{"id":4904,"date":"2021-09-17T20:09:28","date_gmt":"2021-09-17T19:09:28","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4904"},"modified":"2021-09-17T20:09:28","modified_gmt":"2021-09-17T19:09:28","slug":"sur-les-traces-coloniales-de-la-ville-basse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4904","title":{"rendered":"SUR LES TRACES COLONIALES DE LA VILLE BASSE"},"content":{"rendered":"<p>Il y a dans la ville haute beaucoup de traces de la colonisation du Congo\u00a0: tous les quartiers g\u00e9n\u00e9raux, \u00e9conomiques et politiques se trouvaient l\u00e0. Mais dans la ville basse, elles sont quasiment effac\u00e9es. Guid\u00e9\u00b7es par Lucas Catherine, sp\u00e9cialis\u00e9 dans l\u2019histoire coloniale belge, nous vous invitons \u00e0 partir \u00e0 la d\u00e9couverte de ces traces perdues ou m\u00e9connues. L\u2019Union Mini\u00e8re du Haut-Katanga, qui exploitait presque toutes les mines du Congo existe encore, elle a seulement chang\u00e9 de nom\u00a0: Umicore. A 14h00, nous commencerons rue du Marais 31. Les premiers Congolais ne sont pas arriv\u00e9s \u00e0 Matonge XL, mais d\u00e8s 1910 dans l\u2019ancien quartier du Port (le Vismet). Ils ont fond\u00e9 leur premi\u00e8re association en 1919 au boulevard Jacqumain. C\u2019est aussi dans ce quartier que sont arriv\u00e9s les bananes et le cacao, les produits de luxe en provenance du Congo.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<div class=\"image is-fullwidth\"><a href=\"https:\/\/ieb.be\/IMG\/jpg\/carted_decoloweb.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ieb.be\/IMG\/jpg\/carted_decoloweb.jpg\" \/><\/a><\/p>\n<div class=\"hero-foot mx-1 has-text-right has-text-grey-lighter is-size-8\">\u00a9 IEB &#8211; 2021<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"crayon article-texte-45989 content my-4\">\n<h3 class=\"spip\">1. Pr\u00e9lude\u00a0: Les n\u00e9griers du 18e si\u00e8cle<\/h3>\n<p>Dans la p\u00e9riode autrichienne (xviiie si\u00e8cle), plusieurs familles bruxelloises \u2013 comme les Chapel, de Pestre et Walckiers \u2013 finan\u00e7aient, par l\u2019interm\u00e9diaire de Fr\u00e9d\u00e9ric Romberg, des bateaux qui participaient \u00e0 la traite n\u00e9gri\u00e8re. Ces navires op\u00e9raient depuis les grands ports n\u00e9griers fran\u00e7ais\u00a0: Le Havre, Nantes et La Rochelle. Les esclaves n\u2019arrivaient pas \u00e0 Bruxelles, mais \u00e9taient vendus l\u00e0-bas. Les cargos portaient des noms comme\u00a0<i>Les \u00c9tats de Brabant, Le Cheval Marin Flamand<\/i>\u2026 ou encore le tristement proph\u00e9tique Le Roy du Congo.<\/p>\n<p>Une de ces familles de n\u00e9griers, les Walckiers, ont laiss\u00e9 des traces consid\u00e9rables \u00e0 Bruxelles. Le ch\u00e2teau d\u2019Helmet, le domaine des Trois Fontaines et le parc Walckiers leur appartenaient\u2026 et en 1787, Edouard Walckiers faisait construire le ch\u00e2teau du Belv\u00e9d\u00e8re. En 1867, celui-ci fut achet\u00e9 par L\u00e9opold II et aujourd\u2019hui il fait partie du domaine royal de Laeken.<\/p>\n<p>Remarquez, au sommet du b\u00e2timent Romberg, la girouette en forme de navire n\u00e9grier \u00e0 trois m\u00e2ts.<\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p>Au XVIIIe si\u00e8cle, plusieurs familles bruxelloises finan\u00e7aient, par l\u2019interm\u00e9diaire de Fr\u00e9d\u00e9ric Romberg, des bateaux qui participaient \u00e0 la traite n\u00e9gri\u00e8re.<\/p><\/blockquote>\n<h3 class=\"spip\">2. L\u2019ancien si\u00e8ge de la firme Van Damme<\/h3>\n<p>Pendant la premi\u00e8re moiti\u00e9 du xxe si\u00e8cle, les bananes repr\u00e9sentaient le fruit exotique par excellence, et co\u00fbtaient tr\u00e8s cher. Leur transport \u00e0 partir des plantations du Congo posait n\u00e9anmoins un probl\u00e8me presque insurmontable. Au d\u00e9but, on importait donc seulement de la f\u00e9cule de banane qui servait de suppl\u00e9ment nutritionnel ou qui constituait au petit d\u00e9jeuner, m\u00e9lang\u00e9 avec du sucre, du cacao et du lait, les corn-flakes de l\u2019\u00e9poque. C\u2019est seulement \u00e0 partir de 1939 que les bananes arrivent fra\u00eeches du Congo. Apr\u00e8s la deuxi\u00e8me guerre mondiale, les bananes viendront surtout d\u2019Am\u00e9rique Latine.<\/p>\n<p>Avant de d\u00e9m\u00e9nager au Nouveau March\u00e9 aux grains, la firme Van Damme \u00e9tait \u00e9tablie \u00e0 la Place Sainte-Catherine, num\u00e9ro 11, dans l\u2019immeuble o\u00f9 se trouve actuellement le restaurant La Belle Maraich\u00e8re. La porte coch\u00e8re \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du restaurant m\u00e8ne \u00e0 l\u2019ancienne m\u00fbrisserie, maintenant en ruine.<\/p>\n<p>Remarquez, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des lucarnes, les d\u00e9corations de style art-d\u00e9co\u00a0: des fresques brillantes, noir et jaune, repr\u00e9sentant deux t\u00eates de femmes congolaises enrubann\u00e9es de bananes.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">3. Le building des bananiers<\/h3>\n<p>Des fresques en pierre de sable \u00e9maill\u00e9e, dessin\u00e9es par le c\u00e9ramiste Paulis et ex\u00e9cut\u00e9es par Van Parijs, ornent l\u2019\u00e9tage sup\u00e9rieur de l\u2019immeuble, connu dans tout le quartier comme le \u00ab\u00a0building des bananiers\u00a0\u00bb. Les magasins de GKF et les m\u00fbrisseries (entrep\u00f4ts o\u00f9 les fruits sont stock\u00e9s le temps d\u2019arriver \u00e0 maturation) se trouvaient un peu plus loin sur le boulevard d\u2019Ypres. Sur leurs fa\u00e7ades on peut remarquer le m\u00eame genre de d\u00e9corations.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">4. Le premier atelier L\u00e9onidas<\/h3>\n<p>Leonidas Kestekides est un immigr\u00e9 d\u2019Anatolie qui, dans un premier temps, s\u2019installe \u00e0 Gand. Lors de l\u2019exposition mondiale de 1913, son chocolat re\u00e7oit la m\u00e9daille d\u2019or et la m\u00eame ann\u00e9e, il se marie avec Joana Teerlinck et d\u00e9m\u00e9nage \u00e0 Bruxelles. Ils s\u2019installeront d\u2019abord au Vieux March\u00e9 aux Grains, avant d\u2019aller vivre au 58 boulevard Anspach, plus luxueux. C\u2019est l\u00e0 que Leonidas Kestekides commencera \u00e0 vendre ses pralines en comptoir ouvert directement sur la rue, une nouveaut\u00e9 qui rencontrera d\u2019embl\u00e9e un vif succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Le cacaotier est un arbre d\u2019origine latinoam\u00e9ricaine, introduit en Afrique tropicale par les Anglais. Les premiers plants arrivent au Congo en 1883, en passant par la C\u00f4te d\u2019Or (Ghana). C\u2019est cette origine qui donnera son nomau chocolat belge le plus connu, le chocolat C\u00f4te d\u2019Or. \u00c0 partir de 1890, l\u2019am\u00e9nagement de plantations de cacao est encourag\u00e9e par Edmond Leplae, directeur- g\u00e9n\u00e9ral des Colonies et arri\u00e8re grand-p\u00e8re de \u00c9mile Dabin qui ach\u00e8te, aujourd\u2019hui, le cacao et le caf\u00e9 pour le Groupe Delhaize. \u00c0 l\u2019origine, le cacaotier \u00e9tait surtout cultiv\u00e9 dans le Mayombe, au nord de l\u2019embouchure du fleuve Congo. L\u2019exportation du cacao a connu des pointes jusque 20.000 tonnes entre 1910-1913 et entre 1927-1929. Une des caract\u00e9ristiques du \u00ab\u00a0chocolat belge\u00a0\u00bb est sa haute teneur en beurre de cacao, ce qui lui vaut d\u2019ailleurs sa renomm\u00e9e mondiale. Et tout cela, gr\u00e2ce au cacao du Congo\u2026<\/p>\n<p>Leonidas Kestekides meurt en 1948, dans la maison faisant partie du premier atelier, au Vieux March\u00e9 aux<br class=\"autobr\" \/>Grains. Aujourd\u2019hui, un immeuble d\u2019appartements se trouve \u00e0 l\u2019emplacement de celui-ci.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">5. Apr\u00e8s les produits congolais, les congolais<\/h3>\n<p>En 1908, lorsque l\u2019\u00c9tat ind\u00e9pendant du Congo, propri\u00e9t\u00e9 personnelle de L\u00e9pold II, devient le Congo belge, les premiers Congolais commencent \u00e0 arriver \u00e0 Bruxelles. \u00c0 partir de 1909-1910, des dizaines d\u2019autres suivent. Il s\u2019agit souvent d\u2019anciens marins ayant servi sur les bateaux du Congo, de boys \u00e9chapp\u00e9s aux familles de colons avec qui ils \u00e9taient partis en m\u00e9tropole, ou qui avaient \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9s. Ils s\u2019installent principalement dans le quartier de la Bourse et sur la rue de Flandre, des ouvriers parmi les ouvriers.<\/p>\n<p>Au num\u00e9ro 14 de la rue de Flandre, \u00e0 environ cinq maisons du March\u00e9 Sainte-Catherine, \u00e9tait situ\u00e9e une sorte de maison d\u2019accueil ou de transit. Des dizaines de Congolais sont pass\u00e9s par l\u00e0 et y ont \u00e9lu domicile pour un temps. L\u2019un des Congolais qui y s\u00e9journait \u00e9tait Simon Lisasi, surnomm\u00e9 Jo(h)ny. Il est tomb\u00e9 amoureux d\u2019une bruxelloise et l\u2019a \u00e9pous\u00e9e, comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas de beaucoup de ces premiers Congolais. D\u2019o\u00f9 la chanson bruxelloise de l\u2019\u00e9poque\u00a0:\u00a0<i>\u00ab\u00a0Karabitje eit e kind kocht, \u2019t es gebaure in ne kaffeepot.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Simon Lisasi a \u00e9galement fait la connaissance du confiseur Vos qui habitait un peu plus loin sur la rue de Flandre, au num\u00e9ro 146. Celui-ci fabriquait des guimauves, ce qu\u2019on appelle \u00e0 Bruxelles des\u00a0<i>maskesvlies<\/i>\u00a0ou fesses de nonnes. Simon lui a donn\u00e9 l\u2019id\u00e9e de r\u00e9utiliser les morceaux de sucre restants en les faisant cuire ensemble pour former une plaque de sucre noir et dur, aromatis\u00e9e \u00e0 l\u2019anis. Cass\u00e9 en morceaux \u00e0 l\u2019aide d\u2019un marteau, on lui donne le nom swahili karabougia (de\u00a0<i>kara<\/i>\u00a0: morceau et\u00a0<i>bugia<\/i>\u00a0: bonbon). C\u2019est devenu une sorte d\u2019ersatz de chocolat, tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre alors. Lorsque Herg\u00e9 pr\u00e9sente le capitaine Haddock pour la premi\u00e8re fois, son navire s\u2019appelle le\u00a0<i>Karaboudjan<\/i>.<\/p>\n<p>Pour en faire la promotion, Lisasi visite tous les march\u00e9s du centre-ville, v\u00eatu d\u2019une jupe de paille et portant un collier de coquillages, en criant\u00a0<i>\u201cKarabougia, Karabougia, Bollen veu de valling, Bolle veu den oest. Alleman moe leive. Wit en Zwet, Karabougia\u201d<\/i>. Non seulement son spectacle attire l\u2019attention des clients, mais il est \u00e9galement sollicit\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises pour jouer au th\u00e9\u00e2tre. Sa profession principale \u00e9tait m\u00e9canicien.<\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p>Invent\u00e9 \u00e0 moins de cent m\u00e8tres du premier atelier Leonidas, c\u2019est le chocolat des classes populaires\u00a0!<\/p><\/blockquote>\n<p>Au service du confiseur Vos, Lisasi engage environ 140 autres vendeurs et jusque dans les ann\u00e9es 50 et 60, la karabougia \u2013 dans des sachets coniques caract\u00e9ristiques \u2013 \u00e9tait encore vendu par des Congolais dans les staminets de Bruxelles. Invent\u00e9 \u00e0 moins de cent m\u00e8tres du premier atelier Leonidas, c\u2019est le chocolat des classes populaires\u00a0!<\/p>\n<h3 class=\"spip\">6. La place Sainte-Catherine et son march\u00e9<\/h3>\n<p>Le march\u00e9 Sainte-Catherine n\u2019\u00e9tait pas seulement un march\u00e9 tr\u00e8s populaire, les Congolais y vendaient aussi leurs karabougia, et pas seulement. Dans le Journal du Congo du 13 d\u00e9cembre 1913, on pouvait lire\u00a0<i>\u00ab\u00a0Place Sainte-Cath\u00e9rine, au march\u00e9 aux fruits et l\u00e9gumes, une demi-douzaine de nos fr\u00e8res noirs du Congo ont \u00e9tabli un march\u00e9 d\u2019acacia purgatif et de sucre de canne cuit, pour la tousse et les bronchites. Tr\u00e8s proprement habill\u00e9s, le chapeau melon sur la t\u00eate, ils d\u00e9bitent leur marchandise avec un bagout intarissable\u2026 Mais \u00f4 surprise, ces n\u00e8gres parlent aussi le flamand\u00a0! \u2019En pakske voor vijf cents\u00a0!\u2019 Des faux n\u00e8gres\u00a0? Du tout. Des Congolais parfaitement authentiques. Pour s\u2019en convaincre, il suffit d\u2019entendre leur palabre en kiswahili.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<h3 class=\"spip\">7. Le Vismet<\/h3>\n<p>Ancien si\u00e8ge de la firme Spiers, premier importateur de bananes, non seulement du Congo, mais aussi d\u2019Am\u00e9rique Latine. L\u2019entreprise a plus tard d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Anvers, avant d\u2019\u00eatre reprise par Chiquita.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">8. Eldorado<\/h3>\n<p>Aujourd\u2019hui, l\u2019ancien cin\u00e9ma Eldorado, construit en 1932 par Marcel Chabot, fait partie du complexe UGC de la place de Brouck\u00e8re. Heureusement, la salle et les d\u00e9corations, con\u00e7ues par les sculpteurs Van Neste et Wolf, ont \u00e9t\u00e9 en grande partie pr\u00e9serv\u00e9es. De haut en bas, des fresques et de grands bas-reliefs dor\u00e9s d\u00e9corent la salle. L\u2019\u00e9clairage central est cach\u00e9 derri\u00e8re un grand soleil d\u2019or. Le long des murs, d\u2019\u00e9normes panneaux dor\u00e9s repr\u00e9sentent des bananiers, des \u00e9l\u00e9phants, des arbres \u00e0 caoutchouc, des antilopes et des villageois vaquant \u00e0 leurs occupations journali\u00e8res. Cette salle est une v\u00e9ritable perle du style art d\u00e9co.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">9. L\u2019Union Congolaise<\/h3>\n<p>Les premiers Congolais bruxellois se battent comme volontaires \u00e0 l\u2019Yser et en 1919, sous la direction de Paul Panda Farnana, ils fonderont la premi\u00e8re association de Congolais de Belgique. Elle avait son si\u00e8ge dans l\u2019avenue Jacquemain, 77.<\/p>\n<p>Lorsque l\u2019Union Congolaise est fond\u00e9e le 30 ao\u00fbt 1919, elle re\u00e7oit encore le soutien total de l\u2019establishment colonial. Son fondateur, Paul Panda Farnana, \u00e9tait venu en tant que gar\u00e7on avec la famille Derscheid en 1895 et a m\u00eame \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier en m\u00e9tropole. En 1909, il obtient le dipl\u00f4me d\u2019ing\u00e9nieur agronome. Jules Derscheid, son \u00ab\u00a0p\u00e8re adoptif\u00a0\u00bb, avait travaill\u00e9 pour l\u2019une des entreprises d\u2019Albert Thys, le premier grand entrepreneur du Congo, et lorsque l\u2019Union congolaise organise un concert de bienfaisance en novembre 1919, c\u2019est sous le patronage, entre autres, de la famille Thys et de l\u2019entrepreneur colonial Alexandre Delcommune (Banque d\u2019Outremer entre autres).<\/p>\n<p>Le soutien initial diminue bient\u00f4t, et lorsque les milieux coloniaux demandent le rapatriement de tous les Congolais de Belgique, l\u2019Union r\u00e9pond\u00a0:\u00a0<i>\u00ab\u00a0Maintenant que la guerre est termin\u00e9e et qu\u2019on n\u2019a plus besoin de nos services, on serait enchant\u00e9 de nous voir dispara\u00eetre. En ce qui concerne ce dernier point, nous sommes parfaitement d\u2019accord, \u00e0 la seule condition cependant que si vous insistez si s\u00e9v\u00e8rement sur le rapatriement des noirs, nous pourrions logiquement demander \u00e0 ce que tous les blancs se trouvant en Afrique soient rapatri\u00e9s \u00e9galement.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p><i>Si vous insistez si s\u00e9v\u00e8rement sur le rapatriement des noirs, nous pourrions logiquement demander \u00e0 ce que tous les blancs se trouvant en Afrique soient rapatri\u00e9s \u00e9galement.<\/i><\/p><\/blockquote>\n<p>\u00c0 partir de 1925, l\u2019Union Congolaise de Panda Farnana est consid\u00e9r\u00e9e comme dangereuse et m\u00eame accus\u00e9e de sympathies communistes. C\u2019est pourquoi, en juin 1930, le roi Albert Ier prend l\u2019arr\u00eat\u00e9 suivant\u00a0:\u00a0<i>\u00ab\u00a0J\u2019ai l\u2019honneur de porter \u00e0 la connaissance du personnel de la colonie, qu\u2019eu \u00e9gard aux inconv\u00e9nients multiples, voire aux dangers r\u00e9sultant du s\u00e9jour des Noirs en Belgique, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019interdire d\u00e9sormais aux fonctionnaires et agents rentrant en cong\u00e9, d\u2019emmener des Noirs avec eux.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p><i>J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019interdire d\u00e9sormais aux fonctionnaires et agents rentrant en cong\u00e9, d\u2019emmener des Noirs avec eux.\u00a0\u00bb<\/i><\/p><\/blockquote>\n<p>Et ils ne voulaient plus de Congolais instruits non plus\u2026 Comme le disait Tilkens, alors gouverneur g\u00e9n\u00e9ral du Congo\u00a0: \u00ab\u00a0Pas d\u2019\u00e9lite, pas d\u2019ennuis\u00a0\u00bb. Il faudra donc attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que les Congolais soient \u00e0 nouveau autoris\u00e9s \u00e0 venir en Belgique, \u00e0 y \u00e9tudier et \u00e0 y vivre.<\/p>\n<p>La maison du num\u00e9ro 77 n\u2019existe plus, s\u2019y trouve maintenant le b\u00e2timent d\u2019AG Assurances.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">10. Umicore \/ Union mini\u00e8re du Haut-Katanga<\/h3>\n<p>L\u2019Union Mini\u00e8re fut fond\u00e9e en 1906 \u00e0 l\u2019iniative de Leopold II. Depuis 1928, elle est une compagnie d\u00e9pendante de la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, qui d\u00e9tient alors plus de la moiti\u00e9 des actions et donc la plupart des mines du Congo\u00a0: le cuivre, l\u2019\u00e9tain, le cobalt, le zinc, le mangan\u00e8se, etc. La Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale contr\u00f4le alors 70\u00a0% de l\u2019\u00e9conomie congolaise et fait en sorte qu\u2019en 1929, plus de 50\u00a0% de l\u2019exportation et de l\u2019importation belges se r\u00e9alisent en provenance et vers le Congo.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019Union Mini\u00e8re qui livre les 1 560 tonnes d\u2019uranium en provenance de la mine de Shinkolobwe pour la construction des premi\u00e8res bombes atomiques qui d\u00e9truiront Hiroshima et Nagasaki, et jusqu\u2019en 1956, les Belges ne vendront l\u2019uranium congolais qu\u2019aux Am\u00e9ricains.<\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p>Fin 1941, un mouvement de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale atteint toutes les mines de la compagnie. Celle-ci fait alors intervenir l\u2019arm\u00e9e coloniale, la Force Publique.<\/p><\/blockquote>\n<p>Lors de l\u2019exposition universelle de 1958 \u00e0 Bruxelles (Expo 58), l\u2019Atomium, un atome de fer agrandi, voit le jour et la boule du dessous servira de vitrine \u00e0 l\u2019Association belge pour le d\u00e9veloppement pacifique de l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire. Au Congo, l\u2019Union Mini\u00e8re \u00e9tait connue pour son paternalisme et les syndicats sont interdits dans les mines qu\u2019elle exploite. Cependant, fin 1941, un mouvement de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale atteint toutes les mines de la compagnie. Celle-ci fait alors intervenir l\u2019arm\u00e9e coloniale, la Force Publique. \u00c0 Elisabehtville\/Lubumbashi, 2 000 gr\u00e9vistes congolais avec femmes et enfants sont rassembl\u00e9s dans le stade de football o\u00f9 l\u2019arm\u00e9e ouvre le feu avec des mitrailleuses, mettant ainsi fin au mouvement de gr\u00e8ve.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"has-text-right\">par\u00a0<a class=\"has-text-black-bis is-size-5 has-text-weight-bold\" href=\"https:\/\/ieb.be\/_Lucas-Catherine_\">Lucas Catherine<\/a><\/div>\n<div style=\"text-align: right;\"><a href=\"https:\/\/ieb.be\/D-Sur-les-traces-coloniales-de-la-ville-basse\">SOURCE\u00a0<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a dans la ville haute beaucoup de traces de la colonisation du Congo\u00a0: tous les quartiers g\u00e9n\u00e9raux, \u00e9conomiques et politiques se trouvaient l\u00e0. Mais dans la ville basse, elles sont quasiment effac\u00e9es. Guid\u00e9\u00b7es par Lucas Catherine, sp\u00e9cialis\u00e9 dans l\u2019histoire coloniale belge, nous vous invitons \u00e0 partir \u00e0 la d\u00e9couverte de ces traces perdues &#8230; <a title=\"SUR LES TRACES COLONIALES DE LA VILLE BASSE\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4904\" aria-label=\"En savoir plus sur SUR LES TRACES COLONIALES DE LA VILLE BASSE\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[21,36,4,7,18,28],"tags":[14],"class_list":["post-4904","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-anti-imperialisme","category-europe","category-islamophobie","category-negrophobie","category-resistance-bruxelles","category-racismes","tag-bruxelles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4904","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4904"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4904\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4905,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4904\/revisions\/4905"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4904"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4904"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4904"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}