{"id":5320,"date":"2022-11-15T10:00:17","date_gmt":"2022-11-15T09:00:17","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=5320"},"modified":"2022-10-15T10:20:30","modified_gmt":"2022-10-15T09:20:30","slug":"extrait-du-livre-petite-histoire-politique-des-banlieues-populaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=5320","title":{"rendered":"Extrait du livre\u00a0 \u00ab Petite histoire politique des banlieues populaires \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Nous avons le plaisir de publier en exclusivit\u00e9 un extrait du livre\u00a0 <i>\u00ab <\/i>Petite histoire politique des banlieues populaires \u00bb de <a title=\"Hac\u00e8ne Belmessous\" href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/hacene-belmessous-_r_35_lettre_H_c_1169.html\">Hac\u00e8ne Belmessous<\/a><\/p>\n<p><strong>Avec l\u2019aimable autorisation des Editions Syllepse.\u00a0\u00a0 <\/strong><!--more--><\/p>\n<div class=\"clk-row\">\n<div class=\"col-s-1 flex titre-detail\">\n<blockquote><p>La police, un \u00c9tat dans l\u2019\u00c9tat<\/p><\/blockquote>\n<p>La police n\u2019est pas un acteur social ordinaire dans les quartiers populaires. La nature de son r\u00f4le, en charge de cette fonction r\u00e9galienne qui en fait le garant de la s\u00e9curit\u00e9 publique, a mut\u00e9 au mitan des ann\u00e9es 1990 lorsque l\u2019\u00c9tat a reconsid\u00e9r\u00e9 son action dans ces lieux. Apr\u00e8s la figure de l\u2019\u00c9tat social qui a orient\u00e9 les politiques publiques entre 1975, avec l\u2019instauration de la premi\u00e8re phase de la politique de la ville, et les ann\u00e9es 1990, le pacte de relance pour la ville a introduit en 1996 la s\u00e9curit\u00e9 comme modalit\u00e9 centrale de sa politique dans les banlieues populaires. Depuis ce renouvellement de l\u2019appareillage id\u00e9ologique de la politique de la ville, op\u00e9r\u00e9 sous un gouvernement de droite\u2002\u2013\u2002Alain Jupp\u00e9 \u00e9tait le Premier ministre de Jacques Chirac\u2002\u2013\u2002l\u2019institution polici\u00e8re s\u2019est totalement \u00e9mancip\u00e9e de la tutelle de l\u2019\u00c9tat dans les banlieues populaires. Elle ne remplit plus ses missions r\u00e9galiennes, son r\u00f4le \u00e9tant d\u00e9sormais illimit\u00e9, puisqu\u2019outre le fait qu\u2019elle expertise les op\u00e9rations d\u2019urbanisme\u2002\u2013\u2002la r\u00e9novation urbaine vise d\u2019abord \u00e0 reconfigurer architecturalement les quartiers d\u2019habitat social de mani\u00e8re \u00e0 faciliter les interventions des forces de l\u2019ordre\u2002\u2013\u2002elle y agit \u00e0 sa convenance\u2009: un \u00c9tat policier fort face \u00e0 un \u00c9tat social aux moyens r\u00e9duits. La police des banlieues populaires s\u2019est intronis\u00e9e en agent de coh\u00e9sion sociale de la vie de ces lieux. Elle contient les influences de toutes les institutions publiques (\u00e9cole, services sociaux, bailleurs sociaux,\u202fetc.) dans les limites du pouvoir qu\u2019elle s\u2019est arrog\u00e9e, multipliant les pressions externes sur le gouvernement, et internes sur les \u00e9lus locaux et les administrations locales, imposant ses formes de r\u00e9gulation dans certains arbitrages politiques et le contr\u00f4le de la vie sociale des habitants. Les diff\u00e9rents gouvernements ont tant c\u00e9d\u00e9 \u00e0 ses exigences que la police y concentre d\u00e9sormais entre ses mains tous les pouvoirs\u2009: s\u00e9curitaire, social, politique, juridique, moral, normatif. Sans conteste, cette d\u00e9rive t\u00e9moigne d\u2019une terrible r\u00e9gression d\u00e9mocratique dans les quartiers populaires. Cette police d\u2019\u00ab\u2009hommes \u00e0 tout faire\u2009\u00bb n\u2019a plus de correctif dans l\u2019\u00e9valuation de son action. Elle est puissante et entend le rester. Ainsi, quand la justice ou les associations critiquent ou d\u00e9noncent certains de ses modes op\u00e9ratoires, elle fait aux gouvernants le chantage de la d\u00e9fection\u2009: \u00ab\u2009Si on n\u2019a pas tous les moyens d\u2019y intervenir, les voyous vont gagner\u2009\u00bb\u2009; ou sa variante plus offensive, \u00ab\u2009Si on \u00e9choue, ce sera la guerre civile en France\u2009\u00bb. Dans un contexte de tensions sociales, de surench\u00e8re s\u00e9curitaire et de menaces terroristes, la possibilit\u00e9 qu\u2019elle ne soit pas entendue est \u00e9videmment minime. Ce remplacement progressif d\u2019un espace d\u00e9mocratique r\u00e9gul\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 civile par un environnement social domin\u00e9 par le contr\u00f4le policier a cr\u00e9\u00e9 les conditions d\u2019une omnipotence polici\u00e8re. Certes, tous les policiers ne sont pas des militants de la th\u00e9orie de l\u2019ennemi int\u00e9rieur mobilis\u00e9 dans les banlieues populaires, il n\u2019en reste pas moins que ce qui caract\u00e9rise l\u2019action d\u2019une part importante d\u2019entre eux, c\u2019est une volont\u00e9 d\u2019en d\u00e9coudre avec le monde fantasm\u00e9 des \u00ab\u2009jeunes des cit\u00e9s\u2009\u00bb.<\/p>\n<p>Cela fait bient\u00f4t trente ans que le corps policier cherche \u00e0 convaincre la doxa que \u00ab\u2009les cit\u00e9s [leur sont] interdites<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>\u2009\u00bb. In\u00e9vitablement, le renoncement de l\u2019\u00c9tat \u00e0 instaurer du droit commun, comme \u00e0 lutter efficacement contre le traitement diff\u00e9renci\u00e9 de ces habitants en mati\u00e8re d\u2019acc\u00e8s au logement, \u00e0 l\u2019emploi ou \u00e0 la culture, a facilit\u00e9 la diffusion du dogme policier, quand les avertissements des associations et des collectifs habitants sur les cons\u00e9quences inqui\u00e9tantes de cette mainmise polici\u00e8re \u00e9taient r\u00e9duites \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019incantations. Cette reconfiguration de l\u2019espace public des banlieues populaires selon les normes produites par la police s\u2019est \u00e9videmment faite aux d\u00e9pens de leurs habitants. Surveill\u00e9s et punis, pour paraphraser le philosophe Michel Foucault, ces individus m\u00e8nent une existence sociale ajust\u00e9e par les diff\u00e9rentes validations polici\u00e8res dont les contr\u00f4les d\u2019identit\u00e9 repr\u00e9sentent la forme la plus l\u00e9gitim\u00e9e de cette emprise disciplinaire.<\/p>\n<blockquote><p>des policiers impunis<\/p><\/blockquote>\n<p>Lorsque le projet d\u2019une Marche pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 et contre le racisme fut enclench\u00e9 en avril\u202f1983, deux ans apr\u00e8s les premi\u00e8res r\u00e9voltes sociales dans les quartiers populaires de l\u2019est lyonnais, un des \u00e9l\u00e9ments structurant cette mobilisation \u00e9tait le rejet des pratiques polici\u00e8res. Les jeunes de ces quartiers ont en effet d\u00e8s l\u2019origine critiqu\u00e9 l\u2019action de la police dans ces lieux en pointant le fait qu\u2019elle reposait sur des fondements violents et ne reposait sur aucune l\u00e9gitimit\u00e9. Cette accusation ne tenait pas d\u2019une conviction antiflics a priori mais se construisait sur une exp\u00e9rience incontestable. Dans la France de la \u00ab\u2009nostalg\u00e9rie\u2009\u00bb, le statut de l\u2019immigr\u00e9 arabe, puis celui de ses enfants, devenus fran\u00e7ais puisque n\u00e9s sur le territoire national, sugg\u00e9rait dans la conscience nationale une hi\u00e9rarchie des conditions.<\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, les ratonnades, ces exp\u00e9ditions exp\u00e9ditives qui les ciblaient, s\u2019\u00e9taient banalis\u00e9es sur le territoire national, contribuant \u00e0 intensifier la violence de la racialisation des rapports sociaux entre Fran\u00e7ais et Arabes. En outre, en d\u00e9pit du vote de la loi du 1er\u202fjuillet 1972 contre le racisme et les discours de haine, il r\u00e9gnait dans la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise une forme d\u2019euph\u00e9misation sociale du racisme. Les victimes n\u2019\u00e9taient pas seulement les travailleurs immigr\u00e9s, des jeunes n\u00e9s en France \u00e9taient \u00e9galement vis\u00e9s.<\/p>\n<p>Afin de contextualiser la marche civique partie de V\u00e9nissieux, il n\u2019est pas inutile de recenser ici quelques-uns de ces crimes qui eurent pour cadre l\u2019aire urbaine qui englobe V\u00e9nissieux. Le 14\u202fjuin 1980, \u00e0 Caluire, Kaddour Mammad, 17 ans, \u00e9tait descendu \u00e0 coup de 22 long rifle par un homme qu\u2019il avait crois\u00e9 dans la cit\u00e9 en raccompagnant un copain. Le 10\u202fjuillet 1981, \u00e0 Vaulx-en-Velin, Daniel Zanouda, 19 ans, \u00e9tait tu\u00e9 par un retrait\u00e9. En octobre\u202f1982, \u00e0 Lyon, Norredine Babas \u00e9tait surpris en flagrant d\u00e9lit de vol. Un policier lui tirait dessus, arguant lors de son audition qu\u2019il lui avait intim\u00e9 de lever les bras mais que le jeune homme avait refus\u00e9 d\u2019obtemp\u00e9rer. L\u2019Inspection g\u00e9n\u00e9rale des services classa l\u2019affaire sans suite, le juge d\u2019instruction rendant une ordonnance de non-lieu en juillet\u202f1987, quand le jeune homme \u00e9tait condamn\u00e9 \u00e0 vingt mois de prison pour vol. Le 22\u202foctobre 1982, \u00e0 Lyon, Wahid Hachichi, 16 ans, \u00e9tait tu\u00e9 d\u2019une balle par le propri\u00e9taire d\u2019une voiture au motif qu\u2019il tournait autour de sa voiture. Le 6\u202fnovembre 1982, toujours \u00e0 Lyon, Mohamed Abidou \u00e9tait tu\u00e9 par un inspecteur de police qui se d\u00e9fendit en arguant qu\u2019il avait agi ainsi car il avait \u00e9t\u00e9 pris \u00e0 partie par deux Arabes, et qu\u2019il n\u2019avait fait que se d\u00e9fendre. Le policier ne fut jamais jug\u00e9. Le 18\u202fjuin 1983, aux Minguettes, Toumi Dja\u00efdja, 20 ans, \u00e9tait gri\u00e8vement bless\u00e9 au ventre par un policier qui avait l\u00e2ch\u00e9 son chien sur un jeune de la cit\u00e9\u2009; Toumi Dja\u00efdja voulait s\u2019interposer quand il re\u00e7ut cette balle. Le policier plaida l\u2019agression et l\u2019accident<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>Si l\u2019on tire du fil de ces manifestations racistes une activit\u00e9 polici\u00e8re caract\u00e9ris\u00e9e par des interventions sans \u00ab\u2009juste mesure r\u00e9publicaine\u2009\u00bb, le constat est sans appel\u2009: une frange substantielle du corps policier avait d\u00e9j\u00e0 bascul\u00e9 dans des pratiques moralement condamnables et psychologiquement insupportables pour les populations cibl\u00e9es. Des r\u00e9sistances se sont pourtant maintes fois fait entendre au sein du corps policier. En octobre\u202f1974, les inspecteurs de police membres de la section parisienne de la CFDT \u00ab\u2009se d\u00e9solidarisent avec la plus extr\u00eame vigueur d\u2019un comportement qui d\u00e9consid\u00e8re encore un peu plus la police\u2009\u00bb, affirmant que \u00ab\u2009des ratonnades de cette violence sont rendues possibles par le racisme latent qui gangr\u00e8ne le corps policier, bien souvent entretenu par ceux qui voudraient refaire leur guerre d\u2019Alg\u00e9rie<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>\u2009\u00bb. Nous pensons \u00e9galement \u00e0 cette tribune publi\u00e9e dans la presse nationale en 1979 et qui sugg\u00e9rait en creux quel corps d\u00e9lictueux cette institution \u00ab\u2009r\u00e9publicaine\u2009\u00bb \u00e9tait devenue\u2009:<\/p>\n<p>L\u2019impunit\u00e9 est la r\u00e8gle, le silence est la loi \u00e0 tous les \u00e9tages des hi\u00e9rarchies polici\u00e8res et judiciaires. [\u2026] Une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique ne peut durer avec un appareil policier enferm\u00e9 dans un ghetto qui le place enti\u00e8rement dans la main du pouvoir, le laisse sensible aux pires tentatives de la violence et avec une justice complice s\u2019enfon\u00e7ant dans le d\u00e9shonneur<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p>\u00c0 entendre un des premiers soutiens actifs de la Marche en 1983, l\u2019homme d\u2019\u00c9glise Christian Delorme, l\u2019imp\u00e9ratif d\u2019une police r\u00e9publicaine et le refus de se soumettre \u00e0 sa discipline forc\u00e9e et humiliante furent un des moteurs de cette mobilisation de l\u2019automne 1983\u2009:<\/p>\n<p>Il faut se rappeler que d\u00e9j\u00e0 en mars\u202f1983, des jeunes du quartier Monmousseau, aux Minguettes, avaient fait une gr\u00e8ve de la faim qui avait dur\u00e9 quatorze jours pour alerter l\u2019opinion publique et politique sur l\u2019usage excessif de la force par la police. Un climat d\u2019extr\u00eame violence dominait la vie de la cit\u00e9. On ne comptait pas les morts violentes de jeunes, et le fait que la justice lib\u00e9rait assez vite les auteurs de ces morts \u00e9tait intimement mal v\u00e9cu par ces jeunes. S\u2019ils avaient cess\u00e9 leur gr\u00e8ve de la faim sur la promesse politique qu\u2019ils seraient entendus, les incidents li\u00e9s \u00e0 la police n\u2019avaient ensuite pas cess\u00e9. Des jeunes continuaient d\u2019\u00eatre maltrait\u00e9s par la police et la balle re\u00e7ue par Toumi Dja\u00efdja fut v\u00e9cue comme le fait divers de trop<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<blockquote><p>des contr\u00f4les d\u2019identit\u00e9 arbitraires<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019emprise polici\u00e8re sur les habitants des quartiers populaires se mesure \u00e0 l\u2019aune de cette modalit\u00e9 d\u2019action qui lui est conf\u00e9r\u00e9 par des textes de loi\u2009: le contr\u00f4le d\u2019identit\u00e9, par exemple, est souvent mis en \u0153uvre autoritairement en d\u00e9bordant les dispositions l\u00e9gales proprement dites pour p\u00e9renniser sa domination symbolique sur la vie des habitants de ces quartiers.<\/p>\n<p>Lorsque la gauche arrive au pouvoir en mai\u202f1981, elle \u00e9tait attendue sur cette question sensible. Alors que la loi \u00ab\u2009s\u00e9curit\u00e9 et libert\u00e9\u2009\u00bb d\u2019avant mai\u202f1981, n\u2019intervenait que pour r\u00e9glementer les contr\u00f4les dans les cas de vide juridique, la loi du 10\u202fjuin 1983 \u00e9tait suppos\u00e9e marquer une \u00e9volution d\u00e9mocratique en codifiant ces contr\u00f4les. En neutralisant la dimension arbitraire du contr\u00f4le d\u2019identit\u00e9, le l\u00e9gislateur d\u00e9finissait une norme \u00e9thique dans cette proc\u00e9dure. Ainsi que le notait alors un document de l\u2019\u00c9cole nationale sup\u00e9rieure de police, \u00ab\u2009c\u2019est en fonction des apparences qui se pr\u00e9senteront \u00e0 lui et l\u2019interpr\u00e9tation qu\u2019il en donnera, que le policier proc\u00e9dera \u00e9ventuellement \u00e0 une mesure de contr\u00f4le d\u2019identit\u00e9\u2009\u00bb. Et les auteurs du document de pr\u00e9ciser cyniquement qu\u2019\u00ab\u2009en r\u00e9alit\u00e9, une attitude, un comportement, une fa\u00e7on d\u2019\u00eatre dans un certain contexte, peuvent \u00eatre per\u00e7us comme un indice. L\u2019exercice de ces actes de police judiciaire n\u2019est d\u2019ailleurs soumis \u00e0 aucune autorisation pr\u00e9alable des magistrats du parquet qui v\u00e9rifieront \u201ca posteriori\u201d la l\u00e9galit\u00e9 des conditions de l\u2019intervention. Comment pourrait-il en \u00eatre autrement, puisque la perception de l\u2019indice ne peut \u00eatre le fait que de celui qui est \u201cen situation\u201d. Permettre au policier de l\u2019analyser revient en d\u00e9finitive \u00e0 s\u2019en remettre \u00e0 sa sagacit\u00e9<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>\u2009\u00bb. Or, en laissant en toute conscience \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation polici\u00e8re la validit\u00e9 du contr\u00f4le d\u2019identit\u00e9, le gouvernement socialiste revenait sur ses premi\u00e8res intentions, l\u00e9gitimant le postulat que la culpabilit\u00e9 immanente restait du c\u00f4t\u00e9 des populations cibl\u00e9es par la police. En clair, la probabilit\u00e9 d\u2019un abus de pouvoir policier est bien moindre que le \u00ab\u2009probl\u00e8me\u2009\u00bb pos\u00e9 par les jeunes des quartiers d\u2019habitat social. Ces contr\u00f4les a priori \u00e9taient pourtant substantiellement partiaux, autrement dit, au faci\u00e8s. Il importe d\u00e8s lors de s\u2019interroger sur le renoncement de la gauche \u00e0 neutraliser la mainmise polici\u00e8re sur l\u2019existence sociale de ces jeunes. Il faut ici \u00e9carter d\u2019embl\u00e9e l\u2019id\u00e9e que le corps policier manipulait le pouvoir socialo-communiste en se fabriquant dans les banlieues populaires des espaces de souverainet\u00e9 qui lui \u00e9taient invisibles. Ces communes \u00e9taient en effet massivement g\u00e9r\u00e9es par des \u00e9lus issus de cette m\u00eame gauche.<\/p>\n<p>Lorsque l\u2019est lyonnais se r\u00e9volta durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1981, il \u00e9tait autant gouvern\u00e9 par des maires socialistes que par des maires communistes. Ces \u00e9lus \u00e9taient en outre parfaitement inform\u00e9s des pratiques d\u00e9viantes de la police sur leur territoire. Seulement, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque, les discours proph\u00e9tiques sur la menace \u00e0 venir d\u2019une \u00ab\u2009guerre civile dans les banlieues\u2009\u00bb et l\u2019aspiration polici\u00e8re \u00e0 y intervenir \u00e0 sa guise pour y faire valoir \u00ab\u2009son\u2009\u00bb ordre op\u00e9raient dans la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, la contestation par la gauche du monopole policier sur la vie quotidienne des banlieues populaires, et de cette arme symbolique qu\u2019est l\u2019usage de l\u2019arbitraire des v\u00e9rifications d\u2019identit\u00e9, \u00e9tait limit\u00e9e et inaudible. Ainsi, quand le d\u00e9put\u00e9 socialiste de l\u2019Allier, Jean-Michel Belorgey, pr\u00e9sident par ailleurs de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, appelait \u00e0 \u00ab\u2009une exigence \u00e9thique et d\u00e9ontologique\u2009\u00bb de l\u2019action de la police. Son v\u0153u, au demeurant assez isol\u00e9, resta lettre morte et il regrettera plus tard que\u2009:<\/p>\n<p>La police constitue \u00e0 n\u2019en pas douter, pour cette couche particuli\u00e8re de la population qui a contre elle \u00e0 la fois la jeunesse et la couleur ou des signes ext\u00e9rieurs qui lui sont apparent\u00e9s, une incontestable source d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 quand bien m\u00eame elle ne se trouverait pas plac\u00e9e dans une situation qui l\u2019expose naturellement \u00e0 la douteuse sollicitude des repr\u00e9sentants de l\u2019ordre\u2009: la d\u00e9linquance, les situations irr\u00e9guli\u00e8res du point de vue du s\u00e9jour. Les jeunes d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re ou r\u00e9put\u00e9e telle sont, plus d\u2019autres groupes sociaux, victimes des bavures polici\u00e8res, pour le moins de contr\u00f4les d\u2019identit\u00e9 muscl\u00e9s. C\u2019en est m\u00eame tellement \u00e9vident qu\u2019il para\u00eet \u00e9trange de se demander pourquoi. [\u2026] Point n\u2019est en effet besoin aux policiers, m\u00eame si cela leur arrive parfois, de se prendre pour les sauveteurs inspir\u00e9s d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 mise en p\u00e9ril par le laxisme de ses responsables, pour que la jeunesse d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re leur apparaisse sous le jour d\u2019une sorte de gibier<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>.<\/p>\n<p>\u00c0 ces d\u00e9rives de la culture polici\u00e8re de l\u2019impunit\u00e9 dans les banlieues populaires, Jean-Michel Belorgey tenta durant des ann\u00e9es de les neutraliser. D\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de la gauche au pouvoir en 1981, il poussa \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une structure ind\u00e9pendante de surveillance de la d\u00e9ontologie polici\u00e8re. Ce Conseil sup\u00e9rieur de l\u2019activit\u00e9 de la police nationale vit le jour le\u2026 16\u202ff\u00e9vrier 1993, un mois avant des \u00e9lections l\u00e9gislatives que la gauche savait perdues. Au reste, \u00e0 peine nomm\u00e9 ministre de l\u2019int\u00e9rieur dans le gouvernement Balladur, Charles Pasqua mit fin \u00e0 sa br\u00e8ve existence. La droite n\u2019en voulait pas, la gauche avait bloqu\u00e9 sa mise en place. \u00ab\u2009Manifestement, l\u2019ambition d\u2019assurer une transparence suffisante de l\u2019activit\u00e9 polici\u00e8re ne faisait pas l\u2019affaire du pouvoir et d\u2019une fraction de la hi\u00e9rarchie. La partie du rapport consacr\u00e9e \u00e0 la commission d\u2019information sur les activit\u00e9s des services de police est une de celles que, d\u00e8s le printemps 1982, le ministre de l\u2019int\u00e9rieur se d\u00e9clarait publiquement d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 tenir pour non avenue\u2009\u00bb, \u00e9crira Jean-Michel Belorgey dans un texte testamentaire<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>.<\/p>\n<p>Si les partis de droite ont toujours l\u00e9gitim\u00e9 l\u2019action de la police et ses modes d\u2019op\u00e9rer comme condition n\u00e9cessaire de ses performances et de son efficacit\u00e9 en mati\u00e8re de maintien de l\u2019ordre, ce que l\u2019ancien ministre de l\u2019int\u00e9rieur Charles Pasqua avait th\u00e9oris\u00e9 d\u2019une formule obsc\u00e8ne\u2002\u2013\u2002\u00ab\u2009on ne fait pas d\u2019omelette sans casser des \u0153ufs<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>\u2009\u00bb\u2002\u2013\u2002il faut pourtant s\u2019interroger sur le r\u00f4le ambigu de la gauche de gouvernement.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 . Rapport des commissaires du syndicat SCHFPN, La cit\u00e9 interdite\u2009?, 1995.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 . Ces informations ont \u00e9t\u00e9 puis\u00e9es sur le site http:\/\/quefaitlapolice.samizdat.net.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 . Voir Le Monde, 14\u202foctobre 1974.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 . Michel Marcus, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Syndicat de la magistrature, et Bernard Deleplace, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint de la F\u00e9d\u00e9ration des syndicats de police, Le Monde, 11\u202foctobre 1979.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 . Entretien avec l\u2019auteur.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 . \u00c9cole nationale sup\u00e9rieure de police, Contr\u00f4les et v\u00e9rifications d\u2019identit\u00e9, DFEP, Centre de documentation et d\u2019information de la police nationale, septembre\u202f1985.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 . Jean-Michel Belorgey, \u00ab\u2009Les jeunes d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re\u2009\u00bb, Hommes et Migrations, n\u00b0\u202f1127, d\u00e9cembre\u202f1989.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 . Jean-Michel Belorgey, \u00ab\u2009De profundis\u2026 Vie et mort d\u2019un \u201cconseil moignon\u201d de d\u00e9ontologie polici\u00e8re\u2009\u00bb, Plein Droit, n\u00b0\u202f21, juillet\u202f1993.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 . Cette phrase fut prononc\u00e9e le 5\u202fmai 1988 dans le journal de 13\u202fheures d\u2019Antenne 2 apr\u00e8s l\u2019intervention des forces de police lors d\u2019un raid dans la grotte d\u2019Ouv\u00e9a en Nouvelle-Cal\u00e9donie o\u00f9 des ind\u00e9pendantistes kanaks avaient retenu des militaires en otage. Dix-neuf Kanak et deux militaires trouv\u00e8rent la mort lors de cet assaut.<\/p>\n<h3>Petite histoire politique des banlieues populaires<\/h3>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clk-row\">\n<div class=\"col-l-8-24\">\n<div class=\"clk-wrap-img h100pct imglarge \"><a class=\"imglarge fancybox\" title=\"Petite histoire politique des banlieues populaires \/ Arguments et mouvements\" href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/syllepse_images\/produits\/une-petite-histoire.jpg\" rel=\"syllepse\"> <img decoding=\"async\" id=\"limg\" src=\"https:\/\/www.syllepse.net\/syllepse_images\/produits\/une-petite-histoire.jpg?2\" alt=\"Petite histoire politique des banlieues populaires Arguments et mouvements\" \/> <\/a><\/div>\n<p><center><a class=\"btn-table\" href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/syllepse_images\/divers\/tdm.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><i class=\"fa fa-file-text-o\" aria-hidden=\"true\"><\/i> Voir la Table des mati\u00e8res<\/a><\/center><\/div>\n<div class=\"col-l-16-24\">\n<div class=\"bg-edito edito-produit\">\n<div class=\"edito\">\n<p><strong>Collection :<\/strong> <i>\u00ab <a title=\"Arguments et mouvements\" href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/arguments-et-mouvements-_r_25.html\">Arguments et mouvements<\/a> \u00bb<\/i><\/p>\n<p><strong>Auteur-e :<\/strong> <a title=\"Hac\u00e8ne Belmessous\" href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/hacene-belmessous-_r_35_lettre_H_c_1169.html\">Hac\u00e8ne Belmessous<\/a><\/p>\n<p><strong>Parution :<\/strong> Mars 2022<br \/>\n<strong>Pages :<\/strong> 200<br \/>\n<strong>Format :<\/strong> 115 x 190<br \/>\n<strong>ISBN :<\/strong> 979-10-399-0021-8<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"tabs-panier ui-tabs ui-corner-all ui-widget ui-widget-content\">\n<ul class=\"ui-tabs-nav ui-corner-all ui-helper-reset ui-helper-clearfix ui-widget-header\" role=\"tablist\">\n<li class=\"ui-tabs-tab ui-corner-top ui-state-default ui-tab ui-tabs-active ui-state-active\" tabindex=\"0\" role=\"tab\" aria-controls=\"tabs\" aria-labelledby=\"ui-id-2\" aria-selected=\"true\" aria-expanded=\"true\"><a id=\"ui-id-2\" class=\"ui-tabs-anchor\" tabindex=\"-1\" role=\"presentation\" href=\"https:\/\/www.syllepse.net\/petite-histoire-politique-des-banlieues-populaires-_r_25_i_891.html#tabs\">Version papier<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<div id=\"tabs\" class=\"tabs-wrapper ui-tabs-panel ui-corner-bottom ui-widget-content\" role=\"tabpanel\" aria-labelledby=\"ui-id-2\" aria-hidden=\"false\">\n<div class=\"col-m-1-2 tabs-content\">\n<p class=\"prix\">10,00\u00a0\u20ac<\/p>\n<form id=\"AddForm\" action=\"index.phtml\" method=\"post\" name=\"AddForm\"><\/form>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clk-row\">\n<div class=\"col-l-16-24\">\n<div class=\"tabs-panier ui-tabs ui-corner-all ui-widget ui-widget-content\">\n<div id=\"tabs\" class=\"tabs-wrapper ui-tabs-panel ui-corner-bottom ui-widget-content\" role=\"tabpanel\" aria-labelledby=\"ui-id-2\" aria-hidden=\"false\">\n<div class=\"col-m-1-2 tabs-content\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.syllepse.net\/syllepse_images\/sitev2\/cart-visa.png\" \/> <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.syllepse.net\/syllepse_images\/sitev2\/cart-paypal.png\" \/> <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.syllepse.net\/syllepse_images\/sitev2\/cart-cic.png\" \/><\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clk-row clearfix\">\n<div class=\"col-m-1-4 col-mb2\">\n<p class=\"titre-box\">Pr\u00e9sentation<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<div class=\"col-s-1 col-mb2\">\n<p align=\"JUSTIFY\">L\u2019histoire r\u00e9cente des banlieues populaires demeure un terrain en grande partie d\u00e9laiss\u00e9 et inexplor\u00e9. Pourtant, ces lieux concentrent depuis plusieurs d\u00e9cennies tous les d\u00e9bats, toutes les pol\u00e9miques, toutes les fractures qui t\u00e9moignent d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise qui ne sait pas comment aborder ces quartiers de rel\u00e9gation o\u00f9 dominent la pauvret\u00e9 et la s\u00e9gr\u00e9gation.<br \/>\nCet ouvrage s\u2019efforce de d\u00e9crire et analyser ce qui s\u2019y est jou\u00e9 durant cette p\u00e9riode en abordant de fa\u00e7on incisive une s\u00e9rie de questions : la police, le logement social, l\u2019islam, la politique de la ville, les politiques conduites dans ces quartiers. Pour cela, l\u2019auteur s\u2019est appuy\u00e9 sur des archives locales de communes embl\u00e9matiques, des documents pour certains \u00e9tonnamment souvent jamais consult\u00e9s, et sur des entretiens avec des personnages de l\u2019histoire urbaine r\u00e9cente.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Revenir sur l\u2019histoire politique de ces quartiers, de ces villes, de ces banlieues c\u2019est aboutir \u00e0 ce constat implacable: la R\u00e9publique, dans les banlieues populaires, c\u2019est pour leurs habitants quarante ann\u00e9es d\u2019humiliations sociales.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous avons le plaisir de publier en exclusivit\u00e9 un extrait du livre\u00a0 \u00ab Petite histoire politique des banlieues populaires \u00bb de Hac\u00e8ne Belmessous Avec l\u2019aimable autorisation des Editions Syllepse.\u00a0\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5321,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8,28,5],"tags":[54],"class_list":["post-5320","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-prisons","category-racismes","category-violence-policiere","tag-police"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5320","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5320"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5320\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5322,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5320\/revisions\/5322"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5321"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5320"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5320"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5320"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}