{"id":4936,"date":"2013-03-10T20:43:17","date_gmt":"2013-03-10T19:43:17","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4936"},"modified":"2021-10-26T20:49:13","modified_gmt":"2021-10-26T19:49:13","slug":"a-propos-de-paroles-ardentes-et-de-reves-rebelles-linsurrection-indigene-rebelion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4936","title":{"rendered":"A propos de paroles ardentes et de r\u00eaves rebelles : l\u2019insurrection indig\u00e8ne (Rebelion)"},"content":{"rendered":"<div class=\"article-auteur print-only\">\n<div class=\"ajaxbloc bind-ajaxReload\" data-ajax-env=\"Z4eUJDDrtixCB\/BvyT3uAZceXUz7I3IcpH5oykmMFSiHyapeDIF3XF1Jt6s\/eGubIQ1zLh0Y2GkbimIiezTt3MXi0wMGT32twNwClJ3rwdJBU63OhfdpQofdTTBeo5E5K93Uvv\/MA1ffc\/s3mSgUJo5TnOxVJAOc+VCzIB56vOeXbSYbk1ojtlMUfoIdgOfC3cYoqhVHsGHyo8twk5GoPpjFJtXKZYRflPh7p4IaOBfDYnPbsl2m0owoBBkcpw13EbvfNAtutERRLC\/6hyJBZw==\" data-origin=\"a-propos-de-paroles-ardentes-et-de-reves-rebelles-l-insurrection-indigene-rebelion.html\" aria-live=\"polite\" aria-atomic=\"true\">Luis MARTINEZ ANDRADE<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"font-variable\" class=\"article-texte print-only\">\n<p><img decoding=\"async\" class=\"spip_logo spip_logo_left spip_logos alignleft\" title=\"A propos de paroles ardentes et de r\u00eaves rebelles : l'insurrection indig\u00e8ne (Rebelion)\" src=\"https:\/\/www.legrandsoir.info\/local\/cache-vignettes\/L250xH203\/arton19688-7fecd.jpg?1600315176\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"203\" \/>Le 1er janvier 1994, dans le sud-est mexicain, un groupe d\u2019indig\u00e8nes, le visage recouvert d\u2019un passe-montagne et arm\u00e9s de fusils rustiques, d\u00e9fiait le gouvernement et l\u2019arm\u00e9e du Mexique. Ils r\u00e9clamaient la terre, du travail, un toit, de la nourriture, la sant\u00e9, l\u2019\u00e9ducation, la libert\u00e9, l\u2019ind\u00e9pendance, la d\u00e9mocratie et la justice pour les 56 ethnies de la R\u00e9publique. La nouvelle d\u2019un soul\u00e8vement populaire dans le coin le plus pauvre du pays faisait l\u2019effet d\u2019une douche froide autant sur la classe politique que sur les \u00e9lites patronales, car \u00e0\u00a0cette \u00e9poque, l\u2019information qui faisait la une des principaux m\u00e9dia \u00e9tait la si fameuse entr\u00e9e du Mexique dans la \u00ab\u00a0\u00a0modernit\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0\u00a0travers la signature du Trait\u00e9 de Libre Echange. En plus de souligner une relation asym\u00e9trique entre deux pays faisant partie du G8 et leur homologue mexicain, ce trait\u00e9 avait pour objectif la consolidation du mod\u00e8le n\u00e9olib\u00e9ral. C\u2019est pour cette raison que le mouvement n\u00e9o-zapatiste faisait irruption sur la sc\u00e8ne politique afin de d\u00e9noncer la com\u00e9die n\u00e9faste et abjecte pr\u00e9par\u00e9e par le pr\u00e9sident de l\u2019\u00e9poque\u00a0: Carlos Salinas (du Parti R\u00e9volutionnaire Institutionnel, PRI).<\/p>\n<\/div>\n<p><!--more--><\/p>\n<div id=\"font-variable\" class=\"article-texte print-only\">\n<div>\n<p>Dans un long entretien, publi\u00e9 sous le titre\u00a0<i>Marcos, le seigneur des miroirs<\/i>, le sous-commandant insurg\u00e9 Marcos expliquait\u00a0: \u00ab\u00a0\u00a0Nous (les zapatistes) voulions d\u00e9montrer que l\u2019entr\u00e9e du Mexique dans le premier monde reposait sur une imposture. Imposture non seulement \u00e0\u00a0l\u2019encontre des indig\u00e8nes, comme le montra la crise de 1994-1995, mais aussi pour les classes moyennes et les classes laborieuses, comme on les appelait autrefois. Et m\u00eame pour une frange importante du secteur des entreprises. Notre position co\u00efncide avec la rupture des simulacres, nous disons que la mise en sc\u00e8ne instaur\u00e9e avait commenc\u00e9 \u00e0\u00a0op\u00e9rer, ou m\u00eame qu\u2019elle est d\u00e9j\u00e0\u00a0\u00e0\u00a0l\u2019oeuvre dans d\u2019autres pays qui sacrifient une partie importante de leur histoire et d\u2019un secteur social\u00a0\u00bb. [2]<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, le gouvernement a essay\u00e9 de d\u00e9naturer non seulement le contenu du soul\u00e8vement indig\u00e8ne mais en plus, avec un m\u00e9pris cinglant pour le monde indig\u00e8ne, il n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0\u00a0soutenir que le soul\u00e8vement \u00e9tait manipul\u00e9 par des groupes \u00e9trangers. M\u00eame le prix Nobel de Litt\u00e9rature, Octavio Paz, \u00e0\u00a0l\u2019instar de la grande majorit\u00e9 des membres de l\u2019establishment culturel du pays habitu\u00e9 aux pr\u00e9bendes, aux sin\u00e9cures et aux privil\u00e8ges dont ils sont \u00ab\u00a0\u00a0gav\u00e9s\u00a0\u00bb [3] par ceux qui\u00a0<i>dirigent en donnant des ordres<\/i>, sugg\u00e9rait que le soul\u00e8vement r\u00e9pondait \u00e0\u00a0des int\u00e9r\u00eats ext\u00e9rieurs visant \u00e0\u00a0plonger le pays dans une spirale de violence.<\/p>\n<p>D\u00e8s ses premiers communiqu\u00e9s, l\u2019Arm\u00e9e Zapatiste de Lib\u00e9ration Nationale (EZLN) se fit remarquer non seulement parce qu\u2019elle \u00e9tait un groupe qui se r\u00e9clamait de la r\u00e9volution \u00e0\u00a0une \u00e9poque de \u00ab\u00a0\u00a0d\u00e9mocratisation\u00a0\u00bb lib\u00e9rale et de la d\u00e9sint\u00e9gration de l\u2019Union Sovi\u00e9tique mais du fait de la rh\u00e9torique de son discours [4]. Ce groupe de \u00ab\u00a0\u00a0noctambules\u00a0\u00bb donna l\u2019impression d\u2019arriver en retard dans le d\u00e9bat national et donc, de ne pas comprendre l\u2019esprit des temps nouveaux.<\/p>\n<p>Ironie de l\u2019histoire, cette gu\u00e9rilla surgissait \u00e0\u00a0un moment o\u00f9 \u00e9tait proclam\u00e9e la fin de la lutte arm\u00e9e en Am\u00e9rique Latine [5], selon le diagnostic de Jorge Casta\u00f1eda, un sociologue mexicain, Secr\u00e9taire des Relations Ext\u00e9rieures sous le gouvernement de Vicente Fox (du Parti d\u2019Action Nationale, PAN).<\/p>\n<p><strong>Irruption proph\u00e9tique et espoirs intergalactiques.<\/strong><\/p>\n<dl class=\"spip_document_6550 spip_documents spip_documents_left\">\n<dt><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.legrandsoir.info\/local\/cache-vignettes\/L250xH248\/teologia-de-la-liberacion-e34e1.jpg?1600540299\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"248\" \/><\/dt>\n<\/dl>\n<p>\u00ab\u00a0\u00a0L\u2019Eglise des pauvres\u00a0\u00bb, comme expression d\u2019un\u00a0<i>Christianisme de la Lib\u00e9ration<\/i>, a accompagn\u00e9 les mouvements de r\u00e9sistance en Am\u00e9rique Latine. Le r\u00f4le que jou\u00e8rent quelques membres du clerg\u00e9, depuis la lutte contre le pouvoir colonial espagnol jusqu\u2019\u00e0\u00a0la r\u00e9bellion h\u00e9ro\u00efque contre le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme colonial du XXI\u00e8me si\u00e8cle, en passant par les luttes pour l\u2019Ind\u00e9pendance au XIX\u00e8me si\u00e8cle et par celles de lib\u00e9ration au cours du XX\u00e8me, fait partie de la m\u00e9moire des mouvements d\u2019\u00e9mancipation latino-am\u00e9ricains. Fort de l\u2019ant\u00e9c\u00e9dent de Vatican II, le noyau proph\u00e9tique et subversif du Christianisme de la Lib\u00e9ration reprit de la vigueur. Les s\u00e9quelles du travail r\u00e9alis\u00e9 par les Communaut\u00e9s Eccl\u00e9siales de Base et les r\u00e9seaux de base eurent un impact fort sur la formation et la configuration du mouvement zapatiste. Avec des embl\u00e8mes tels que les mythes messianiques, les strat\u00e9gies utopiques et traditionnelles, les mouvements sociaux eurent la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er et de proposer des projets alternatifs au pouvoir.<\/p>\n<p>D\u00e8s qu\u2019il fit irruption, le mouvement n\u00e9o-zapatiste se montra original et global. Une date significative est le 27 juillet 1996, o\u00f9 Ana Mar\u00e0\u00ada, officier sup\u00e9rieur indig\u00e8ne, dans le discours inaugural qu\u2019elle pronon\u00e7a \u00e0\u00a0l\u2019occasion de la\u00a0<i>Premi\u00e8re Rencontre Intercontinentale pour l\u2019Humanit\u00e9<\/i>\u00a0et contre le\u00a0<i>N\u00e9o-Lib\u00e9ralisme<\/i>, pointait deux globalisations. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, celle du capitalisme n\u00e9o-lib\u00e9ral (d\u2019esprit colonialiste) qui mercantilise tous les aspects de la soci\u00e9t\u00e9, qui homog\u00e9n\u00e9ise les gens et qui chosifie la nature et d\u2019un autre, une mondialisation de la r\u00e9sistance, de la lutte et de la r\u00e9bellion repr\u00e9sent\u00e9e par des peuples, des organisations et des individus qui cherchent \u00e0\u00a0construire des passerelles pour un dialogue sym\u00e9trique et f\u00e9d\u00e9rateur. Unis dans la d\u00e9finition de la probl\u00e9matique mais respectueux des diff\u00e9rences. Dans ce sens, Marcos remarquait que \u00ab\u00a0\u00a0le mouvement indig\u00e8ne zapatiste est un symbole qui se refuse \u00e0\u00a0\u00eatre sacrifi\u00e9 sur l\u2019autel d\u2019un monde standardis\u00e9 o\u00f9 toutes les diff\u00e9rences sont soit int\u00e9gr\u00e9es et cessent d\u2019\u00eatre des diff\u00e9rences ou bien elles sont \u00e9limin\u00e9es. Le mouvement indig\u00e8ne refuse cela et il rel\u00e8ve le d\u00e9fi. D\u2019o\u00f9 la sympathie qu\u2019il suscite dans des secteurs \u00e0\u00a0l\u2019origine aussi lointains du monde indig\u00e8ne que le sont les jeunes, les anarchistes, les \u00e9migrants, ceux qui ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9s \u00e0\u00a0leur terre, ici et l\u00e0\u00a0, en Europe, aux Etats-Unis et au Mexique (\u2026) Nous travaillons \u00e0\u00a0l\u2019instauration d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 nous aurons une place sans que cela signifie que nous allons homog\u00e9n\u00e9iser cette soci\u00e9t\u00e9. Nous travaillons \u00e0\u00a0l\u2019instauration de l\u2019id\u00e9e que tous doivent \u00eatre des indig\u00e8nes et que celui qui ne serait pas indig\u00e8ne devra dispara\u00eetre\u00a0\u00bb. [6]<\/p>\n<p>La lettre de bienvenue que le Commandement lut aux participants de la\u00a0<i>Rencontre Intercontinentale de 1996<\/i>\u00a0se terminait sur la devise suivante\u00a0: Plan\u00e8te &#8211; Terre. Ce n\u2019est pas un hasard si Naomi Klein reconnut l\u2019importance de ce Meeting comme pr\u00e9misse fondamentale \u00e0\u00a0la constitution du mouvement altermondialiste et \u00e0\u00a0la mise en marche du Forum Social Mondial en 2001 [7]<\/p>\n<p>D\u2019autre part, le discours \u00e9thico-politique n\u00e9o-zapatiste est novateur dans le domaine linguistique, celui du jargon politique car il d\u00e9terre les lieux communs. L\u2019importance de la parole dans la lutte nous renvoie \u00e0\u00a0la r\u00e9cup\u00e9ration de la m\u00e9moire, outre la charge symbolique de la non-contemporan\u00e9it\u00e9 du contemporain. Par exemple, le fait de \u00ab\u00a0\u00a0commander en ob\u00e9issant\u00a0\u00bb n\u2019est pas seulement une pratique de r\u00e9sistance, aliment\u00e9e par la tradition des communaut\u00e9s indig\u00e8nes, qui \u00ab\u00a0\u00a0renvoie \u00e0\u00a0un m\u00e9lange de contenus relatifs au temps, le futur et le pass\u00e9, l\u2019aurore et le cr\u00e9puscule ou le cr\u00e9puscule et l\u2019aurore sociaux\u00a0\u00bb mais en plus, c\u2019est une fusion entre politique et \u00e9thique qui s\u2019oppose \u00e0\u00a0la philosophie politique bourgeoise. Dans un autre entretien accord\u00e9 au sociologue fran\u00e7ais Yvan Le Bot, Marcos confirme que \u00ab\u00a0\u00a0pour les zapatistes, les valeurs \u00e9thiques sont une r\u00e9f\u00e9rence fondamentale qui compte plus que la\u00a0<i>realpolitik<\/i>. Les d\u00e9cisions des zapatistes contournent la\u00a0<i>realpolitik<\/i>, car les zapatistes accordent plus de valeur aux implications morales\u00a0\u00bb. [8]<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9l\u00e9ment \u00e9thique est incontournable dans le discours et dans la pratique zapatistes. Il est important de rappeler le fameux \u00e9pisode de la capture par l\u2019EZLN du g\u00e9n\u00e9ral Absalon Castellanos Dominguez (militaire et gouverneur de l\u2019\u00e9tat du Chiapas de 1982 \u00e0\u00a01988, partisan du PRI) dans sa propri\u00e9t\u00e9\u00a0\u00ab\u00a0\u00a0El Mom\u00f3n\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s un jugement populaire, rendu par un tribunal militaire zapatiste, il ne fut pas condamn\u00e9 \u00e0\u00a0l\u2019\u00e9chafaud mais \u00e0\u00a0\u00ab\u00a0\u00a0vivre jusqu\u2019au dernier de ses jours dans la honte d\u2019avoir re\u00e7u le pardon et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de ceux qu\u2019il a aussi longtemps humili\u00e9s, s\u00e9questr\u00e9s, d\u00e9pouill\u00e9s, vol\u00e9s et assassin\u00e9s\u00a0\u00bb. [9] Cette mani\u00e8re de concevoir la justice montre la probit\u00e9 et la stature morale du mouvement zapatiste et le distingue de tout autre type de mouvements sociaux. [10]. Selon l\u2019expression de Walter Benjamin, la\u00a0<i>violence divine<\/i>\u00a0du mouvement zapatiste est encore plus violente et radicale que celle de nombreux groupes terroristes ou fondamentalistes. C\u2019est la\u00a0<i>violence divine<\/i>\u00a0qui s\u2019oppose \u00e0\u00a0la violence structurelle.<\/p>\n<p><strong>La guerre de basse intensit\u00e9\u00a0: le massacre d\u2019Act\u00e9al.<\/strong><\/p>\n<dl class=\"spip_document_6551 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.legrandsoir.info\/local\/cache-vignettes\/L400xH259\/acteal-021e3.jpg?1600540299\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"259\" \/><\/dt>\n<\/dl>\n<p>Walter Benjamin \u00e9crivit dans la sixi\u00e8me de ses\u00a0<i>Th\u00e8ses sur la philosophie de l\u2019Histoire<\/i>\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0\u00a0Articuler historiquement le pass\u00e9 ne signifie pas le conna\u00eetre \u00a0\u00bb\u00a0tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 vraiment\u2019. Cela signifie s\u2019emparer d\u2019un souvenir tel qu\u2019il \u00e9tincelle en un instant de danger\u2026 Le seul qui ait le droit d\u2019allumer dans le pass\u00e9 l\u2019<i>\u00e9tincelle<\/i>\u00a0de l\u2019espoir est l\u2019historien travers\u00e9 par l\u2019id\u00e9e que m\u00eame\u00a0<i>les morts ne seront pas \u00e0\u00a0l\u2019abri de l\u2019ennemi<\/i>, si ce dernier est vainqueur. Et cet ennemi n\u2019en a pas fini d\u2019\u00eatre vainqueur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une importante mobilisation nationale, le gouvernement et les zapatistes acceptent un \u00ab\u00a0\u00a0cessez-le-feu\u00a0\u00bb et entament les Conversations de Paix, connues aussi comme \u00ab\u00a0\u00a0<i>Le dialogue de la cath\u00e9drale<\/i>\u00a0\u00bb, car elles eurent lieu dans la cath\u00e9drale de San Crist\u00f3bal de las Casas, avec la m\u00e9diation de l\u2019\u00e9v\u00eaque Samuel Ruiz, [11] Dans une lettre dat\u00e9e du 16 f\u00e9vrier 1994, le Comit\u00e9 Clandestin R\u00e9volutionnaire Indig\u00e8ne et le Commandement G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019EZLN soutenaient\u00a0: \u00ab\u00a0\u00a0Le mot de v\u00e9rit\u00e9 qui vient du plus profond de notre histoire, de notre douleur, des morts qui vivent en nous, combattra avec dignit\u00e9 sur les l\u00e8vres de nos chefs. Le canon de nos fusils se taira pour que notre v\u00e9rit\u00e9 parle avec des mots pour tous, les mots qui se battent dans l\u2019honneur, il n\u2019y aura pas de mensonge dans nos coeurs d\u2019hommes authentiques. A travers notre voix, s\u2019exprimera la voix du plus grand nombre, de ceux qui n\u2019ont rien, de ceux qui sont condamn\u00e9s au silence et \u00e0\u00a0l\u2019ignorance, qui ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s de leur terre et de leur histoire par la souverainet\u00e9 des puissants, la voix de tous les hommes bons qui sillonnent ces espaces de douleur et de rage, celle des enfants et des vieillards qui sont morts dans la solitude et l\u2019abandon, des femmes humili\u00e9es, des hommes humbles. A travers notre voix, s\u2019exprimeront les morts, tellement seuls et oubli\u00e9s, tellement morts et cependant tellement vivants dans notre voix et dans nos actes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En juin 1994, l\u2019EZLN lan\u00e7a la\u00a0<i>Seconde D\u00e9claration de la For\u00eat Lacandonienne<\/i>\u00a0pour exhorter la soci\u00e9t\u00e9 civile \u00e0\u00a0former une Convention Nationale D\u00e9mocratique. On peut y lire que \u00ab\u00a0\u00a0toutes les formes de luttes permettant de favoriser le passage \u00e0\u00a0la d\u00e9mocratie au Mexique sont n\u00e9cessaires\u00a0\u00bb. Parall\u00e8lement aux Dialogues de Paix, le gouvernement mexicain, \u00e0\u00a0ses trois niveaux, d\u00e9ploya une strat\u00e9gie de contre-insurrection dans tout l\u2019Etat du Chiapas, et envoya l\u2019arm\u00e9e harceler les communaut\u00e9s en r\u00e9bellion. A la fin 1994, fut publi\u00e9e la\u00a0<i>Troisi\u00e8me D\u00e9claration de la For\u00eat Lacandonienne<\/i>\u00a0o\u00f9 l\u2019EZLN appelle \u00e0\u00a0\u00ab\u00a0\u00a0la lutte pour la justice, la d\u00e9mocratie et la libert\u00e9, par tous les moyens, \u00e0\u00a0tous les niveaux et partout\u00a0\u00bb. Cette Troisi\u00e8me D\u00e9claration a pour contexte la crise \u00e9conomique qui condamna des millions de mexicains \u00e0\u00a0la pauvret\u00e9 et obligea une grande majorit\u00e9 d\u2019entre eux \u00e0\u00a0\u00e9migrer aux Etats-Unis. En outre, en d\u00e9cembre, les zapatistes parvinrent \u00e0\u00a0briser l\u2019encerclement militaire dans 38 municipalit\u00e9s de l\u2019\u00e9tat du Chiapas.<\/p>\n<p>Le 1er janvier 1996, fut publi\u00e9e la\u00a0<i>Quatri\u00e8me D\u00e9claration de la For\u00eat Lacandonienne<\/i>\u00a0qui annon\u00e7ait la cr\u00e9ation d\u2019un Front Zapatiste de Lib\u00e9ration Nationale (FZLN). Le sous-commandant Marcos pronon\u00e7a ces mots\u00a0: \u00ab\u00a0\u00a0La d\u00e9mocratie dans un pays d\u00e9mocratique ne se limite pas \u00e0\u00a0tenir des \u00e9lections d\u00e9mocratiques. Elle signifie quelque chose de plus profond, \u00e0\u00a0savoir la relation entre gouvernants et gouvern\u00e9s\u2026 Le plus grand d\u00e9fi du Zapatisme est de proclamer qu\u2019il est possible de faire de la politique sans se poser la question du pouvoir. Nous l\u2019affirmons. Et nous parions\u00a0: quel type de politique conduire sans la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0\u00a0la prise du pouvoir\u00a0? Quelle est la r\u00e9f\u00e9rence \u00e9lectorale\u00a0? La r\u00e9f\u00e9rence des partis politiques. Nous pouvons construire une formation politique sans envisager de prendre le pouvoir. Et nous l\u2019affirmons. Ceci constitua la Quatri\u00e8me D\u00e9claration de la For\u00eat Lacandonienne o\u00f9 l\u2019on peut lire\u00a0: \u00ab\u00a0Nous voulons une nouvelle fa\u00e7on de faire de la politique, cr\u00e9ons une nouvelle organisation politique\u2019. Pour que cela devienne concret, il faut respecter un processus\u00a0\u00bb [12]<\/p>\n<p>Nous f\u00eemes remarquer qu\u2019en un an, nous en \u00e9tions \u00e0\u00a0la quatri\u00e8me D\u00e9claration de la For\u00eat Lacandonienne. Pendant 12 mois, les zapatistes non seulement durent red\u00e9finir leurs strat\u00e9gies et leur positionnement sur l\u2019\u00e9chiquier politique mais aussi ils durent faire face \u00e0\u00a0la guerre \u00ab\u00a0\u00a0de basse intensit\u00e9\u00a0\u00bb engag\u00e9e par le gouvernement colombien. L\u2019un des \u00e9pisodes les plus ignominieux de cette \u00ab\u00a0\u00a0guerre de basse intensit\u00e9\u00a0\u00bb fut le massacre perp\u00e9tr\u00e9 dans la communaut\u00e9 d\u2019Act\u00e9al o\u00f9, le 22 d\u00e9cembre 1997, furent assassin\u00e9s 45 indig\u00e8nes tzotziles, dont des femmes enceintes et des enfants. Le gouvernement de Felipe Calderon (2006-2012) et la majeure partie de la classe politique mexicaine non seulement assur\u00e8rent l\u2019impunit\u00e9 aux auteurs intellectuels qui orchestr\u00e8rent cette action comme le chef de l\u2019Etat d\u2019alors, Ernesto Cedillo, conseiller de diff\u00e9rentes entreprises priv\u00e9es nord-am\u00e9ricaines, mais en plus, la Cour Supr\u00eame de Justice de la Nation, sous pr\u00e9texte que le Minist\u00e8re public avait fabriqu\u00e9 les preuves, ordonna la lib\u00e9ration de pr\u00e8s de 20 indig\u00e8nes qui avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s et inculp\u00e9s pour ce massacre. Ensuite, le 4 novembre, 9 paramilitaires furent lib\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Il convient de mentionner que le 21 avril 2009, le Centre des Droits de l\u2019Homme Bartolom\u00e9 de las Casas et l\u2019organisation civile \u00ab\u00a0\u00a0Les Abeilles\u00a0\u00bb avaient inform\u00e9 de la possible lib\u00e9ration de quelques paramilitaires qui avaient d\u00fb participer au massacre. Cependant, aussi bien pour la Cour Supr\u00eame de Justice que pour les \u00ab\u00a0\u00a0paladins du syst\u00e8me\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0\u00a0-dire, les avocats du Centre de Recherche et d\u2019Enseignement Economique (C.I.D.E.), l\u2019inconsistance des preuves \u00e9tait un motif pour mettre en oeuvre un recours en justice, qui impliquerait \u00e0\u00a0la fin, la lib\u00e9ration de 20 d\u00e9tenus. C\u2019est en ce sens que nous pouvons ajouter \u00e0\u00a0la liste des \u00ab\u00a0\u00a0mercenaires de la justice\u00a0\u00bb [13] les noms de Hugo Eric Flores Cervantes-\u00e9vang\u00e9liste et professeur au CIDE et d\u2019Hector Aguilar Camin, directeur de la revue Nexos qui prirent part \u00e0\u00a0la machination [14].<\/p>\n<p>Dans le cadre d\u2019une \u00ab\u00a0\u00a0guerre de basse intensit\u00e9\u00a0\u00bb livr\u00e9e par l\u2019Arm\u00e9e mexicaine contre les communaut\u00e9s autonomes zapatistes, le 22 d\u00e9cembre 1997, pr\u00e8s de 90 paramilitaires proches du PRI firent irruption dans la chapelle o\u00f9 \u00e9taient en pri\u00e8res les habitants de la communaut\u00e9 autonome \u00ab\u00a0\u00a0les Abeilles\u00a0\u00bb et les massacr\u00e8rent. Il est important de signaler que le groupe \u00ab\u00a0\u00a0Les Abeilles\u00a0\u00bb \u00e9tait constitu\u00e9 de sympathisants de la cause zapatiste mais ils n\u2019\u00e9taient pas zapatistes au sens strict. Il est \u00e9vident que le massacre d\u2019Act\u00e9al r\u00e9pondait davantage \u00e0\u00a0une politique de contre-insurrection qu\u2019\u00e0\u00a0un\u00a0\u00ab\u00a0\u00a0conflit entre indig\u00e8nes\u00a0\u00bb, comme l\u2019affirma le secr\u00e9taire du gouvernement et futur candidat PRI \u00e0\u00a0la pr\u00e9sidence Francisco Labastide Ochoa. Et m\u00eame, dans un article publi\u00e9 le 20 d\u00e9cembre 2007, dans le journal mexicain La Jornada, Carlos Montemayor soutenait qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un \u00e9pisode d\u2019une strat\u00e9gie de guerre et par cons\u00e9quent, la logique d\u2019une administration de guerre prenait le pas sur la possibilit\u00e9 d\u2019une solution politique.<\/p>\n<p>Dans un climat d\u2019amn\u00e9sie d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, de r\u00e9pression syst\u00e9matique et de criminalisation des mouvements sociaux au Mexique, nous devons prendre au s\u00e9rieux l\u2019opinion de Walter Benjamin selon laquelle\u00a0<i>les morts ne sont pas \u00e0\u00a0l\u2019abri.<\/i>\u00a0Le massacre d\u2019Act\u00e9al est un chapitre de plus de l\u2019histoire qui nous met en garde contre \u00ab\u00a0\u00a0l\u2019\u00e9tat d\u2019exception\u00a0\u00bb, la r\u00e8gle sous laquelle nous vivons. Il ne faut pas oublier le massacre d\u2019Act\u00e9al, il faut se souvenir que ce fut un crime d\u2019Etat \u00e9vident et donc, il faut agir en cons\u00e9quence et exiger que les coupables soient ch\u00e2ti\u00e9s. Pour l\u2019heure, c\u2019est la m\u00e9moire de la \u00ab\u00a0\u00a0dignit\u00e9\u00a0\u00bb qui les juge et les condamne.<\/p>\n<p><strong>Les douze ann\u00e9es tragiques du Parti Action nationale [15]<\/strong><\/p>\n<p>Le 19 juillet 1998, fut publi\u00e9e la\u00a0<i>Cinqui\u00e8me D\u00e9claration de la For\u00eat Lacandonienne<\/i>\u00a0o\u00f9 sont consign\u00e9es les demandes en mati\u00e8re de terre, de logement, de travail, de pain, de soins m\u00e9dicaux, d\u2019\u00e9ducation, de d\u00e9mocratie, de justice, de libert\u00e9, d\u2019ind\u00e9pendance nationale et de paix dans la dignit\u00e9. En plus d\u2019exhorter la soci\u00e9t\u00e9 civile \u00e0\u00a0une consultation nationale pour la reconnaissance indig\u00e8ne et contre la guerre d\u2019extermination, l\u2019EZLN soulignait l\u2019imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une R\u00e9forme constitutionnelle en mati\u00e8re de droits et de culture indig\u00e8nes et bien s\u00fbr, la prise en compte des Accords de San Andr\u00e9s [16]<\/p>\n<p>Apr\u00e8s presque soixante-dix ans d\u2019h\u00e9g\u00e9monie du PRI, le Parti Action Nationale (PAN, parti conservateur et de tendance lib\u00e9rale) acc\u00e9da \u00e0\u00a0la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique mexicaine aux \u00e9lections de 2000, \u00e0\u00a0travers son candidat Vicente Fox [17]. La fameuse \u00ab\u00a0\u00a0transition vers la d\u00e9mocratie au Mexique\u00a0\u00bb se traduisit par une accentuation et un approfondissement de l\u2019agenda n\u00e9o &#8211; lib\u00e9ral. Sous l\u2019administration Fox, les salaires connurent une chute r\u00e9elle, la migration vers les Etats-Unis augmenta (il y avait d\u00e9j\u00e0\u00a0en 2004 plus de 48 millions de mexicains de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du rio Bravo), la flexibilit\u00e9 de l\u2019emploi et la pr\u00e9carisation du travail accompagnaient la criminalisation des mouvements sociaux.<\/p>\n<dl class=\"spip_document_6552 spip_documents spip_documents_left\">\n<dt><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.legrandsoir.info\/local\/cache-vignettes\/L250xH163\/inicio_marcha_del_color_de_la_tierra-fc61e.jpg?1600540299\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"163\" \/><\/dt>\n<\/dl>\n<p>En f\u00e9vrier et mars 2001, l\u2019EZLN allait entreprendre la\u00a0<i>Marche de la Couleur de la Terre<\/i>\u00a0et parcourut en 37 jours une distance de 6 mille kilom\u00e8tres, marche qui se termina au Congr\u00e8s le 28 mars. Leur but \u00e9tait d\u2019exposer les causes de leur lutte, les requ\u00eates et les exigences des peuples indig\u00e8nes [18]. Il convient de mentionner que les membres du Parti Action Nationale n\u2019\u00e9taient pas pr\u00e9sents lorsque le Commandement de l\u2019EZLN prit la parole au Congr\u00e8s. En effet, depuis quand le noyau cr\u00e9ole, constitu\u00e9 de gens bien, \u00e9tait-il un interlocuteur abordable pour les indiens\u00a0? Comment cela pouvait-il \u00eatre possible\u00a0? Ces indiens du Chiapas qui remettaient en cause le syst\u00e8me de classes\u00a0!<\/p>\n<p>Le 25 avril 2001 est une date significative pour le repositionnement politique de l\u2019EZLN car ce jour-l\u00e0\u00a0, le S\u00e9nat approuva, gr\u00e2ce au vote des trois partis les plus importants (PRI, PAN, PRD), une r\u00e9forme constitutionnelle en mati\u00e8re de droits indig\u00e8nes. Cependant, cette r\u00e9forme \u00e9tait radicalement diff\u00e9rente de celle qu\u2019avait propos\u00e9e l\u2019EZLN et trahissait m\u00eame l\u2019esprit des Accords de San Andr\u00e9s. La gauche institutionnelle, c\u2019est-\u00e0\u00a0-dire, le Parti de la R\u00e9volution D\u00e9mocratique d\u00e9couvrait finalement le vrai visage de ceux qui en faisaient partie\u00a0: une ribambelle de profiteurs du Budget Public. Que r\u00eaver de mieux qu\u2019un portrait en paroles du PRD fait par le Sous &#8211; Commandant Marcos\u00a0?\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00a0Le PRD, le parti des \u00ab\u00a0erreurs tactiques\u2019. L\u2019erreur tactique, qui consiste, gr\u00e2ce \u00e0\u00a0des pactes \u00e9lectoraux, \u00e0\u00a0favoriser les affaires de familles d\u00e9guis\u00e9es en partis. L\u2019erreur tactique de s\u2019allier avec le PAN dans quelques \u00e9tats et en particulier au PRI. L\u2019erreur tactique de la contre-r\u00e9forme indig\u00e8ne et des paramilitaires de Zinacantan. L\u2019erreur tactique de Rosario Robles [19) et les vid\u00e9os scandaleuses. L\u2019erreur tactique de harceler et d\u2019exercer la r\u00e9pression contre le mouvement estudiantin de la UNAM en 1999 [20]. L\u2019erreur tactique de la \u00ab\u00a0Loi Ebrard\u2019 [21] et la \u00ab\u00a0loi Monsanto\u2019. L\u2019erreur tactique de la \u00ab\u00a0tol\u00e9rance z\u00e9ro\u2019 import\u00e9e de l\u2019ext\u00e9rieur et de poursuivre jeunes, homosexuels et lesbiennes coupables du d\u00e9lit d\u2019\u00eatre diff\u00e9rents. L\u2019erreur tactique de trahir la m\u00e9moire de ses morts, d\u2019accepter leurs assassins comme candidats aux \u00e9lections et de recycler les exclus des candidatures du PRI. L\u2019erreur tactique de convertir des mouvements populaires en bureaucraties partisanes et gouvernementales. L\u2019erreur tactique du manque de clart\u00e9 face \u00e0\u00a0des mouvements de r\u00e9sistance et de lib\u00e9ration dans d\u2019autres pays, de s\u2019incliner face au pouvoir nord-am\u00e9ricain et de tout faire pour s\u2019arranger avec les puissants. L\u2019erreur tactique de l\u2019alliance avec le narco &#8211; trafic dans le District F\u00e9d\u00e9ral. L\u2019erreur tactique de r\u00e9clamer de l\u2019argent aux gens en leur disant que c\u2019est pour aider \u00a0\u00bb\u00a0en sous-main\u2019 les zapatistes. L\u2019erreur tactique de faire une cour indigne aux secteurs les plus r\u00e9actionnaires du clerg\u00e9. L\u2019erreur tactique de se servir des morts dans la lutte, comme carte valant impunit\u00e9 pour voler, d\u00e9pouiller, corrompre, r\u00e9primer. L\u2019erreur tactique de courir vers le centre, \u00e9perdu de bonheur, avec son chargement d\u2019erreurs tactiques\u00a0\u00bb [23].<\/p>\n<p>Avec la contre-r\u00e9forme indig\u00e8ne, le Parti de la R\u00e9volution D\u00e9mocratique a d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il n\u2019\u00e9tait qu\u2019un parti comme tous les autres, sans divergences id\u00e9ologiques de fond avec le PRI ou le PAN, en ce qui concerne les bagarres pour le budget et pour les charges publiques. Un parti qui s\u2019\u00e9tait adapt\u00e9 \u00e0\u00a0la logique de la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale et opportuniste, un parti qui ne rechigne pas \u00e0\u00a0accepter dans ses rangs des transfuges du PRI pour les recycler sur ses listes \u00e9lectorales. Le PRD se convertissait en parti de l\u2019amn\u00e9sie et de l\u2019ignominie.<\/p>\n<p>Suite \u00e0\u00a0la trahison de la classe politique mexicaine, l\u2019EZLN r\u00e9alise que cette classe politique n\u2019est pas la solution mais au contraire une partie du probl\u00e8me structurel dont souffre le pays. De sorte qu\u2019en ao\u00fbt 2003, les zapatistes cr\u00e9ent les\u00a0<i>Juntas de Buen Gobierno<\/i>\u00a0(Ndt\u00a0: Comit\u00e9s de Bon Gouvernement), r\u00e9interpr\u00e9tant ainsi tout un h\u00e9ritage de pratiques d\u2019autonomie et d\u2019autogestion inspir\u00e9es des formes communautaires du monde indig\u00e8ne et paysan. Cette fa\u00e7on de relier l\u2019autonomie aux formes de r\u00e9sistance aura un fort impact sur la configuration des mouvements sociaux anti &#8211; syst\u00e8me en Am\u00e9rique Latine [24]. Il est int\u00e9ressant de noter cette d\u00e9fiance envers l\u2019ancienne et traditionnelle classe politique de la part des mouvements sociaux dans diff\u00e9rents endroits d\u2019Am\u00e9rique Latine.<\/p>\n<p>Dans un autre ordre d\u2019id\u00e9es, nous ne devons pas d\u00e9tacher la lutte contre le narco &#8211; trafic des strat\u00e9gies de contre-insurrection, ph\u00e9nom\u00e8ne qui s\u2019est appliqu\u00e9, et c\u2019est toujours le cas au Mexique, sous le gouvernement de Felipe Calderon (2006-2012). Par exemple, en novembre 2010, la journaliste Laura Castellanos annon\u00e7a\u00a0: le \u00ab\u00a0\u00a0Commandant Ramiro\u00a0\u00bb, membre de l\u2019Arm\u00e9e Populaire R\u00e9volutionnaire Insurg\u00e9e (ERPI) fut ex\u00e9cut\u00e9 au cours d\u2019une op\u00e9ration contre le narco &#8211; trafic. Le Secr\u00e9tariat de la D\u00e9fense soutint que \u00ab\u00a0\u00a0le Commandant Ramiro\u00a0\u00bb entretenait des liens avec le narco &#8211; trafic, cependant, une telle accusation n\u2019a jamais fait l\u2019objet d\u2019aucun signalement. Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, Castellanos elle &#8211; m\u00eame a d\u00e9clar\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0\u00a0R\u00e9cemment, un responsable indig\u00e8ne du sud-est du Chiapas a \u00e9t\u00e9 soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019entretenir des liens avec un autre groupe de narco &#8211; trafic. Il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9, des photos ont \u00e9t\u00e9 prises et l\u2019information a \u00e9t\u00e9 divulgu\u00e9e dans la presse. Cependant, il a \u00e9t\u00e9 remis en libert\u00e9 par la suite par manque de preuves cr\u00e9dibles. Le pays passe par un moment tr\u00e8s d\u00e9licat car la seule strat\u00e9gie qu\u2019ait appliqu\u00e9e Felipe Calderon a \u00e9t\u00e9 de faire circuler l\u2019arm\u00e9e dans les rues et les zones rurales. Evidemment, cette strat\u00e9gie a connu un \u00e9chec retentissant et des plaintes concernant la mort et la torture de civils ont \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9es. Dans ce contexte, les communaut\u00e9s indig\u00e8nes qui ont assum\u00e9 leur autonomie sont plus vuln\u00e9rables, comme ce fut le cas de celle de Santa Maria Ostula, dans l\u2019\u00e9tat de Michoacan, communaut\u00e9 qui non seulement fait face \u00e0\u00a0une situation socio-\u00e9conomique marginale mais qui subit la violence de groupes paramilitaires li\u00e9s au narco &#8211; trafic. Au cours de ces derniers mois, trois membres de l\u2019organisation paysanne Bienes Comunales Casa del Pueblo (Ndt\u00a0: Biens Communaux de la Maison du Peuple), entre autres le pr\u00e9sident Francisco de Asis Verdia Manuel, ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s et sont port\u00e9s disparus, et l\u2019on reste sans aucune nouvelle d\u2019eux\u00a0\u00bb [25].<\/p>\n<p>L\u2019accession du Parti Action Nationale \u00e0\u00a0la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique a conditionn\u00e9 la nouvelle r\u00e9partition g\u00e9ographique et par cons\u00e9quent, a d\u00e9clench\u00e9 une lutte intestine parmi les divers groupes criminels du pays. L\u2019\u00e9vasion, en 2001, de Joaquin Guzman Loera, mieux connu sous le nom de \u00ab\u00a0\u00a0El Chapo Guzman\u00a0\u00bb (Ndt\u00a0: Guzman le Courtaud), chef du \u00ab\u00a0\u00a0Cartel de Sinaloa\u00a0\u00bb, r\u00e9v\u00e9la de fa\u00e7on \u00e9vidente que le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral s\u2019\u00e9tait tourn\u00e9 vers un groupe criminel sp\u00e9cifique [26]. La classe politique, PRI, PAN, PRD, fait partie du crime organis\u00e9 et vice-versa.<\/p>\n<p>Sous le mandat de Calderon, l\u2019EZLN a continu\u00e9 de pratiquer sa politique de \u00ab\u00a0\u00a0commander en ob\u00e9issant\u00a0\u00bb dans les communaut\u00e9s autonomes. Sans renoncer \u00e0\u00a0engager un dialogue autant pratique que th\u00e9orique, non seulement avec les principaux mouvements sociaux en Am\u00e9rique Latine, mais aussi avec des intellectuels comme Pablo Gonzalez Casanova, Sylvia Marcos, Walter Mignolo, Enrique Dussel, Naomi Klein, Jean Robert, Immanuel Wallerstein, Raul Zibechi, John Berger, Gilberto Valdez entre autres, au cours du mois de d\u00e9cembre 2007, dans le cadre du Premier Colloque International\u00a0<i>In Memoriam de Andr\u00e9s Aubry<\/i>. Et deux ans plus tard au Premier Festival Mondial de la \u00ab\u00a0\u00a0Digna Rabia\u00a0\u00bb qui fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans la ville de M\u00e9xico, dans le Caracol de Oventik (Ndt\u00a0: village zapatiste) et dans la ville de San Cristobal de las Casas. L\u2019EZLN continua la lutte contre le syst\u00e8me capitaliste, dans la mesure de ses possibilit\u00e9s, ainsi que contre les lourds assauts id\u00e9ologiques de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative. La critique des armes et les armes de la critique, comme Marx aimait \u00e0\u00a0dire, continuent d\u2019\u00eatre fondamentales dans la pratique zapatiste.<\/p>\n<p><strong>L\u2019autre Politique<\/strong><\/p>\n<p>A la veille des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2006, l\u2019EZLN publia sa\u00a0<i>Sixi\u00e8me D\u00e9claration de la For\u00eat Lacandonienne<\/i>. Sa structure mettait l\u2019accent sur six points fondamentaux\u00a0: 1) Ce que nous sommes 2) O\u00f9 nous en sommes maintenant 3) Comment nous voyons le monde 4) Comment nous voyons notre pays, le Mexique 5) Ce que nous voulons faire 6) Comment nous allons le faire.<\/p>\n<p>Dans le document, l\u2019EZLN exposait clairement sa position face aux partis politiques qui \u00ab\u00a0\u00a0ont approuv\u00e9 une loi qui ne vaut rien, car ils ont tu\u00e9 et enterr\u00e9 le dialogue et peu importe ce qu\u2019ils d\u00e9cident ou ce qu\u2019ils signent car ils n\u2019ont pas de parole\u00a0\u00bb. [27] Cependant, cette rupture avec la classe politique n\u2019a pas signifi\u00e9 un regard passif, si fr\u00e9quent parmi les universitaires et les chroniqueurs de pacotille, mais la r\u00e9sistance active et quotidienne dans les municipalit\u00e9s rebelles. La critique du syst\u00e8me capitaliste et de sa logique destructrice est centrale dans cette d\u00e9claration. Ici r\u00e9side une diff\u00e9rence importante, car si avant l\u2019EZLN s\u2019en prenait \u00e0\u00a0la globalisation n\u00e9o &#8211; lib\u00e9rale, maintenant elle d\u00e9nonce ouvertement le capitalisme et \u00e9videmment, son expression politique\u00a0: la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale bourgeoise.<\/p>\n<p>L\u2019autre politique \u00ab\u00a0\u00a0depuis le bas et pour le bas\u00a0\u00bb que promeuvent les zapatistes n\u2019est pas une cr\u00e9ation ex nihilo mais le fruit \u00ab\u00a0\u00a0de plusieurs si\u00e8cles de r\u00e9sistance indig\u00e8ne et de l\u2019exp\u00e9rience zapatiste elle-m\u00eame\u00a0\u00bb. Cela est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019une des principales caract\u00e9ristiques des mouvements d\u2019\u00e9mancipation latino-am\u00e9ricains car, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, ils perturbent la politique bourgeoise \u00e0\u00a0l\u2019oeuvre depuis le XVIeme si\u00e8cle et de l\u2019autre, ils minent \u00e0\u00a0la racine la pesante chape de la\u00a0<i>colonialit\u00e9 du pouvoir<\/i>. Au moyen de l\u2019organisation horizontale, de l\u2019auto &#8211; gestion comme mode de production, de la d\u00e9centralisation des d\u00e9cisions (sur le plan politique et moral), de la d\u00e9mocratie \u00ab\u00a0\u00a0les yeux dans les yeux\u00a0\u00bb et \u00e9videmment, d\u2019une autre mani\u00e8re d\u2019\u00e9tablir des rapports avec la nature, les mouvements sociaux latino-am\u00e9ricains, en g\u00e9n\u00e9ral, et les zapatistes, en particulier, consolident, la longue tradition libertaire des opprim\u00e9s, tout en apportant de nouvelles exp\u00e9riences.<\/p>\n<p>La colonialit\u00e9 du Pouvoir, lourde structure de domination, se fonde sur l\u2019interaction entre la race, le genre et le travail. Cependant, cette structure, de m\u00eame que le capitalisme, est l\u2019expression de relations sociales historiques bien pr\u00e9cises et donc, elle peut \u00eatre transform\u00e9e pour peu que nous modifiions notre r\u00e9alit\u00e9, \u00e0\u00a0travers la\u00a0<i>praxis<\/i>. Dans les communaut\u00e9s autonomes, on essaye de transformer cette structure de domination. C\u2019est en ce sens que les mots de la Comandanta Hortensia \u00e9clairent la d\u00e9cision de d\u00e9monter la \u00ab\u00a0\u00a0colonialit\u00e9\u00a0du pouvoir\u00a0\u00bb enracin\u00e9e dans l\u2019imaginaire social. Pour elle, \u00ab\u00a0\u00a0par exemple, dans l\u2019organisation politique, il y a eu des femmes \u00e0\u00a0la direction de notre organisation, comme au Comit\u00e9 Clandestin R\u00e9volutionnaire Indig\u00e8ne (CCRI), des responsables \u00e0\u00a0l\u2019\u00e9chelon local et r\u00e9gional, ainsi que la nomination de nombreuses compa\u00f1eras comme suppl\u00e9antes au CCRI. Les femmes participent d\u00e9j\u00e0\u00a0aux assembl\u00e9es villageoises, les femmes sont pr\u00e9sentes aussi lors des ateliers politiques ou des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales, pour \u00e9lire leurs responsables, par exemple les responsables municipaux, les Assembl\u00e9es de Bon Gouvernement, des femmes sont agents municipaux, commissaires dans les communaut\u00e9s et les comit\u00e9s d\u2019\u00e9ducation. Et aussi pour \u00e9lire les responsables politiques dans la communaut\u00e9, comme les responsables locaux (\u2026). C\u2019est pour cela que nous les femmes ne devons pas rester \u00e0\u00a0part. Nous devons nous pr\u00e9parer sans cesse. Pour pouvoir continuer et progresser le plus possible \u00e0\u00a0tous les niveaux du travail. Si nous ne le faisons pas, nous qui appartenons encore \u00e0\u00a0ce monde, un monde o\u00f9 nous les femmes n\u2019avons pas de visage, de nom ni de voix pour les capitalistes et les n\u00e9o &#8211; lib\u00e9raux. Il est donc temps d\u2019exercer et de faire valoir nos droits. Mais pour pouvoir mener \u00e0\u00a0bien tout cela, nous n\u2019avons besoin de rien d\u2019autre que de la volont\u00e9, de la d\u00e9termination, de la force et de l\u2019esprit de r\u00e9bellion. Nous n\u2019avons pas besoin de demander la permission \u00e0\u00a0personne. Tout ce que nous faisons est bien vrai, je n\u2019invente rien. Nous l\u2019avons d\u00e9montr\u00e9 lors de la Troisi\u00e8me Rencontre, au Caracol de la Garrucha, il y a un an. L\u00e0\u00a0, nous avons parl\u00e9 et nous avons expliqu\u00e9 nos activit\u00e9s en tant que femmes.\u00a0\u00bb [28].<\/p>\n<p>Face \u00e0\u00a0l\u2019\u00e9tonnement de quelques uns mal renseign\u00e9s, la paresse d\u2019autres un peu perdus et la d\u00e9ception de nombreux arrivistes, l\u2019EZLN a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas se joindre au projet du candidat de la diligente Gauche Institutionnelle\u00a0: Andr\u00e9s Manuel Lopez Obrador. Une telle d\u00e9cision valut aux zapatistes de contourner non seulement l\u2019encerclement militaire mais aussi un nouvel encerclement informatif. Il ne fait pas de doute qu\u2019une partie de la classe politique et patronale du pays ne se sentait pas \u00e0\u00a0l\u2019aise avec la popularit\u00e9 croissante, dans certains secteurs de Lopez Obrador. En d\u00e9pit des manigances et des arguties de Vicente Fox pour discr\u00e9diter Lopez Obrador, ce dernier sut capitaliser le m\u00e9contentement social. Mais en 2005, quelle perception l\u2019EZLN avait-elle de la figure de Lopez Obrador\u00a0?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00a0L\u2019Andr\u00e9s Manuel Lopez Obrador (AMLO) qui fut propuls\u00e9 au sommet de la d\u00e9mocratie \u00ab\u00a0moderne\u2019 (c\u2019est-\u00e0\u00a0-dire les sondages) gr\u00e2ce \u00e0\u00a0l\u2019absurde campagne du couple pr\u00e9sidentiel. Celui qui convertit la mobilisation citoyenne contre cette campagne de discr\u00e9dit en un acte de promotion et d\u2019exhibitionnisme personnel. Celui qui ne pronon\u00e7a pas, lors de la mobilisation contre le discr\u00e9dit dont il \u00e9tait l\u2019objet, la phrase qui aurait \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement souhaitable, \u00e0\u00a0savoir\u00a0: \u00ab\u00a0Aucun dirigeant n\u2019a le droit de prendre la t\u00eate d\u2019un mouvement mobilis\u00e9 pour une cause juste, si c\u2019est pour l\u2019annexer \u00e0\u00a0son projet personnel de recherche du pouvoir et le n\u00e9gocier dans ce but et cela, en cachette de la majorit\u00e9\u2019. Lui qui appelle \u00e0\u00a0une marche du silence et, loin de le respecter, il l\u2019utilise pour s\u2019adresser au Pouvoir et imposer \u00e0\u00a0tous la parole d\u2019un seul (\u2026). Lui qui a pour principal \u00ab\u00a0comit\u00e9 d\u2019appui\u2019 indig\u00e8ne au Chiapas les caciques et les paramilitaires de Zinacantan, ceux-l\u00e0\u00a0m\u00eame qui ont attaqu\u00e9 la marche zapatiste le 10 avril 2004. Lui qui se voit d\u00e9j\u00e0\u00a0portant l\u2019\u00e9charpe pr\u00e9sidentielle (\u2026). Lui qui s\u2019est compar\u00e9 avec Francisco I. Madero, oubliant que la similitude avec Madero ne se limite pas \u00e0\u00a0l\u2019image du d\u00e9mocrate emprisonn\u00e9 par Porfirio Diaz mais qu\u2019elle englobe aussi le Madero qui forma son \u00e9quipe gouvernementale aux c\u00f4t\u00e9s des partisans de Porfirio Diaz lui-m\u00eame (il fut d\u2019ailleurs trahi par l\u2019un d\u2019entre eux). Et aussi le Madero qui, se d\u00e9tournant des r\u00e9clamations des pauvres, se consacra au maintien de la m\u00eame structure \u00e9conomique d\u2019exploitation, d\u2019extorsion et de racisme que celle \u00e9difi\u00e9e par le r\u00e9gime porfiriste. Andr\u00e9s Manuel Lopez Obrador et les oiseaux de son entourage ont \u00ab\u00a0oubli\u00e9\u2019 ces d\u00e9tails. Et surtout, ils ont \u00ab\u00a0oubli\u00e9\u2019 que face \u00e0\u00a0Madero, les zapatistes ont brandi le Plan d\u2019Ayala. Ce plan \u00e0\u00a0propos duquel Madero a prononc\u00e9 \u00e0\u00a0peu pr\u00e8s ces mots\u00a0: \u00ab\u00a0Publiez-le, afin que tout le monde sache que ce Zapata est fou\u2019. Mais laissons les histoires du pass\u00e9 et les comparaisons. Nous sommes au d\u00e9but du XXI\u00e8me si\u00e8cle et non pas du XX\u00e8me(\u2026). La proposition principale du programme pr\u00e9sidentiel d\u2019A.M.L.O. est \u00ab\u00a0stabilit\u00e9 macro-\u00e9conomique\u2019, c\u2019est-\u00e0\u00a0-dire, \u00ab\u00a0profits croissants pour les riches, mis\u00e8re et d\u00e9pouillement croissants pour les pauvres et un service d\u2019ordre contr\u00f4lant le m\u00e9contentement de ces derniers\u2019. Critiquer le projet d\u2019A.M.L.O., ce n\u2019est pas critiquer un projet de gauche, car ce n\u2019est pas le cas, selon les d\u00e9clarations et les promesses de Lopez Obrador au Pouvoir Supr\u00eame. Il a \u00e9t\u00e9 clair et les seuls \u00e0\u00a0ne pas le voir sont ceux qui ne veulent pas le voir (ou bien que cela n\u2019arrange pas), cependant, ils continuent de le regarder et de le pr\u00e9senter comme un homme de gauche. Le projet d\u2019A.M.L.O. est un projet du centre, comme il le dit lui-m\u00eame (\u2026). Si Salinas de Gortari fut quand il \u00e9tait au gouvernement, l\u2019artisan exemplaire de la destruction n\u00e9o-lib\u00e9rale au Mexique, Lopez Obrador veut \u00eatre le paradygme de l\u2019artisan du r\u00e9ordonnancement n\u00e9o-lib\u00e9ral. Tel est son programme\u00a0\u00bb [29]<\/p>\n<p>Cela bien connu, apr\u00e8s la catastrophe \u00e9lectorale et la fraude de 2006, la diligente Gauche Institutionnelle (qui pour les zapatistes \u00ab\u00a0\u00a0n\u2019est qu\u2019une gauche de la honte\u00a0\u00bb), au lieu de proc\u00e9der \u00e0\u00a0une auto &#8211; critique sur la mani\u00e8re dont ils se firent rouler par la classe politique elle-m\u00eame, avec laquelle ils allaient de pair dans des affaires ou dans des projets sur six ans (Ndt\u00a0: dur\u00e9e du mandat pr\u00e9sidentiel), il pr\u00e9f\u00e9ra passer son temps \u00e0\u00a0vilipender le zapatisme [30]. Le pr\u00e9sident du PRD d\u2019alors Leonel Cota Monta\u00f1o et quelques \u00ab\u00a0\u00a0chroniqueurs \u00e0\u00a0sa solde\u00a0\u00bb rendirent coupable l\u2019EZLN de la d\u00e9route de Lopez Obrador. Sans se donner le moins du monde la peine de saisir la reconfiguration politique et id\u00e9ologique des mouvements sociaux, comprendre leurs objectifs (symboliques et mat\u00e9riels), ni r\u00e9fl\u00e9chir sur les cons\u00e9quences que le silence complice (par exemple, celui de Lopez Obrador face au vote en faveur du PRD au S\u00e9nat \u00e0\u00a0l\u2019encontre des Accords de San Andr\u00e9s ou celui de Cota Monta\u00f1o face \u00e0\u00a0l\u2019hostilit\u00e9 du gouvernement de Juan Sabines, ex-PRI comme le pr\u00e9c\u00e9dent, contre les communaut\u00e9s zapatistes, parmi tant d\u2019autres), silence complice que cette diligente gauche institutionnelle a observ\u00e9 face aux d\u00e9cisions ignominieuses et aux actions abjectes du Pouvoir.<\/p>\n<p>Il est incontestable que les\u00a0<i>douze ann\u00e9es tragiques<\/i>\u00a0(Ndt 6 ans x 2) virent s\u2019exacerber le m\u00e9contentement, la frustration et le d\u00e9litement social du fait de la violence structurelle\u00a0<i>constamment pr\u00e9sente<\/i>\u00a0et de la justice sociale inexistante, une carence perp\u00e9tuelle dans les soci\u00e9t\u00e9s post &#8211; coloniales. Il ne fait aucun doute que les s\u00e9quelles de la\u00a0<i>situation sociale<\/i>\u00a0actuelle et la production en s\u00e9rie de gens bons pour le rebut qu\u2019elle engendre [31], apparaissent clairement dans les niveaux de pauvret\u00e9 (31 millions de pauvres) et de corruption terribles qui r\u00e8gnent dans le pays (selon ce que laissent transpara\u00eetre des observations internationales, au cours des six derni\u00e8res ann\u00e9es, le Mexique a r\u00e9trograd\u00e9 de 33 places). Sur cette toile de fond, quelques secteurs de la soci\u00e9t\u00e9 mexicaine d\u00e9cid\u00e8rent d\u2019appuyer par la voie du Mouvement de R\u00e9g\u00e9n\u00e9ration Nationale (MRENA) la candidature r\u00e9it\u00e9r\u00e9e en 2012 d\u2019Andr\u00e9s Manuel Lopez Obrador [32]. Evidemment, la stridente ritournelle des chroniqueurs de pacotille et des intellectuels organiques de la diligente Gauche Institutionnelle insulta la position de l\u2019EZLN et d\u2019autres mouvements sociaux (comme le Mouvement pour la Paix dans la Justice et la Dignit\u00e9) qui ne s\u2019align\u00e8rent pas sur la campagne d\u2019A.M.L.O. De nouveau, les indig\u00e8nes zapatistes ne comprenaient pas ce qui se passait\u2026<\/p>\n<p>Pourquoi, en effet, puisque depuis 2005, l\u2019EZLN, qui avait expos\u00e9 sa position face \u00e0\u00a0la politique\u00a0<i>de ceux d\u2019en haut<\/i>, la politique bourgeoise magique, devait-elle se replier sur un projet qui n\u2019impliquait pas une rupture avec le capital\u00a0? Pour quelle raison, si depuis 2001, la diligente Gauche Institutionnelle avait d\u00e9j\u00e0\u00a0r\u00e9v\u00e9l\u00e9 sa position envers le pouvoir et sa faiblesse pour lui, alors qu\u2019elle devait servir de gouvernail aux opprim\u00e9s\u00a0?<\/p>\n<p><strong>La \u00ab\u00a0\u00a0faible force messianique\u00a0\u00bb depuis la for\u00eat lacandonienne.<\/strong><\/p>\n<p>Dans son c\u00e9l\u00e8bre ouvrage,\u00a0<i>Das Passagen Werk<\/i>, Walter Benjamin interpr\u00e9tait la modernit\u00e9 comme \u00ab\u00a0\u00a0l\u2019\u00e9poque de l\u2019enfer\u00a0\u00bb [33]. Effectivement, pour Benjamin, l\u2019\u00e9poque moderne, situ\u00e9e dans une temporalit\u00e9 vide, \u00e9tait d\u00e9finie par rapport au march\u00e9 et \u00e0\u00a0la logique du capital. La raison instrumentale joua le r\u00f4le d\u2019une arme pour la domination des peuples et d\u2019outil d\u2019exploitation de la nature. Aujourd\u2019hui, cette raison instrumentale n\u2019est plus seulement un instrument mais une dictature. Le capitalisme comme religion, peut-\u00eatre la plus f\u00e9roce, la plus implacable et irrationnelle, qui ne consent aucun type de r\u00e9demption, menace de destruction l\u2019Humanit\u00e9 et la Plan\u00e8te. Cependant, la vision proph\u00e9tique de Benjamin renferme des possibilit\u00e9s de lutte, des moments de r\u00e9sistance, des lueurs d\u2019espoir et de r\u00e9bellion\u00a0; c\u2019est la \u00ab\u00a0\u00a0faible force messianique\u00a0\u00bb\u00a0des victimes.<\/p>\n<p>Les dieux de la mort, ceux qui se nourrissent de sang et des \u00ab\u00a0\u00a0valeurs en usage\u00a0\u00bb, ne reconnaissent pas de divinit\u00e9s autres que celles qui contribuent au\u00a0\u00ab\u00a0\u00a0processus de valorisation\u00a0\u00bb. D\u00e8s le XVI\u00e8me si\u00e8cle, les cultures m\u00e9so-am\u00e9ricaines ou pr\u00e9 &#8211; hispaniques de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique furent t\u00e9moins des nouvelles divinit\u00e9s de la modernit\u00e9\u00a0: l\u2019or et l\u2019argent. Des millions d\u2019indig\u00e8nes moururent en extrayant l\u2019or et l\u2019argent des mines qu\u2019ils appelaient\u00a0: \u00ab\u00a0la\u00a0bouche de l\u2019enfer\u00a0\u00bb. De m\u00eame que Moloch, la modernit\u00e9 naissante avait besoin de victimes. C\u2019est alors que commence\u00a0<i>la longue nuit de 500 ans<\/i>\u00a0des peuples originaires. Par cons\u00e9quent, ce n\u2019est pas un hasard si la lutte des peuples originaires,\u00a0<strong>premi\u00e8res victimes de la modernit\u00e9<\/strong>, non seulement d\u00e9bouche, depuis un noyau \u00e9thico-mystique diff\u00e9rent, sur la temporalit\u00e9 homog\u00e8ne et vide mais de plus, qu\u2019elle soit confront\u00e9e \u00e0\u00a0la rationalit\u00e9 instrumentale bourgeoise.<\/p>\n<p>Pendant le\u00a0<i>Minuit de l\u2019Histoire<\/i>, lorsque l\u2019Ant\u00e9christ se levait face \u00e0\u00a0la complaisance des d\u00e9mocraties bourgeoises, deux juifs romantiques r\u00e9volutionnaires formul\u00e8rent l\u2019id\u00e9e que la tradition des opprim\u00e9s (W. Benjamin) et la non-contemporan\u00e9it\u00e9 des contemporains (E. Bloch) d\u00e9bordent souvent, dans la lutte elle-m\u00eame, sur la temporalit\u00e9 vide du capital. Cette intuition n\u2019a pas pu trouver de meilleure expression que dans le soul\u00e8vement insurrectionnel du sud-est mexicain [34]. En parcourant \u00e0\u00a0cheval les for\u00eats luxuriantes du Chiapas, en traversant les plaines et en vivant dans la for\u00eat, les zapatistes, hommes et femmes, comme des \u00e9clairs de l\u2019histoire, venaient interrompre le continuum de l\u2019histoire. Le\u00a0<i>Ya Basta\u00a0!<\/i>\u00a0(Ndt\u00a0: Ca suffit\u00a0!) \u00e9tait la preuve la plus convaincante que \u00ab\u00a0\u00a0l\u2019esp\u00e9rance ne nous est donn\u00e9e que par ceux qui sont sans espoir\u00a0\u00bb [35].<\/p>\n<p>Tandis que la plan\u00e8te enti\u00e8re \u00e9tait dans l\u2019incertitude \u00e0\u00a0cause du pr\u00e9sage maya de la fin du monde, le 12 d\u00e9cembre, plus de 40.000 indig\u00e8nes, les bases d\u2019appui zapatistes, r\u00e9alisaient une marche du silence en nous montrant qu\u2019ils continuaient\u00a0\u00e0\u00a0r\u00e9sister dans les montagnes, \u00e0\u00a0lutter pour la justice, \u00e0\u00a0marcher fi\u00e8rement, \u00e0\u00a0r\u00eaver d\u2019un autre monde possible, \u00e0\u00a0nous donner de l\u2019espoir, mais surtout, une grande le\u00e7on de dignit\u00e9.<\/p>\n<p>Luis Martinez Andrade<\/p>\n<p><a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.rebelion.org\/noticia.php?id=163011\" rel=\"external\">http:\/\/www.rebelion.org\/noticia.php?id=163011<\/a><\/p>\n<p><i>Luis Martinez Andrade, sociologue mexicain. En 2009, il re\u00e7ut le Premier Prix du Concours International d\u2019Essai\u00a0: \u00ab\u00a0\u00a0Penser \u00e0\u00a0contre-courant\u00a0\u00bb.<\/i><\/p>\n<p>Rebelion a publi\u00e9 cet article avec la permission de l\u2019auteur sous une<br class=\"autobr\" \/><a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/2.5\/es\/\" rel=\"external\">licencia de Creative Commons<\/a>, en respectant sa libert\u00e9 de le publier sur d\u2019autres sites.<\/p>\n<p><i>Traduction Simone Bosveuil pour le Grand Soir<\/i><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"article-ps print-only\">\n<p>Notes de l\u2019auteur\u00a0:<\/p>\n<p><i>Je remercie Ren\u00e9 Rojas et Ali Calderon pour leurs pr\u00e9cieux commentaires et leurs observations. Les erreurs et les faiblesses de ce texte sont indiscutablement de ma responsabilit\u00e9.<\/i><\/p>\n<p>[2] Manuel V\u00e1zquez Montalb\u00e1n,\u00a0<i>Marcos, el se\u00f1or de los espejos<\/i>\u00a0, Aguilar, M\u00e9xico, 2000, p. 108<\/p>\n<p>[3] Le terme \u00ab\u00a0\u00a0maizar\u00a0\u00bb provient de l\u2019action de donner du ma\u00efs aux volailles pour les nourrir. En outre, cette expression fait allusion \u00e0\u00a0la cooptation que le gouvernement r\u00e9alise avec les intellectuels, journalistes ou politiciens de l\u2019opposition en \u00e9change d\u2019argent, de postes gouvernementaux ou de faveurs. On raconte que lorsque le g\u00e9n\u00e9ral Porfirio D\u00e0\u00adaz, qui gouverna le pays \u00e0\u00a0neuf reprises et pendant presque trente ans, se sentait attaqu\u00e9 par les critiques de l\u2019un ou l\u2019autre de ses adversaires, il avait coutume de dire\u00a0: \u00ab\u00a0\u00a0Ce coq r\u00e9clame son ma\u00efs\u00a0\u00bb dans le but de stimuler l\u2019appareil politique en faveur de son \u00e9ventuelle cooptation. A l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9ventail de tendances qui existaient pendant la R\u00e9volution Mexicaine, se d\u00e9tache particuli\u00e8rement le Magonisme (courant anarchiste repr\u00e9sent\u00e9 principalement par les fr\u00e8res Ricardo et Enrique Flores Mag\u00f3n et par Pr\u00e1xides Guerrero), le Villisme du Nord (repr\u00e9sent\u00e9 par Francisco Villa) et le Zapatisme du Sud, incarn\u00e9 par la figure de Emiliano Zapata et son Plan de Ayala). Parfois, l\u2019EZLN assimile le r\u00f4le de la dictature de D\u00e0\u00adaz avec celui du Parti de la R\u00e9volution Institutionnelle (P.R.I.) et il recourt pour cela \u00e0\u00a0des images et \u00e0\u00a0des termes propres \u00e0\u00a0l\u2019imaginaire paysan.<\/p>\n<p>[4] Pour Enrique Dussel, th\u00e9ologien et philosophe de la lib\u00e9ration, les communiqu\u00e9s de l\u2019EZLN sont ancr\u00e9s dans la m\u00e9moire collective car ils accordent un sens au pr\u00e9sent, \u00e0\u00a0cette demande de libert\u00e9, de justice et de d\u00e9mocratie \u00e0\u00a0laquelle les indig\u00e8nes int\u00e8grent leur sens \u00e9thique dans ce que l\u2019on appelle la modernit\u00e9. Le discours zapatiste est un lieu de m\u00e9moire et de rencontre entre diverses visions du monde qui avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9es du discours politique euro &#8211; centr\u00e9.<\/p>\n<p>[5] Jorge Casta\u00f1eda,\u00a0<i>L\u2019utopie d\u00e9sarm\u00e9e<\/i>, J. Mortiz-Planeta, Mexico, 1993<\/p>\n<p>[6] Manuel Vazquez Montalban,\u00a0<i>Marcos<\/i>, op.cit.p.107<\/p>\n<p>[7] Naomi Klein,\u00a0<i>Cl\u00f4tures et fen\u00eatres<\/i>, Paidos, Barcelone, 2002<\/p>\n<p>[8]\u00a0<i>Sous-Commandant Marcos<\/i>\u00a0\/ Yvon Le Bot, Le r\u00eave zapatiste, Seuil, p.214<\/p>\n<p>[9] Gloria Mu\u00f1oz Ramirez,\u00a0<i>EZLN\u00a0: 20 y 10, el fuego y las palabras<\/i>, Rebeld\u00e0\u00ada- La Jornada, M\u00e9xico, 2005.<\/p>\n<p>[10] Ong Thong Hoeung\u00a0: J\u2019ai cru aux Khmers rouges, Bouchet\/Chastel, Parie, 2003<\/p>\n<p>[11] En 1959, Samuel Ruiz est nomm\u00e9 Ev\u00eaque de San Cristobal de Las Casas. Sous l\u2019influence de Vatican II, Samuel Ruiz adopte graduellement des positions plus progressistes, li\u00e9es \u00e0\u00a0la Th\u00e9ologie de la Lib\u00e9ration. Il organise m\u00eame en 1974 le Congr\u00e8s Indig\u00e8ne, un \u00e9v\u00e9nement fondamental pour la prise de conscience des communaut\u00e9s. En ao\u00fbt 1995, le gouvernement d\u2019Ernesto Cedillo (PRI) et Jean Paul II parviennent \u00e0\u00a0\u00e9loigner Samuel Ruiz de son dioc\u00e8se et ils nomment \u00e0\u00a0sa place Raul Vera en pensant que ce dernier serait hostile au mouvement zapatiste. Cependant, Raul Vera radicalise sa position et t\u00e9moigne de la sympathie pour les luttes indig\u00e8nes. Par la suite, en 1999, Vera est nomm\u00e9 \u00e9v\u00eaque de Saltillo et son travail se centre particuli\u00e8rement sur la d\u00e9fense des Droits de l\u2019Homme, l\u2019appui aux revendications d\u2019augmentation de salaires des mineurs, l\u2019aide aux immigrants, la lutte contre la discrimination dont souffrent les homosexuels, entre autres.<\/p>\n<p>[12] Manuel Vazquez Montalban,\u00a0<i>Marcos<\/i>, op.cit, p.126<\/p>\n<p>[13] Pour le Sous &#8211; Commandant Marcos, les \u00ab\u00a0\u00a0mercenaires de la justice\u00a0\u00bb sont ceux qui pensent que la justice est un ph\u00e9nom\u00e8ne m\u00e9diatique, au m\u00eame titre que la politique. Parmi eux, le juge Baltazar Garzon qui\u00a0\u00ab\u00a0\u00a0se vante beaucoup de donner la chasse \u00e0\u00a0l\u2019ETA et en r\u00e9alit\u00e9, la seule chose \u00e0\u00a0laquelle il ait donn\u00e9 la chasse, c\u2019est la culture basque. Il a interdit des journaux, des journalistes et il pr\u00e9sente cela comme un combat contre le terrorisme.\u00a0\u00bb Laura Castellanos,\u00a0<i>Corte de Caja. Entretien avec le sous-commandant Marcos<\/i>, Endira, M\u00e9xico, 2008, p.105.<\/p>\n<p>[14] Cf Luis Hernandez Navarro, \u00ab\u00a0\u00a0<i>Justicia a la Carta<\/i>\u00a0\u00bb, La Jornada, mardi 11 ao\u00fbt 2009<\/p>\n<p>[15] Au Mexique, on nomme la \u00ab\u00a0\u00a0D\u00e9cade tragique\u00a0\u00bb le mouvement arm\u00e9 qui renversa le pr\u00e9sident Francisco I. Madero et qui dura du 9 au 18 f\u00e9vrier 1913, c\u2019est-\u00e0\u00a0-dire, dix jours. Ici, par \u00ab\u00a0\u00a0douzaine tragique\u00a0\u00bb nous nous r\u00e9f\u00e9rons aux deux administrations du gouvernement du PAN de Vicente Fox (2000-2006) et de Felipe Calderon (2006-2012) qui non seulement aggrav\u00e8rent la pauvret\u00e9 du pays mais le plong\u00e8rent dans une vague de violence sans pr\u00e9c\u00e9dents. Par exemple, la \u00ab\u00a0\u00a0guerre au narcotrafic\u00a0\u00bb d\u00e9clar\u00e9e par Felipe Calderon en 2006 fit plus de 80.000 morts. Sans parler des terribles violations des Droits de l\u2019Homme que cautionn\u00e8rent ces deux administrations.<\/p>\n<p>[16] Les Accords de San Andr\u00e9s sur les Droits et Culture Indig\u00e8nes ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s le 16 f\u00e9vrier 1996 entre l\u2019EZLN et le gouvernement mexicain avec pour objet la modification de la Constitution et l\u2019incorporation de l\u2019autonomie des Peuples Indig\u00e8nes du Mexique. Mais en septembre de la m\u00eame ann\u00e9e, l\u2019EZLN se retira de la table des n\u00e9gociations en d\u00e9clarant que le gouvernement refusait de respecter lesdits Accords. Conform\u00e9ment \u00e0\u00a0l\u2019article 13.2 de la Convention 169 de la OIT, le gouvernement prit sur lui d\u2019effectuer un \u00ab\u00a0\u00a0nouveau pacte social\u00a0\u00bb avec les peuples indig\u00e8nes. Malheureusement, le gouvernement ne respecta jamais lesdits Accords.<\/p>\n<p>[17] Pendant sa candidature, Vicente Fox avait d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il r\u00e9soudrait le probl\u00e8me du Chiapas en 15 minutes. Inutile de dire que non seulement il ne le r\u00e9solut pas mais en plus, il ne retira pas l\u2019arm\u00e9e du Chiapas, ni ne fit cesser les hostilit\u00e9s envers les communaut\u00e9s zapatistes<\/p>\n<p><a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.pagina12.com.ar\/2001\/01-01\/01-01-10\/pag17.htm\" rel=\"external\">http:\/\/www.pagina12.com.ar\/2001\/01-01\/01-01-10\/pag17.htm<\/a><\/p>\n<p>[18] Lire Gloria Mu\u00f1oz Ramirez\u00a0: \u00ab\u00a0\u00a0<i>Dix ans apr\u00e8s la Marche Couleur de la Terre<\/i>\u00a0\u00bb.<br class=\"autobr\" \/><a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.jornada.unam.mx\/2011\/03\/12\/oja167-marcha.html\" rel=\"external\">http:\/\/www.jornada.unam.mx\/2011\/03\/12\/oja167-marcha.html<\/a><\/p>\n<p>[19] Politicienne mexicaine qui, en plus d\u2019\u00eatre l\u2019une des fondatrices du PRD, fut sa pr\u00e9sidente pendant quelque temps. Gr\u00e2ce \u00e0\u00a0ce parti, elle fut chef du gouvernement du District F\u00e9d\u00e9ral (1999-2000). Actuellement, elle fait partie de l\u2019\u00e9quipe de travail du pr\u00e9sident Enrique Pe\u00f1a Nieto (PRI).<\/p>\n<p>[20] Entre avril 1999 et avril 2000, le mouvement estudiantin de la UNAM se souleva contre la Modification G\u00e9n\u00e9rale des Tarifs qui impliquait un pas en avant vers la privatisation de l\u2019Education Secondaire et Sup\u00e9rieure de la Plus Grande Maison d\u2019Etudes du pays. Apr\u00e8s avoir tenu de nombreuses assembl\u00e9es, les \u00e9tudiants d\u00e9cid\u00e8rent de cr\u00e9er le Conseil G\u00e9n\u00e9ral de Gr\u00e8ve (CGH) comme interlocuteur avec le Rectorat. La gr\u00e8ve universitaire, l\u2019une des plus longues de l\u2019histoire des mouvements estudiantins latino-am\u00e9ricains, fut r\u00e9prouv\u00e9e par les principaux media du pays. Il y eut m\u00eame des intellectuels aimant se pr\u00e9senter \u00ab\u00a0\u00a0en haut\u00a0\u00bb en tant que progressistes et proches du PRD pour critiquer durement le mouvement estudiantin. Cf Arturo Ramirez\u00a0:\u00a0<i>Palabra de CGF. El testimonio de los huelguistas<\/i>. (Ndt. Le t\u00e9moignage des gr\u00e9vistes), Editions del Milenio, M\u00e9xico, 2000. Pour conna\u00eetre la position de l\u2019EZLN, lire\u00a0:\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/palabra.ezln.org.mx\/comunicados\/1999\/1999_10_08_a.htm\" rel=\"external\">http:\/\/palabra.ezln.org.mx\/comunicados\/1999\/1999_10_08_a.htm<\/a><\/p>\n<p>[21] On conna\u00eet sous le nom de \u00ab\u00a0\u00a0Loi Ebrard\u00a0\u00bb la proposition faite par Marcelo Ebrard de modification du Code de Proc\u00e9dure et d\u2019Institutions Electorales dont l\u2019objectif est de cadenasser encore plus l\u2019enregistrement de nouveaux partis politiques. Marcelo Ebrard, ainsi que la grande majorit\u00e9 des politiciens suppos\u00e9s progressistes comme Andr\u00e9s Manuel Obrador ou Manuel Camacho Solis, commen\u00e7a sa carri\u00e8re politique au PRI et il passa graduellement \u00e0\u00a0la Gauche Institutionnelle. Il est \u00e9vident que son glissement vers la Gauche Institutionnelle se fit davantage pour des motifs \u00e9lectoraux qu\u2019id\u00e9ologiques.<\/p>\n<p>[22] Le sous-commandant Marcos souligne toujours la fonction de l\u2019appareil r\u00e9pressif impos\u00e9 dans le District F\u00e9d\u00e9ral pendant la gestion d\u2019Andr\u00e9 Manuel Lopez Obrador, qui avait import\u00e9 des Etats-Unis la doctrine de la tol\u00e9rance z\u00e9ro. Elle fut appliqu\u00e9e par le gouvernement de Marcelo Ebrard (2006-2012). Cf Premier souffle du Festival Mondial de la Digne Rage, 2 janvier 2009. De m\u00eame qu\u2019en Gr\u00e8ce, en Espagne ou au Chili, les \u00e9tudiants sont tax\u00e9s de vandales et de bandits. Le premier acte de gouvernement, dans le District F\u00e9d\u00e9ral, de la part de Miguel Angel\u00a0Macera Espinosa (PRD) fut la r\u00e9pression du 1er d\u00e9cembre 2012 pendant la c\u00e9r\u00e9monie de prise de fonctions de Enrique Pe\u00f1a Nieto. Il ne faut pas oublier le trio Lopez Obrador &#8211; Ebrard &#8211; Mancera qui est d\u00e9j\u00e0\u00a0en train de pr\u00e9parer sa candidature pour 2018, ann\u00e9e des prochaines \u00e9lections pr\u00e9sidentielles. Le calendrier du pouvoir et sa temporalit\u00e9 vide d\u00e9montrent une autre modalit\u00e9 du pouvoir et de l\u2019id\u00e9ologie lib\u00e9rale bourgeoise.<\/p>\n<p>[23] Sous &#8211; Commandant Insurg\u00e9 Marcos, \u00ab\u00a0\u00a0<i>L\u2019impossible g\u00e9ometrie\u00a0? du pouvoir au Mexique<\/i>\u00a0\u00bb in Sergio Rodriguez Lascano,\u00a0<i>La crisis del poder y nosotr@s<\/i>\u00a0(Ndt La crise du pouvoir et nous), Rebeldia, Mexico, p.147-148.<\/p>\n<p>[24] Effectivement, les zapatistes ne sont pas les premiers \u00e0\u00a0mener \u00e0\u00a0bien la pratique de l\u2019autogestion car depuis les ann\u00e9es 90, le Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Br\u00e9sil (MST) pratique l\u2019auto &#8211; gestion sur les terres qu\u2019il occupe\u00a0; le mouvement indig\u00e8ne zapatiste impr\u00e8gne avec ses mythes, ses l\u00e9gendes et ses principes de croyances la production d\u2019autres subjectivit\u00e9s en rapport avec la terre et la nature. Cf Raul Zibechi,\u00a0<i>Autonomies et \u00e9mancipations\u00a0: l\u2019Am\u00e9rique Latine en mouvement<\/i>, Bajo Tiera-Sisifo Editions, Mexico, 2008<\/p>\n<p>[25] Entretien publi\u00e9 dans le journal \u00ab\u00a0\u00a0El Columnista\u00a0\u00bb, Puebla, M\u00e9xico, 1er juin 2010, p.22, disponible sur\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.rebelion.org\/noticia.php?id=107229\" rel=\"external\">http:\/\/www.rebelion.org\/noticia.php?id=107229<\/a><\/p>\n<p>[26] Sur le rapport entre l\u2019administration de Vicente Fox et le Cartel de Sinaloa, consulter Anabel Fernandez, Los Se\u00f1ores del Narco, Grijalbo, M\u00e9xico, 2010.<\/p>\n<p>[27]<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/enlacezapatista.ezln.org.mx\/2005\/11\/13\/sexta-declaracion-de-la-selva-lacandona\/\" rel=\"external\">http:\/\/enlacezapatista.ezln.org.mx\/2005\/11\/13\/sexta-declaracion-de-la-&#8230;<\/a><\/p>\n<p>[28]\u00a0\u00ab\u00a0\u00a0<i>Quinto viento\u00a0: una digna y femenina rabia<\/i>\u00a0\u00bb (Ndt Le Cinqui\u00e8me vent, une rage digne et f\u00e9minine), 4 janvier 2009, M\u00e9xico. Disponible sur\u00a0:\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/enlacezapatista.ezln.org.mx\/2009\/01\/05\/la-brutalidad-sexual-del-poder-y-la-otra-sexualidad-quinto-viento\/\" rel=\"external\">http:\/\/enlacezapatista.ezln.org.mx\/2009\/01\/05\/la-brutalidad-sexual-del&#8230;<\/a><\/p>\n<p>[29]\u00a0<i>Sous &#8211; Commandant Insurg\u00e9 Marcos\u00a0:\u00a0La imposible \u00bfgeometria\u00a0? del poder en M\u00e9xico<\/i>\u00a0op cit p. 148-152<\/p>\n<p>[30] Il ne faut pas oublier que le 2 juillet 2006, jour des \u00e9lections, presque 30% des responsables des bureaux de vote du candidat Lopez Obrador n\u2019\u00e9taient pas pr\u00e9sents.<\/p>\n<p>[31] Zygmunt Bauman,\u00a0<i>Wasted Lives. Modernity and its Outcasts<\/i>, Polity, Cambridge, 2004.<\/p>\n<p>[32] Il n\u2019est pas superflu de mentionner d\u2019une part les pactes d\u2019AMLO avec l\u2019ancienne classe politique, entour\u00e9 d\u2019une part de Ren\u00e9 Berajano et de Carlos Imaz, et de l\u2019autre son appui \u00e0\u00a0la candidature au s\u00e9nat du PRI Manuel Bartlett Diaz. Dans la vie politique mexicaine, Bartlett est li\u00e9 \u00e0\u00a0la fraude \u00e9lectorale de 1988 (qui porta Carlos Salinas \u00e0\u00a0la pr\u00e9sidence) et avec la mort d\u2019un agent de la DEA (Drug Enforcement Administration).<br class=\"autobr\" \/><a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/articles.latimes.com\/1997\/oct\/26\/news\/mn-46907\/5\" rel=\"external\">http:\/\/articles.latimes.com\/1997\/oct\/26\/news\/mn-46907\/5<\/a>\u00a0Ne pas oublier non plus la proximit\u00e9 entre AMLO et Arturo Nu\u00f1ez Jimenez (ex PRI, pour changer) que le Sous &#8211; Commandant Marcos a toujours identifi\u00e9 comme \u00e9tant l\u2019un des responsables du massacre d\u2019Act\u00e9al.\u00a0<a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.jornada.unam.mx\/2007\/10\/02\/index.php?article=009n1pol\" rel=\"external\">http:\/\/www.jornada.unam.mx\/2007\/10\/02\/index.php?article=009n1pol<\/a>\u00a7ion=politica<\/p>\n<p>[33] Walter Benjamin\u00a0:\u00a0<i>Libro de los pasajes<\/i>, Akal, Madrid, 2005, p. 838-839<\/p>\n<p>[34] Pour Stefan Gandler, philosophe allemand et \u00e9l\u00e8ve d\u2019Alfred Schmidt, r\u00e9cemment d\u00e9c\u00e9d\u00e9, \u00ab\u00a0\u00a0Etre r\u00e9volutionnaire impliquerait donc la capacit\u00e9 de se souvenir, de voir et d\u2019apprendre des g\u00e9n\u00e9rations pass\u00e9es leurs exp\u00e9riences et traditions. L\u2019enlisement dans la pr\u00e9tendue \u00ab\u00a0\u02dcmodernit\u00e9\u2019 nous ferme, au contraire, le chemin vers ce saut du tigre. Les recettes de la gauche r\u00e9formiste et staliniste dans les ex-colonies pour d\u00e9passer d\u2019abord les restes des soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles, c\u2019est-\u00e0\u00a0-dire, pour ressembler aux soci\u00e9t\u00e9s du centre, comme exigence pr\u00e9alable \u00e0\u00a0l\u2019entr\u00e9e dans un projet de soci\u00e9t\u00e9 radicalement moins r\u00e9pugnante, se fondent sur cette fausse conception du r\u00f4le des traditions. Les n\u00e9o-zapatistes constituent peut-\u00eatre le groupe qui voit le plus clairement la n\u00e9cessit\u00e9 de ce saut du tigre vers le pass\u00e9 et ce n\u2019est pas un hasard s\u2019ils le font depuis le coin le plus recul\u00e9 du Mexique, apparemment depuis le lieu le plus \u00e9loign\u00e9 de l\u2019autre soci\u00e9t\u00e9 moins r\u00e9pressive\u00a0\u00bb. Stefan Gandler\u00a0:\u00a0<i>Fragments de Francfort\u00a0: essais sur la Th\u00e9orie Critique<\/i>, Universit\u00e9 Autonome de Quer\u00e9taro- Siglo XXI, p.79<\/p>\n<p>[35] \u00ab\u00a0<i>Nur um der Hoffnungslosen willen ist uns die Hoffnung gegeben<\/i>\u00a0\u00bb \u00e9crivit Benjamin pendant l\u2019av\u00e8nement de l\u2019\u00e9poque fasciste.<\/p>\n<\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/www.legrandsoir.info\/a-propos-de-paroles-ardentes-et-de-reves-rebelles-l-insurrection-indigene-rebelion.html\">SOURCE<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Luis MARTINEZ ANDRADE Le 1er janvier 1994, dans le sud-est mexicain, un groupe d\u2019indig\u00e8nes, le visage recouvert d\u2019un passe-montagne et arm\u00e9s de fusils rustiques, d\u00e9fiait le gouvernement et l\u2019arm\u00e9e du Mexique. Ils r\u00e9clamaient la terre, du travail, un toit, de la nourriture, la sant\u00e9, l\u2019\u00e9ducation, la libert\u00e9, l\u2019ind\u00e9pendance, la d\u00e9mocratie et la justice pour les &#8230; <a title=\"A propos de paroles ardentes et de r\u00eaves rebelles : l\u2019insurrection indig\u00e8ne (Rebelion)\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=4936\" aria-label=\"En savoir plus sur A propos de paroles ardentes et de r\u00eaves rebelles : l\u2019insurrection indig\u00e8ne (Rebelion)\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1119,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,21,28],"tags":[47,195,471],"class_list":["post-4936","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-amerique-du-sud","category-anti-imperialisme","category-racismes","tag-ezln","tag-luis-martinez-andrade","tag-mexique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4936","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4936"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4936\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4937,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4936\/revisions\/4937"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1119"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4936"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4936"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4936"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}