Le nouveau livre de Ludo De Witte dévoile une vérité longtemps occultée sur les crimes de la Belgique et des Etats-Unis qui ont permis, après l’assassinat atroce de Patrice Lumumba (premier ministre élu), d’installer la dictature personnelle de Joseph Mobutu. Tabou ? Apparemment, cinquante ans plus tard, certains milieux belges ne digèrent toujours pas la critique du (néo)colonialisme ! De Witte répond ici au récent article de Marie-France Cros dans le quotidien belge La Libre qui tente d’excuser la Belgique.
Tariq Ramadan-second Dreyfus
L’affaire Tariq Ramadan: une autre « affaire Dreyfus »?/Tariq Ramadan-second Dreyfus Affair of France?
Feb 19, 2018 — (*English below)
L’AFFAIRE TARIQ RAMADAN: UNE AUTRE « AFFAIRE DREYFUS »?
Par Saliha Tuna
En décembre 1894, avec la montée de l’antisémitisme politique en France, le capitaine, officier juif de l’armée française, avait été injustement condamné pour haute trahison et condamné à la prison à vie par le tribunal militaire français.
Alors que ses rangs militaires et ses armes étaient dépouillés en présence d’une foule antisémite scandant « la mort aux Juifs » devant la célèbre Ecole Militaire de Paris, l’Affaire Dreyfus est entrée dans l’histoire comme le précurseur des crimes horribles commis contre la population juive de France sous le régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le prétendu crime dont était accusé Dreyfus était de communiquer des secrets militaires français à l’ambassade d’Allemagne à Paris, et était basé sur quelques notes manuscrites trouvées dans la corbeille à papier de l’ambassade d’Allemagne.
Peu de temps après la condamnation de Dreyfus par le tribunal militaire français, de nouvelles preuves ont montré que l’écriture manuscrite sur les notes appartenait en réalité à un autre officier majeur de l’armée française, Ferdinand Esterhazy.
Néanmoins, les éléments de preuve ont été étouffés par certains des officiers de haut rang de l’armée et de la justice françaises, pour « sauver l’honneur de l’armée française et la stabilité politique de la France » et Dreyfus a été condamné une deuxième fois, cette fois basée sur des documents supplémentaires nouvellement fabriqués.
À lire un extrait de L’Empire de la révolution de M. Renault
Lire l’ Introduction : « Lénine décolonial » de Matthieu Renault à son ouvrage
Chapitre 5 – Traduire la révolution en Orient
Fouad Belkacem et la ségrégation en Belgique
Fouad Belkacem et la ségrégation en Belgique
par Luk Vervaet 13 février 2018
![]() Manifestation en France contre la déchéance de la nationalité |
Il a fait part de ses regrets. Il a reconnu qu’il avait été trop loin. Il a dit qu’il se sentait belge et qu’il voulait rester en Belgique car il n’a plus de liens avec le Maroc. L’histoire de sa famille en Belgique remonte à 50 ans. C‘est ainsi que l’avocate de Fouad Belkacem a résumé les propos de son client après l’audience à huis clos devant la Cour constitutionnelle en janvier 2018. Notons en passant que c’était la première fois de son histoire, lutte antiterroriste oblige, que la Cour constitutionnelle n’examinait pas un dossier en audience publique.
Il y a quelques années, le père de Fouad Belkacem avait déjà plaidé pour son fils dans les journaux : « Moi-même, je suis un immigré marocain dont la famille est venue en Belgique. Notre famille est ici depuis très longtemps. Déchoir Fouad de sa nationalité n’est pas acceptable. Il est belge. Il est né à Reet (tout près d’Anvers), et ça se trouve en Belgique que je sache. Tous les garçons de son âge sont belges. »[1]
Tout cela n’a pas empêché la Cour constitutionnelle, début février 2018, de juger qu’il n’y a « pas d’objections légales » à une déchéance de la nationalité belge de Fouad Belkacem. Maintenant ce sera à la Cour d’appel d‘Anvers de prendre la décision.
La condamnation à douze ans de prison ferme, 30.000 euros d’amende, la déchéance de tous ses droits pour dix ans, tout cela ne suffit pas…
De « Patria o muerte » à « Allahou Akbar », le manifeste décolonial d’Houria Bouteldja
De « Patria o muerte » à « Allahou Akbar », le manifeste décolonial d’Houria Bouteldja
Préface de l’édition en espagnol du livre de Houria Bouteldja « Les Blancs, les Juifs et Nous : Vers une politique de l’Amour Révolutionnaire » (Akal, Barcelone, 2017)
« Écoute, Blanc ! », ici tu trouveras les clés de ta propre décolonisation et de ta libération du piège dans lequel t’a pris la civilisation capitaliste, impérialiste, patriarcale, occidentalocentrée, christianocentrée, moderne, coloniale, et l’auteure de ce livre te fait une proposition « amoureuse » indispensable (si tu veux vraiment sortir des guerres et de l’enfer où nous nous trouvons). Bien qu’il s’agisse d’un texte écrit dans le contexte français, il présente des leçons implacables pour les espaces métropolitains impérialistes ou pour les espaces périphériques néocolonialistes où la suprématie blanche s’est matérialisée. Si la modernité occidentale comme projet civilisationnel produit des privilèges pour les Blancs métropolitains –tandis qu’elle génère en même temps des génocides, des épistémicides, des écocides et de la mort pour le reste des vies (humaines et non humaines) sur la planète-, Houria Bouteldja se demande : « (…) qu’offrir aux Blancs en échange de leur déclin et des guerres qu’il annonce ? Une seule réponse : la paix, un seul moyen : l’amour révolutionnaire. Les lignes qui suivent ne sont qu’une énième tentative –sûrement désespérée- de susciter cet espoir ».
Belgique et racisme d’Etat : illustration par le cas Kimyongur
Jean Bricmont, sur le mur Facebook duquel je suis tombé sur l’article du Soir, ne le dit évidemment pas (il en est incapable) mais cette histoire est une illustration supplémentaire flagrante de ce dont certains s’obstinent à nier l’existence, alors que d’autres souhaitent poursuivre ceux et celles qui en parlent et le combattent : le racisme d’État.
Ramadan, justice patriarcale, justice raciste
Ramadan, justice patriarcale, justice raciste
Post facebook de Houria Bouteldja
Oui à une sévérité exemplaire contre le viol
Non au traitement raciste de Tariq Ramadan
En tant que femme, j’exige que le viol soit sévèrement puni quel que soit l’auteur du crime, Blanc ou Noir.
En tant que femme indigène, j’exige la même répression contre tous les auteurs de viol, Blancs ou Noirs.
Rationalité, Islam et décolonisation chez Maxime Rodinson
Le savant et le militant. Rationalité, Islam et décolonisation chez Maxime Rodinson
Selim Nadi
Intellectuel hors-norme Maxime Rodinson est surtout connu pour sa magistrale étude Islam et capitalisme (1966) et a également eu une intense activité militante, notamment au sein du Parti Communiste Français, dont il fit partie de 1937 à 1958. Dans cet article, Selim Nadi revient sur les rapports entre activité scientifique et engagement politique chez Rodinson à travers son analyse des possibilités tactiques et stratégiques qu’offrait l’Islam dans les luttes anticoloniales. De la lutte de libération nationale algérienne au dialogue de Rodinson avec Edward Said, en passant par la Révolution iranienne de 1979, cet article se propose de revenir sur les défis auxquels a dû faire face Rodinson dans son effort pour penser et accompagner les processus révolutionnaires dans les pays musulmans.
« […] j’ai toujours perçu une certaine contradiction entre l’engagement politique et la rationalité. […] L’expérience et l’âge aidant, je me suis rendu compte que plus on avance dans le militantisme, plus on s’aperçoit, à chaque instant, des irrationalités qu’entraîne sa pratique courante. »
Maxime Rodinson, Entre Islam et Occident. Entretiens avec Gérard D. Khoury
Rencontre avec Maïté Lonne
Maïté Lonne fait partie des 76.000 personnes touchées en Belgique par l’incarcération d’un proche. Elle rend visite à son petit ami en prison pour la première fois il y a cinq ans.
Maïté a écrit un livre qui raconte son expérience (Une fenêtre entre deux murs – Éditions du Rapois) : sans caricature ni tabou, elle veut alerter sur le sort des familles de détenu, parfois égarées et souvent sans repère.
Notes contre la prison
Notes contre la prison
Antonin Bernanos
La prison demeure un impensé des mouvements d’émancipation, notamment en France. Il s’agit pourtant, par la force des choses, d’un maillon essentiel du capitalisme autoritaire qui progresse de jour en jour, mais aussi de la recomposition des classes subalternes à l’heure du néolibéralisme. C’est ce constat que dresse Antonin Bernanos, militant antifasciste et incarcéré dans le cadre de l’affaire de la voiture brûlée du Quai de Valmy. À partir d’un contexte de répression accrue du mouvement social et depuis son expérience de détention, Bernanos invite les luttes sociales à mieux comprendre le rôle de la prison dans le moment actuel, pour agir de façon décisive en se liant aux franges les plus durement touchées du prolétariat par l’incarcération de masse.


