{"id":5257,"date":"2022-09-08T12:40:56","date_gmt":"2022-09-08T11:40:56","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=5257"},"modified":"2022-09-04T12:48:17","modified_gmt":"2022-09-04T11:48:17","slug":"colloque-international-thomas-sankara-et-le-developpement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=5257","title":{"rendered":"Colloque international : Thomas Sankara et le d\u00e9veloppement"},"content":{"rendered":"<div class=\"cartouche\">\n<div class=\"titre_logos\">\n<p><img decoding=\"async\" class=\"spip_logo spip_logos alignleft\" src=\"http:\/\/www.cadtm.org\/local\/cache-vignettes\/L504xH336\/arton20970-268db.png?1659964838\" alt=\"\" width=\"504\" height=\"336\" \/><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"chapo\">\n<p><strong>Ouagadougou du 26 au 28 juillet 2022<\/strong><\/p>\n<p>Thomas SANKARA et le refus du remboursement de la dette ext\u00e9rieure des Etats africains\u00a0: Vision l\u00e9gitime ou responsabilit\u00e9 inassum\u00e9e\u00a0? Cas du Burkina Faso.<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"resume\" class=\"spip\"><a class=\"sommaire_ancre\" title=\"Sommaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Colloque-international-Thomas-Sankara-et-le-developpement#outil_sommaire\">\u00a0<\/a>R\u00e9sum\u00e9\u00a0:<\/h3>\n<p>Cette contribution renforce l\u2019actualit\u00e9 sur le bien fond\u00e9 du refus du remboursement de la\u00a0<a class=\"cs_glossaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Dette-970\" name=\"mot970_0\"><span class=\"gl_mot\">dette<\/span><\/a>\u00a0africaine \u00e0 partir de l\u2019appel historique de Thomas Sankara, le 29 juillet 1987 \u00e0 Addis-Abeba, invitant ses pairs chefs d\u2019\u00c9tats \u00e0 constituer un front uni contre le remboursement de celle-ci. La r\u00e9surrection d\u2019un tel d\u00e9bat intervient dans un contexte o\u00f9 12 pays africains sont \u00e0 haut risque de surendettement et 9 pays en suspension de paiement, mais ce sont des pays loin d\u2019\u00eatre ceux auxquels l\u2019on pourrait penser.<\/p>\n<p>Les d\u00e9bats ont permis, dans le cadre de cette recherche, de mettre en lumi\u00e8re toutes les formes d\u2019exploitation, d\u2019accords \u00e9conomiques, de pillage des ressources naturelles, de fuite de capitaux dont l\u2019Afrique est victime. La fuite des capitaux la maintient dans un d\u00e9ficit budg\u00e9taire structurel dont la cons\u00e9quence est le recours \u00e0 l\u2019endettement continue. Pourquoi devrait-elle utiliser des sommes importantes chaque ann\u00e9e pour assurer le service d\u2019une\u00a0<a class=\"cs_glossaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Dette-illegitime,761\" name=\"mot761_1\"><span class=\"gl_mot\">dette ill\u00e9gitime<\/span><\/a>\u00a0et ill\u00e9gale hypoth\u00e9quant ainsi son d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Summary\/Abstract\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>This contribution reinforces the topicality of the refusal of the repayment of the African debt from the historic call of Thomas Sankara on July 29, 1987 in Addis Ababa, inviting his fellow heads of state to form a united front against the repayment of the latter. The resurrection of such a debate comes in a context where 12 African countries are at high risk of debt distress and 9 countries are in suspension of payment, but these are far from being the countries one might think.<\/p>\n<p>The debates have allowed us to highlight all the forms of exploitation, economic agreements, plundering of natural resources and capital flight of which Africa is a victim. The flight of capital maintains it in a structural budget deficit whose consequence is the recourse to continuous indebtedness. Why should it use large sums of money each year to service an illegitimate and illegal debt, thus mortgaging its economic and social development\u00a0?<!--more--><\/p>\n<div class=\"texte\">\n<h3 id=\"introduction\" class=\"spip\"><a class=\"sommaire_ancre\" title=\"Sommaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Colloque-international-Thomas-Sankara-et-le-developpement#outil_sommaire\">\u00a0<\/a>Introduction\u00a0:<\/h3>\n<p>Situ\u00e9 au c\u0153ur de l\u2019Afrique de l\u2019ouest, s\u2019\u00e9tendant sur une superficie de 274 200 km<sup class=\"typo_exposants\">2<\/sup>, pays sah\u00e9lien et enclav\u00e9, le Burkina Faso est un pays \u00e0 vocation agropastoral. Selon le recensement g\u00e9n\u00e9ral de la population et de l\u2019habitat (2022), 73,7% de sa population vivent en milieu rural. Le pays regorge d\u2019\u00e9normes et diverses ressources naturelles, mini\u00e8res, \u00e9nerg\u00e9tiques, halieutiques et sylvopastorales. Bien avant qu\u2019il ne soit d\u00e9couvert un potentiel minier tr\u00e8s important dans le pays des\u00a0\u00ab\u00a0hommes int\u00e8gres\u00a0\u00bb, l\u2019or blanc est rest\u00e9 longtemps la premi\u00e8re devise d\u2019exportation. \u00c0 partir de 2009, le pays a connu un boom minier faisant du m\u00e9tal jaune la premi\u00e8re devise d\u2019exportation. En effet, selon l\u2019Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) Burkina Faso, le 31 d\u00e9cembre 2021, 577 titres miniers et autorisations valides avaient \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s aux exploitants. Ainsi, on y d\u00e9nombrait 447 permis de recherche, 27 permis d\u2019exploitation industrielle de grandes mines, 19 permis d\u2019exploitation semi-m\u00e9canis\u00e9e, 10 permis d\u2019exploitation artisanale et 74 autorisations d\u2019exploitation de substances de carri\u00e8res. Gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9couverte de ce potentiel minier tr\u00e8s important, la quantit\u00e9 d\u2019or extraite au Burkina Faso s\u2019est consid\u00e9rablement accrue d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e. Si l\u2019on s\u2019en tient au journal \u00ab\u00a0l\u2019hebdomadaire l\u2019\u00c9conomiste du Faso en 2007\u00a0\u00bb, la seule mine industrielle en activit\u00e9 n\u2019a produit que 0,4 tonne d\u2019or contre 23,1 tonnes en 2010 produites par 6 soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res pour ainsi atteindre, en 2017, 45,5 tonnes produites par 12 soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res. Plus r\u00e9cemment, l\u2019ITIE (op cit) dans son rapport r\u00e9v\u00e9lait que la production industrielle de l\u2019or s\u2019\u00e9levait 66,858 tonnes contre 0,268 tonnes pour la production artisanale. Le m\u00eame rapport note qu\u2019entre 2018 \u00e0 2021, les productions d\u2019or industrielle et artisanale se sont accrues respectivement de 6,55%, de 0,42%. La production du Zinc quant \u00e0 elle, se chiffrait \u00e0 166343,630 tonnes en 2021 avec une croissance moyenne 9,05% entre 2018 \u00e0 2021. M\u00eame si la production du phosphate a d\u00e9crue de 12,81% dans ce m\u00eame laps de temps, elle s\u2019est \u00e9lev\u00e9e \u00e0 2443, 650 tonnes en 2021.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 son rang dans le top cinq du classement des pays africain producteur de l\u2019or et troisi\u00e8me dans la production du coton avec sa\u00a0<a class=\"cs_glossaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Balance-commerciale-Balance-des\" name=\"mot957_2\"><span class=\"gl_mot\">balance commerciale<\/span><\/a>\u00a0structurellement d\u00e9ficitaire. En d\u00e9pit, l\u2019\u00e9normit\u00e9 et la diversit\u00e9 de ses richesses, le Burkina Faso croule sous le poids d\u2019une dette qui ne cesse de cro\u00eetre. Pis, Il a toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 sous les projecteurs comme un mendiant qu\u2019il faut toujours assister \u00e0 travers des pr\u00eats, dons enrob\u00e9s sous le vocable de l\u2019aide publique au d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>En effet, le\u00a0<a class=\"cs_glossaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Stock-de-la-dette\" name=\"mot1028_3\"><span class=\"gl_mot\">stock de la dette<\/span><\/a>\u00a0du Burkina ne cesse de croitre malgr\u00e9 son \u00e9lection aux initiatives pays pauvre tr\u00e8s endett\u00e9s, et de l\u2019initiative de l\u2019all\u00e8gement de la dette multilat\u00e9rale. Cinq ans apr\u00e8s l\u2019approbation de ces deux initiatives dans \u00ab\u00a0l\u2019assouplissement\u00a0\u00bb de la dette du Burkina Faso, le stock de sa dette publique est pass\u00e9 de 1266,9 milliards en 2010 \u00e0 6 122,08milliards de FCFA en fin mars 2022. Aujourd\u2019hui, des voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent de plus en plus pour r\u00e9clamer l\u2019annulation de la dette ext\u00e9rieure des Etats africains. Le Pr\u00e9sident Thomas SANKARA, pionnier dans le d\u00e9bat et de positionnement sur la dette, son discours en 1987 a inspir\u00e9 la cr\u00e9ation des organisations comme le Comit\u00e9 pour l\u2019Abolition des Dettes ill\u00e9gitimes (CADTM) pour r\u00e9clamer l\u2019annulation de la dette africaine. Dans ce discours historique, lors des travaux de la vingt-cinqui\u00e8me Conf\u00e9rence au sommet des pays membres de l\u2019organisation de l\u2019unit\u00e9 africaine \u00e0 Addis-Abeba qu\u2019il a invit\u00e9 ses pairs \u00e0 constituer un front uni contre le remboursement de la dette ext\u00e9rieure. Il a m\u00eame ironis\u00e9 que s\u2019il restait le seul \u00e0 engager son pays le Burkina Faso \u00e0 ne pas payer la dette ext\u00e9rieure, il ne participerait pas au prochain sommet. Effectivement, moins de trois mois apr\u00e8s l\u2019appel d\u2019Addis-Abeba le 29 juillet 1987, le pr\u00e9sident Thomas SANKARA sera assassin\u00e9 suite \u00e0 un coup d\u2019\u00c9tat militaire.<\/p>\n<p>Mais, plus de trente-quatre (34) apr\u00e8s, l\u2019\u00e9cho de cet appel historique lanc\u00e9 par le pr\u00e9sident Thomas Sankara continue de raisonner dans les consciences de nombreuses personnes en Afrique et partout ailleurs dans le monde. Ainsi, selon le Comit\u00e9 pour l\u2019abolition des dettes ill\u00e9gitimes, jamais\u00a0; aucune cause n\u2019a mobilis\u00e9 autant la soci\u00e9t\u00e9 civile dans le monde que celle de l\u2019annulation de la dette \u00e0 l\u2019aube de l\u2019an 2000. Il indique que le cadre de la campagne pour l\u2019annulation de dette a obtenu 24 millions de signatures sous la forme de p\u00e9titions \u00e0 travers le monde. Toutefois, une pr\u00e9occupation demeure sachant que tout emprunt doit logiquement \u00eatre rembours\u00e9, alors que le pr\u00e9sident Thomas SANKARA invitait ses pairs, chefs d\u2019Etat africains \u00e0 r\u00e9pudier les dettes que leurs \u00c9tats ont contract\u00e9es aupr\u00e8s des institutions internationales de finances o\u00f9 d\u2019autres partenaires. Dans le cadre d\u2019une telle contribution, notre d\u00e9marche visera \u00e0 partir des donn\u00e9es de terrain recueillies aupr\u00e8s d\u2019acteurs et d\u2019une revue documentaire \u00e0 analyser les raisons profondes l\u00e9gitimant ou non le discours de Thomas Sankara dans la r\u00e9pudiation de la dette ext\u00e9rieure des \u00c9tats africains dans une perspective diachronique. D\u2019o\u00f9 la question centrale \u00ab\u00a0l\u2019invitation faite par le pr\u00e9sident Thomas SANKARA \u00e0 ses pairs \u00e0 r\u00e9pudier la dette ext\u00e9rieure de leurs Etats le 29 juillet 1987 aux travaux de la vingt-cinqui\u00e8me Conf\u00e9rence au sommet des pays membres de l\u2019organisation de l\u2019unit\u00e9 africaine \u00e0 Addis-Abeba \u00e9tait-ce une vision l\u00e9gitime ou une posture des Etats africains \u00e0 ne pas s\u2019assumer dans le remboursement de leurs dettes\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<h3 id=\"methodologie\" class=\"spip\"><a class=\"sommaire_ancre\" title=\"Sommaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Colloque-international-Thomas-Sankara-et-le-developpement#outil_sommaire\">\u00a0<\/a>M\u00e9thodologie<\/h3>\n<p>\u00c9tant dans l\u2019incapacit\u00e9 de conduire la collecte des donn\u00e9es dans le cadre de cette recherche sur l\u2019ensemble des \u00c9tats africains, nous avons circonscrit notre \u00e9tude au Burkina Faso. Un tel choix r\u00e9pond au fait que le Burkina Faso est aussi l\u2019un des pays de l\u2019Afrique qui tra\u00eene une dette ext\u00e9rieure qu\u2019elle peine \u00e0 solder en d\u00e9pit de son \u00e9ligibilit\u00e9 aux initiatives\u00a0<a class=\"cs_glossaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/PPTE-Pays-pauvres-tres-endettes\" name=\"mot1019_4\"><span class=\"gl_mot\">pays pauvres tr\u00e8s endett\u00e9s<\/span><\/a>\u00a0en 2001 et de l\u2019initiative de l\u2019all\u00e8gement de la dette multilat\u00e9rale en 2006. De plus, ce choix r\u00e9pond au fait que c\u2019est certainement \u00e0 partir des r\u00e9alit\u00e9s socio\u00e9conomiques du Burkina Faso qu\u2019est n\u00e9e la prise de conscience de Thomas Sankara, \u00e0 inviter ses pairs chefs d\u2019\u00c9tats africains \u00e0 r\u00e9pudier la dette ext\u00e9rieure de leurs Etats. C\u2019est d\u2019ailleurs la raison pour laquelle Z. Ziegler affirme (2014 :13) \u00ab\u00a0ce qui fonde l\u2019autorit\u00e9, la cr\u00e9dibilit\u00e9 et le rayonnement de la parole du jeune capitaine, c\u2019est son discours sur la dette nourri de son exp\u00e9rience publique et sociale, personnelle et singuli\u00e8re\u00a0\u00bb. Le Porte-Parole du r\u00e9seau International \u00c9ric Toussant dans son livre \u00ab\u00a0le Syst\u00e8me Dette\u00a0\u00bb, \u00e9voque la th\u00e9orie de la doctrine de ma\u00a0<a class=\"cs_glossaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Dette-odieuse-760\" name=\"mot760_5\"><span class=\"gl_mot\">dette odieuse<\/span><\/a>\u00a0d\u00e9velopp\u00e9e par Alexandre Nahum Sack en 1927. Ce juriste russe et sp\u00e9cialiste de droit bancaire et financier international \u00e0 travers son \u0153uvre intitul\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Les effets, des transformations des \u00c9tats sur leurs dettes publiques et autres\u00a0<a class=\"cs_glossaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Oligations\" name=\"mot831_6\"><span class=\"gl_mot\">obligations<\/span><\/a>\u00a0financi\u00e8res\u00a0\u00bb d\u00e9finit la dette odieuse de la fa\u00e7on suivante\u00a0:<\/p>\n<ul class=\"spip\">\n<li>Les besoins, en vue desquels l\u2019ancien gouvernement avait contract\u00e9 la dette en question, \u00e9taient \u00ab\u00a0odieux\u00a0\u00bb et franchement contraires aux int\u00e9r\u00eats de la population de tout ou partie de l\u2019ancien territoire\u00a0;<\/li>\n<li>Les cr\u00e9anciers, au moment de l\u2019\u00e9mission de l\u2019emprunt, avaient \u00e9t\u00e9 au courant de sa destination odieuse.<br class=\"autobr\" \/>Ces deux points \u00e9tant \u00e9tablis, c\u2019est aux cr\u00e9anciers que reviendrait la charge de prouver que les fonds produits par les dits emprunts avaient \u00e9t\u00e9 en fait utilis\u00e9s non pour des besoins.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La notion de dette odieuse et la th\u00e9orie de l\u2019exploitation marxiste s\u2019interp\u00e9n\u00e8trent dans la mesure o\u00f9 les \u00e9l\u00e9ments la structurant d\u00e9bouchent in\u00e9luctablement aussi sur l\u2019exploitation, le pillage des ressources des Etats africains. En \u00e9coutant l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du discours d\u2019Addis-Abeba, les fondements du refus du remboursement de la dette ext\u00e9rieure des \u00c9tats africains repose sur l\u2019exploitation, le pillage de l\u2019Afrique \u00e0 travers la traite n\u00e9gri\u00e8re, le colonialisme et le n\u00e9ocolonialisme, la fuite des capitaux, les accords de libre \u00e9change<\/p>\n<p>Dans le cadre de cette recherche, nous avons privil\u00e9gi\u00e9 l\u2019approche qualitative avec comme outil de collecte, le guide d\u2019entretien semi directif.<\/p>\n<h3 id=\"resultats\" class=\"spip\"><a class=\"sommaire_ancre\" title=\"Sommaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Colloque-international-Thomas-Sankara-et-le-developpement#outil_sommaire\">\u00a0<\/a>R\u00e9sultats\u00a0:<\/h3>\n<ul class=\"spip\">\n<li><strong>La reproduction de la dette ext\u00e9rieure du Burkina Faso une cons\u00e9quence de la fraude et de l\u2019\u00e9vasion fiscales<\/strong><br class=\"autobr\" \/>Les \u00c9tats africains disent recourir \u00e0 l\u2019endettement ext\u00e9rieur pour combler leurs d\u00e9ficits budg\u00e9taires structurels \u00e0 cause de l\u2019insuffisance des recettes fiscales.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pourtant, de nombreux observateurs tr\u00e8s bien avis\u00e9s sur les questions \u00e9conomiques et de finances des \u00c9tats africains restent unanimes pour dire que n\u2019eut \u00e9t\u00e9 la fraude et l\u2019\u00e9vasion fiscales occasionn\u00e9es par les multinationales, les recettes fiscales suffiraient \u00e0 engager toutes les d\u00e9penses des \u00c9tats.<\/p>\n<p>En effet, selon le Directeur Ex\u00e9cutif du Centre d\u2019information de formation et d\u2019\u00e9tudes du budget OUATTARA Issouf avance que selon les d\u00e9clarations des agents des imp\u00f4ts, l\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 en luttant s\u00e9rieusement contre l\u2019\u00e9vasion et la fraude fiscales pourrait augmenter ses recettes fiscales \u00e0 l\u2019ordre de 25 \u00e0 50%. Il ajoute qu\u2019en appliquant ce ratio au budget de 2021, le manque \u00e0 gagner atteindrait au moins 25 \u00e0 30 milliards.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Si l\u2019on s\u2019en tient aux d\u00e9clarations de Zakaria Bayir\u00e9 Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral du syndicat national des agents des imp\u00f4ts et des domaines le manque \u00e0 gagner \u00e0 cause de la fraude et l\u2019\u00e9vasion fiscales que le Directeur ex\u00e9cutif du CIFOEB a d\u00e9clar\u00e9 est loin de saisir l\u2019ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne et estime que n\u2019eut \u00e9t\u00e9 la fraude et l\u2019\u00e9vasion fiscales au Burkina Faso, les budgets annuels d\u2019une moyenne de deux milliards auraient d\u00fb \u00eatre relev\u00e9s \u00e0 trois mille, quatre mille voire cinq mille milliards. L.Watrinet reste aussi formelle pour indiquer que l\u2019\u00e9conomie des pays en d\u00e9veloppement subit d\u2019\u00e9normes pertes d\u2019argent \u00e0 travers l\u2019\u00e9conomie criminelle. Elle montre quand bien m\u00eame que les calculs soient sous-estim\u00e9s l\u2019aide publique au d\u00e9veloppement atteignait, en 2016, 142 milliards de dollars alors qu\u2019au m\u00eame moment les flux financiers illicites (l\u2019argent de la fraude, de la corruption et du crime) qui s\u2019\u00e9chappaient des pays en d\u00e9veloppement s\u2019\u00e9l\u00e8veraient \u00e0 1000 milliards.<\/p>\n<ul class=\"spip\">\n<li><strong>L\u2019Afrique dans une spirale de l\u2019endettement produit de son pillage<\/strong><br class=\"autobr\" \/>Si l\u2019Afrique perd d\u2019importantes sommes \u00e0 travers la fraude et l\u2019\u00e9vasion fiscales, elle subit \u00e9galement une h\u00e9morragie financi\u00e8re \u00e0 travers le pillage de ses ressources mini\u00e8res, \u00e9nerg\u00e9tiques, agro sylvo-pastorales. L\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 a favoris\u00e9 l\u2019investissement \u00e9tranger \u00e0 travers la mise en place d\u2019un code d\u2019investissement et minier attractif ce qui fait perdre au tr\u00e9sor public burkinab\u00e8 d\u2019importantes sommes d\u2019argent chaque ann\u00e9e. Selon\u00a0; Diallo Moussa Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de la CGTB \u00ab\u00a0Le code minier a accord\u00e9 des avantages fiscaux aux investisseurs \u00e9trangers, par exemple la part de la manne aurif\u00e8re qui revient \u00e0 l\u2019\u00c9tat Burkinab\u00e8 n\u2019est que de dix pourcent (10%). Il eut fallu m\u00eame qu\u2019en tant que syndicat, nous d\u00e9noncions aupr\u00e8s du gouvernement la part de pourcentage de la manne aurif\u00e8re d\u00e9vers\u00e9e au tr\u00e9sor public burkinab\u00e8 afin que celle-ci e passe de 5% \u00e0 10% sous la transition pass\u00e9e en 2015.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Par ailleurs, au-del\u00e0 du fait que le Burkina Faso ne per\u00e7oit que 10% de la valeur du m\u00e9tal jaune extrait de son sous-sol, le processus de contr\u00f4le de la quantit\u00e9 d\u2019or extraite par les entreprises mini\u00e8res \u00e9chappe totalement au contr\u00f4le de l\u2019\u00c9tat. C\u2019est bien ce que r\u00e9v\u00e8le le rapport g\u00e9n\u00e9ral de la commission d\u2019enqu\u00eate parlementaire conduite en 2015 sous la transition sur la gestion des titres miniers et la responsabilit\u00e9 sociale des entreprises mini\u00e8res.<\/p>\n<p>Dans le processus de production de l\u2019or, les services de l\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 (la douane, les imp\u00f4ts, le BUMIGEB) n\u2019ont pas acc\u00e8s aux op\u00e9rations de la coul\u00e9e de l\u2019or. Ils assistent cependant \u00e0 la pes\u00e9e. Avant l\u2019exp\u00e9dition, il est proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la v\u00e9rification des documents \u00e0 signer et toute la production est mise sous scell\u00e9e. L\u2019absence des repr\u00e9sentants de l\u2019\u00c9tat lors de la coul\u00e9e permet d\u2019\u00e9mettre des doutes sur les quantit\u00e9s d\u2019or effectivement produites.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des man\u0153uvres frauduleuses mises en place par les multinationales pour piller les ressources naturelles en Afrique, Broulaye Bagayogo, Secr\u00e9taire Permanent du CADTM, taxe les accords de libres \u00e9changes tels que libell\u00e9s par les puissances imp\u00e9rialistes \u00e0 travers l\u2019<a class=\"cs_glossaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/OMC-Organisation-mondiale-du\" name=\"mot1009_7\"><span class=\"gl_mot\">organisation mondiale du commerce<\/span><\/a>\u00a0d\u2019arnaque. Selon, lui les pays comme le Burkina Faso perdent d\u2019importantes sommes d\u2019argent \u00e0 travers ses accords dont les cons\u00e9quences sont d\u00e9sastreuses pour les \u00e9conomies nationales. Il poursuit en qualifiant d\u2019irraisonnable voire d\u2019un manque d\u2019intelligence de la part des \u00c9tats africains de renoncer aux droits de douane sur leurs importations \u00e0 hauteur de 70% sous injonction de l\u2019Union europ\u00e9enne pour ne se contenter que des subsides qu\u2019elle leur accorde \u00e0 travers de viles mesures de compassassions. Parlant de l\u2019inopportunit\u00e9 des \u00c9tats africains \u00e0 renoncer aux droits douaniers sur leurs importations \u00e0 hauteurs de 70% pour ne se contenter que des subsides compensatoires, le Secr\u00e9taire Permanent<i>\u00a0tourne en d\u00e9rision tout en ironisant il convoque un proverbe en langue nationale Bamanan-Kan ou Dioula \u00ab\u00a0on ne doit pas laisser le poisson qui est dans la main au profit de celui qui est sous le pied dans l\u2019eau. Il termine pour dire, p<\/i>ourtant, le recouvrement int\u00e9gral des droits douaniers pourrait couvrir l\u2019essentiel des d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 la satisfaction des besoins les plus \u00e9l\u00e9mentaires des populations africaines qui doublera d\u2019ici \u00e0 2050.<\/p>\n<p><i>Dans la m\u00eame perspective, de d\u00e9nonciation de l\u2019option faite par les \u00c9tats africains \u00e0 s\u2019engager dans les accords de libre-\u00e9change avec l\u2019Union Europ\u00e9enne et le reste du monde dans le contexte actuel de la position de l\u2019Afrique, dans le concert des nations L.Ilboudo nous renseigne que presque tous les pays qui se disent d\u00e9velopp\u00e9s ont adopt\u00e9 une politique protectionniste m\u00eame si par la suite ils ont opt\u00e9 pour le libre-\u00e9change. Sur la question en citant Paul Bairoch L. Ilboudo avance ceci\u00a0: les \u00c9tats-Unis \u00ab\u00a0patrie et bastillon du protectionnisme moderne\u00a0\u00bb ont d\u00e8s 1816 jusqu\u2019\u00e0 la fin de la deuxi\u00e8me guerre mondiale ont le plus pratiqu\u00e9 le protectionnisme, mais, pas bien avant avoir consolid\u00e9 leurs assises \u00e9conomiques. Il en est de m\u00eame pour la Grande Bretagne qui a solidifi\u00e9 ses assises technologiques avant se porter porte-\u00e9tendard du protectionnisme.<\/i><\/p>\n<ul class=\"spip\">\n<li><strong>Le r\u00e9-endettement des \u00c9tats africains une cons\u00e9quence de l\u2019omnipr\u00e9sence des pratiques corruptives et le d\u00e9tournement des deniers publics au sein des administrations publiques.<\/strong><br class=\"autobr\" \/>Chaque ann\u00e9e l\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 recourt en l\u2019endettement sous le pr\u00e9texte de d\u00e9ficits budg\u00e9taires structurels. Pourtant, les rapports annuels produits par les structures de contr\u00f4le des d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat r\u00e9v\u00e8lent une pr\u00e9dation \u00e0 grande \u00e9chelle et une corruption end\u00e9mique entretenues au sein des services publics de l\u2019\u00c9tat. Au-del\u00e0 m\u00eame de ces rapports, les faits de corruptions et de d\u00e9tournements de deniers publics r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00e0 chaque parution des bimensuels comme Le Reporter, l\u2019Ev\u00e8nement et le courrier confidentiel foisonnent. En guise d\u2019exemple, on peut lire \u00e0 travers quelques-uns de ces bimensuels\u00a0: Sotraco forte odeur d\u2019enrichissement personnel du directeur g\u00e9n\u00e9ral in l\u2019Ev\u00e8nement n\u00b0\u00a0458 du 25 novembre 2021, De faux ordre de mission \u00e9tablis pour s\u2019offrir ind\u00fbment des frais in Le Reporter n\u00b0313 du 1<sup class=\"typo_exposants\">er<\/sup>\u00a0au 14 juillet 2021, Minist\u00e8re des Transports, la pompe \u00e0 Sous du ministre Dabilgou in l\u2019Ev\u00e8nement n\u00b0430 du 25 septembre 2020. C\u2019est d\u2019ailleurs la raison pour laquelle Broulaye Bagayogo dit ne rien comprendre de l\u2019acceptation voire la l\u00e9galisation par l\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 de pratiques corruptives, de pr\u00e9dation et de d\u00e9tournements de fonds \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 il s\u2019est engag\u00e9 sur un vaste chantier comme le programme de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social\u00a0<i>2016- 2020 exigeant une enveloppe d\u2019environ 2000 Milliard de Francs CFA par an pendant toute sa dur\u00e9e. Or, ce montant repr\u00e9sente environ 30% de son\u00a0<a class=\"cs_glossaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/PIB-Produit-interieur-brut\" name=\"mot1021_8\"><span class=\"gl_mot\">PIB<\/span><\/a>\u00a0avec des recettes fiscales mobilis\u00e9es repr\u00e9sentant en moyenne 15,5% de son PIB pendant les trois (3) derni\u00e8res ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant son adoption et des d\u00e9penses courantes absorbent environ 13,5% du PIB cr\u00e9ant ainsi un besoin de financement important \u00e0 combler.\u00a0<\/i><i>C\u2019est bien d\u2019ailleurs la raison pour laquelle le<\/i>\u00a0Directeur Ex\u00e9cutif du CIFOEB \u00e9tablit une tr\u00e8s forte corr\u00e9lation entre la corruption et l\u2019endettement d\u2019un \u00c9tat. Pour lui, la courbe du niveau de corruption croit au m\u00eame rythme que celle de l\u2019endettement. Une telle corr\u00e9lation selon lui, s\u2019observe \u00e0 plusieurs niveaux. D\u2019abord, les agents de recouvrement des imp\u00f4ts en se faisant corrompre recouvreront peu au profit du tr\u00e9sor public. Ensuite, le peu qui est recouvr\u00e9 est aussi d\u00e9tourn\u00e9 par ceux qui en auront sa gestion si bien qu\u2019\u00e0 la fin il n\u2019y\u2019 aura pas grand-chose il faut recourir \u00e0 l\u2019endettement. Aussi dit-il, il est inconcevable que des montants d\u2019argents contract\u00e9s par l\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 pour des r\u00e9alisations de projets soient d\u00e9tourn\u00e9s \u00e0 travers des pratiques corruptives. Ces montants d\u00e9tourn\u00e9s contribuent \u00e0 la d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 des infrastructures en chantier ou en finition si bien qu\u2019il faut les reconstruire en si peu de temps en se r\u00e9endettant sans avoir rembours\u00e9 les premi\u00e8res. Parlant de la mauvaise qualit\u00e9 des infrastructures, cette derni\u00e8re d\u00e9cennie l\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 rude \u00e9preuve suite \u00e0 des effondrements r\u00e9currents d\u2019\u00e9difice publics en chantier ou en finition au point m\u00eame de nommer le vent o\u00f9 la pluie de contr\u00f4leur naturel. C\u2019est ce que le rapport de la commission d\u2019enqu\u00eate parlementaire sur la r\u00e9alisation des infrastructures publique et l\u2019acquisition d\u2019\u00e9quipements par les ma\u00eetres d\u2019ouvrages d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s exprime mieux. Selon ledit rapport entre 2010 et 2016, l\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9nombr\u00e9 sur toute l\u2019\u00e9tendue de son territoire, 502 infrastructures publiques en souffrance. La qualit\u00e9 des infrastructures incrimin\u00e9es portait essentiellement sur leur mauvaise ex\u00e9cution dont le manque \u00e0 gagner de l\u2019\u00e9chantillon pr\u00e9lev\u00e9 sur les 502 infrastructures se chiffrait \u00e0 la somme de cinq milliards deux cent soixante millions deux cent quarante un mille huit cent quatre (<strong>5 263 241 804)\u00a0<\/strong>F CFA.<\/li>\n<\/ul>\n<p><i>Pourtant si l\u2019on en croit\u00a0<\/i>Jean-Baptiste Natama Secr\u00e9taire Permanent du m\u00e9canisme africain d\u2019\u00e9valuation par les pairs cit\u00e9 par le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du SNAID Zakaria Bayir\u00e9 (2020), le manque \u00e0 gagner aurait d\u00fb relever de 25% de son produit int\u00e9rieur brut. Et si l\u2019on se base sur le PIB actuel du Burkina, celui de 2014, \u00e7a nous fera \u00e0 peu pr\u00e8s 1000 milliards de francs CFA\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Malheureusement, l\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8 et les institutions de Breton Wood refusent d\u2019analyser aussi le d\u00e9ficit budg\u00e9taire comme la cons\u00e9quence de la corruption et des d\u00e9tournements de deniers public encore moins de les combattre. Mieux, ils font l\u2019apologie d\u2019une \u00e9conomie criminelle en d\u00e9corant les grands pr\u00e9dateurs de l\u2019\u00c9tat. A contrario, les d\u00e9nonciateurs des pratiques corruptives et de la pr\u00e9dation au sein des administrations publiques font le plus souvent l\u2019objet d\u2019intimidations, d\u2019affectations arbitraires dans des localit\u00e9s tr\u00e8s loin de la capitale et subissent parfois m\u00eame des licenciements abusifs. Le cas le plus r\u00e9cent nous est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par \u00ab\u00a0l\u2019\u00c9v\u00e8nement\u00a0\u00bb dans sa parution n\u00b0457 du 10 novembre 2021 dans lequel quand bien m\u00eame le Directeur G\u00e9n\u00e9ral Adjoint des Douanes, l\u2019inspecteur divisionnaire William Allassane Kabor\u00e9 soient mis en examen et plac\u00e9 sous contr\u00f4le judiciaire en juin 2020, pour enrichissement illicite, d\u00e9lit d\u2019apparence et de blanchiment de capitaux, ils furent propos\u00e9s comme travailleur m\u00e9ritant pour \u00eatre d\u00e9cor\u00e9s dans le cadre de la c\u00e9l\u00e9bration du 61<sup class=\"typo_exposants\">e<\/sup>\u00a0anniversaire des \u2018\u2019ind\u00e9pendances\u2019\u2019 le 11 d\u00e9cembre 2021.<\/p>\n<p>Cependant, le directeur provincial de la police d Zondoma le commissaire principal Pascal Ilboudo a subi les menaces du directeur r\u00e9gional de la police du Nord, pour avoir d\u00e9nonc\u00e9 le clanisme, la corruption, le refus de r\u00e9int\u00e9gration malgr\u00e9 une d\u00e9cision de justice des policiers affili\u00e9s \u00e0 l\u2019Alliance Police Nationale licenci\u00e9s abusivement. N\u2019eut \u00e9t\u00e9 la d\u00e9cision du tribunal administratif de Ouahigouya annulant les sanctions et celles qui \u00e9taient en cours le commissaire principal pascal Ilboudo devrait r\u00e9pondre de franchise et son honn\u00eate devant un conseil de discipline.<\/p>\n<ul class=\"spip\">\n<li><strong>L\u2019appel du 29 juillet 1987 vision l\u00e9gitime ou responsabilit\u00e9 inassum\u00e9e\u00a0?<\/strong><br class=\"autobr\" \/>D\u2019apr\u00e8s ce qui pr\u00e9c\u00e8de en faisant le bilan de l\u2019Afrique, dans son cheminement \u00e0 travers l\u2019Histoire des peuples et des relations internationales entre elle et le reste du monde, nous d\u00e9duisons que l\u2019appel de Thomas Sankara \u00e0 l\u2019endroit de ses pairs \u00e0 constituer un front uni contre la dette africaine est bel et bien une posture l\u00e9gitime d\u2019autant plus que la quintessence et l\u2019essence de son appel reposent fondamentalement sur les deux conditions essentielles formul\u00e9es par Sack pour r\u00e9pudier une dette. C\u2019est en cela que Jean Ziegler montre qu\u2019en repla\u00e7ant le discours de Thomas Sankara dans son contexte, son originalit\u00e9 et son actualit\u00e9 a laiss\u00e9 entendre ceci\u00a0: \u00ab\u00a0Le discours sur la dette tenue le 29 juillet 1987 \u00e0 Addis-Abeba est probablement, parmi les discours de Sankara le plus impitoyable, le plus profond\u00e9ment intelligent. Il mettait radicalement en question le syst\u00e8me international qui \u00e9crase l\u2019Afrique. Les propos tenus ce jour-l\u00e0 par le Pr\u00e9sident du Burkina Faso sont d\u2019une totale actualit\u00e9\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral du MBDHP l\u2019appel lanc\u00e9 par Thomas Sankara le 29 juillet 1987, \u00e0 l\u2019endroit de ses pairs est bel et bien l\u00e9gitime et d\u2019actualit\u00e9 dans la mesure o\u00f9 la dette ext\u00e9rieure des \u00c9tats africains se pr\u00e9sente comme un instrument de domination. Selon, lui, il est d\u00e9montr\u00e9 que la dette africaine a \u00e9t\u00e9 inutile, elle n\u2019a pas permis d\u2019am\u00e9liorer les Droits Humains, d\u2019enclencher un d\u00e9veloppement r\u00e9el pour nos \u00c9tats. Tout au contraire, les fortes sommes utilis\u00e9es par le Burkina Faso pour assurer le\u00a0<a class=\"cs_glossaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Service-de-la-dette,1026\" name=\"mot1026_9\"><span class=\"gl_mot\">service de la dette<\/span><\/a>\u00a0auraient pu \u00eatre r\u00e9affect\u00e9es dans l\u2019investissement, les secteurs sociaux comme l\u2019\u00e9ducation, la sant\u00e9, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable, la cr\u00e9ation d\u2019emplois pour les jeunes. En ce qui concerne l\u2019impact du service de la dette sur les droits humains, sous l\u2019hypoth\u00e8se que la dette africaine est indue, en se pr\u00eatant \u00e0 l\u2019exercice du Centre de formation d\u2019information et d\u2019\u00e9tude sur le Budget sur les trop per\u00e7us des membres du gouvernement de Rock Marc Christian Kabor\u00e9 de 2016-22020 et en prenant en compte le service de la dette du Burkina Faso rien que ces six derni\u00e8res ann\u00e9es, on ne peut que d\u00e9duire que le service de la dette publique du Burkina Faso hypoth\u00e8que s\u00e9rieusement les droits humains des populations.<\/p>\n<p>En effet, entre 2016-2020 en violation au d\u00e9cret 2008-891\/PRES\/PM\/MEF du 31 d\u00e9cembre 2008 portant r\u00e9mun\u00e9ration du Premier ministre, des pr\u00e9sidents d\u2019institutions et des membres du gouvernement, le CIFOEB a d\u00e9tect\u00e9 que certains membres du gouvernement de Rock Marc Christian Kabor\u00e9 ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 ind\u00fbment des salaires de trop per\u00e7u s\u2019\u00e9levant \u00e0 2.090. 741.505 FCFA. Pour le CIFOEB si cette somme de trop per\u00e7u avait \u00e9t\u00e9 investie dans la construction d\u2019infrastructures publiques, elle aurait servi \u00e0 la construction de 69 blocs de 3 salles de classes ou 38 CEG ou 67 maternit\u00e9s ou encore 272 d\u00e9p\u00f4ts MEG de 2016 \u00e0 2020. Si l\u2019on reproduit cet exercice en lien avec les 2785,82 milliards qui ont servi \u00e0 assurer le service de la dette ces six derni\u00e8res ann\u00e9es, l\u2019on se rend compte que les populations burkinab\u00e8 ont \u00e9t\u00e9 priv\u00e9es de la construction 91939,43 blocs de 3 salles de classes, 50633,31 CEG, 89274,52 maternit\u00e9s et 362427,90 d\u00e9p\u00f4ts de m\u00e9dicaments essentiellement g\u00e9n\u00e9riques.<\/p>\n<p>En plus, les politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 impos\u00e9es au Burkina Faso \u00e0 travers les PAS en lien avec le remboursement de la dette ont contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire drastiquement les budgets allou\u00e9s aux secteurs sociaux tels l\u2019\u00e9ducation, la sant\u00e9 et l\u2019emploi. Cette r\u00e9duction drastiques des budgets allou\u00e9s \u00e0 ces secteurs a eu pour cons\u00e9quence la privatisation de la sant\u00e9, de l\u2019\u00e9ducation et \u00e0 une pouss\u00e9e du ch\u00f4mage juv\u00e9nile. Si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 l\u2019annuaire statistique de l\u2019enseignement post-primaire et secondaire (2022) il a \u00e9t\u00e9 recens\u00e9 au titre de l\u2019ann\u00e9e scolaire 2020-2021, 2202 \u00e9tablissements priv\u00e9s sur l\u2019ensemble des 4306 \u00e9tablissements de l\u2019enseignement g\u00e9n\u00e9ral soit un taux de 51, 14. La privation de l\u2019\u00e9cole est tr\u00e8s criarde dans la r\u00e9gion du Centre abritant la capitale Ouagadougou.<\/p>\n<p>En effet, sur les 929 \u00e9tablissements de l\u2019enseignement g\u00e9n\u00e9ral recens\u00e9 dans la r\u00e9gion du Centre 772 sont priv\u00e9s soit un taux de 83, 1. Le comble c\u2019est que les promoteurs des \u00e9tablissements accordent plus d\u2019importance \u00e0 la maximisation du profit plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 la qualit\u00e9 de l\u2019enseignement. Il n\u2019est plus rare de voir des priv\u00e9s se constituer dans le paysage \u00e9ducatif du Burkina sans aucune autorisation pr\u00e9alable. En rappel, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du MENAPLN \u00e0 travers le communiqu\u00e9 N\u00b02019\/000775\/MENAPLN\/SG\/DGEFG\/DGEP du 08\/08\/2019 informait les \u00e9l\u00e8ves et parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves de ce que 315 \u00e9tablissements d\u2019enseignement officiaient sans aucune reconnaissance du minist\u00e8re. Il a ajout\u00e9 que 789 \u00e9tablissements d\u2019enseignement officiant dans des irr\u00e9gularit\u00e9s moins graves que celles \u00e0 fermer b\u00e9n\u00e9ficieront d\u2019un accompagnement de la part de l\u2019Etat.<\/p>\n<p>En se fondant sur ces listes publi\u00e9es et concernant ces \u00e9tablissements ill\u00e9gaux nous nous sommes interrog\u00e9s comment un nombre si important d\u2019\u00e9tablissements ont pu fonctionner pendant des ann\u00e9es en toute impunit\u00e9 dans la formation des d\u00e9cideurs de demain. Or Joseph Ki zerbo (1990) avait d\u00e9j\u00e0 mis en garde toute nation qui brade son syst\u00e8me \u00e9ducatif p\u00e9rira.<\/p>\n<p>De m\u00eame, dans le domaine de la Sant\u00e9, le gouverneur de la R\u00e9gion du Centre Sibiri de Issa Ou\u00e9draogo par arr\u00eat\u00e9 N\u00b02022\/E0001\/MATDS\/RCEN\/GVTO\/SG du 06\/1\/2022 informait de l\u2019opinion publique nationale de la fermeture 46 \u00e9tablissements sanitaires priv\u00e9s de la r\u00e9gion du Centre ne respectant pas les dispositions des autorisations d\u2019ouverture des formations sanitaires priv\u00e9es.<\/p>\n<p>Bien avant une telle d\u00e9cision, la RTB annon\u00e7ait le 16 mars 2021 du d\u00e9mant\u00e8lement de trois cabinets m\u00e9dicaux existant dans l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 par la gendarmerie de l\u2019arrondissement de Nongr Massom. En 2015, le rapport g\u00e9n\u00e9ral de la commission d\u2019enqu\u00eate parlementaire sur le syst\u00e8me de sant\u00e9 au Burkina Faso conduite sous la transition avait not\u00e9 l\u2019existence de structures de sant\u00e9 priv\u00e9es fonctionnant dans l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 parmi les nombreux autres probl\u00e8mes qui hypoth\u00e8quent la garantie de la qualit\u00e9 des soins de sant\u00e9 aux populations. L\u2019ouvrage titr\u00e9 \u00ab\u00a0une m\u00e9decine inhospitali\u00e8re, les difficiles relations entre soignants et soign\u00e9s dans cinq capitales d\u2019Afrique de l\u2019Ouest\u00a0\u00bb sous la direction de Yannick Jaffr\u00e9 et Jean Pierre Olivier de Sardan rend mieux du dysfonctionnement du syst\u00e8me de sant\u00e9 au Burkina. Comment des Centres de sant\u00e9 malades peuvent garantir une sant\u00e9 aux malades qui les fr\u00e9quentent. S\u2019interrogent-ils\u00a0?<\/p>\n<p><i>Cependant, Le directeur de publication de l\u2019hebdomadaire \u00e9conomique l\u2019\u00c9conomiste du Faso Abdoulaye Tao estime quant \u00e0 lui que les \u00c9tats africains continuent de b\u00e9n\u00e9ficier de la confiance des cr\u00e9anciers quand bien m\u00eame les m\u00e9canismes de d\u2019endettement sont forts bien critiquables<\/i><i>. Il reconna\u00eet que les cr\u00e9anciers en criblant les \u00c9tats africains de dette vise leur insolvabilit\u00e9 pour faire main basse sur leurs richesses ce qui est moralement d\u00e9testable. Il faut le combattre. Mais, comme on a dit on n\u00e9gocie souvent avec le couteau sur la gorge. Pour se soustraire il faut d\u00e9j\u00e0 vider le stock de dette, d\u00e9velopper votre \u00e9conomie au point d\u2019\u00eatre ind\u00e9pendant\u00a0!<\/i><\/p>\n<p><i>BROULAYE BAGAYOGO r\u00e9torque en indiquant que l\u2019appel de Thomas Sankara est actuellement plus d\u2019actualit\u00e9 qu\u2019au moment o\u00f9 il interpellait ses pairs le 29 juillet 1987 \u00e0 constituer un front uni contre la dette dans la mesure o\u00f9 le degr\u00e9 de pillage des richesses mini\u00e8res \u00e9nerg\u00e9tique agrosylvo-pastorales n\u2019avait pas atteint celui d\u2019aujourd\u2019hui. A l\u2019heure o\u00f9 Thomas Sankara lan\u00e7ait cet appel on n\u2019avait pas encore d\u00e9couvert des gisements de minerais encore moins de les piller. Au-del\u00e0 du niveau des taux \u00e9lev\u00e9s, le suivi et le respect strict des mesures des PAS sont une condition pour b\u00e9n\u00e9ficier de nouveaux pr\u00eats. Or, les PAS ont cr\u00e9\u00e9 une impasse au d\u00e9veloppement. En r\u00e9alit\u00e9, toute la dette africaine n\u2019a pas exist\u00e9, certaines sont fictives \u00e0 travers le truchement du jeu mon\u00e9taire. Ce jeu mon\u00e9taire s\u2019exprime par le fait qu\u2019une partie non moins n\u00e9gligeable du remboursement du stock de la dette s\u2019effectue en devise. Les africains\u00a0<\/i><i>perdent beaucoup d\u2019argent lorsque leurs recettes d\u2019exportation sont converties en dollars. En guise d\u2019exemple, leurs recettes d\u2019exportation de 1500 Millions de Dollar \u00e9quivalent en 1 500 Millions de Dollar si un Euro est \u00e9gal \u00e0 1 Dollar. En revanche, cette m\u00eame recette d\u2019exportation se r\u00e9duit \u00e0 un Milliard d\u2019Euro lorsque l\u2019Euro s\u2019appr\u00e9cie et s\u2019\u00e9change \u00e0 1,5 Dollar on constate ici une perte d\u2019\u00e9change s\u00e9rieuse des Africains de 500 Milliards de Dollars correspondant \u00e0 250 Milliards de Francs CFA. Cela veut dire que si l\u2019Euro vaut demain le double de la devise Am\u00e9ricaine, les revenus d\u2019exportation des Africains seront amput\u00e9s automatiquement de leur moiti\u00e9. Je vous prends un exemple pour vous faciliter la t\u00e2che\u00a0: soit une dette Africaine de 100 Milliards de Dollars, si un Dollar est \u00e9gal \u00e0 un Euro alors 100 Milliards de Dollars de dette est 100 Milliards d\u2019Euro\u00a0; mais lorsqu\u2019un Dollar est \u00e9gal 1,25 Euro ou si un Euro est \u00e9gal 0,80 Dollar alors la dette Africaine devient 125 Milliards d\u2019Euro par la pratique du jeu mon\u00e9taire. Donc, notre dette \u00e0 grimper sans un emprunt compl\u00e9mentaire \u00e0 travers la pratique du jeu mon\u00e9taire. Une autre dette qui n\u2019a pas exist\u00e9, \u00e7a c\u2019est la dette coloniale, les cr\u00e9anciers se sont endett\u00e9s pour venir coloniser nos pays, apr\u00e8s les ind\u00e9pendances on nous dit de rembourser cette dette\u00a0; cette dette a servi a qui et pendant la m\u00eame colonisation vous conviendrez avec moi que les europ\u00e9ens ont construit leur fortune gr\u00e2ce au commerce triangulaire<\/i><i>. Et donc on parle aussi de la dette de sang, alors tout le monde sait l\u2019histoire des tirailleurs S\u00e9n\u00e9galais, tout le monde sait que nos grands-parents ont lib\u00e9r\u00e9 la France des mains de l\u2019Allemagne. Voil\u00e0 tout cela constitue une dette que SANKARA aborde dans son discours la dette de sang qui ne nous a pas \u00e9t\u00e9 rembours\u00e9e. Ensuite, des chercheurs ont dit que 20% des pr\u00eats accord\u00e9s \u00e0 l\u2019Afrique constituent des pots de vins. Donc SANKARA a alert\u00e9 la conscience de ses coll\u00e8gues sur cette probl\u00e9matique qui ont refus\u00e9 malheureusement de l\u2019\u00e9couter\u00a0!<\/i>\u00a0L\u2019artiste ivoirien Moussa Doumbia plus connu sous le nom de Tyken Jah Fakoly ne donne-t-il pas raison \u00e0 Broulaye Bagayogo<i>\u00a0lorsqu\u2019il dit \u00eatre \u00e9tonn\u00e9 qu\u2019on dise que l\u2019Afrique est endett\u00e9e, \u00e0 travers le 13<sup class=\"typo_exposants\">e<\/sup>\u00a0titre de son 7<sup class=\"typo_exposants\">e<\/sup>\u00a0album baptis\u00e9 \u00ab\u00a0coup de gueule\u00a0l\u2019Afrique doit du fric<\/i>\u00a0\u00bb. Ce titre\u00a0<i>fait allusion \u00e0 la dette et \u00e0 esclavage de sang.\u00a0<\/i>Dans son deuxi\u00e8me couplet, il fait allusion \u00e0 la fuite des capitaux, \u00e0 la corruption, les d\u00e9tournements de deniers publics. A travers son troisi\u00e8me couplet, l\u2019artiste fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la mise en place par l\u2019occident des valets locaux \u00e0 la t\u00eate des \u00c9tats africains \u00e0 leur solde pour piller et appliquer les politiques n\u00e9olib\u00e9rales contre le d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique. Dans son quatri\u00e8me couplet il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019argent sale que les puissances occidentales et leurs valets locaux engrangent \u00e0 travers des guerres causant le malheur des africains. C\u2019est pourquoi il insiste dans ce couplet sur la reconnaissance de la dette de sang non apr\u00e8s 400 ans d\u2019esclavage, plusieurs ann\u00e9es de travaux forc\u00e9s. Dans son sixi\u00e8me couplet, il d\u00e9nonce l\u2019\u00e9conomie criminelle \u00e9rig\u00e9e par les institutions de Breton woods de connivence avec ses valets locaux.<\/p>\n<h3 id=\"conclusion\" class=\"spip\"><a class=\"sommaire_ancre\" title=\"Sommaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Colloque-international-Thomas-Sankara-et-le-developpement#outil_sommaire\">\u00a0<\/a>Conclusion\u00a0:<\/h3>\n<p>Jusque-l\u00e0 l\u2019Afrique reste enferm\u00e9e dans le pi\u00e8ge de l\u2019endettement, pourra-t-elle s\u2019en sortir dans ce trouble jeu o\u00f9 les r\u00e8gles et les m\u00e9canismes d\u2019endettement lui \u00e9chappent. \u00c9tant entendu que l\u2019appel de Thomas Sankara rel\u00e8ve d\u2019une vision l\u00e9gitime il sied de remettre le d\u00e9bat du refus de remboursement de dette sur la table en mobilisant les arguments. Il sied de cr\u00e9er un rapport de force autour de fortes mobilisations pour exiger l\u2019annulation de la dette.<\/p>\n<p>Par la suite, exiger un audit de la dette publique africaine \u00e0 travers un collectif compos\u00e9 de toutes les couches sociales de la soci\u00e9t\u00e9 notamment les victimes des plans d\u2019ajustements structurels, des personnes comp\u00e9tences sur les questions de l\u2019\u00e9conomie, de droit et de sociologie pour analyser les aspects sociologiques de la dette c\u2019est-\u00e0-dire son impact sur les droits humains, l\u2019\u00e9conomiste quant \u00e0 lui analysera l\u2019impact de la dette sur les \u00e9conomies nationales et enfin le juriste d\u00e9terminera si les accords de pr\u00eats ont respect\u00e9 les normes nationales, le caract\u00e8re usurier ou non des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats des emprunts. \u00c0 ce stade une fois le rapport d\u2019audit valid\u00e9, l\u2019opinion saura les emprunts qui ont servi aux int\u00e9r\u00eats des peuples et ceux d\u00e9tourn\u00e9s au profit des dirigeantes et les cr\u00e9anciers.<\/p>\n<p>Plaider pour l\u2019encadrement strict du recours \u00e0 l\u2019endettement pour se prot\u00e9ger contre les d\u00e9rives observ\u00e9es depuis plusieurs d\u00e9cennies en proc\u00e9dant \u00e0 la constitutionnalisation de la dette comme l\u2019ont fait Equateur et la Bolivie<\/p>\n<p>Renforcer les m\u00e9canismes de recouvrement des recettes fiscales en mettant fin au pillage des ressources naturelles et \u00e0 l\u2019impunit\u00e9 des multinationales<\/p>\n<h3 id=\"bibliographie\" class=\"spip\"><a class=\"sommaire_ancre\" title=\"Sommaire\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Colloque-international-Thomas-Sankara-et-le-developpement#outil_sommaire\">\u00a0<\/a>Bibliographie\u00a0:<\/h3>\n<p>BADIEL, S, pr\u00e9occupation des travailleurs du Public et du priv\u00e9 dans un contexte de remise en cause des droits d\u00e9mocratiques et sociaux\u00a0: analyse du projet de r\u00e9forme du syst\u00e8me de r\u00e9mun\u00e9ration des agents publics de l\u2019\u00c9tat engag\u00e9s par le gouvernement in les conf\u00e9rences CGTB-B, \u00e9dition 2020 pp 5-24<\/p>\n<p>BAYIRE, Z et Sawadogo, M, la gestion de la richesse nationale in les conf\u00e9rences CGTB-B, \u00e9dition 2020 pp 51-63<\/p>\n<p>DIALLO, M, la domination et l\u2019exploitation imp\u00e9rialiste, obstacle \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance, au progr\u00e8s social et \u00e9conomique v\u00e9ritables des pays africains. in les conf\u00e9rences CGTB-B, \u00e9dition 2020 pp 126-132<\/p>\n<p>Fattoreli, M, L, 2013, Audit citoyen de la dette publique, exp\u00e9riences et m\u00e9thodes 259p<\/p>\n<p>Ilboudo , L, Libre \u00e9change et d\u00e9veloppement, quelles le\u00e7ons pour l\u2019Afrique subsaharienne in n\u00b0000 D\u00e9fis \u00c9conomiques du 15 septembre au 15 octobre 2012<\/p>\n<p>Le Reporter, Enseignement post-primaire et secondaire g\u00e9n\u00e9ral. De faux ordre de mission \u00e9tablis pour s\u2019offrir ind\u00fbment des frais\u00a0; n\u00b0313 du 1<sup class=\"typo_exposants\">er<\/sup>\u00a0au 14 juillet 2021 pp7-8<\/p>\n<p>NABALOUM, A, K, Soci\u00e9t\u00e9 mini\u00e8re SEMAFO. Soup\u00e7ons de fraude fiscale d\u2019une valeur de 153 millions FCFA in Le Reporter n\u00b0314 du 15 au 31 juillet 2021 pp 5-6<\/p>\n<p>R\u00e9seau national de lutte anti-corruption, \u00c9tat de la corruption au Burkina Faso, rapport 2020, 163<\/p>\n<p>TOUSSAINT, E, 2017, Le syst\u00e8me dette. Histoire des dettes souveraines et de leur r\u00e9pudiation, les liens qui lib\u00e8rent, France, 333p<\/p>\n<p>TRAORE, A, Fraudes fiscales plus de 880 milliards perdus par le Tr\u00e9sor public in l\u2019Ev\u00e8nement n\u00b0416 du 25 f\u00e9vrier 2020 pp 9-10<\/p>\n<p>VERSCHAVE, F, X, 2002, L\u2019envers de la dette Criminalit\u00e9 politique et \u00e9conomique au Congo-Brazza et en Angola 218p<\/p>\n<p>Ziegler, J, Thomas Sankara et Ziegler Jean, discours, discours sur la dette. Discours d\u2019Addis Abeba, de Thomas Sankara, Elytis Edition<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"bio\">\n<div class=\"photeur\">\n<div class=\"logoauteur\">\n<p><strong>Auteurs : <a href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/colloque_international_thomas_sankara_vf.pdf\">colloque_international_thomas_sankara_vf\u00a0<\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong>NIKIEMA Dramane\u00a0<\/strong>\u00a0: Masteurant en Sociologie Universit\u00e9 Joseph-Ki ZERBO,\u00a0<a class=\"spip_mail\" title=\"dramson81@gmail.com\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Colloque-international-Thomas-Sankara-et-le-developpement#dramson81#mc#gmail.com#\">dramson81<span class=\"mcrypt\">@<\/span>gmail.com<\/a><\/p>\n<p><strong>FAYAMA Tiyonl\u00e9\u00a0<\/strong>\u00a0: Charg\u00e9 de Recherche au Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique\u00a0<a class=\"spip_mail\" title=\"tionyele@yahoo.fr\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Colloque-international-Thomas-Sankara-et-le-developpement#tionyele#mc#yahoo.fr#\">tionyele<span class=\"mcrypt\">@<\/span>yahoo.fr<\/a><\/p>\n<p><strong>BAGAYOGO Broulaye<\/strong>\u00a0: Juriste et Secr\u00e9taire Permanent du Comit\u00e9 pour l\u2019Abolition des Dettes ill\u00e9gitimes (CADTM\/AFRIQUE)\u00a0<a class=\"spip_mail\" title=\"secretariatcadtmafrique@gmail.com\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Colloque-international-Thomas-Sankara-et-le-developpement#secretariatcadtmafrique#mc#gmail.com#\">secretariatcadtmafrique<span class=\"mcrypt\">@<\/span>gmail.com<\/a><\/p>\n<p><strong>SAMPEBEGO Souleymane<\/strong>\u00a0: Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Association pour la Taxation des Transactions Financi\u00e8res pour une Action Citoyenne (ATTAC\/BURKINA)\u00a0<a class=\"spip_mail\" title=\"samso_2005@yahoo.fr\" href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Colloque-international-Thomas-Sankara-et-le-developpement#samso_2005#mc#yahoo.fr#\">samso_2005<span class=\"mcrypt\">@<\/span>yahoo.fr<\/a><\/p>\n<p>Axe de rattachement du colloque\u00a0:\u00a0<strong>Politique Publique et Endettement<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"logocadtm\"><img decoding=\"async\" class=\"spip_logo spip_logos\" src=\"http:\/\/www.cadtm.org\/IMG\/moton736.png?1430120656\" alt=\"\" width=\"90\" height=\"28\" \/><\/div>\n<\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Broulaye-Bagayoko?lang=fr\"><span id=\"nom\">Broulaye Bagayoko\u00a0<\/span><\/a>Membre de la Coalition des Alternatives Africaines Dette et D\u00e9veloppement (CAD-Mali) et Secr\u00e9taire Permanent du CADTM Afrique (Comit\u00e9 pour l\u2019Abolition des Dettes Ill\u00e9gitimes) T\u00e9l : 65 88 11 53\/74 90 73 95 e-mail : secretariatcadtmafrique<span class=\"mcrypt\">@<\/span>gmail.com<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ouagadougou du 26 au 28 juillet 2022 Thomas SANKARA et le refus du remboursement de la dette ext\u00e9rieure des Etats africains\u00a0: Vision l\u00e9gitime ou responsabilit\u00e9 inassum\u00e9e\u00a0? Cas du Burkina Faso. &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; \u00a0R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Cette contribution renforce l\u2019actualit\u00e9 sur le bien fond\u00e9 du refus du remboursement de la\u00a0dette\u00a0africaine \u00e0 partir de l\u2019appel historique &#8230; <a title=\"Colloque international : Thomas Sankara et le d\u00e9veloppement\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=5257\" aria-label=\"En savoir plus sur Colloque international : Thomas Sankara et le d\u00e9veloppement\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5178,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,21,36],"tags":[426,34,57],"class_list":["post-5257","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe","category-anti-imperialisme","category-europe","tag-cadtm","tag-dette","tag-thomas-sankara"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5257","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5257"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5257\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5260,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5257\/revisions\/5260"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5178"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5257"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5257"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5257"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}