{"id":5592,"date":"2023-07-01T10:26:48","date_gmt":"2023-07-01T09:26:48","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=5592"},"modified":"2023-06-22T10:28:43","modified_gmt":"2023-06-22T09:28:43","slug":"sur-les-traces-du-tram-colonial","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=5592","title":{"rendered":"SUR LES TRACES DU TRAM COLONIAL"},"content":{"rendered":"<p><i class=\"fa fa-user fa-fw\" aria-hidden=\"true\"><\/i>Par Lucas Catherine,\u00a0Martin Rosenfeld,\u00a0Matthias F\u00f6rster<\/p>\n<div class=\"chapo is-size-5 my-5\">\n<p>Il s\u2019agit d\u2019enfourcher votre v\u00e9lo et de partir \u00e0 v\u00e9lo \u00e0 la d\u00e9couverte des tr\u00e9sors de l\u2019Art nouveau dispers\u00e9s le long de l\u2019ancien parcours du tram qui reliait le centre-ville \u00e0 l\u2019exposition coloniale de Tervuren. Les pavillons de l\u2019exposition de 1897 ont \u00e9t\u00e9 l\u2019une des premi\u00e8res occasions de faire d\u00e9couvrir au grand public l\u2019audace et la finesse d\u2019artistes tels que Paul Hankar ou Philippe Wolfers. Mais il s\u2019agissait aussi d\u2019un projet d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de promotion du projet colonial et des mati\u00e8res premi\u00e8res exploit\u00e9es au Congo. Pour explorer par vous-m\u00eame toutes ces imbrications entre naissance de l\u2019Art nouveau et promotion du projet colonial, il vous suffit\u00a0<a class=\"spip_in\" href=\"https:\/\/ieb.be\/IMG\/pdf\/bem_323_balade_art_nouveau_congo_def_carte.pdf\" type=\"application\/pdf\">d\u2019imprimer la carte<\/a>\u00a0et de suivre les explications le long du parcours.<\/p>\n<\/div>\n<p><!--more--><\/p>\n<div class=\"image is-fullwidth block\"><a class=\"lity-enabled hasbox\" href=\"https:\/\/ieb.be\/IMG\/png\/4_velo.png\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ieb.be\/IMG\/png\/4_velo.png\" \/><\/a><\/p>\n<div class=\"hero-foot mx-1 has-text-right has-text-grey-lighter is-size-8\">\u00a9 Matthias F\u00f6rster &#8211; 2023<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"block content\">\n<p>Bruxelles est consid\u00e9r\u00e9e comme la capitale de l\u2019Art nouveau. C\u2019est ici qu\u2019habitaient, \u00e0 la fin du xix e, les grands m\u00e9c\u00e8nes coloniaux \u2013 comme Edmond van Eetvelde ou la famille Solvay \u2013 et les principaux artistes Art nouveau vivaient \u00e9galement \u00e0 Bruxelles\u00a0: Victor Horta \u00e0 Saint-Gilles, Henry Van de Velde \u00e0 Uccle, et Philippe Wolfers dans le centre-ville. C\u2019est ce qui explique que l\u2019on trouve une grande concentration de b\u00e2timents Art nouveau \u00e0 Bruxelles, principalement dans ce qui \u00e9tait les anciens quartiers chic de la capitale\u00a0; autour du parc de Forest et de Saint-Gilles, autour du parc du Cinquantenaire, le long du parc Josaphat \u00e0 Schaerbeek et, bien s\u00fbr, dans le quartier L\u00e9opold avec ses deux grands squares.<\/p>\n<p>Si de tr\u00e8s nombreux ouvrages existent et documentent ces r\u00e9alisations, nous vous proposons ici une fa\u00e7on originale de les d\u00e9couvrir et de plonger dans l\u2019Art nouveau \u00e0 Bruxelles. Il s\u2019agit d\u2019enfourcher votre v\u00e9lo et de suivre le parcours de l\u2019ancien tram de luxe qui menait \u00e0 l\u2019Exposition universelle de 1897. Cette exposition universelle a principalement pris place dans le parc du Cinquantenaire. Cependant, la section qui a attir\u00e9 le plus de monde \u2013 et dont l\u2019impact se fait sentir aujourd\u2019hui encore \u2013 est la section coloniale qui, elle, \u00e9tait situ\u00e9e \u00e0 Tervuren. En effet, les \u00ab\u00a0attractions\u00a0\u00bb propos\u00e9es y \u00e9taient nombreuses\u00a0: un monorail et des comp\u00e9titions de boxe et de cyclisme. Mais aussi trois \u00ab\u00a0villages\u00a0\u00bb congolais\u00a0; le village de la force publique, un village li\u00e9 \u00e0 la charit\u00e9 chr\u00e9tienne proposant l\u2019adoption d\u2019enfants congolais, et un \u00ab\u00a0village traditionnel\u00a0\u00bb construit pour l\u2019occasion et anim\u00e9 par des figurants ramen\u00e9s du Congo. Et puis, bien s\u00fbr, les salles d\u2019exposition d\u00e9cor\u00e9es par plusieurs artistes de ce qui allait devenir l\u2019Art nouveau.<\/p>\n<p>Pour se rendre \u00e0 la section coloniale, les Bruxellois\u00b7es pouvaient utiliser la ligne ferroviaire existante BruxellesTervuren ou bien emprunter l\u2019actuelle avenue de Tervuren fra\u00eechement r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019entrepreneur et ami du roi L\u00e9opold II, Edmond Parmentier. Mais ce dernier a particip\u00e9 \u00e9galement \u00e0 la mise en place d\u2019un tramway \u00e0 voie \u00e9troite sp\u00e9cialement construit pour l\u2019exposition en collaboration avec la S.A. du Chemin de fer \u00e0 voie \u00e9troite de Bruxelles \u00e0 Ixelles-Boendael. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, il n\u2019y avait pas encore de soci\u00e9t\u00e9 centrale de transport bruxellois, mais plusieurs soci\u00e9t\u00e9s locales appel\u00e9es \u00ab\u00a0vicinales\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Boerentrams\u00a0\u00bb. On parlait d\u2019ailleurs aussi bien de tram que de \u00ab\u00a0chemin de fer \u00e0 voies \u00e9troites\u00a0\u00bb. Il y avait deux points de d\u00e9part \u00e0 Bruxelles pour ce tram\u00a0: un \u00e0 Saint-Josse et l\u2019autre au Treurenberg. Cette nouvelle ligne n\u2019\u00e9tait pas destin\u00e9e au grand public car un billet co\u00fbtait 75 centimes, soit plus du double du prix d\u2019un billet de train sur la ligne classique. Le tram \u00e9tait compos\u00e9 de quatre \u00ab\u00a0wagons-bars\u00a0\u00bb, d\u00e9cor\u00e9s dans le style Art nouveau afin de donner au voyageur un avantgo\u00fbt de ce qui l\u2019attendait \u00e0 son arriv\u00e9e \u00e0 Tervuren.<\/p>\n<p>Ces wagons ont \u00e9t\u00e9 construits par La Soci\u00e9t\u00e9 M\u00e9tallurgique et charbonni\u00e8re belge \u00e0 Nivelles en utilisant du bois du Congo livr\u00e9 par la firme Fichefet (voir l\u2019encart sur le bois tropical dans la partie extractivisme, p. 14). Les voitures de premi\u00e8re classe \u00e9taient mont\u00e9es sur de confortables amortisseurs \u00e0 l\u2019huile et il n\u2019y avait place que pour vingt-six personnes par wagon. Les passager\u00b7es disposaient d\u2019une voiture-bar s\u00e9par\u00e9e, avec un choix de boissons et un barman exp\u00e9riment\u00e9 qui proposait des cocktails. On y buvait surtout du champagne et du porto (vendu 60 centimes) ou de la bi\u00e8re (15 centimes). L\u2019am\u00e9nagement du wagon-bar comportait des \u00e9tag\u00e8res garnies de bouteilles et de verres. Tout le mobilier, ainsi que les parois et plafonds aussi bien int\u00e9rieurs qu\u2019ext\u00e9rieurs, \u00e9taient en sycomore ou acajou polis import\u00e9s du Congo. Tout \u00e9tait tr\u00e8s luxueux, \u00e9clair\u00e9 par de grandes baies \u00e0 glaces dormantes dot\u00e9es de rideaux en coutil beige, et r\u00e9alis\u00e9 dans le style Art nouveau. Des impostes en forme d\u2019abatjour, munies int\u00e9rieurement de volets mobiles sur glissi\u00e8res, procuraient l\u2019a\u00e9ration n\u00e9cessaire. Et le soir, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 illuminait avec prodigalit\u00e9 l\u2019int\u00e9rieur de ces voitures. Ce qui a inspir\u00e9 Jef Castelyn, l\u2019un des chanteurs populaires les plus c\u00e9l\u00e8bres de l\u2019\u00e9poque, \u00e0 chanter, sur l\u2019air de La Marseillaise\u00a0:<\/p>\n<p><i>Pour admirer notre Belgique, comme la richesse elle l\u2019a chang\u00e9e, on voyait des trams \u00e9lectriques, remplis de Belges et d\u2019\u00e9trangers.<\/i><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du succ\u00e8s de cette attraction pendant l\u2019exposition de 1897, l\u2019int\u00e9r\u00eat de ce tram et de son parcours est qu\u2019il sera progressivement \u00e9maill\u00e9 de b\u00e2timents embl\u00e9matiques de l\u2019Art nouveau. Le tram traversait en effet plusieurs nouveaux quartiers planifi\u00e9s, construits notamment autour des squares Ambiorix vet Marie-Louise, afin d\u2019attirer une population fortun\u00e9e dans ce qui \u00e9tait encore alors les faubourgs de Bruxelles. Ces quartiers \u00e9mergents \u00e9tant construits \u00e0 l\u2019apog\u00e9e de la p\u00e9riode Art nouveau, il est normal qu\u2019un grand nombre de maisons inspir\u00e9es par ce style, et \u00e0 la pointe des go\u00fbts et techniques de l\u2019\u00e9poque, y soient concentr\u00e9es. Nous en avons s\u00e9lectionn\u00e9 une dizaine se trouvant directement sur le trac\u00e9 du tram. Elles constituent les diff\u00e9rentes \u00e9tapes de la balade et chacune est d\u00e9crite au dos de la carte. Bien d\u2019autres maisons sur le trajet comportent des \u00e9l\u00e9ments de fa\u00e7ade de style Art nouveau, mais nous avons laiss\u00e9 de c\u00f4t\u00e9 ici les b\u00e2timents au style \u00e9clectique pour ne garder que des r\u00e9alisations 100\u00a0% Art nouveau. Tout comme nous n\u2019avons pas repris les b\u00e2timents ayant \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment r\u00e9nov\u00e9s, comme la maison Deprez Van de Velde par exemple qui, bien que r\u00e9alis\u00e9e par Victor Horta, a connu trois transformations importantes au cours du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Ne vous laissez ni impressionner par la distance, ni tromper par la carte\u00a0: pour une meilleure lisibilit\u00e9, la partie entre le Cinquantenaire et Tervuren n\u2019est pas \u00e0 l\u2019\u00e9chelle\u00a0! Mais la balade en vaut la peine, alors tous \u00e0 vos v\u00e9los.<\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p>Le parcours de ce tram est \u00e9maill\u00e9 de b\u00e2timents embl\u00e9matiques de l\u2019Art nouveau.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>1. Rue Royale 13<\/strong><\/p>\n<p>Notre balade d\u00e9bute au num\u00e9ro 13 de la rue Royale, devant l\u2019une des plus belles vitrines de tout Bruxelles. Aujourd\u2019hui magasin de fleurs, il s\u2019agissait \u00e0 l\u2019origine de la chemiserie \u00ab\u00a0Maison A. Niguet\u00a0\u00bb r\u00e9alis\u00e9e en 1896 par Paul Hankar. Ce dernier a r\u00e9alis\u00e9 plusieurs vitrines sur le m\u00eame mod\u00e8le \u00e0 la fin du xix e mais celle-ci est la derni\u00e8re encore pr\u00e9serv\u00e9e. Paul Hankar a d\u00e9but\u00e9 comme forgeron d\u2019art et a travaill\u00e9 pour l\u2019architecte Hendrik Beyaert qui a r\u00e9alis\u00e9, entre autres, la Banque nationale. Hankar sera mandat\u00e9 pour concevoir plusieurs salles de l\u2019Exposition universelle de 1897. Pour ce faire, des bois tropicaux du Congo seront mis \u00e0 sa disposition et il travaillera ce bois comme ses ferronneries, dans le style Art nouveau. Pour cette vitrine, le dessin des boiseries est assez typique de l\u2019Art nouveau floral (la fameuse \u00ab\u00a0ligne en coup de fouet\u00a0\u00bb), ce qui est \u00e9tonnant car Hankar f\u00fbt plut\u00f4t un partisan de l\u2019Art nouveau g\u00e9om\u00e9trique.<\/p>\n<p>On peut clairement reconna\u00eetre sur la fa\u00e7ade la composition \u00ab\u00a0tripartite et sym\u00e9trique tendue par un large arc en anse de panier et articul\u00e9e autour de l\u2019entr\u00e9e surmont\u00e9e d\u2019une vitre d\u2019imposte richement trait\u00e9e\u00a0; partie sup\u00e9rieure quadrill\u00e9e par un r\u00e9seau de petits-bois. Entr\u00e9e en retrait reli\u00e9e par des vitrines biaises \u00e0 l\u2019alignement et pr\u00e9sentant une magnifique porte \u00e0 penture en cuivre dor\u00e9 et, \u00e0 l\u2019origine, un sol en mosa\u00efque portant le nom de la maison, qui apparaissait \u00e9galement sur la caisse de volet. Int\u00e9rieur \u00e0 l\u2019origine enti\u00e8rement lambriss\u00e9, avec une double rang\u00e9e d\u2019armoires murales, une galerie et une loggia ainsi qu\u2019un mobilier en harmonie, actuellement disparu, mis \u00e0 part quelques fragments\u00a0\u00bb (heritage.brussels).<\/p>\n<p>\u2014\u00a0&gt; Depuis le magasin de fleurs, rejoindre le carrefour voisin de la rue de Louvain o\u00f9 se trouvaient, \u00e0 l\u2019origine, le Treurenberg et le terminus du tram. Suivre ensuite la rue de Louvain jusqu\u2019\u00e0 la petite ceinture. \u00c0 l\u2019\u00e9poque ne se posait pas la question de devoir traverser une quatrevoies. Aujourd\u2019hui, vous allez devoir remonter jusqu\u2019\u00e0 Madou pour pouvoir traverser et ensuite suivre l\u2019avenue des Arts jusqu\u2019\u00e0 la rue Joseph II. Empruntez ensuite la rue Joseph II jusqu\u2019\u00e0 la rue Philippe le Bon.<\/p>\n<p><strong>2. Rue Philippe le Bon 41-53<\/strong><\/p>\n<p>Ensemble de deux maisons identiques r\u00e9alis\u00e9es par l\u2019architecte \u00c9douard Elle. Ces maisons, en miroir \u00e0 l\u2019origine mais de composition asym\u00e9trique, sont con\u00e7ues en 1902 dans le style Art nouveau. Les sgraffites \u00e0 motifs floraux du n\u00b0\u00a053 ont \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement r\u00e9nov\u00e9es.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0&gt; Le prochain arr\u00eat se trouve plus loin, dans la m\u00eame rue.<\/p>\n<p><strong>3. Rue Philippe le Bon 70<\/strong><\/p>\n<p>Cet ancien h\u00f4tel particulier a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en 1901 par l\u2019architecte Victor Taelemans dans un style inspir\u00e9 par l\u2019architecte d\u2019int\u00e9rieur Henry Van de Velde et, notamment, sa maison Otlet. Victor Taelemans \u00e9tait \u00e9galement un \u00e9l\u00e8ve de Hendrik Beyaert, et donc un coll\u00e8gue de Paul Hankar. La maison se distingue par sa triple rainure qui court au bas du premier \u00e9tage. Celle-ci \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine orn\u00e9e de sgraffites, qui ont aujourd\u2019hui disparu.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0&gt; Depuis la rue Philippe le-Bon, rejoignez le Square Marie-Louise et le longer jusqu\u2019\u00e0 l\u2019avenue Palmerston.<\/p>\n<p><strong>4. Avenue Palmerston 2-4<\/strong><\/p>\n<p>Ce b\u00e2timent est l\u2019H\u00f4tel Van Eetvelde, l\u2019une des r\u00e9alisations embl\u00e9matiques de l\u2019architecte Victor Horta. Il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u d\u00e8s 1895 pour Edmond van Eetvelde qui \u00e9tait alors le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u00c9tat ind\u00e9pendant du Congo. C\u2019est lui qui a veill\u00e9 \u00e0 ce que les artistes ayant particip\u00e9 \u00e0 l\u2019Exposition universelle de 1897, \u00e0 Tervuren, aient librement acc\u00e8s aux mati\u00e8res premi\u00e8res en provenance du Congo. Il recruta les artistes mobilis\u00e9s pour cette exposition principalement au sein du Cercle Artistique et Litt\u00e9raire, un club priv\u00e9 bas\u00e9 dans le Vaux-Hall, le beau b\u00e2timent \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du Parc royal. Cette maison est l\u2019un des projets les plus ambitieux de Victor Horta. L\u2019int\u00e9rieur est tr\u00e8s bien conserv\u00e9, m\u00eame si l\u2019acc\u00e8s n\u2019y est autoris\u00e9 qu\u2019en certaines occasions.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<i>La partie la plus int\u00e9ressante est la salle \u00e0 manger qui s\u2019ouvre par une large porte \u00e0 double battant en bois d\u2019acajou du Congo, dot\u00e9e de vitraux en verre am\u00e9ricain retra\u00e7ant des arbres stylis\u00e9s. Elle conserve sa tapisserie gauffr\u00e9e aux tons ocre, vert et brun, figurant des v\u00e9g\u00e9taux et animaux stylis\u00e9s, dont des sortes d\u2019\u00e9l\u00e9phants et des \u00e9toiles de mer qui font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9toile, embl\u00e8me du Congo. Sur les petits c\u00f4t\u00e9s, deux buffets, diff\u00e9rents mais jouant de consonances, ont \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialement cr\u00e9\u00e9s par Horta pour l\u2019h\u00f4tel. Le plafond en acajou du Congo, est structur\u00e9 de caissons<\/i>\u00a0\u00bb (heritage.brussels).<\/p>\n<p>\u2014\u00a0&gt; En continuant le long du square Palmerston, rejoignez le square Ambiorix o\u00f9 se trouve la maison Saint-Cyr.<\/p>\n<p><strong>5. Square Ambiorix 11<\/strong><\/p>\n<p>Cette maison, \u00e0 la fa\u00e7ade tr\u00e8s travaill\u00e9e, est caract\u00e9ris\u00e9e par un style Art nouveau flamboyant. Elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en 1903 par l\u2019Architecte Gustave Strauven, un \u00e9l\u00e8ve de Victor Horta, pour le peintre Georges Saint-Cyr.<\/p>\n<p>Ce qui fait la caract\u00e9ristique de cette maison, c\u2019est l\u2019\u00e9troitesse de la parcelle. De nombreuses strat\u00e9gies sont donc employ\u00e9es pour maximiser l\u2019espace d\u2019\u00e0 peine 4 m\u00e8tres de large\u00a0: \u00ab\u00a0<i>L\u2019architecte a \u00e9tir\u00e9 la maison en hauteur, sur quatre niveaux au-dessus du sous-sol semi-enterr\u00e9, mais \u00e9galement en longueur, au d\u00e9triment du jardin. Pour assurer aux pi\u00e8ces une largeur d\u00e9cente et un maximum d\u2019\u00e9clairement, Strauven a d\u00fb s\u2019inspirer de l\u2019architecture baln\u00e9aire, florissante \u00e0 l\u2019\u00e9poque, ainsi que de certaines le\u00e7ons de son ma\u00eetre, l\u2019architecte Victor Horta\u00a0: structure l\u00e9g\u00e8re, en squelette, avec ouverture maximale sur l\u2019espace vert du square, jeu de loggias, balcons et terrasse\u00a0; acc\u00e8s direct, par un perron, \u00e0 la pi\u00e8ce avant du rez-de-chauss\u00e9e\u00a0; absence de couloirs lat\u00e9raux dans les pi\u00e8ces principales\u00a0; remplacement de la pi\u00e8ce centrale de l\u2019enfilade tripartite traditionnelle par une vaste cage d\u2019escalier \u00e9clair\u00e9e par un puits de lumi\u00e8re<\/i>\u00a0\u00bb (heritage.brussels).<\/p>\n<p>\u2014\u00a0&gt; Depuis le square Ambiorix, suivez la rue Le Corr\u00e8ge jusqu\u2019au parc du Cinquantenaire.<\/p>\n<p><strong>6. Mus\u00e9e d\u2019art et d\u2019histoire du cinquantenaire<\/strong><\/p>\n<p>Dans le mus\u00e9e d\u2019Art et d\u2019Histoire du Cinquantenaire a \u00e9t\u00e9 reconstitu\u00e9e la boutique du bijoutier Philippe Wolfers. Celui-ci a \u00e9t\u00e9 le plus grand bijoutier de l\u2019Art nouveau. C\u2019est lui qui remettra au go\u00fbt du jour la sculpture chrys\u00e9l\u00e9phantine, qui m\u00eale travail de l\u2019ivoire et des m\u00e9taux pr\u00e9cieux. La magnifique boutique en style Art nouveau de Philippe Wolfers, qui se trouvait \u00e0 l\u2019origine rue d\u2019Arenberg, devient ici la salle Wolfers et est accessible au public dans les horaires habituels du mus\u00e9e.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0&gt; Depuis le mus\u00e9e, traversez le parc du Cinquantenaire jusqu\u2019\u00e0 la rue des Francs o\u00f9 se trouve la c\u00e9l\u00e8bre maison Cauchie.<\/p>\n<p><strong>7. Rue des Francs 5<\/strong><\/p>\n<p>La Maison Cauchie est \u00e0 la fois l\u2019atelier et le lieu de vie de l\u2019artiste Paul Cauchie. C\u2019est lui qui a remis au go\u00fbt du jour la technique du sgrafitte. Le b\u00e2timent, \u00e0 la fa\u00e7ade sym\u00e9trique tr\u00e8s soign\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u par Paul Cauchie lui-m\u00eame. Il est donc normal qu\u2019on y retrouve d\u2019imposants sgrafittes. Alors que les deux grands sgrafittes verticales sont de v\u00e9ritables enseignes publicitaires pour la famille Cauchie, le sgraffite central, d\u00e9cor\u00e9 d\u2019une figure f\u00e9minine, porte l\u2019inscription\u00a0: \u00ab\u00a0PAR NOUS \/ POUR NOUS\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0&gt; Continuez \u00e0 longer le parc du Cinquantenaire jusqu\u2019\u00e0 M\u00e9rode o\u00f9 d\u00e9marre la rue de l\u2019Yser.<\/p>\n<p><strong>8. Avenue de l\u2019Yser 5-6<\/strong><\/p>\n<p>Cette maison, r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019architecte Jules Barbier en 1907, comprend de nombreux \u00e9l\u00e9ments Art nouveau dans sa fa\u00e7ade. Jules Barbier n\u2019a pas particip\u00e9 \u00e0 l\u2019exposition de Tervuren de 1897, mais bien \u00e0 celle de 1910 \u00e0 Bruxelles. Celle-ci a \u00e9t\u00e9 une sorte de remake de l\u2019exposition de Tervuren. Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 l\u2019architecte de Bruxelles-Kermesse, m\u00eame s\u2019il meurt avant la compl\u00e9tion de ce b\u00e2timent embl\u00e9matique qui sera termin\u00e9 par Franz Van Ophem. BruxellesKermesse sera d\u00e9truit dans un grand incendie ayant marqu\u00e9 la m\u00e9moire des Bruxellois.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0&gt; Vous voici au terme de la premi\u00e8re partie de la balade. Pour les plus courageux, nous vous encourageons \u00e0 continuer en suivant l\u2019avenue de Tervuren sur toute sa longueur jusqu\u2019au parc de Tervuren. Notez, cependant, qu\u2019\u00e0 partir d\u2019ici la carte n\u2019est plus \u00e0 l\u2019\u00e9chelle. Il vous faudra en r\u00e9alit\u00e9 parcourir 1,5 km pour rejoindre le palais Stoclet et 9,5\u00a0\u2005km suppl\u00e9mentaires pour arriver \u00e0 l\u2019AfricaMuseum.<\/p>\n<p><strong>9. Avenue de Tervuren 279-281<\/strong><\/p>\n<p>Le palais Stoclet a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019architecte autrichien Josef Hoffman en 1911 pour l\u2019entrepreneur belge Adolphe Stoclet. L\u2019histoire de ce b\u00e2timent se lit presque comme un roman. Alors que le p\u00e8re Stoclet meurt pendant un conseil d\u2019administration, son fils est appel\u00e9 \u00e0 prendre la rel\u00e8ve des affaires \u00e0 Vienne. Adolphe Stoclet y emm\u00e9nage avec sa femme et ils d\u00e9couvrent sur place les artistes de la Wiener Sezession, un mouvement fr\u00e8re de l\u2019Art nouveau belge. Ils commandent alors la construction d\u2019une grande villa \u00e0 Vienne qui se veut un Gesamtkunstwerk\u00a0; une \u0153uvre d\u2019art totale ou l\u2019architecture est indissociable de l\u2019am\u00e9nagement aussi bien des jardins que de la d\u00e9coration int\u00e9rieure, incluant jusqu\u2019aux meubles et objets usuels. Entre-temps, Adolphe Stoclet est rappel\u00e9 en Belgique, notamment pour travailler avec Albert Thys, tr\u00e8s actif au Congo. Ils d\u00e9cident donc de faire construire leur villa \u00e0 Bruxelles plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 Vienne. C\u2019est ce qui explique qu\u2019elle est r\u00e9alis\u00e9e par Josef Hoffman, un architecte autrichien, mais aussi qu\u2019on y trouve des am\u00e9nagements int\u00e9rieurs de la main d\u2019artistes tels que Gustav Klimt ou Fernand Khnopff. Paradoxalement, le Palais Stoclet est le seul exemple encore parfaitement conserv\u00e9 de Gesamtkunstwerk de la Wiener Sezession, et il ne se trouve pas \u00e0 Vienne mais \u00e0 Bruxelles\u00a0! Le b\u00e2timent, ainsi que la totalit\u00e9 de ses am\u00e9nagements int\u00e9rieurs, sont class\u00e9s et inscrit \u00e0 la liste de patrimoine mondial de l\u2019Unesco. Il reste cependant un b\u00e2timent priv\u00e9 appartenant aux descendants d\u2019Adolphe Stoclet et sa visite n\u2019est possible qu\u2019en de rares occasions.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0&gt; Depuis le palais Stoclet, il suffit de suivre l\u2019avenue de Tervuren pour rejoindre l\u2019AfricaMuseum.<\/p>\n<p><strong>10. Parc de Tervuren<\/strong><\/p>\n<p>Tout au bout de l\u2019avenue de Tervuren, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du parc, se trouvait le terminus du tram. D\u00e8s la descente on faisait face au palais des Colonies \u2013 rebaptis\u00e9 aujourd\u2019hui palais de l\u2019Afrique \u2013 qui est le b\u00e2timent qui accueillait les salles d\u2019expositions de style Art nouveau. Il ne faut pas confondre ce b\u00e2timent, toujours visible, avec le Mus\u00e9e royal d\u2019Afrique centrale, qui n\u2019existait pas encore \u00e0 l\u2019\u00e9poque, et qui a connu un processus important de r\u00e9novation entre 2013 et 2018 pour devenir l\u2019AfricaMuseum.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"block has-text-right\">par\u00a0Lucas Catherine,\u00a0Martin Rosenfeld,\u00a0Matthias F\u00f6rster<\/div>\n<ul class=\"block\">\n<li><i class=\"fa fa-file-o fa-fw\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\u00a0<a class=\"is-underlined\" href=\"https:\/\/ieb.be\/IMG\/pdf\/bem_323_balade_art_nouveau_congo_def_carte.pdf\">Carte de la balade<\/a>\u00a0<span class=\"has-text-grey-light\">\u2013 PDF, 17.05.2023<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"section has-background-white-bis mt-6\">\n<div class=\"columns\">\n<div class=\"column is-narrow\"><a href=\"https:\/\/ieb.be\/-Art-nouveau-Art-Congo-\"><img decoding=\"async\" class=\"is-bordered\" src=\"https:\/\/ieb.be\/local\/cache-gd2\/f0\/1de6e26ec01757849a660f848c2114.jpg?1681303166\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" \/><\/a><\/div>\n<div class=\"column\">\n<p class=\"menu-label\">BRUXELLES EN MOUVEMENTS, JUIN 2023<\/p>\n<h3 class=\"title is-3\"><a href=\"https:\/\/ieb.be\/-Art-nouveau-Art-Congo-\">Art nouveau &#8211; Art Congo<\/a><\/h3>\n<div class=\"content block\">\n<ul class=\"mt-0 mb-1\">\n<li>\u00ab\u00a0<a class=\"is-italic on is-underlined\" href=\"https:\/\/ieb.be\/Sur-les-traces-du-tram-colonial\">Sur les traces du tram colonial<\/a>\u00a0\u00bb,\u00a0<span class=\"subtitle is-6 has-text-grey\">par\u00a0<a class=\"has-text-grey\" href=\"https:\/\/ieb.be\/_Lucas-Catherine_\">Lucas Catherine<\/a>,\u00a0<a class=\"has-text-grey\" href=\"https:\/\/ieb.be\/_Martin-Rosenfeld_\">Martin Rosenfeld<\/a>,\u00a0<a class=\"has-text-grey\" href=\"https:\/\/ieb.be\/_Matthias-Forster_\">Matthias F\u00f6r<\/a><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Lucas Catherine,\u00a0Martin Rosenfeld,\u00a0Matthias F\u00f6rster Il s\u2019agit d\u2019enfourcher votre v\u00e9lo et de partir \u00e0 v\u00e9lo \u00e0 la d\u00e9couverte des tr\u00e9sors de l\u2019Art nouveau dispers\u00e9s le long de l\u2019ancien parcours du tram qui reliait le centre-ville \u00e0 l\u2019exposition coloniale de Tervuren. Les pavillons de l\u2019exposition de 1897 ont \u00e9t\u00e9 l\u2019une des premi\u00e8res occasions de faire d\u00e9couvrir &#8230; <a title=\"SUR LES TRACES DU TRAM COLONIAL\" class=\"read-more\" href=\"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=5592\" aria-label=\"En savoir plus sur SUR LES TRACES DU TRAM COLONIAL\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5583,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[21,36,18],"tags":[31,82,80],"class_list":["post-5592","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-anti-imperialisme","category-europe","category-resistance-bruxelles","tag-belgique","tag-colonisation","tag-congo"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5592","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5592"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5592\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5593,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5592\/revisions\/5593"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/5583"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5592"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5592"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5592"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}