{"id":6309,"date":"2015-02-16T16:46:31","date_gmt":"2015-02-16T15:46:31","guid":{"rendered":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=6309"},"modified":"2025-05-16T16:50:05","modified_gmt":"2025-05-16T15:50:05","slug":"6309","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/bruxelles-pantheres.be\/?p=6309","title":{"rendered":"\u00ab La violence de la fraternit\u00e9 \u00bb, le dernier discours de Malcolm X"},"content":{"rendered":"<p>Le 16 f\u00e9vrier 1965, Malcolm X, l\u2019un des plus grands militants et activistes afro-am\u00e9ricain, livrait ce qui sera son dernier discours. Cinq jours plus tard, il fut assassin\u00e9 \u00e0 Harlem.<\/p>\n<p>Ce dernier discours fut prononc\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9glise m\u00e9thodiste de Corn Hill Rochester de New York. Malcolm X y parle ouvertement de la relation complexe entre la France et les noirs fran\u00e7ais : discours encore terriblement d\u2019actualit\u00e9 aujourd\u2019hui dans un climat o\u00f9 les m\u00e9dias fran\u00e7ais d\u00e9peignent une image peu flatteuse des immigr\u00e9s et fils d\u2019immigr\u00e9s fran\u00e7ais. Le c\u00e9l\u00e8bre activiste met le doigt sur un sujet \u00e9pineux : Il existe certes, une haine des blancs envers les noirs, mais il est aussi essentiel de prendre conscience de la haine des noirs envers eux m\u00eame, v\u00e9hicul\u00e9e par la culture blanche :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Avant toute chose, mes fr\u00e8res et s\u0153urs, je tiens \u00e0 vous remercier d\u2019avoir pris le temps de venir ici ce soir, \u00e0 Rochester, et surtout de m\u2019avoir invit\u00e9, \u00e0 cette petite tribune informelle pour d\u00e9battre de pr\u00e9occupations communes \u00e0 tous les membres de la communaut\u00e9, de la communaut\u00e9 de Rochester dans son ensemble. Si je suis ici, c\u2019est pour parler avec vous de la r\u00e9volution Noire, en marche sur cette terre, des formes qu\u2019elle prend sur le continent africain et de son impact sur les communaut\u00e9s noires. Non seulement ici, en Am\u00e9rique, mais aussi aujourd\u2019hui en Angleterre, en France, et dans toutes les anciennes puissances coloniales.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<div id=\"tdi_55\" class=\"tdc-row stretch_row_1200 td-stretch-content\">\n<div class=\"vc_row tdi_56 wpb_row td-pb-row\">\n<div class=\"vc_column tdi_58 wpb_column vc_column_container tdc-column td-pb-span8\">\n<div class=\"wpb_wrapper\">\n<div class=\"td_block_wrap tdb_single_content tdi_61 td-pb-border-top td_block_template_1 td-post-content tagdiv-type\" data-td-block-uid=\"tdi_61\">\n<div class=\"tdb-block-inner td-fix-index\">\n<p>La plupart d\u2019entre vous ont sans doute appris par la presse, la semaine derni\u00e8re, que j\u2019avais pris la peine d\u2019aller \u00e0 Paris et qu\u2019on m\u2019avait \u00e9conduit. Or Paris n\u2019\u00e9conduit personne. Comme chacun sait, qui veut est suppos\u00e9 pouvoir se rendre en France ; ce pays a la r\u00e9putation d\u2019\u00eatre tr\u00e8s lib\u00e9ral. Pourtant, la France conna\u00eet des probl\u00e8mes dont elle n\u2019a pas fait grand \u00e9talage. L\u2019Angleterre aussi, conna\u00eet des probl\u00e8mes dont elle n\u2019a pas fait grand \u00e9talage, parce que l\u2019Am\u00e9rique elle, \u00e9tale ses probl\u00e8mes. Mais ces trois partenaires, ces trois alli\u00e9s, rencontrent aujourd\u2019hui des difficult\u00e9s communes, dont les Noirs am\u00e9ricains, les Afro-am\u00e9ricains, n\u2019ont pas vraiment id\u00e9e.<\/p>\n<p>Afin que vous et moi connaissions la nature de la lutte dans laquelle vous et moi sommes engag\u00e9s, nous devons conna\u00eetre les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui entrent en jeu, au niveau local et national, mais aussi sur le plan international. Les probl\u00e8mes de l\u2019homme Noir ici, dans ce pays, aujourd\u2019hui, ne sont plus seulement le probl\u00e8me du Noir Am\u00e9ricain, ou un probl\u00e8me Am\u00e9ricain. C\u2019est un probl\u00e8me devenu si complexe, aux implications si nombreuses, qu\u2019il faut le consid\u00e9rer dans son ensemble, dans le contexte mondial ou international, afin de bien le voir tel qu\u2019il est en r\u00e9alit\u00e9. Sinon, vous ne pouvez m\u00eame plus prendre la mesure des probl\u00e8mes locaux, \u00e0 moins d\u2019en saisir la port\u00e9e dans le contexte international tout entier. Et quand vous l\u2019observez en contexte, il vous appara\u00eet sous un jour nouveau, mais avec plus de clart\u00e9.<\/p>\n<p>Vous devriez vous poser cette question : pourquoi un pays comme la France devrait autant s\u2019inqui\u00e9ter de la venue d\u2019un pauvre petit Noir am\u00e9ricain, au point qu\u2019elle lui en interdise ses fronti\u00e8res, quand tout un chacun ou presque peut s\u2019y rendre quand bon lui semble ? C\u2019est avant tout parce que ces trois pays font face aux m\u00eames probl\u00e8mes. Or le probl\u00e8me est pr\u00e9cis\u00e9ment celui-ci : dans l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Ouest, vous et moi n\u2019en avons pas pris conscience mais, nous ne formons pas pr\u00e9cis\u00e9ment une minorit\u00e9 sur cette terre. Sur ce continent, il y a les \u2026 c\u2019est le peuple br\u00e9silien, dont les deux-tiers ont la peau fonc\u00e9e, comme vous et moi. Ce sont les Africains par leurs origines, Africains sont leurs anc\u00eatres ; Africain est leur pass\u00e9. Et pas seulement au Br\u00e9sil, mais \u00e0 travers toute l\u2019Am\u00e9rique Latine, les Antilles, les \u00c9tats-Unis et le Canada, vous avez des gens d\u2019origine africaine.<\/p>\n<p>Beaucoup d\u2019entre nous se pourvoient en imaginant que seuls sont afro-am\u00e9ricains ceux qui se trouvent aux \u00c9tats-Unis\u2026 l\u2019Am\u00e9rique, c\u2019est l\u2019Am\u00e9rique du Nord, l\u2019Am\u00e9rique Centrale et l\u2019Am\u00e9rique du Sud. Quiconque a des anc\u00eatres africains en Am\u00e9rique du Sud, est afro-am\u00e9ricain. Quiconque en Am\u00e9rique Centrale a du sang africain, est afro-am\u00e9ricain. Quiconque ici, en Am\u00e9rique du Nord y compris au Canada, est afro-am\u00e9ricain s\u2019il a des anc\u00eatres africains\u2026 et m\u00eame jusqu\u2019aux Antilles, c\u2019est un Afro-am\u00e9ricain. Quand je parle des Afro-am\u00e9ricains, je ne parle pas seulement des vingt-deux millions d\u2019entre-nous qui sommes ici, aux \u00c9tats-Unis. Les Afro-am\u00e9ricains, c\u2019est ce grand nombre d\u2019\u00eatre humains de l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Ouest, depuis l\u2019extr\u00eame sud de l\u2019Am\u00e9rique du Sud, jusqu\u2019\u00e0 la pointe la plus au Nord de l\u2019Am\u00e9rique du Nord. Tous ont un h\u00e9ritage commun, une origine commune, quand vous remontez jusqu\u2019\u00e0 leurs racines.<br \/>\nAujourd\u2019hui, il existe quatre sph\u00e8res d\u2019influence dans l\u2019h\u00e9misph\u00e8re Ouest, que subit le peuple noir. II y a l\u2019influence espagnole, h\u00e9ritage du pass\u00e9 colonial de l\u2019Espagne sur une partie du Continent. Il y a l\u2019influence fran\u00e7aise qui concerne la r\u00e9gion qu\u2019elle a autrefois colonis\u00e9e. La r\u00e9gion que les britanniques ont autrefois colonis\u00e9e. Et puis ceux d\u2019entre nous qui sommes ici, aux \u00c9tats-Unis (\u2026)<\/p>\n<p>A cause de la mauvaise sant\u00e9 \u00e9conomique de l\u2019Espagne, et parce qu\u2019elle a perdu sa position pr\u00e9dominante sur la sc\u00e8ne mondiale en termes d\u2019influence, tr\u00e8s peu de gens de peau noire ont \u00e9migr\u00e9 en Espagne. En revanche, le niveau de vie \u00e9lev\u00e9 en France et en Angleterre a pouss\u00e9 nombre de Noirs \u00e0 \u00e9migrer des Antilles anglaises en Grande-Bretagne, et nombre de Noirs des Antilles fran\u00e7aises \u00e0 \u00e9migrer en France, et puis vous et moi, d\u00e9j\u00e0 ici.<\/p>\n<p>\u00c7a signifie donc que les trois grands alli\u00e9s, les \u00c9tats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont un probl\u00e8me aujourd\u2019hui, un probl\u00e8me commun. Mais on ne nous a jamais donn\u00e9 suffisamment d\u2019informations, ni \u00e0 vous, ni \u00e0 moi, pour comprendre qu\u2019ils avaient un probl\u00e8me commun. Et ce probl\u00e8me commun, c\u2019est ce nouvel \u00e9tat d\u2019esprit qui est refl\u00e9t\u00e9 dans la compl\u00e8te division du peuple Noir, en France m\u00e9tropolitaine, en Angleterre et ici, aux \u00c9tats-Unis. Et ce\u2026 c\u2019est \u00e9tat d\u2019esprit a \u00e9volu\u00e9 au m\u00eame rythme que les transformations dans les mentalit\u00e9s, sur le continent africain. Donc, quand vous consid\u00e9rez le processus de la r\u00e9volution africaine et par r\u00e9volution africaine je veux dire que l\u2019\u00e9mergence des nations africaines dans l\u2019ind\u00e9pendance qui a lieu depuis les dix ou douze derni\u00e8res ann\u00e9es, a absolument affect\u00e9 l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des Noirs en occident. A tel point que lorsqu\u2019ils \u00e9migrent en Angleterre, ils posent des probl\u00e8mes aux anglais. Et lorsqu\u2019ils \u00e9migrent en France, ils posent des probl\u00e8mes aux fran\u00e7ais. Et quand ils\u2026 d\u00e9j\u00e0 ici aux \u00c9tats-Unis\u2026 mais une fois qu\u2019ils s\u2019\u00e9veillent, ce m\u00eame \u00e9tat d\u2019esprit se refl\u00e8te chez l\u2019homme Noir, aux \u00c9tats-Unis, alors il pose un probl\u00e8me \u00e0 l\u2019homme blanc, ici en Am\u00e9rique.<\/p>\n<p>Et ne pensez pas que le probl\u00e8me du blanc en Am\u00e9rique soit unique. La France a le m\u00eame. La Grande-Bretagne a le m\u00eame. Mais la seule diff\u00e9rence entre la France, la Grande-Bretagne et nous, c\u2019est que de nombreux leaders Noirs se sont lev\u00e9s ici \u00e0 l\u2019Ouest, aux \u00c9tats-Unis, et ont cr\u00e9\u00e9 une sorte d\u2019engagement (militancy) qui a effray\u00e9 les am\u00e9ricains blancs. Mais \u00e7a n\u2019a pas eu lieu en France ou en Angleterre. Ce n\u2019est que r\u00e9cemment que la communaut\u00e9 noire am\u00e9ricaine et la communaut\u00e9 anglaise des Antilles, ainsi que la communaut\u00e9 africaine en France ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019organiser entre elles. La France meurt de peur. C\u2019est le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne en Angleterre. Jusqu\u2019\u00e0 \u2026 tr\u00e8s r\u00e9cemment, c\u2019\u00e9tait la d\u00e9sorganisation compl\u00e8te. Et c\u2019est seulement depuis peu qu\u2019en Angleterre, les Antillais, la communaut\u00e9 africaine et les Asiatiques, ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019organiser et \u00e0 travailler en coordination et en \u00e9troite collaboration. Et cela a pos\u00e9 un probl\u00e8me tr\u00e8s s\u00e9rieux \u00e0 l\u2019Angleterre.<\/p>\n<p>Il me fallait exposer cette situation afin que vous compreniez quelques-uns des probl\u00e8mes actuels qui se d\u00e9veloppent ici sur cette terre. Et vous pouvez rapidement comprendre les probl\u00e8mes entre les Noirs et les Blancs ici \u00e0 Rochester, entre les Noirs et les Blancs du Mississippi, et entre les Noirs et les Blancs de Californie, \u00e0 moins que vous ne compreniez le probl\u00e8me fondamental entre Noirs et Blancs\u2026 non limit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale, mais au niveau international et de la plan\u00e8te toute enti\u00e8re aujourd\u2019hui. Si vous essayez de le consid\u00e9rer dans cette perspective, vous comprendrez. Mais si vous essayez uniquement de l\u2019appr\u00e9hender dans sa dimension locale, vous ne le comprendrez jamais. Vous devez consid\u00e9rer la tendance qui se dessine sur cette terre. Et le but de ma venue ici ce soir, est de vous en donner une vision aussi actuelle que possible.<\/p>\n<p>Comme beaucoup d\u2019entre vous le savent, j\u2019ai quitt\u00e9 le mouvement des<em>\u00a0Black Muslims<\/em>, et pendant l\u2019\u00e9t\u00e9, j\u2019ai pass\u00e9 cinq mois au Moyen-Orient et sur le continent africain. Pendant cette p\u00e9riode, j\u2019ai visit\u00e9 de nombreux pays dont le premier a \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00c9gypte, puis l\u2019Arabie, puis le Koweit, le Liban, le Soudan, le Kenya, l\u2019\u00c9thiopie, Zanzibar, le Tanganyika \u2013 qui s\u2019appelle aujourd\u2019hui la Tanzanie \u2013 le Nigeria, le Ghana, la Guin\u00e9e, le Liberia, l\u2019Alg\u00e9rie. Et pendant ces cinq mois, j\u2019ai eu la chance de discuter longuement avec le pr\u00e9sident Nasser en \u00c9gypte, le pr\u00e9sident Julius Nierait en Tanzanie, Jomo Kenyatta au Kenya, Milton Obote en Ouganda, Azikiwe au Nigeria, N\u2019krumah au Ghana et S\u00e9kou Tour\u00e9 en Guin\u00e9e. Les nombreuses informations \u00e9chang\u00e9es avec les hommes et d\u2019autres africains, sur ce continent, au cours de ces entretiens, ont \u00e9largi ma compr\u00e9hension et, je le sens, mon acuit\u00e9 intellectuelle. Car, depuis mon retour, je n\u2019ai eu aucun d\u00e9sir d\u2019aucune sorte de me retrouver embourb\u00e9 dans quelque querelle st\u00e9rile avec des cervelles d\u2019oiseaux, des esprits \u00e9troits qui font partie d\u2019organisations. On y d\u00e9bat de faits trompeurs et qui ne m\u00e8nent nulle part quand on essaie de trouver des solutions \u00e0 des probl\u00e8mes aussi complexes que le n\u00f4tre.<\/p>\n<p>Je ne suis pas ici ce soir pour parler de certains de ces mouvements qui sont en d\u00e9saccord total les uns avec les autres. Je suis ici pour vous parler du probl\u00e8me auquel nous sommes tous confront\u00e9s. Et pour avoir\u2026 et pour le faire de fa\u00e7on tr\u00e8s informelle. Je n\u2019aime pas \u00eatre tenu \u00e0 \u00eatre formel dans ma m\u00e9thode ou ma fa\u00e7on de proc\u00e9der, lorsque je m\u2019adresse au public, parce que je trouve qu\u2019habituellement la conversation dans laquelle je m\u2019engage tourne autour des probl\u00e8mes de race ou de choses raciales, ce qui n\u2019est pas de ma faute. Je n\u2019ai pas cr\u00e9\u00e9 le probl\u00e8me de race. Et vous le savez, je ne suis pas venu en Am\u00e9rique sur le\u00a0<em>Mayflowe<\/em>r ou de mon propre gr\u00e9. Notre peuple a \u00e9t\u00e9 conduit ici malgr\u00e9 lui, contre notre volont\u00e9. Donc, si nous posons le probl\u00e8me maintenant, ils ne devraient pas nous bl\u00e2mer d\u2019\u00eatre ici. Ils nous ont amen\u00e9s ici. (Applaudissement) (\u2026).<\/p>\n<p>Pour d\u00e9fendre ma propre position, tout comme je l\u2019ai fait plus t\u00f4t aujourd\u2019hui \u00e0 Colgate, je suis Musulman, ce qui signifie simplement que ma religion est l\u2019Islam. Je crois en Dieu, l\u2019\u00catre Supr\u00eame, le Cr\u00e9ateur de l\u2019Univers. C\u2019est une forme de religion tr\u00e8s simple, facile \u00e0 comprendre. Je crois en un Dieu unique. Et c\u2019est simplement bien mieux comme \u00e7a. Mais je crois en un Dieu et je crois que ce Dieu avait une religion, a une religion et aura toujours une religion. Et que ce Dieu enseigna la m\u00eame religion \u00e0 tous les proph\u00e8tes, il n\u2019y a donc pas \u00e0 se quereller \u00e0 propos de qui \u00e9tait le plus grand, ou qui \u00e9tait le meilleur : Mo\u00efse, J\u00e9sus, Mahomet, ou quelques autres. Tous \u00e9taient des proph\u00e8tes et venaient d\u2019un seul Dieu. Ils avaient une doctrine, et cette doctrine \u00e9tait con\u00e7ue pour apporter la lumi\u00e8re sur l\u2019humanit\u00e9, de telle sorte que toute l\u2019humanit\u00e9 pouvait voir qu\u2019elle \u00e9tait Une et partager une sorte de fraternit\u00e9 qui pourrait \u00eatre v\u00e9cu ici sur cette terre. Je crois en cela.<\/p>\n<p>Je crois en la fraternit\u00e9 des hommes. Mais en d\u00e9pit du fait que je crois en cette fraternit\u00e9, je dois \u00eatre r\u00e9aliste et comprendre qu\u2019ici, en Am\u00e9rique, nous sommes dans une soci\u00e9t\u00e9 qui ne conna\u00eet pas la fraternit\u00e9. Elle n\u2019applique pas ce qu\u2019elle pr\u00eache. Elle pr\u00eache la fraternit\u00e9, mais ne l\u2019applique pas. Et parce que\u2026 cette soci\u00e9t\u00e9 n\u2019applique pas la fraternit\u00e9, ceux d\u2019entre nous qui sont musulmans \u2013 ceux d\u2019entre nous qui ont quitt\u00e9 le mouvement des\u00a0<em>Black Muslims<\/em>\u00a0et se sont regroup\u00e9s en tant que Musulmans, dans un mouvement fond\u00e9 sur l\u2019Islam orthodoxe\u2026 nous croyons en la fraternit\u00e9 de l\u2019Islam.<\/p>\n<p>Mais nous comprenons aussi que le probl\u00e8me auquel sont confront\u00e9s les Noirs de ce pays est si complexe et si difficile, existe depuis si longtemps sans solution, qu\u2019il nous est absolument n\u00e9cessaire de former une autre organisation. Ce que nous avons fait, sous la forme d\u2019une organisation non religieuse dans laquelle\u2026 est connue comme \u00e9tant l\u2019Organisation de l\u2019Unit\u00e9 afro-am\u00e9ricaine, et dont la structure est organis\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 permettre une participation active de tout Afro-am\u00e9ricain, tout Noir am\u00e9ricain, selon un programme con\u00e7u pour \u00e9liminer les maux politiques, \u00e9conomiques et sociaux auxquels notre peuple est confront\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9. Et nous avons mis cela en place parce que nous comprenons que nous devons nous battre contre les maux d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui a \u00e9chou\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er la fraternit\u00e9 pour chaque membre de cette soci\u00e9t\u00e9. Ceci ne veut en aucun cas dire que nous sommes anti-blancs, anti-bleus, anti-verts ou antijaunes. Nous sommes anti-Mal. Anti-Discrimination. Anti-S\u00e9gr\u00e9gation. Nous sommes contre quiconque d\u00e9sirant appliquer quelque forme de s\u00e9gr\u00e9gation, ou de discrimination contre nous, parce que nous n\u2019avons pas la chance d\u2019\u00eatre d\u2019une couleur acceptable \u00e0 vos yeux\u2026 (Applaudissements)<\/p>\n<p>Nous ne jugeons pas un homme \u00e0 cause de la couleur de sa peau. Nous ne vous jugeons pas parce que vous \u00eates Blancs ; nous ne vous jugeons pas parce que vous \u00eates Noirs ; nous ne vous jugeons pas parce que vous \u00eates fonc\u00e9s de peau. Nous vous jugeons \u00e0 cause de ce que vous faites et de ce que vous appliquez. Et aussi longtemps que vous appliquerez le mal, nous serons contre vous. Et pour nous la plus\u2026 la pire forme de mal, c\u2019est le mal fond\u00e9 sur la condamnation d\u2019un homme \u00e0 cause de la couleur de sa peau. Et je ne pense pas que quelqu\u2019un ici puisse nier que nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 qui ne juge pas un homme uniquement en fonction de ses talents, de son savoir-faire, de sa possibilit\u00e9\u2026 de son milieu, ou de son manque de dipl\u00f4me. Cette soci\u00e9t\u00e9 juge un homme seulement sur la couleur de sa peau. Si vous \u00eates blancs, vous pouvez avancer, et si vous \u00eates noir, vous devez vous battre \u00e0 chaque pas, sans toute fois pouvoir avancer. (Applaudissements)<\/p>\n<p>Nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement contr\u00f4l\u00e9e par des gens qui croient en la s\u00e9gr\u00e9gation. Nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement contr\u00f4l\u00e9e par des gens qui croient au racisme, et qui pratiquent la s\u00e9gr\u00e9gation, la discrimination et le racisme. Nous croyons en une\u2026 et je dis qu\u2019elle est contr\u00f4l\u00e9e non pas par des blancs bien intentionn\u00e9s, mais contr\u00f4l\u00e9e par les s\u00e9gr\u00e9gationnistes, les racistes. Et vous pouvez voir par le sch\u00e9ma que cette soci\u00e9t\u00e9 suit partout dans le monde. A l\u2019heure actuelle en Asie, l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine lance ses bombes sur des gens \u00e0 peau sombre. Vous ne pouvez pas dire que\u2026 c\u2019est comme si vous pouviez justifier le fait d\u2019\u00eatre si loin de chez soi et de lancer des bombes sur quelqu\u2019un d\u2019autre. Si vous habitiez tout pr\u00e8s, j\u2019en suis certain, mais vous ne pouvez pas partir si loin de ce pays, lancer des bombes sur quelqu\u2019un d\u2019autre, et justifier votre pr\u00e9sence l\u00e0-bas, pas avec moi. (Applaudissements)<\/p>\n<p>C\u2019est du racisme. Le racisme tel que l\u2019Am\u00e9rique le pratique. Du racisme qui entra\u00eene une guerre contre le peuple \u00e0 peau fonc\u00e9e d\u2019Asie, un e autre forme de racisme r\u00e9side dans le fait d\u2019engager une guerre contre le peuple \u00e0 peau fonc\u00e9e du Congo\u2026 tout comme il entra\u00eene une guerre contre le peuple \u00e0 peau fonc\u00e9e du Mississipi, de l\u2019Alabama, de Georgie et de Rochester, \u00c9tat de New York. (Applaudissements)<\/p>\n<p>Nous ne sommes pas contre les gens parce qu\u2019ils sont blancs. Mais nous sommes contre ceux qui pratiquent le racisme. Nous sommes contre ceux qui lancent des bombe sur des gens parce que leur couleur a la malchance d\u2019\u00eatre d\u2019une teinte diff\u00e9rente de la v\u00f4tre. Et parce que nous sommes contre \u00e7a, la presse dit que nous sommes violents. Nous ne sommes pas pour la violence. Nous sommes pour la paix. Mais les gens contre lesquels nous nous battons sont pour la violence. Vous ne pouvez pas \u00eatre pacifiques quand vous avez \u00e0 faire \u00e0 eux. (Applaudissements)<\/p>\n<p>Ils nous accusent de ce dont ils sont coupables. C\u2019est toujours ce que fait un criminel. Es vous lancent des bombes, puis vous accusent de vous les lancer vous-m\u00eames. Ils vous fracassent le cr\u00e2ne, puis vous accusent de vous frapper. C\u2019est ce que les racistes ont toujours fait\u2026 le criminel, celui qui d\u00e9veloppe en une science son processus criminel. Ils appliquent l\u2019action criminelle.<br \/>\nPuis, ils utilisent la presse pour faire de vous une victime\u2026 voyez comme la victime est le criminel et le criminel la victime. C\u2019est ainsi qu\u2019ils proc\u00e8dent. (Applaudissements) (\u2026)<\/p>\n<p>Donc, ils n\u2019aiment rien faire sans le soutien du public blanc. Les racistes qui ont habituellement beaucoup d\u2019influence dans la soci\u00e9t\u00e9, ne font pas un geste sans l\u2019opinion publique \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s. Alors, ils utilisent la presse pour mettre l\u2019opinion publique de leur c\u00f4t\u00e9. Lorsqu\u2019ils veulent supprimer ou opprimer la communaut\u00e9 noire, que font-ils ? Ils prennent les statistiques et, par le biais de la presse les communiquent au public. Es font appara\u00eetre que la criminalit\u00e9 est plus \u00e9lev\u00e9e dans la communaut\u00e9 noire qu\u2019ailleurs.<\/p>\n<p>Quel effet cela produit-il ? (Applaudissements). Ce message\u2026 c\u2019est un message tr\u00e8s astucieux utilis\u00e9 par les racistes pour faire croire aux Blancs qu\u2019ils ne sont pas racistes, que le taux de criminalit\u00e9 dans la communaut\u00e9 noire est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Cela maintient l\u2019image de criminel de la communaut\u00e9 noire. Et d\u00e8s que cette impression est donn\u00e9e, alors on rend possible ou on trace la voie de l\u2019instauration d\u2019un \u00c9tat policier dans la communaut\u00e9 noire, tout en obtenant l\u2019approbation compl\u00e8te du public blanc quand la police y entre et utilise toutes sortes de mesures brutales pour supprimer les Noirs, leur fracasse le cr\u00e2ne, leur lance des chiens, ou des choses de ce genre. Et les Blancs les suivent, parce qu\u2019ils croient que tous l\u00e0-bas sont des criminels. C\u2019est ce que\u2026 la presse fait cela. (Applaudissements)<\/p>\n<p>C\u2019est de l\u2019habilet\u00e9. Et cette habilet\u00e9 s\u2019appelle\u2026 cette science s\u2019appelle : \u00ab\u00a0faire de l\u2019image\u00a0\u00bb. Ils vous tiennent en \u00e9chec par le biais de cette science de l\u2019imagerie. Ils vous conduisent m\u00eame au m\u00e9pris de vous-m\u00eames en vous donnant une mauvaise image de vous. Certains d\u2019entre nous ont ingurgit\u00e9 cette image, et l\u2019ont dig\u00e9r\u00e9e\u2026 jusqu\u2019\u00e0 ce que d\u2019eux-m\u00eames, ils ne veuillent plus vivre dans la communaut\u00e9 noire. Ils ne veuillent plus approcher les Noirs eux-m\u00eames. (Applaudissements)<br \/>\nC\u2019est une science qu\u2019ils utilisent avec beaucoup d\u2019habilet\u00e9 pour faire du criminel la victime et de la victime, le criminel. Par exemple : pendant les \u00e9meutes de Harlem j\u2019\u00e9tais en Afrique, heureusement ! (rires). Pendant ces \u00e9meutes, ou \u00e0 cause de ces \u00e9meutes ou bien apr\u00e8s ces \u00e9meutes, la presse, \u00e0 nouveau, a d\u00e9peint les \u00e9meutiers avec une grande habilet\u00e9, comme \u00e9tant des truands, des criminels, des voleurs, parce qu\u2019ils s\u2019\u00e9taient appropri\u00e9 des biens.<\/p>\n<p>Maintenant, figurez-vous, il est vrai que des biens ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits. Mais consid\u00e9rons cela sous un autre angle. Dans ces communaut\u00e9s noires, l\u2019\u00e9conomie de la communaut\u00e9 n\u2019est pas entre les mains de l\u2019homme Noir. L\u2019homme Noir n\u2019est pas son propre propri\u00e9taire. Les b\u00e2timents dans lesquels il vit appartiennent \u00e0 d\u2019autres. Les magasins de la communaut\u00e9 sont tenus par d\u2019autres. Tout, dans la communaut\u00e9 est hors de son contr\u00f4le. Il n\u2019a rien \u00e0 dire en la mati\u00e8re, il ne peut rien faire si ce n\u2019est y vivre et payer le loyer le plus \u00e9lev\u00e9 en \u00e9change de l\u2019habitation la plus m\u00e9diocre, (applaudissements) payer les prix les plus \u00e9lev\u00e9s pour se nourrir, pour la plus mauvaise nourriture. Il est victime de cela, victime de l\u2019exploitation \u00e9conomique, de l\u2019exploitation politique et de tout autre type.<br \/>\nAujourd\u2019hui, il est si frustr\u00e9, tellement sous la pression de cette \u00e9nergie explosive qui l\u2019habite, qu\u2019il voudrait attraper celui qui l\u2019exploite. Mais celui qui l\u2019exploite n\u2019habite pas dans son voisinage. Il est seulement le propri\u00e9taire de sa maison. Il est seulement le propri\u00e9taire de son magasin. Il est seulement le propri\u00e9taire du voisinage. Si bien que lorsque l\u2019homme Noir explose, celui qu\u2019il voudrait attraper n\u2019est pas l\u00e0. Alors, il d\u00e9truit ses biens. Ce n\u2019est pas un voleur. Il n\u2019essaie pas de voler vos meubles ou votre nourriture de m\u00e9diocre qualit\u00e9. Il veut vous attraper, mais vous n\u2019\u00eates pas l\u00e0. (Applaudissements)<br \/>\nAu lieu que les sociologues n\u2019analysent le vrai probl\u00e8me, tel qu\u2019il est, n\u2019essaient de le comprendre, tel qu\u2019il est, ils utilisent la presse pour faire croire que ces gens sont des voleurs, des truands. Non ! ce sont des victimes du vol organis\u00e9, des propri\u00e9taires organis\u00e9s qui ne sont rien d\u2019autre, que des voleurs, des marchands qui ne sont rien d\u2019autre que des voleurs, des politiciens qui si\u00e8gent au gouvernement et qui ne sont rien d\u2019autre que des voleurs complices des propri\u00e9taires et des marchands. (Applaudissements)<\/p>\n<p>Mais, une fois de plus, la presse est habitu\u00e9e \u00e0 faire de la victime le criminel et du criminel la victime\u2026 c\u2019est de l\u2019imagerie. Et tout comme cette imagerie est employ\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelon local, vous pourrez la comprendre mieux gr\u00e2ce \u00e0 cet exemple pris au plan international : le meilleur exemple, et le plus r\u00e9cent t\u00e9moignant de mes paroles se trouve dans la situation du Congo. \u00c9coutez ce qui s\u2019est pass\u00e9 : nous nous sommes trouv\u00e9s dans une situation o\u00f9 des avions lan\u00e7aient des bombes sur des villages africains. Un village africain n\u2019a aucune d\u00e9fense contre les bombes ; un village africain ne constitue pas une menace suffisante pour \u00eatre bombard\u00e9 ! Les avions lan\u00e7aient pourtant des bombes sur les villages africains. Et lorsque les bombes frappent, elles ne font pas la distinction entre les amis et les ennemis, elles ne font pas la diff\u00e9rence entre les hommes et les femmes. Lorsque les bombes sont lanc\u00e9es sur les villages africains du Congo, elles sont lanc\u00e9es sur des femmes noires, sur des enfants noirs, sur des b\u00e9b\u00e9s noirs. Les \u00eatres humains se retrouvent d\u00e9chiquet\u00e9s\u2026 Je n\u2019ai entendu aucun cri de protestation, aucune compassion \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ces milliers de Noirs abattus par les avions. (Applaudissements)<\/p>\n<p>Et pourquoi n\u2019y eut-il pas de cris de protestation ? Pourquoi ne nous sommes nous pas sentis concern\u00e9s ? Parce que une fois de plus, tr\u00e8s habilement, la presse fait des victimes les criminels et des criminels, les victimes. (Applaudissements)<\/p>\n<p>(\u2026) Mais c\u2019est une chose que vous devez consid\u00e9rer et \u00e0 laquelle vous devez r\u00e9pondre. Parce qu\u2019il y a des avions am\u00e9ricains, des bombes am\u00e9ricaines, des parachutistes am\u00e9ricains arm\u00e9s de mitrailleuses. Mais vous savez, ils disent que ce ne sont pas des soldats, qu\u2019ils sont simplement l\u00e0-bas en services d\u2019escorte, qu\u2019ils ont commenc\u00e9 comme conseillers au Sud Vietnam. Vingt mille hommes uniquement conseillers et uniquement en \u00ab\u00a0service d\u2019escorte\u00a0\u00bb. Ils sont capables de commettre ces tueries, et de s\u2019en tirer \u00e0 bon compte en les qualifiant d\u2019 \u00ab\u00a0humanitaires\u00a0\u00bb, d\u2019actions humanitaires. Ou d\u2019agir au nom de l\u2019 \u00ab\u00a0ind\u00e9pendance\u00a0\u00bb, de la \u00ab\u00a0libert\u00e9\u00a0\u00bb. Toutes sortes de slogans retentissants, mais c\u2019est un crime de sang-froid, une tuerie. Et c\u2019est fait si habilement, que vous et moi nous qualifions d\u2019\u00eatres subtils, en ce vingti\u00e8me si\u00e8cle, sommes capables d\u2019en \u00eatre les spectateurs et de l\u2019approuver. Simplement parce que tout cela est perp\u00e9tr\u00e9 contre des hommes \u00e0 peau noire, par des hommes \u00e0 peau blanche.<\/p>\n<p>(\u2026) Bien que je vous cite cet exemple, vous pourriez me dire : \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce que cela a-t-il \u00e0 voir avec l\u2019homme noir, en Am\u00e9rique ? et qu\u2019est-ce que cela a-t-il \u00e0 voir avec les relations entre Noirs et Blancs, ici \u00e0 Rochester ?\u00a0\u00bb<br \/>\nVous devez comprendre une chose. Jusqu\u2019\u00e0 1959, l\u2019image du continent africain fut cr\u00e9\u00e9e par des ennemis de l\u2019Afrique. L\u2019Afrique \u00e9tait domin\u00e9e par des puissances ext\u00e9rieures domin\u00e9e par les europ\u00e9ens. Et comme ces europ\u00e9ens dominaient le continent africain, ils cr\u00e9\u00e8rent eux-m\u00eames l\u2019image de l\u2019Afrique qui fut projet\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Et ils projet\u00e8rent une image n\u00e9gative de l\u2019Afrique et du peuple africain. Une image d\u00e9testable. Ils nous ont fait croire que l\u2019Afrique \u00e9tait un pays de jungles, d\u2019animaux, un pays de cannibales et de sauvages. C\u2019\u00e9tait une image d\u00e9testable.<br \/>\nEt parce qu\u2019ils r\u00e9ussissaient si bien \u00e0 projeter cette image n\u00e9gative de l\u2019Afrique, nous qui, ici \u00e0 l\u2019ouest, \u00e9tions d\u2019anc\u00eatres africains, les Afro-am\u00e9ricains, nous avons consid\u00e9r\u00e9 l\u2019Afrique, comme un lieu d\u00e9testable. Nous avons consid\u00e9r\u00e9 l\u2019africain comme une personne d\u00e9testable. Et, se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 nous comme \u00e0 des africains, c\u2019\u00e9tait nous prendre pour des serviteurs, des enfants, ou parler de nous d\u2019une fa\u00e7on dont nous ne voulions pas que vous parliez de nous.<\/p>\n<p>Pourquoi ? Parce que ceux qui oppriment savent que l\u2019on ne peut faire ha\u00efr les racines, sans faire ha\u00efr l\u2019arbre. Vous ne pouvez pas ha\u00efr les v\u00f4tres, sans finir par vous ha\u00efr vous-m\u00eames. Et puisque nous avons tous des origines africaines, on ne peut nous faire ha\u00efr l\u2019Afrique, sans nous faire nous ha\u00efr nous-m\u00eames. Et ils l\u2019ont fait, tr\u00e8s habilement.<\/p>\n<p>Quel en a \u00e9t\u00e9 le r\u00e9sultat ? Ils se sont retrouv\u00e9s avec vingt-deux millions de Noirs, ici, en Am\u00e9rique qui ha\u00efssaient tout ce qu\u2019il y avait d\u2019africain en eux. Nous ha\u00efssions les caract\u00e9ristiques africaines, les caract\u00e9ristiques africaines. Nous ha\u00efssions nos cheveux, nous ha\u00efssions notre nez, la forme de notre nez et celle de nos l\u00e8vres, la couleur de notre peau. Oui, nous les ha\u00efssions. Et c\u2019est vous qui nous avez appris \u00e0 nous ha\u00efr nous-m\u00eames simplement en usant de votre strat\u00e9gie astucieuse pour nous faire ha\u00efr la terre de nos anc\u00eatres et le peuple de ce continent\u2026<\/p>\n<p>Aussi longtemps que nous avons ha\u00ef ce \u00e0 quoi nous pensions qu\u2019ils ressemblaient, nous avons ha\u00ef ce \u00e0 quoi nous ressemblions. Et vous dites que j\u2019enseigne la haine ! Pourquoi ? C\u2019est vous qui nous avez enseign\u00e9 la haine de nous-m\u00eames. Vous avez enseign\u00e9 au monde la haine de tout une race, et vous avez maintenant l\u2019audace de nous bl\u00e2mer parce que nous vous ha\u00efssons, simplement parce que nous refusons la corde que vous nous avez mise au cou. (Applaudissements)<\/p>\n<p>Lorsque vous enseignez \u00e0 un homme la haine de ses l\u00e8vres, des l\u00e8vres que Dieu lui a donn\u00e9, de la forme de ce nez que Dieu lui a donn\u00e9, de la nature de ces cheveux que Dieu lui a donn\u00e9s, de la couleur de cette peau que Dieu lui a donn\u00e9e, vous commettez le crime le plus hideux qu\u2019une race puisse commettre. Et c\u2019est le crime que vous avez commis.<br \/>\nNotre couleur est devenue une cha\u00eene. Une cha\u00eene psychologique. Notre sang\u2026 le sang africain\u2026 est devenu une cha\u00eene psychologique, une prison parce que nous avions honte. Nous croyons\u2026 ils vous le lanceraient \u00e0 la figure, et vous diraient que non. Mais si, ils en avaient honte ! Nous nous sommes sentis pi\u00e9g\u00e9s parce que notre peau \u00e9tait noire. Nous nous sommes sentis pi\u00e9g\u00e9s parce que nous avions du sang africain dans nos veines.<\/p>\n<p>Voici comment vous nous avez emprisonn\u00e9s. Non pas uniquement en nous \u00e9manant ici et en faisant de nous des esclaves. Mais l\u2019image que vous avez cr\u00e9\u00e9e de notre terre et l\u2019image que vous avez cr\u00e9\u00e9e de notre peuple sur ce continent \u00e9tait un pi\u00e8ge, une prison, une cha\u00eene, c\u2019\u00e9tait la pire forme d\u2019esclavage jamais invent\u00e9e par une race soi-disant civilis\u00e9e et une nation civilis\u00e9e, depuis le commencement du monde.<\/p>\n<p>Vous en voyez encore le r\u00e9sultat dans notre peuple, dans ce pays, aujourd\u2019hui. Parce que nous ha\u00efssions notre sang africain, nous ne nous sentions pas \u00e0 la hauteur, nous nous sentions inf\u00e9rieurs, impuissants et notre sentiment d\u2019impuissance ne nous a pas \u00e9t\u00e9 favorable. Nous nous sommes tourn\u00e9s vers vous pour vous demander de l\u2019aide et vous avez refus\u00e9 de nous aider. Nous ne nous sentions pas \u00e0 la hauteur. Nous nous sommes tourn\u00e9s vers vous pour vous demander conseil et vous nous avez donn\u00e9 le mauvais conseil. Nous nous sommes tourn\u00e9s vers vous pour vous demander notre chemin et vous nous avez laiss\u00e9 tourner en rond.<\/p>\n<p>Mais un changement est apparu. En nous. Et de quoi provient-il ? En 1985, en Indon\u00e9sie, \u00e0 Bandung, un rassemblement d\u2019hommes de peau fonc\u00e9e fut organis\u00e9. Ces hommes d\u2019Afrique et d\u2019Asie sont venus ensemble pour la premi\u00e8re fois depuis des si\u00e8cles. Ils n\u2019avaient pas d\u2019armes nucl\u00e9aire, pas d\u2019aviation, pas de flotte. Ils ont discut\u00e9 de leur situation et ont d\u00e9couvert une chose que nous tous en commun\u2026 l\u2019oppression, l\u2019exploitation, la souffrance. Et nous avions en commun un oppresseur, un exploiteur.<br \/>\nSi un fr\u00e8re venait du Kenya, il appelait son oppresseur, anglais. Si un autre fr\u00e8re venait du Congo, il appelait son oppresseur, belge. Si un autre venait de Guin\u00e9e, il appelait son oppresseur, fran\u00e7ais. Mais, quand vous placiez les oppresseurs ensemble, ils avaient tous une chose en commun, ils venaient tous d\u2019Europe. Et cet europ\u00e9en opprimait le peuple d\u2019Afrique et d\u2019Asie.<\/p>\n<p>Et puisque nous pouvions voir que nous partagions l\u2019oppression et l\u2019exploitation en commun, le chagrin, la tristesse et la douleur, en commun, notre peuple a commenc\u00e9 \u00e0 se rassembler et \u00e0 d\u00e9cider, \u00e0 la conf\u00e9rence de Bandung, qu\u2019il \u00e9tait temps d\u2019oublier nos diff\u00e9rences. Nous avions des diff\u00e9rences. Certains \u00e9taient bouddhistes, hindous, chr\u00e9tiens ou musulmans, certains n\u2019avaient pas de religion. D\u2019autres \u00e9taient socialistes, capitalistes, communistes ou ne revendiquaient aucun syst\u00e8me \u00e9conomique. Pourtant, malgr\u00e9 toutes ces diff\u00e9rences, ils se mirent d\u2019accord sur un point : l\u2019esprit de Bandung \u00e9tait d\u00e8s lors d\u2019adoucir les \u00e8res de diff\u00e9rence et d\u2019accentuer les \u00e8res communes.<br \/>\nEt ce fut l\u2019esprit de Bandung qui nourrit les flammes du nationalisme et de la libert\u00e9 non seulement en Asie, mais particuli\u00e8rement sur le continent africain. De 1955 \u00e0 1960, les flammes du nationalisme, de l\u2019ind\u00e9pendance sur le continent africain devinrent si lumineuses et furieuses qu\u2019elles pouvaient tout br\u00fbler et tout atteindre sur leur passage. Et ce m\u00eame esprit ne resta pas en Afrique. Il se faufila subrepticement \u00e0 l\u2019ouest et p\u00e9n\u00e9tra l\u2019\u00e2me et le c\u0153ur de l\u2019homme Noir, sur le continent am\u00e9ricain qui \u00e9tait s\u00e9par\u00e9 de l\u2019Afrique depuis quatre cents ans.<\/p>\n<p>Mais ce m\u00eame d\u00e9sir de libert\u00e9 qui avait boulevers\u00e9 l\u2019\u00e2me et le c\u0153ur de l\u2019homme Noir sur le continent africain, commen\u00e7a \u00e0 br\u00fbler dans l\u2019\u00e2me et le c\u0153ur de l\u2019homme Noir ici, en Am\u00e9rique du sud, en Am\u00e9rique centrale et en Am\u00e9rique du nord, nous prouvant que nous n\u2019\u00e9tions pas s\u00e9par\u00e9s. Bien qu\u2019il y ait un oc\u00e9an entre nous, nous \u00e9tions toujours mus par le m\u00eame battement de c\u0153ur.<\/p>\n<p>L\u2019esprit du nationalisme, sur le continent africain\u2026 il commen\u00e7a \u00e0 retomber ; les puissances\u2026 les puissances coloniales ne pouvaient rester l\u00e0. Les Britanniques eurent des probl\u00e8mes au Kenya, au Nigeria, au Tanganyika, \u00e0 Zanzibar et dans d\u2019autres pays du Continent. Les Fran\u00e7ais eurent des probl\u00e8mes dans toute l\u2019Afrique du Nord \u00e9quatoriale, y compris en Alg\u00e9rie, qui devient un point de tension extr\u00eame pour la France. Le Congo ne voulait plus tol\u00e9rer la pr\u00e9sence belge. Le continent africain tout entier devint explosif entre 1954 et 1955 et jusqu\u2019en 1959. En 1959, ces puissances ne pouvaient plus rester.<br \/>\nCe n\u2019est pas qu\u2019elles voulaient partir. Ce n\u2019est pas que tout \u00e0 coup elles devenaient g\u00e9n\u00e9reuses. Ce n\u2019est pas que tout \u00e0 coup elles ne souhaitaient plus exploiter les ressources de l\u2019homme noir. Mais, c\u2019est cet esprit d\u2019ind\u00e9pendance qui consumait l\u2019\u00e2me et le c\u0153ur de l\u2019homme noir.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019autorisait plus \u00e0 \u00eatre colonis\u00e9, opprim\u00e9 et exploit\u00e9. Il ressentait cette volont\u00e9 d\u2019\u00eatre ma\u00eetre de son existence et de prendre la vie de ceux qui essayaient de lui prendre la sienne. C\u2019\u00e9tait cela, le nouvel esprit.<br \/>\nCes puissances ne partirent pas, mais que firent-elles ? Lorsque quelqu\u2019un joue au basket-ball, si\u2026 vous le regardez\u2026 les joueurs de l\u2019\u00e9quipe adverse le pi\u00e8gent et s\u2019il ne veut pas se d\u00e9barrasser de la balle, de la laisser entre les mains de l\u2019autre \u00e9quipe, il doit la passer \u00e0 quelqu\u2019un qui n\u2019est pas dans une position dangereuse, qui est de la m\u00eame \u00e9quipe que lui. Et puisque la Belgique, la France, la Grande-Bretagne et les autres puissances coloniales \u00e9taient pi\u00e9g\u00e9es\u2026 se trouvaient expos\u00e9es en tant que puissances coloniales\u2026 elles devaient trouver quelqu\u2019un qui n\u2019\u00e9taient pas dans cette position dangereuse, et les seuls \u00e0 ne pas \u00eatre dans cette position \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Africains \u00e9taient les \u00c9tats-Unis. Donc, elles pass\u00e8rent la balle aux \u00c9tats-Unis. Le gouvernement la ramassa et court comme un fou depuis. (Rires et applaudissements)<br \/>\nD\u00e8s qu\u2019ils saisirent la balle, ils comprirent qu\u2019ils \u00e9taient confront\u00e9s \u00e0 un nouveau probl\u00e8me. Les Africains s\u2019\u00e9taient r\u00e9veill\u00e9s, et n\u2019avaient plus peur. Il \u00e9tait devenu impossible aux puissances europ\u00e9ennes de rester sur le continent de force. Donc, notre minist\u00e8re des Affaires \u00c9trang\u00e8res, tout en saisissant la balle, comprit dans sa nouvelle analyse, qu\u2019il faudrait d\u00e9ployer une nouvelle strat\u00e9gie, s\u2019il fallait remplacer les puissances coloniales europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Quelle fut sa strat\u00e9gie ? L\u2019approche amicale. Au lieu d\u2019aller sur place, les dents serr\u00e9es, il a commenc\u00e9 par sourire aux Africains : \u00ab\u00a0Nous sommes vos amis\u00a0\u00bb (\u2026) C\u2019\u00e9tait une approche pleine de bienveillance, philanthropique. Appelez cela du colonialisme bienveillant, de l\u2019imp\u00e9rialisme philanthropique. De l\u2019humanitarisme soutenu par le dollarisme. De la politique de pure forme (tokenism). C\u2019est l\u2019approche qu\u2019il choisit. Il ne s\u2019est pas rendu l\u00e0-bas avec de bonnes intentions : comment peut-on partir d\u2019ici et se rendre sur le continent africain avec le \u00ab\u00a0peace Corps\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Cross roads\u00a0\u00bb et d\u2019autres organisations, lorsque l\u2019on pend des Noirs dans le Mississipi ? Comment peut-on faire cela ? (Applaudissements)<\/p>\n<p>(\u2026) On peut consid\u00e9rer la p\u00e9riode allant de 1954 \u00e0 1964 comme celle de l\u2019\u00e9mergence de l\u2019\u00c9tat africain. Comme l\u2019\u00c9tat africain a commenc\u00e9 \u00e0 se dessiner entre 1954 et 1964, quel impact, quel effet cela eut-il sur les Afro-am\u00e9ricains ? sur les Noirs am\u00e9ricains ? Comme l\u2019homme Noir en Afrique devenait ind\u00e9pendant, cela le mettait dans la position d\u2019\u00eatre enfin l\u2019artisan de sa propre image. Jusqu\u2019en 1964, lorsque vous et moi pensions \u00e0 un Africain, nous l\u2019imaginions nu avec des tam-tams et un os dans le nez. Oh oui !<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait la seule image d\u2019un Africain qui nous venait \u00e0 l\u2019esprit. Et depuis 1959, lorsqu\u2019ils ont commenc\u00e9 \u00e0 rejoindre les Nations-Unies et que vous les voyiez \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, vous \u00e9tiez sous le choc. On vous pr\u00e9sentait un Africain parlant un anglais meilleur que le v\u00f4tre. Dou\u00e9 d\u2019un raisonnement plus pertinent que le v\u00f4tre. Plus libre que vous. Pourquoi ces pays o\u00f9 vous ne pouviez vous rendre ? (Applaudissements. Ces pays o\u00f9 vous ne pouviez pas vous rendre, tout ce qu\u2019il avait \u00e0 faire \u00e9tait d\u2019enfiler son costume et de marcher juste devant vous. (Rires et applaudissements)<\/p>\n<p>Il devait vous \u00e9branler et ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 ce moment-l\u00e0, que vous avez commenc\u00e9 \u00e0 vous r\u00e9veiller. (Rires)<\/p>\n<p>Donc, les nations africaines ayant gagn\u00e9 leur ind\u00e9pendance, et l\u2019image du continent africain commen\u00e7ant \u00e0 charger, les choses s\u2019harmonis\u00e8rent, l\u2019image de l\u2019Afrique passant du n\u00e9gatif au positif. Inconsciemment. En Occident l\u2019homme Noir commen\u00e7ait \u00e0 s\u2019identifier \u00e0 l\u2019image positive qui apparaissait.<\/p>\n<p>Et lorsqu\u2019il vit que l\u2019homme noir du continent africain prenait une assise, il se sentit empli du d\u00e9sir de prendre une assise aussi.<br \/>\nLa m\u00eame image, la m\u00eame\u2026 aussi n\u00e9gative\u2026 on entendait parler d\u2019air servile, d\u2019esprit de compromis, de regard empli de crainte\u2026 de la m\u00eame fa\u00e7on. Mais, lorsque nous avons commenc\u00e9 \u00e0 en savoir plus sur Jomo Kenyatta, Mau-Mau et les autres, on a trouv\u00e9 des Noirs dans ce pays qui commen\u00e7aient \u00e0 suivre la m\u00eame ligne. Et qui s\u2019en retrouvaient plus proches que certains ne voulaient l\u2019admettre.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019ils virent\u2026 tandis qu\u2019ils devaient changer leur approche du peuple du continent africain, ils ont aussi commenc\u00e9 \u00e0 modifier leur approche des Noirs sur notre continent. Comme ils appliquaient une politique de pure forme (tokenism) et toute une s\u00e9rie d\u2019approches amicales, bienveillantes, et philanthropiques du continent africain, qui n\u2019\u00e9taient que des efforts de pure forme, ils commenc\u00e8rent \u00e0 faire la m\u00eame chose avec nous, ici, aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>La politique de pure forme (tokenism)\u2026 Ils propos\u00e8rent toutes sortes de mesures qui n\u2019\u00e9taient pas r\u00e9ellement con\u00e7us pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes. Chacun de leur mouvement n\u2019\u00e9tait qu\u2019un mouvement de pure forme. Ils n\u2019ont jamais entrepris aucune action r\u00e9aliste, pour r\u00e9ellement r\u00e9soudre le probl\u00e8me. Ils propos\u00e8rent une d\u00e9cision visant \u00e0 d\u00e9sagr\u00e9ger la Cour Supr\u00eame, qu\u2019ils n\u2019ont jamais appliqu\u00e9e. Pas m\u00eame \u00e0 Rochester et encore moins dans le Mississipi. (Applaudissements)<\/p>\n<p>Ils ont grug\u00e9 les gens du Mississipi en essayant de leur faire croire qu\u2019ils allaient imposer la d\u00e9s\u00e9gr\u00e9gation \u00e0 l\u2019universit\u00e9 du Mississipi. Ils y firent venir un N\u00e8gre, escort\u00e9 d\u2019environ six mille \u00e0 quinze mille soldats, si je me souviens bien. Et je crois bien que \u00e7a leur a co\u00fbt\u00e9 six millions de dollars. (Rires)<\/p>\n<p>(\u2026) Cette politique de pure forme, consistait en un programme con\u00e7u pour prot\u00e9ger les avantages d\u2019\u00e0 peine quelques Noirs, soigneusement s\u00e9lectionn\u00e9s. On leur attribuait une importante situation, ce qui leur permettait ensuite de proclamer haut et fort : \u00ab\u00a0Regardez comme nous faisons des progr\u00e8s !\u00a0\u00bb Ils devraient plut\u00f4t dire, regarde comme il fait des progr\u00e8s. Car, pendant que ces N\u00e8gres choisis avec soin, vivaient comme des princes, parmi les Blancs, si\u00e9geaient \u00e0 Washington D.C., les masses d\u2019hommes et de femmes noirs de ce pays continuaient \u00e0 vivre dans des bidonvilles et dans le ghetto. Les masses, (applaudissements) les masses d\u2019hommes et de femmes noirs dans ce pays demeuraient sans emploi et les masses d\u2019hommes et de femmes Noirs de ce pays continuaient \u00e0 fr\u00e9quenter les pires \u00e9coles et \u00e0 recevoir le plus mauvais enseignement.<br \/>\nC\u2019est \u00e0 cette m\u00eame \u00e9poque qu\u2019apparut le mouvement des Black Muslims. Et voici ce qu\u2019il fit : jusqu\u2019\u00e0 l\u2019apparition du mouvement des Black Muslims , le NAACP \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un mouvement radical. (Rires). Ils voulurent faire une enqu\u00eate \u00e0 son sujet. CORE et tous les autres \u00e9taient suspects\u2026 \u00e9taient l\u2019objet de suspicions. On n\u2019entendait plus parler de King. Lorsque les Black, Muslims sont arriv\u00e9s avec leur discours, l\u2019homme blanc s\u2019est \u00e9cri\u00e9 : \u00ab\u00a0Heureusement que le NAACP existe !\u00a0\u00bb (Rires et applaudissements).<\/p>\n<p>Le mouvement des Black, Muslims avait rendu le NAACP acceptable aux yeux des blancs. Il avait rendu ses leaders acceptables. Alors, ils commenc\u00e8rent \u00e0 se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 eux comme \u00e0 des leaders Noirs responsables. (Rires) Ce qui signifiaient qu\u2019ils \u00e9taient responsables aux yeux des Blancs (applaudissements). Je ne suis pas en train d\u2019attaquer le NAACP. Je vous en parle (rires). Et ce qui le rend si ridicule, vous ne pouvez pas le nier. (Rires).<br \/>\n(\u2026) Le mouvement en soi, attire les \u00e9l\u00e9ments de la communaut\u00e9 noire, les plus militants, les plus insatisfaits, les plus intransigeants. Il attira aussi les \u00e9l\u00e9ments le plus jeunes de la communaut\u00e9 noire. Le mouvement se d\u00e9veloppant, il attira les \u00e9l\u00e9ments militants, intransigeants et insatisfaits.<\/p>\n<p>Le mouvement \u00e9tait cens\u00e9 \u00eatre fond\u00e9 sur la religion de l\u2019islam et par cons\u00e9quent \u00eatre un mouvement religieux. Cependant, parce que le monde de l\u2019islam et le monde des musulmans orthodoxes, n\u2019auraient jamais reconnu l\u2019appartenance v\u00e9ritable des Black Muslims \u00e0 l\u2019islam, il prit ceux d\u2019entre nous qui \u00e9taient dans une sorte de vide religieux. Il nous mit dans la position de nous identifier nous-m\u00eames par le biais de la religion, tandis que le monde dans lequel cette religion \u00e9tait pratiqu\u00e9e, nous rejetait parce ,que nous n\u2019\u00e9tions pas des pratiquants v\u00e9ritables, des pratiquants de cette religion.<\/p>\n<p>Le gouvernement essaya de nous \u00e9tiqueter comme politiques, plus que comme religieux de telle sorte qu\u2019il pouvait nous accuser de s\u00e9dition et de subversion. C\u2019\u00e9tait la seule raison. Mais, bien qu\u2019il nous ait \u00e9tiquet\u00e9 comme politiques, parce qu\u2019aucun engagement politique ne nous a autoris\u00e9, nous \u00e9tions dans le vide politiquement. Nous \u00e9tions dans un vide religieux. Nous \u00e9tions dans un vide politique. Nous \u00e9tions ali\u00e9n\u00e9s, en fait, coup\u00e9s de tout type d\u2019activit\u00e9s, m\u00eame avec le monde contre lequel nous nous battions.<\/p>\n<p>(\u2026) Nous pouvions alors comprendre qu\u2019il nous fallait agir, et ceux qui, parmi nous, \u00e9taient activistes commenc\u00e8rent \u00e0 se sentir insatisfaits, d\u00e9sillusionn\u00e9s. La dissension s\u2019installa en d\u00e9finitive, et nous nous s\u00e9par\u00e2mes. Ceux qui rompirent \u00e9taient les vrais activistes du mouvement. Ils \u00e9taient suffisamment intelligents pour vouloir un programme qui nous permettrait de nous battre pour les droits de tous les Noirs, ici, \u00e0 l\u2019Ouest.<br \/>\nCependant, nous voulions aussi notre religion. Si bien que lorsque nous avons quitt\u00e9 le mouvement, la premi\u00e8re chose que nous f\u00eemes, fut de nous regrouper au sein d\u2019une nouvelle organisation : \u00ab\u00a0la Mosqu\u00e9e musulmane\u00a0\u00bb, dont le si\u00e8ge se trouve \u00e0 New York. Dans cette organisation, nous avons adopt\u00e9 la religion musulmane, r\u00e9elle et orthodoxe, qui est une religion de l\u2019islam, une religion de fraternit\u00e9. Tandis que nous acceptions cette religion et mettions en place cette organisation qui nous permettait de pratiquer cette religion\u2026 imm\u00e9diatement, cette \u00ab\u00a0Mosqu\u00e9e musulmane\u00a0\u00bb particuli\u00e8re \u00e9tait reconnue et accept\u00e9e par les officiels religieux du monde musulman.<\/p>\n<p>Nous avons compris en m\u00eame temps que nous avions un probl\u00e8me dans cette soci\u00e9t\u00e9 qui d\u00e9passait la religion. Et c\u2019est pour cette raison que nous avons fond\u00e9 l\u2019Organisation de l\u2019Unit\u00e9 Afroam\u00e9ricaine, \u00e0 laquelle tous pouvaient se joindre dans la communaut\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 un programme d\u2019action visant \u00e0 la reconnaissance et au respect des Noirs, en tant qu\u2019\u00eatre humains.<\/p>\n<p>La parole d\u2019ordre de l\u2019Organisation de l\u2019Unit\u00e9 Afroam\u00e9ricaine est \u00ab\u00a0Par tous les moyens n\u00e9cessaires\u00a0\u00bb. Nous ne croyons pas en une lutte menant \u00e0\u2026 dont les r\u00e8gles sont fix\u00e9es par ceux qui nous suppriment. Nous ne croyons pas en une lutte dont les r\u00e8gles sont fix\u00e9es par ceux qui nous exploitent. Nous ne croyons pas pouvoir continuer la bataille en essayant de gagner l\u2019affection de ceux qui nous oppriment et nous exploitent depuis si longtemps.<br \/>\nNous croyons en la l\u00e9gitimit\u00e9 de notre combat. Nous croyons en la l\u00e9gitimit\u00e9 de nos revendications. Nous croyons que les pratiques mauvaises \u00e0 l\u2019encontre des Noirs dans cette soci\u00e9t\u00e9 sont criminelles et que ceux qui engagent de telles pratiques criminelles ne sont rien d\u2019autre que des criminels. Et nous estimons \u00eatre en droit de nous battre contre ce criminels, par tous les moyens n\u00e9cessaires.<br \/>\nCeci ne veut pas dire que nous sommes pour la violence. Mais nous\u2026 nous avons vu l\u2019incapacit\u00e9 du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, son manque d\u2019absolu de disposition \u00e0 prot\u00e9ger les vies et les biens des Noirs. Nous avons vu o\u00f9 les Blancs racistes et organis\u00e9s, les membres du Klu-Klux-Klan, ceux du Citizen\u2019s Council et les autres peuvent aller dans la communaut\u00e9 noire, pour prendre un homme noir et le faire dispara\u00eetre, sans que rien ne soit fait. Nous avons vu qu\u2019ils peuvent y entrer. (Applaudissements).<\/p>\n<p>Nous avons \u00e0 nouveau analys\u00e9 notre condition. Si nous remontons \u00e0 1939, les Noirs, en Am\u00e9rique, \u00e9taient cireurs de chaussures. Les plus \u00e9duqu\u00e9s ciraient les chaussures dans le Michigan, \u00e0 Lansing, la capitale, d\u2019o\u00f9 je viens. Les meilleurs emplois que l\u2019on pouvait trouver, \u00e9taient de porter les plateaux et les plats destin\u00e9s \u00e0 nourrir les blancs du Country club. Le serveur \u00e9tait toujours consid\u00e9r\u00e9 comme ayant la plus enviable position, parce qu\u2019il occupait un bon emploi, au milieu des \u00ab\u00a0bons\u00a0\u00bb blancs, vous voyez ! (Rires).<\/p>\n<p>(\u2026) \u00c7a, c\u2019\u00e9tait la condition du Noir jusqu\u2019en 1939\u2026 jusqu\u2019\u00e0 ce que la guerre commence, nous \u00e9tions confin\u00e9s dans ce r\u00f4le domestique. Lorsque la guerre a \u00e9clat\u00e9, ils ne voulaient m\u00eame pas que nous nous enr\u00f4lions dans l\u2019arm\u00e9e. Un Noir n\u2019avait pas le droit de s\u2019engager sous les drapeaux. Le pouvait-il ou pas ? Non ! vous ne pouviez pas vous engager dans la marine. Vous vous souvenez ? Ils n\u2019en prenaient pas un seul. C\u2019\u00e9tait en 1939, aux \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique !<\/p>\n<p>Ils nous ont appris \u00e0 chanter : \u00ab\u00a0Sweet land of liberty\u00a0\u00bb et tout le reste. Mais non ! vous ne pouviez pas vous engager. Vous ne pouviez pas incorporer la marine non plus, ils ne voulaient pas que vous vous engagiez. Ils ne prenaient que des blancs. ils n\u2019avaient pas le droit de nous incorporer, jusqu\u2019\u00e0 ce que les leaders noirs clament haut et fort. (Rires). Qu\u2019ils disent : \u00ab\u00a0Si les blancs doivent mourir, alors nous devons mourir aussi\u00a0\u00bb. (Rires et applaudissements).<\/p>\n<p>Les leaders noirs envoy\u00e8rent un bon nombre de noirs se faire tuer, pendant la Seconde Guerre mondiale. Si bien que lorsque l\u2019Am\u00e9rique entra dans la guerre, elle manqua tr\u00e8s vite d\u2019hommes. Jusqu\u2019\u00e0 la guerre, vous ne pouviez pas entrer dans une usine. J\u2019habitais \u00e0 Lansing o\u00f9 se trouvaient les usines Oldsmobile et Reo. Il y en avait environ trois dans toute l\u2019usine, et chacun tenait son balai. Ils avaient fait des \u00e9tudes. Us \u00e9taient all\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Je crois m\u00eame que l\u2019un d\u2019entre eux \u00e9tait all\u00e9 au coll\u00e8ge. Il \u00e9tait dipl\u00f4m\u00e9 de \u00ab\u00a0balaillogie\u00a0\u00bb. (Rires).<\/p>\n<p>Lorsque la vie est devenue difficile, et que l\u2019on a manqu\u00e9 d\u2019hommes, alors, ils nous ont laiss\u00e9 entrer \u00e0 l\u2019usine. Sans que nous ayons fait le moindre effort. Sans aucun r\u00e9veil moral soudain. Ils avaient besoin de nous. Ils avaient besoin de main-d\u2019\u0153uvre, de toutes sortes d\u2019ouvriers. Et lorsque la situation devint d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e et que le besoin se fit sentir, ils ouvrirent tout grand les portes de l\u2019usine et nous firent entrer.<\/p>\n<p>Alors, nous avons appris \u00e0 faire fonctionner les machines, lorsqu\u2019ils avaient besoin de nous. Ils firent entrer nos femmes ainsi que nos hommes. Comme nous commencions \u00e0 faire marcher les machines, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 gagner plus d\u2019argent. Comme nous gagnions plus d\u2019argent, nous pouvions vivre dans un meilleur quartier. Comme nous avions chang\u00e9 de quartier, nous allions dans une \u00e9cole un peu meilleure. Comme nous \u00e9tions dans une \u00e9cole un peu meilleure, nous voulions recevoir un enseignement un peu meilleur, et nous nous trouvions dans de meilleures dispositions pour trouver un emploi un peu meilleur.<\/p>\n<p>Ceci ne provenait pas d\u2019un changement d\u2019inclination de leur part. Ceci ne correspondait \u00e0 un r\u00e9veil soudain de leur conscience morale. C\u2019\u00e9tait Hitler. C\u2019\u00e9tait Tojo. C\u2019\u00e9tait Staline. Oui, c\u2019\u00e9tait la pression de l\u2019ext\u00e9rieur, mondiale, qui nous donnait cette possibilit\u00e9 de faire quelques pas en avant.<\/p>\n<p>Pourquoi ne nous autoris\u00e8rent-ils pas \u00e0 nous engager dans l\u2019arm\u00e9e, d\u00e8s le d\u00e9but ? Ils nous avaient si mal trait\u00e9s, ils avaient peur qu\u2019en nous pla\u00e7ant dans l\u2019arm\u00e9e, en nous donnant un fusil et en nous montrant comment l\u2019utiliser (rires)\u2026 ils avaient peur de ne pas avoir \u00e0 nous dire sur quoi tirer ! (Rires et applaudissements).<\/p>\n<p>Ils n\u2019auraient probablement pas eu \u00e0 le faire. C\u2019\u00e9tait leur conscience. Je fais remarquer cela pour insister sur le fait que ce n\u2019est pas un changement d\u2019inclination de la part d\u2019Oncle Sam qui permit \u00e0 certains d\u2019entre nous de faire quelques pas en avant. C\u2019\u00e9tait la pression mondiale. C\u2019\u00e9tait la menace qui provenait de l\u2019ext\u00e9rieure, le danger venant de l\u2019ext\u00e9rieur qui provoqua\u2026 qui occupa son esprit et qui l\u2019obligea \u00e0 nous autoriser, \u00e0 vous et \u00e0 moi, de nous lever un peu plus. Ce n\u2019est pas parce qu\u2019il voulait que nous levions. Ce n\u2019est pas parce que qu\u2019il voulait que nous avancions. Mais parce qu\u2019il \u00e9tait forc\u00e9 de le faire.<br \/>\nUne fois que vous analysez correctement ces \u00e9l\u00e9ments qui ont ouvert les portes, m\u00eame si elles le furent de force, quand vous consid\u00e9rez leur nature, vous comprendrez mieux votre situation, aujourd\u2019hui. Et vous comprendrez mieux la strat\u00e9gie que vous devez suivre aujourd\u2019hui. tout mouvement vers la libert\u00e9 du peuple Noir, s\u2019il est limit\u00e9 \u00e0 la seule Am\u00e9rique, est vou\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chec. (Applaudissements).<br \/>\nAussi longtemps que votre probl\u00e8me ne sera de port\u00e9e am\u00e9ricaine, vos seuls alli\u00e9s seront les Am\u00e9ricains. Aussi longtemps qu\u2019il para\u00eetra sous la d\u00e9nomination de droits civiques, il demeurera un probl\u00e8me int\u00e9rieur d\u00e9pendant de la juridiction du gouvernement des \u00c9tats-Unis. Le gouvernement des \u00c9tats-Unis est constitu\u00e9 de s\u00e9gr\u00e9gationnistes et de racistes. Les hommes les plus puissants du gouvernement sont-ils racistes. (\u2026).<br \/>\nMaintenant, qu\u2019allons-nous faire ? Comment allons-nous trouver justice avec un Congr\u00e8s qu\u2019ils contr\u00f4lent, un s\u00e9nat qu\u2019ils contr\u00f4lent, une Maison Blanche qu\u2019ils contr\u00f4lent une Cour Supr\u00eame qu\u2019ils contr\u00f4lent ?<\/p>\n<p>Regardez cette d\u00e9cision d\u00e9plorable rendue par la Cour Supr\u00eame. Mes fr\u00e8res, regardez donc ! Ne savez-vous pas que ces messieurs de la Cour Supr\u00eame sont pass\u00e9s ma\u00eetres dans l\u2019art du juridique\u2026 pas uniquement du droit, mais de la phras\u00e9ologie juridique. Ils sont devenus si bons ma\u00eetres en l\u2019art du langage juridique, qu\u2019ils ont pu sans difficult\u00e9 rendre un d\u00e9cret sur la d\u00e9s\u00e9gr\u00e9gation scolaire, et en termes si bien choisis que personne n\u2019aurait pu le contourner. Ils ont propos\u00e9 cette chose tourn\u00e9e de si belle mani\u00e8re, que dix ann\u00e9es plus tard, on y trouve toutes sortes de vides. Ils savaient tr\u00e8s bien ce qu\u2019ils faisaient. Il feignent de vous donner quelque chose, tout en sachant \u00e0 chaque fois que vous ne pourrez jamais l\u2019utiliser.<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, ils ont d\u00e9pos\u00e9 un projet de loi sur les Droits Civiques \u00e0 grand renfort de publicit\u00e9, un peu partout dans le monde, comme si cela devait nous conduire \u00e0 la Terre Promise de l\u2019int\u00e9gration. Oh oui ! La semaine derni\u00e8re, le Bon R\u00e9v\u00e9rend Martin Luther King est sorti de prison et s\u2019est rendu \u00e0 Washington D.C., disant qu\u2019il demanderait chaque jour une nouvelle loi sur la protection du droit de vote des Noirs en Alabama. Pourquoi ? Vous venez \u00e0 peine d\u2019obtenir une loi. Vous venez \u00e0 peine d\u2019obtenir le projet de loi sur les Droits Civiques. Vous voulez dire que cette loi dont les m\u00e9rites furent si longtemps vant\u00e9s, ne donne m\u00eame pas suffisamment de pouvoir au gouvernement f\u00e9d\u00e9ral pour prot\u00e9ger les Noirs d\u2019Alabama qui n\u2019ont qu\u2019un seul d\u00e9sir, celui de s\u2019inscrire sur les listes \u00e9lectorales ? Pourquoi cette autre ruse infecte, parce qu\u2019ils\u2026 nous ont eu par la ruse, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e. une autre ruse infecte. (Applaudissements).<\/p>\n<p>Donc, depuis nous voyons\u2026 je ne veux pas que vous pensiez que je professe la haine. J\u2019aime tous ceux qui m\u2019aiment. (Rires). Mais je peux vous assurer que je n\u2019aime pas ceux qui ne m\u2019aiment pas. (Rires).<\/p>\n<p>Donc, depuis que nous avons compris ce subterfuge, cette supercherie, cette manipulation\u2026 non seulement au niveau f\u00e9d\u00e9ral, mais national, local, \u00e0 tous les niveaux. La jeune g\u00e9n\u00e9ration de Noirs qui arrive peut voir qu\u2019aussi longtemps que nous attendrons le Congr\u00e8s, le S\u00e9nat, la Cour Supr\u00eame ou le Pr\u00e9sident pour r\u00e9soudre nos probl\u00e8mes, nous serons rel\u00e9gu\u00e9s \u00e0 \u00eatre serviteurs pendant encore mille ans. Or, ces temps sont r\u00e9volus.<\/p>\n<p>Depuis la proposition du projet de loi sur les Droits Civiques\u2026 j\u2019ai vu des diplomates africains aux Nations-Unies exprimer haut et fort leur indignation contre l\u2019injustice perp\u00e9tr\u00e9e contre les Noirs au Mozambique, en Angola, au Congo et en Afrique du Sud et je me suis demand\u00e9 comment et pourquoi ils pouvaient rentrer \u00e0 leur h\u00f4tel, allumer la t\u00e9l\u00e9vision et voir des chiens mordre des Noirs, juste au coin de la rue, des policiers saccager des magasins de Noirs \u00e0 coups de matraques, juste au coin de la rue, et diriger vers les Noirs leurs lances \u00e0 eau de pression si forte que leurs v\u00eatements s\u2019en trouvaient mis en pi\u00e8ces, juste au bas de la rue. Je me demandais comment ils pouvaient dire tout ce qu\u2019ils disaient sur ce qui se passait en Angola, au Mozambique et ailleurs, voir ce qui se passait juste au coin de la rue, et montrer \u00e0 la tribune des Nations-Unies sans rien permettrait un r\u00e8glement de la situation, avant qu\u2019elle ne devienne en dire explosive et incontr\u00f4lable. Je vous remercie. (Applaudissement).<br \/>\nJe suis donc all\u00e9 en discuter avec certains d\u2019entre eux. Ils (Traduit par Pascale About).<\/p>\n<p>m\u2019ont alors dit qu\u2019aussi longtemps que le Noir d\u2019Am\u00e9rique appellerait sa lutte, une lutte pour les Droits Civiques\u2026 que dans le contexte des Droits Civiques, cela resterait int\u00e9rieur et demeurerait partie int\u00e9grante de la juridiction des \u00c9tats-Unis. Et que, si quiconque se permettait d\u2019\u00e9mettre le moindre commentaire \u00e0 ce sujet, il serait consid\u00e9r\u00e9 comme une violation des lois et des r\u00e8gles du protocole. La diff\u00e9rence avec les autres est qu\u2019ils ne consid\u00e8rent pas leurs revendication comme des revendications concernant les Droits Civiques, mais les Droits de l\u2019Homme. Les Droits Civiques appartiennent \u00e0 la juridiction de leur pays, tandis que les Droits de l\u2019Homme font partie de la Charte des Nations Unies.<\/p>\n<p>Toutes les nations qui ont sign\u00e9 la Charte des Nation-Unies, ont vot\u00e9 la D\u00e9claration des Droits de l\u2019Homme et quiconque consid\u00e8re ses revendications comme \u00e9tant une violation des Droits de l\u2019Homme, peut les porter devant les Nations-Unies et les faire ainsi porter \u00e0 la connaissance du Monde. Car, aussi longtemps que vous les consid\u00e9rez comme Droits Civiques, vos seuls alli\u00e9s seront les membres de la communaut\u00e9 avoisinante, dont la plupart sont responsables de l\u2019injustice caus\u00e9e. Mais d\u00e8s lors que vous les consid\u00e9rerez comme Droits de l\u2019Homme, leur port\u00e9e deviendra internationale et vous pourrez les porter devant la Cour Mondiale. Vous pourrez les porter \u00e0 la connaissance du Monde. Et chacun, partout sur cette terre, pourra devenir votre alli\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019une des premi\u00e8res dispositions que nous ayons prise, pour ceux d\u2019entre nous qui ont rejoint l\u2019Organisation de l\u2019Unit\u00e9 Afro-am\u00e9ricaine, \u00e9tait de pr\u00e9senter un programme qui donnerait \u00e0 nos revendications une port\u00e9e internationale et qui montrerait au monde que notre probl\u00e8me n\u2019est plus un probl\u00e8me Noir, ou un probl\u00e8me am\u00e9ricain, mais un probl\u00e8me humain. Un probl\u00e8me qui concerne l\u2019humanit\u00e9. Et un probl\u00e8me qui devrait concerner tous les aspects de l\u2019humanit\u00e9. Un probl\u00e8me si complexe pour l\u2019Oncle Sam, qu\u2019il lui fut impossible de le r\u00e9soudre. En cons\u00e9quence, nous aimerions cr\u00e9er un corps et entrer en consultation avec ceux dont la position nous aiderait \u00e0 trouver une forme d\u2019ajustement qui permettrait un r\u00e8glement de la situation, avant qu\u2019elle ne devienne explosive et incontr\u00f4lable. Je vous remercie.\u00a0\u00bb (Applaudissement).<\/p>\n<p>(Traduit par Pascal About)<\/p>\n<p>SOURCE :\u00a0<a href=\"http:\/\/multitudes.samizdat.net\/La-violence-de-la-fraternite.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Multitudes<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 16 f\u00e9vrier 1965, Malcolm X, l\u2019un des plus grands militants et activistes afro-am\u00e9ricain, livrait ce qui sera son dernier discours. Cinq jours plus tard, il fut assassin\u00e9 \u00e0 Harlem. Ce dernier discours fut prononc\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9glise m\u00e9thodiste de Corn Hill Rochester de New York. 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