Une économie entière au service d’un génocide. C’est ce que dénonce la rapporteure spéciale de l’ONU sur les Territoires occupés. Dans un nouveau rapport, Francesca Albanese décrit la façon dont l’économie israélienne utilise le massacre à Gaza pour faire des profits. Profits réalisés aussi par bon nombre d’entreprises étrangères, accusées de complicité.
Comment Tintin échappa à l’épuration
Lors du dernier Festival de Cannes, le réalisateur Peter Jackson a annoncé être à pied d’œuvre pour écrire une nouvelle adaptation cinématographique des aventures de Tintin. Quinze ans après l’interprétation par Steven Spielberg du « Secret de la Licorne » qui avait proposé au public une trépidante et régressive cavalcade pimpée par la technologie 3D, le reporter globe-trotter dessiné par Hergé continue de fasciner foules et réalisateurs. On peut lui préférer le passionnant ouvrage du journaliste Sébastien Bourdon, « Tintin au pays des fascistes », qui livre un remarquable travail de clarification critique, en retraçant le parcours du dessinateur dans l’Occupation, mais surtout le rôle de ses accointances et influences fascistes dans la genèse des albums. Norman Ajari en propose ici une recension.
Adèle, « Moi aussi j’ai pris une décision : je vais parler. »
Avant de publier l’appel qui suit, Bruxelles Panthères a pris le temps de le soumettre à plusieurs médias bruxellois et nationaux — Le Soir, La Libre, Le Vif, ainsi qu’à d’autres rédactions et interlocuteurs de la presse. À ce stade, ces démarches sont restées sans réponse.
Nous ne voulons pas tirer de conclusion hâtive de ces silences. Mais nous considérons néanmoins qu’ils méritent d’être constatés, particulièrement lorsqu’il s’agit d’une affaire qui touche à la fois aux libertés publiques, au monde culturel, au débat démocratique et à la question du traitement médiatique de certaines voix.
C’est précisément parce que l’espace médiatique semble, pour l’instant, ne pas s’être saisi de cette affaire que Bruxelles Panthères choisit de rendre public l’appel ci-dessous concernant Adèle Hanaele.
Cet appel rassemble déjà plus d’une cinquantaine de premières signatures issues de milieux artistiques, culturels, universitaires et militants, et continue à recueillir de nouveaux soutiens.
Parmi les premières personnes signataires figurent notamment Isabelle Stengers (philosophe), Riccardo Petrella (professeur émérite de l’Université de Louvain), Marco Martiniello (sociologue), Jacinthe Mazzocchetti (anthropologue et autrice), Saïd Bouamama (sociologue et militant du FUIQP), Eyal Sivan (cinéaste et essayiste), David Murgia (comédien, auteur et metteur en scène), Joëlle Sambi (autrice, poétesse, slameuse et réalisatrice), Rokia Bamba (DJ, compositrice et animatrice radio) et Mohamed Ouachen (artiste interprète et réalisateur).
La diversité de ces premières signatures est significative : elle montre que cet appel ne relève pas d’un seul milieu professionnel, d’un seul courant politique ou d’un cercle militant restreint. Il fait d’ores et déjà écho auprès de personnes issues de la culture, de la recherche, du monde artistique et de différents espaces de mobilisation.
Bruxelles Panthères considère donc qu’il est temps que cette parole puisse circuler publiquement. Non pas pour demander aux médias de penser à notre place, mais pour leur rappeler qu’il existe, derrière cette affaire, des questions qui concernent l’ensemble de la société : qui est entendu, qui est rendu visible, quelles paroles trouvent une place dans l’espace public et lesquelles restent confinées au silence.
Voici donc l’appel.
Les deux racismes qui ont assassiné Jason Arday
Le chercheur en sociologie de l’éducation Jason Arday s’est donné la mort le 14 aout 2026, quelques jours après sa démission de son poste de professeur à l’université de Cambridge. Cette tragédie fait suite à des semaines de harcèlement médiatique motivé par le racisme. Il y a deux coupables. Le premier est un puissant réseau économique, politique et académique qui cherche à réhabiliter une négrophobie scientifique. Le second est le cynisme des universitaires progressistes qui instrumentalisent les personnalités noires.
Alice Seeley Harris, montrer les horreurs de la colonisation belge au Congo
Témoin des exactions commises par le régime du roi des Belges sur les ramasseurs de caoutchouc, la missionnaire britannique se munit d’un petit appareil photo pour documenter les meurtres et mutilations. L’ampleur du scandale alla jusqu’à ébranler Léopold II.
Comité P : 35 ans et toujours pas de dents !
À l’occasion de ses 35 ans d’existence il est intéressant de se pencher sur cette institution dont le fonctionnement complexe est généralement méconnu mais surtout dont la mission s’éloigne sans aucun doute des attentes du public et parfois de la présentation qui en est faite par les médias.
Ceuta : les frontières militarisées de l’Europe tuent
Le CADTM international suit avec une profonde indignation et une immense tristesse la tragédie qui s’est déroulée fin juillet et début août 2026 à la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta. En quelques jours, des dizaines de milliers de personnes — les estimations vont de 60 000 à 80 000 selon les sources — ont tenté de franchir la frontière, dans le mouvement de traversée le plus massif jamais enregistré en ce lieu. Le bilan humain est lourd et continue de s’aggraver : les autorités espagnoles ont fait état d’au moins 72 morts confirmés au 2 août, un chiffre porté à 88 selon la morgue de Ceuta, tandis que le ministère marocain de l’Intérieur n’en reconnaissait officiellement que 11. Selon l’Association marocaine des droits humains (AMDH), le bilan de la tragédie dépasse 140 morts, atteignant 141 victimes selon son dernier décompte. Les autorités marocaines n’en reconnaissaient officiellement que 11, principalement décédées par noyade, un écart considérable qui alimente les demandes d’enquête indépendante et de transparence sur le nombre réel des victimes. Cet écart vertigineux entre les bilans dit à lui seul le mépris dans lequel sont tenues ces vies humaines par les appareils d’État des deux rives.
Vingt ans de combat contre la politique migratoire de l’Union européenne
Claire Rodier - Gisti, Migreurop
EN IMAGES : Le caricaturiste palestinien Naji al-Ali, père de Handala, assassiné il y a 39 ans
Le meurtre de Naji al-Ali, connu pour son personnage énigmatique Handala, demeure un mystère des décennies plus tard, malgré les soupçons qui pèsent sur le Mossad israélien et des rivaux palestiniens
La mort d’Yves Sakila : Anatomie des gestes assassins
Sociologue
Alors que l’Assemblée nationale vient d’entériner la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, la question du danger perçu devient centrale. La mort d’Yves Sakila à Dublin, plaqué au sol pour un vol mineur, en offre un contrepoint saisissant : comment un corps gémissant, à bout de souffle, reste-t-il perçu comme menaçant ? La réponse est moins dans la force exercée que dans les affects qui, en amont, orientent le regard.