il n\u2019\u00e9tait pas \u00e9tonnant de constater que la droite et l\u2019extr\u00eame-droite ont rejet\u00e9 l\u2019analyse. La surprise est venue des d\u00e9bats vifs que celui-ci a suscit\u00e9s au sein du mouvement de gauche. \u2018Des discussions agit\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es, tant dans le parti communiste que le parti \u00e9cologique, Attac et des organisations antiracistes comme le MRAB\u2019, nous dit Bouteldja. \u2018Notre analyse a divis\u00e9 la gauche en France. C\u2019\u00e9tait pour nous la preuve que les Indig\u00e8nes de la R\u00e9publique sont n\u00e9cessaires.\u2019<\/p>\n<p>Houria Bouteldja perturbe, mais cela ne lui rend pas moins combative. \u2018Avant notre appel, nous \u00e9tions toujours au banc des accus\u00e9s. Tous les probl\u00e8mes dans notre soci\u00e9t\u00e9 \u00e9taient de notre faute. Le ch\u00f4mage: notre faute. La criminalit\u00e9: notre faute. Le sexisme: notre faute. L\u2019extr\u00e9misme: notre faute. Le terrorisme: notre faute. Pour la premi\u00e8re fois, nous changeons actuellement de place. Nous ne sommes plus au banc des accus\u00e9s. Nous sommes ceux qui accusent. Nous accusons la France de colonialisme. La prosp\u00e9rit\u00e9 dont nous jouissons ici est le r\u00e9sultat de 400 ans de colonisation, le r\u00e9sultat du pillage organis\u00e9 du tiers monde. Nous accusons \u00e9galement la France d\u2019imp\u00e9rialisme et de sionisme.\u2019<\/p>\n<p>\u2018Nous, les Indig\u00e8nes de la R\u00e9publique, ne faisons pas de l\u2019humanisme, nous faisons de la politique\u2019, dit Houria Bouteldja lors de sa conf\u00e9rence \u00e0 Bruxelles. \u2018Nous n\u2019allons pas forer des puits de captage d\u2019eau pour les Africains, c\u2019est ce que l\u2019humanisme blanc fait. Nous voulons que l\u2019Afrique soit aux Africains.\u2019<\/p>\n<p>Bouteldja critique aussi la gauche, qui a commis une grosse erreur\u00a0: elle a trahi les n\u00e9cessiteux, la classe ouvri\u00e8re dans les quartiers, tandis qu\u2019elle aurait d\u00fb \u00eatre un partenaire, estime-t-elle. \u2018Nous ne pouvons pas compter sur une gauche paternaliste, une gauche qui n\u2019arr\u00eate pas de nous imposer ses propres priorit\u00e9s, qui se limite \u00e0 la lutte des classes et qui veut nous imposer un racisme moral\u2019, dit-elle. \u2018C\u2019est pourquoi il faut chercher, voire cr\u00e9er par nous-m\u00eames, des partenaires pour \u00e9difier une nouvelle gauche.\u2019<\/p>\n<p>Or, le monde n\u2019est plus bipolaire. Il n\u2019est pas sans nuance. L\u2019opposition entre les pouvoirs coloniaux et les colonis\u00e9s n\u2019est plus primordiale. Pensons par exemple aux puissances \u00e9mergentes.<\/p>\n<p>\u2018En effet, nous voyons \u00e0 l\u2019heure actuelle aussi la Chine et l\u2019Inde qui sont \u00e0 la recherche de plus de mati\u00e8res premi\u00e8res. Mais quelle est l\u2019opinion de la classe intellectuelle en France\u00a0? Elle estime que la Chine doit produire moins de voitures, car une production tellement large est nocive pour l\u2019environnement. Et si la Chine produit plus de voitures, nous devrons en produire moins. C\u2019est \u00e7a le niveau du d\u00e9bat.\u2019<\/p>\n<p>Bouteldja \u00e9tend l\u2019analyse aux personnes d\u2019origine immigr\u00e9e. \u2018En tant que descendants de migrants, nous avons aussi une responsabilit\u00e9 \u00e0 assumer. Car nous b\u00e9n\u00e9ficions \u00e9galement de la prosp\u00e9rit\u00e9 provenant de la colonisation. Nous recevons \u00e9galement un p\u00e9cule de vacances et des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage. C\u2019est l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de notre situation. Nous voulons plus au moment o\u00f9 nous devrions avoir moins. C\u2019est pourquoi tout le monde devrait accepter d\u2019avoir moins.\u2019<\/p>\n<h2>Pas de Printemps<\/h2>\n<p>Les Indig\u00e8nes de la R\u00e9publique se sont fait entendre. Houria Bouteldja participe souvent \u00e0 des d\u00e9bats t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s. Elle n\u2019est pas de ceux qui viennent lire un texte \u00e9crit \u00e0 l\u2019avance. Ses interventions publiques ont l\u2019air spontan\u00e9\u00a0; il y a une sorte de complicit\u00e9 entre son auditoire et elle. Les d\u00e9bats t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s montrent une autre Bouteldja, une femme qui ne sourit pas, qui regarde son adversaire droit dans les yeux et qui lui renvoie ses arguments pour faire pr\u00e9valoir son point de vue. Elle porte parfois un voile \u00e0 la fa\u00e7on des femmes berb\u00e8res en Alg\u00e9rie. Est-ce qu\u2019elle le fait pour protester, pour provoquer ou pour avoir quelque chose en commun avec les gens dans les banlieues\u00a0?<\/p>\n<p>Elle refuse de r\u00e9pondre \u00e0 cette question. \u2018Quand on me demande pourquoi je porte un voile, je r\u00e9ponds<strong>:<\/strong> \u2018Et pourquoi est-ce que vous portez une cravate\u00a0?\u2019 Car qu\u2019est-ce qui est universel et qu\u2019est-ce qui ne l\u2019est pas\u00a0? Qui a des principes universels et qui a un mode de vie non universel\u00a0? Quelle guerre est mondiale et quelle culture est sup\u00e9rieure\u00a0?\u2019<\/p>\n<p>Houria Bouteldja met tout en question. Elle parle des \u2018normes et valeurs soi-disant universelles\u2019 et de \u2018la guerre dite mondiale\u2019. M\u00eame lorsqu\u2019il s\u2019agit de symboles et de personnages historiques, elle veut que l\u2019histoire des migrations et donc aussi l\u2019histoire coloniale soient reconnues et int\u00e9gr\u00e9es dans l\u2019histoire de la France. \u2018Voltaire est important, mais je suis n\u00e9e en 1830\u00a0???. Ma relation avec la France commence par la colonisation de l\u2019Alg\u00e9rie. Il y a encore d\u2019autres personnages historiques auxquels je suis reconnaissante. Il n\u2019y a pas que Voltaire\u00a0; il y a aussi Djamila Bouhired (<em>combattante pour l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie, sb<\/em>), il y a Thomas Sankara, etc. Eux aussi font partie de l\u2019histoire de la France. Eux aussi ont lib\u00e9r\u00e9 la France\u2019, dit-elle.<\/p>\n<p>Dans le cadre du Printemps arabe, le mouvement des Indig\u00e8nes de la R\u00e9publique a organis\u00e9 un grand nombre de conf\u00e9rences et de rencontres dans toute la France sous le nom du \u2018Printemps des quartiers\u2019. Mais pouvons-nous vraiment parler d\u2019un printemps dans les quartiers\u00a0? Les Indig\u00e8nes ont-ils une place dans ces quartiers ?<\/p>\n<p>Houria Bouteldja l\u2019admet\u00a0: \u2018Il n\u2019y a pas de Printemps dans les quartiers. Ce sont les activistes qui veulent un Printemps dans les banlieues. Les Indig\u00e8nes ont la sympathie des gens dans les quartiers, mais c\u2019est tout. Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas \u00e9tonnant, car la politique d\u2019int\u00e9gration entrave la politisation des quartiers. Les associations sont oblig\u00e9es de se limiter \u00e0 l\u2019aspect social. Elles sont subventionn\u00e9es et ne peuvent pas faire de la politique. Et les mosqu\u00e9es sont \u00e9galement subventionn\u00e9es. Elles servent aussi \u00e0 \u00e9viter que les gens s\u2019occupent de politique. De plus, les gens ont peur et sont tr\u00e8s prudents. Il y a une sorte de parano\u00efa dans les banlieues\u2019, dit-elle.<\/p>\n<h2>Souchien<\/h2>\n<p>Et cette peur n\u2019est sans doute pas n\u00e9e de nulle part. En octobre, Bouteldja a encore \u00e9t\u00e9 agress\u00e9e et barbouill\u00e9e de peinture \u00e0 son lieu de travail. De plus, l\u2019Agrif (<em>Alliance G\u00e9n\u00e9rale contre le Racisme et pour le respect de l\u2019Identit\u00e9 Fran\u00e7aise et chr\u00e9tienne<\/em>) a intent\u00e9 un proc\u00e8s contre elle pour racisme antiblanc suite \u00e0 son utilisation du terme de \u2018souchien\u2019 lors d\u2019un d\u00e9bat t\u00e9l\u00e9vis\u00e9. Elle renvoyait \u00e0 l\u2019expression \u2018Fran\u00e7ais de souche\u2019, les Fran\u00e7ais \u2018canal historique\u2019, mais l\u2019Agrif estime que Bouteldja a intentionnellement dit \u2018sous-chiens\u2019 et non pas \u2018souchiens\u2019.<\/p>\n<p>Le danger de ce qu\u2019on appelle le racisme antiblanc est que ce sont maintenant les victimes de racisme qui sont accus\u00e9es de racisme\u2019, nous dit Bouteldja. \u2018On assimile les oppresseurs aux oppress\u00e9s. Le racisme n\u2019est pas seulement une question de d\u00e9clarations insultantes et de haine\u2019, dit-elle. \u2018Le racisme est une question de pouvoir. Ce n\u2019est pas correct d\u2019assimiler une expression comme \u2018sale noir\u2019 ou \u2018sale Arabe\u2019 \u00e0 \u2018sale blanc\u2019, par exemple. Le premier propos est raciste, car il trouve son origine dans une position collective de pouvoir ; le dernier est injurieux ou insultant, mais n\u2019a pas d\u2019effet politique, pas d\u2019effet permanent\u2019, dit-elle.<\/p>\n<p>A son avis, toute cette offensive sur le racisme antiblanc est un moyen utilis\u00e9 par l\u2019extr\u00eame-droite pour contr\u00f4ler la lutte contre le racisme. Pas sans succ\u00e8s, constate-t-elle, mais elle ne se fait pas intimider. \u2018Le travail dans les banlieues doit encore commencer\u2019, conclut-elle.<\/p>\n<p>\u2018Nous, les Indig\u00e8nes, ne croyons pas en la R\u00e9publique. Nous croyons uniquement en ce que nous voyons et nous voulons nous lib\u00e9rer du mythe r\u00e9publicain de <em>Libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9, fraternit\u00e9<\/em>.\u2019<\/p>\n<p>\u2018Nous ne pouvons pas compter sur une gauche paternaliste, une gauche qui se limite \u00e0 la lutte des classes et qui veut nous imposer un racisme moral.\u2019<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>Auteur:<\/div>\n<p>Samira Bendadi<\/p>\n<\/div>\n<div><a href=\"http:\/\/www.mo.be\/fr\/artikel\/le-racisme-est-une-question-de-pouvoir-2\">Source<\/a><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Houria Bouteldja, porte-parole des Indig\u00e8nes de la R\u00e9publique \u2018Le racisme est une question de pouvoir\u2019 4 fevrier 2013 \u2014 Une forte conscience politique, des analyses claires, une combativit\u00e9 t\u00eatue : voici les mots cl\u00e9s pour d\u00e9crire Houria Bouteldja (39), fille d\u2019immigrants alg\u00e9riens venus vivre en France lorsqu\u2019elle avait sept ans. Bouteldja a un projet politique &#8230; <a title=\"\u2018Le racisme est une question de pouvoir\u2019\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=472\" aria-label=\"En savoir plus sur \u2018Le racisme est une question de pouvoir\u2019\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":256,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[22,25,36,4,20,7,8,18,28,37,39,5],"tags":[],"class_list":["post-472","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-emploi","category-enseignement","category-europe","category-islamophobie","category-logement","category-negrophobie","category-prisons","category-resistance-bruxelles","category-racismes","category-romophobie","category-sans-papier","category-violence-policiere"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/472","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=472"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/472\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":473,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/472\/revisions\/473"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/256"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=472"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=472"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=472"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}