2001-2026, vingt-cinq ans de « guerre mondiale contre le terrorisme », le nouveau nom du colonialisme occidental

– mars 14, 2026

De l’Afghanistan à l’Iran, de Guantanamo à Maduro. Pas de fin en vue ?

Ce qui s’est passé en 2001 relève de la préhistoire pour un jeune d’aujourd’hui, âgé de vingt ou trente ans. On ne peut pas en vouloir aux jeunes : ils ont déjà assez de mal à gérer la situation actuelle et le flot d’informations qui les submerge. Nos dirigeants leur ont également appris que les guerres à l’étranger – qu’ils appellent généralement des « conflits » – dans lesquelles l’Occident impérialiste est directement ou indirectement impliqué, ne doivent surtout pas être importées chez nous ; le prix de l’essence à la pompe et la sécurité du retour de nos touristes depuis les zones de guerre, voilà ce qui, pour nos médias, doit retenir notre attention. Pour le reste, nous ne pouvons rien y faire de toute façon.

Qui parle encore de la guerre contre l’Afghanistan qui a commencé il y a vingt-cinq ans, de la guerre contre l’Irak qui a suivi, chacune ayant fait des centaines de milliers de morts ? Ou de l’ouverture du camp de Guantanamo, depuis 2002 le nom du camp de prisonniers le plus tristement célèbre au monde…

Tout cela est oublié et enterré sous une couche de béton.

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Front mondial contre le néofascisme et l’impérialisme : 565 personnalités et 900 activistes de 100 pays font front commun

Nous recueillons encore des signatures pour que l’appel prenne le plus d’ampleur possible. Si vous connaissez des élu·es ou des personnes impliquées/ayant des responsabilités dans les mouvements sociaux ou dans des organisations politiques, nous vous invitons à leur proposer de se joindre à l’appel.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Front mondial contre le néofascisme et l’impérialisme : 565 personnalités et 900 activistes de 100 pays font front commun

PORTO ALEGRE / INTERNATIONAL – Le 19 février 2026 – La mobilisation contre l’internationale réactionnaire franchit un palier historique. Un mois après un premier appel retentissant lancé par le CADTM, une seconde vague de 335 personnalités rejoint l’initiative, portant à 565 le nombre total de personnalités signataires issus d’une centaine de pays. S’y ajoutent plus de 900 signatures d’activistes et de citoyen-nes motivé-es.

Ce front mondial unit parlementaires, syndicalistes, activistes et intellectuel-les autour d’un constat d’urgence : la lutte contre l’extrême droite est indissociable de la lutte contre les agressions impérialistes.

Un diagnostic sans concession : l’internationale de la haine

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Réaction de Bruxelles Panthères aux propos de Rima Hassan

À celles et ceux qui nous interpellent, nous attaquent, nous caricaturent,
à celles et ceux qui voudraient transformer la critique en blasphème politique,
à celles et ceux qui exigent l’alignement automatique plutôt que la pensée autonome, À celles et ceux qui nous interpellent, nous jugent, nous somment de nous taire,

Cette lettre est volontairement longue. Parce que le moment l’exige. Parce que le bruit médiatique écrase la nuance. Parce que les procès d’intention remplacent trop vite l’analyse. Parce que notre parole a été commentée, déformée, instrumentalisée — mais rarement lue avec rigueur.

La tempête déclenchée par la réaction de Bruxelles Panthères aux propos de Rima Hassan n’est pas un accident. Elle est un test. Un test de loyauté exigée. Un test d’alignement. Un test d’obéissance symbolique. Et surtout, un test de hiérarchie : qui a le droit de critiquer qui — et depuis quelle position raciale, politique et spirituelle.

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Comment la diplomatie européenne a été grippée par des fonctionnaires « très conciliants » avec Israël

Pendant deux ans, l’UE s’est révélée impuissante à sanctionner Israël pour les violations du droit international à Gaza. Les divisions entre États membres en sont la cause première. Mais, au sein du service diplomatique européen, des hauts fonctionnaires freinaient toute initiative « défavorable à Israël ».

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Témoignage de visite au 127 bis de Steenokkerzeel

(31 octobre 2025)
 
J’ai été sollicité, il y a quelques jours, pour rendre visite à un jeune exilé palestinien détenu depuis un mois au centre fermé de Steenokkerzeel (127 bis), après avoir été arrêté à la sortie d’un rassemblement en soutien à la Palestine sur la place de la Bourse, en plein centre de Bruxelles. Cette demande m’a explicitement été adressée en tant que chercheur en sciences sociales travaillant sur les dispositifs (anti-)migratoires. La visite visait à documenter non seulement son parcours et les raisons de son arrestation, mais aussi les conditions concrètes de détention dans l’un des espaces centraux de la politique de contrôle des étrangers en Belgique.

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Ma mère est plus écolo que vos COP!

Par Nordine Saïdi

Dans le cadre de l’université d’été du QG décolonial qui avait pour thème Penser le pouvoir et l’hégémonie avec Fanon et Gamsci, Nordine Saïdi participait à une plénière intitulée «Dérèglement climatique ou la vengeance des ancêtres: que peut l’écologie décoloniale ?». À cette occasion, il livrait le texte qui suit afin de recadrer les débats entourant les luttes environnementales ou écologiques. Il contribue à identifier les divisions de classe et les divisions raciales afin de mieux les surmonter dans une perspective de lutte. – CMB

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 La Belgique face à l’interception criminelle de la flottille Global Sumud »

Nous n’accepterons plus !

 La Belgique face à l’interception criminelle de la flottille Global Sumud »

Nous, organisations, collectifs et citoyen·ne·s antiracistes et décoloniaux, adressons ce communiqué à la population belge, aux responsables politiques et aux institutions diplomatiques nationales. Nous nous exprimons aujourd’hui non pas comme des observateur·rice·s lointain·e·s mais comme des acteurs et actrices politiques solidaires des vies humaines menacées à Gaza, et des citoyen·ne·s belges présent·e·s sur la flottille Global Sumud. Ce qui se joue en mer aujourd’hui — l’interception, le harcèlement, la privation de secours humanitaire — n’est pas un simple épisode militaire : c’est l’illustration tragique d’une politique de blocus et de déni qui porte atteinte à la dignité, à la vie et au droit international.

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SANS-PAPIERS : au croisement des logiques xénophobes et capitalistes – Youri Vertongen

Youri Lou Vertongen est docteur en Sciences politiques. Il a mené une longue recherche sur les mouvements sans-papiers à Bruxelles, en Belgique. Joël Girès de l’Observatoire des inégalités l’interviewe pour discuter de ses analyses et retracer l’histoire des politiques migratoires belges dans ce troisième épisode de Contrechamp.

Youri Vertongen explique à quel point la politique migratoire est structurée par une xénophobie d’État.

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De la mer aux campus : la Palestine nous libère ! Nouvelles depuis le Royaume de Belgique.

Le campus de l’Université libre de Bruxelles est à nouveau secoué par les mouvements de solidarité pour la Palestine et contre le génocide à Gaza1. La Faculté de droit et de criminologie, a décidé, à la suite d’un vote, de nommer sa promotion Rima Hassan. Ce choix n’a pas laissé indifférente la classe politique et institutionnelle, de l’extrême droite à ce qu’on pourrait encore appeler le centre-gauche, révélant une fois de plus le continuum réactionnaire omniprésent depuis trois ans. Car il faut le dire clairement : la Belgique est un État complice du génocide à Gaza. Ses accords militaires, sécuritaires et économiques avec Israël — qu’il s’agisse des contrats d’armement, de la coopération policière ou de la technologie sécuritaire — nourrissent directement l’occupation et le massacre. Ce n’est pas une complicité abstraite : c’est une complicité matérielle, inscrite dans les décisions des gouvernements successifs, dans le silence complice des partis, et dans les institutions universitaires elles-mêmes, liées à des entreprises actives dans la colonisation.

C’est là que se révèle la réalité du racisme d’État et de la suprématie blanche institutionnelle qui structurent la société belge : des universités aux rédactions, des tribunaux aux parlements. Le débat autour du nom de la promotion Rima Hassan agit comme un miroir grossissant de ce système. Quoi qu’en disent celles et ceux qui aboient avec les maîtres — de la presse nationale aux profils Facebook de personnalités médiatiques — ce choix fait événement et illustre encore une fois « ce que la Palestine nous fait ».

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Le devoir de solidarité implique une lutte pour l’annulation intégrale de la dette du Tiers Monde

Mise en perspective des relations Nord/Sud — Les fondements d’une solidarité entre citoyen-ne-s

par Ernest Mandel

Nous publions une interview d’Ernest Mandel (1923-1995), militant marxiste, connu notamment pour ses travaux économiques et pour ses analyses politiques. Ernest Mandel a soutenu dès le départ la création du CADTM et a participé comme conférencier aux premiers grands rassemblements internationaux organisés par celui-ci à Bruxelles en 1991 (aux côtés de Hugo Blanco, Susan George, René Dumont et Gilles Perrault) et en 1993 (aux côtés d’Abraham Serfaty, Susan George, Nawaal El Saadawi et Michel Chossudovsky). L’interview qui date de 1991 se termine par la nécessité d’agir pour l’annulation de la dette du Tiers Monde et pour l’émancipation des peuples du Sud. Dans cette contribution, Ernest Mandel met en perspective historique les relations Nord Sud en utilisant la grille d’analyse marxiste, il en vient à la question des mécanismes de drainage des richesses du Sud vers le Nord (le remboursement de la dette du Tiers Monde comme l’échange inégal) et argumente en faveur de la solidarité entre travailleurs du Sud et du Nord. L’énorme intérêt de l’apport d’Ernest Mandel au travers de ce texte est la mise en évidence du cadre historique global dans lequel s’insèrent des combats comme celui de l’annulation de la dette du Tiers Monde.

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