Fanon, Malcolm X et la révolte de la jeunesse bruxelloise

Par tous les moyens nécessaires

Fanon, Malcolm X et la révolte de la jeunesse bruxelloise

Nordine Saïdi — Octobre 2026

« Le monde colonial est un monde manichéiste. Il ne suffit pas au colon de limiter physiquement, c’est-à-dire à l’aide de sa police et de sa gendarmerie, l’espace du colonisé. Comme pour illustrer le caractère totalitaire de l’exploitation coloniale, le colon fait du colonisé une sorte de quintessence du mal. »¹

Frantz Fanon

Nous ne condamnerons pas

On connaît le rituel. À chaque révolte de la jeunesse des quartiers, on nous tend le micro et on attend la phrase : « Nous condamnons toutes les violences. » Le ministre la prononce, le bourgmestre aussi, et même certains de nos responsables associatifs, pressés de prouver qu’ils sont fréquentables. La phrase sert de laissez-passer. Qui refuse de la dire est aussitôt suspect.

Nous ne la dirons pas.

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Haren, l’usine du mépris

Par Luk Vervaet
Ma contribution au recueil « La prison humiliante – récits croisés d’une surpopulation indigne », diffusé il y a quelques jours par le Conseil Central de Surveillance Pénitentiaire. 
Ce recueil  rassemble une quarantaine de voix autour de la question « Quels visages l’humiliation prend-elle lorsque la surpopulation devient le quotidien de la prison ? ». 

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Se souvenir du Black Panther Party

L’année 2026 marque le soixantième anniversaire de l’apparition de l’expression « Black Power », forgée par Kwame Ture, né Stokely Carmichael (1941-1998), ainsi que de la fondation du Black Panther Party à Oakland (Californie) en octobre 1966. Six décennies plus tard, la vision antiraciste et anticapitaliste, antifasciste et internationaliste des Black Panthers continue d’éclairer les luttes contemporaines contre la violence policière, le racisme structurel et l’ordre capitaliste. Tel était déjà l’argument de l’universitaire Robert Greene II dans ce texte paru il y a dix ans, à l’occasion du jubilé du mouvement.

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Adèle, « Moi aussi j’ai pris une décision : je vais parler. »

Avant de publier l’appel qui suit, Bruxelles Panthères a pris le temps de le soumettre à plusieurs médias bruxellois et nationaux — Le Soir, La Libre, Le Vif, ainsi qu’à d’autres rédactions et interlocuteurs de la presse. À ce stade, ces démarches sont restées sans réponse.

Nous ne voulons pas tirer de conclusion hâtive de ces silences. Mais nous considérons néanmoins qu’ils méritent d’être constatés, particulièrement lorsqu’il s’agit d’une affaire qui touche à la fois aux libertés publiques, au monde culturel, au débat démocratique et à la question du traitement médiatique de certaines voix.

C’est précisément parce que l’espace médiatique semble, pour l’instant, ne pas s’être saisi de cette affaire que Bruxelles Panthères choisit de rendre public l’appel ci-dessous concernant Adèle Hanaele.

Cet appel rassemble déjà plus d’une cinquantaine de premières signatures issues de milieux artistiques, culturels, universitaires et militants, et continue à recueillir de nouveaux soutiens.

Parmi les premières personnes signataires figurent notamment Isabelle Stengers (philosophe), Riccardo Petrella (professeur émérite de l’Université de Louvain), Marco Martiniello (sociologue), Jacinthe Mazzocchetti (anthropologue et autrice), Saïd Bouamama (sociologue et militant du FUIQP), Eyal Sivan (cinéaste et essayiste), David Murgia (comédien, auteur et metteur en scène), Joëlle Sambi (autrice, poétesse, slameuse et réalisatrice), Rokia Bamba (DJ, compositrice et animatrice radio) et Mohamed Ouachen (artiste interprète et réalisateur).

La diversité de ces premières signatures est significative : elle montre que cet appel ne relève pas d’un seul milieu professionnel, d’un seul courant politique ou d’un cercle militant restreint. Il fait d’ores et déjà écho auprès de personnes issues de la culture, de la recherche, du monde artistique et de différents espaces de mobilisation.

Bruxelles Panthères considère donc qu’il est temps que cette parole puisse circuler publiquement. Non pas pour demander aux médias de penser à notre place, mais pour leur rappeler qu’il existe, derrière cette affaire, des questions qui concernent l’ensemble de la société : qui est entendu, qui est rendu visible, quelles paroles trouvent une place dans l’espace public et lesquelles restent confinées au silence.

Voici donc l’appel.

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Comité P : 35 ans et toujours pas de dents !

À l’occasion de ses 35 ans d’existence il est intéressant de se pencher sur cette institution dont le fonctionnement complexe est généralement méconnu mais surtout dont la mission s’éloigne sans aucun doute des attentes du public et parfois de la présentation qui en est faite par les médias.

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VIOLENCES RACISTES : LA POLICE D’ASSE EN ACCUSATION

Le 5 août, une intervention policière dans la commune flamande d’Asse (à 17 km de Bruxelles) a fait cinq blessés. Deux membres d’une même famille belgo-congolaise et trois agents de police. Dans une vidéo Instagram, on peut voir « Maman Sylvie », le visage ensanglanté, menottée, se faire violemment jetée dans un combi aux pieds de son fils, déjà arrêté et menotté. La mère, son fils, Jonathan, et sa fille, Dettyne, dénoncent des violences policières à caractère négrophobe. Leur avocat, Me Jolan Goutier, a déposé une plainte auprès du Parquet de Halle-Vilvorde. De son côté, le Parquet réfute tout racisme et fait peser sur la famille afro-descendante un comportement «agressif» envers les policiers…

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La rupture suicidaire d’Israël avec les États-Unis

Israël se retourne contre son dernier allié important dans un élan d’orgueil suicidaire.

Israël sabote les négociations avec l’Iran et s’aliène son dernier allié important en refusant de mettre fin à ses attaques contre le Liban et de se retirer du sud du pays qu’il occupe. Il est déterminé à raviver un brasier régional qui pourrait conduire l’Iran à fermer définitivement le détroit d’Ormuz et plonger l’économie mondiale dans une dépression planétaire. Et il poursuit son génocide à Gaza.

Israël est gangrené par le racisme et la violence génocidaire. Il est aveuglé par une supériorité morale répugnante. Il est corrompu par une classe de milliardaires sionistes aux États-Unis qui utilisent leur fortune pour orienter la politique étrangère au service des intérêts israéliens. Il dispose d’un arsenal nucléaire que les responsables israéliens ont menacé à plusieurs reprises d’utiliser.

C’est une menace pour la région. C’est une menace pour lui-même. Et c’est une menace pour nous.

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Terroristes par essence

Par Edward W. Said

En 1986, Edward Said rend compte d’un ouvrage sur le terrorisme que vient de faire paraître un certain Benjamin Netanyahou, ambassadeur d’Israël aux Nations unies. L’intellectuel palestinien constate que cette notion fait perdre la tête à la classe politique, aux journalistes et aux universitaires, qui, dès qu’il en est question, abandonnent les principes rationnels les plus élémentaires pour s’ébattre gaiement dans les eaux boueuses du racisme. Déjà, le terroriste, c’est l’Arabe, c’est le musulman… Moyen commode d’escamoter les crimes commis par Israël et les États-Unis, et qui, quarante ans après la rédaction de cet article, semble, hélas, plus inusable que jamais.

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Retour sur les politiques anti-immigration – 28

De Belfast à Washington, un scénario familier du « migrant dangereux » a émergé
Retour sur les politiques anti-immigration – 28

Tout commence généralement par une agression violente. Ensuite, la vidéo de l’incident circule rapidement sur Internet, incitant les gens à y voir non seulement un crime isolé, mais aussi une histoire plus large concernant des étrangers perçus comme dangereux.

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Des hommes contre du charbon » : l’accord conclu il y a 80 ans entre la Belgique et l’Italie

« Des hommes contre du charbon » : l’accord conclu il y a 80 ans entre la Belgique et l’Italie a profondément marqué l’histoire du Limbourg

Le 23 juin 1946, la Belgique et l’Italie signaient un accord historique qui allait conduire quelque 50.000 travailleurs immigrés italiens à venir s’installer en Belgique, pour travailler dans nos mines de charbon. Cet accord, conclu, il y a 80 ans, a profondément transformé la province du Limbourg. La communauté italienne y est devenue un élément incontournable de l’identité régionale. Même si l’histoire de cette communauté n’a pas toujours été un long fleuve tranquille.

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