Le CADTM international suit avec une profonde indignation et une immense tristesse la tragédie qui s’est déroulée fin juillet et début août 2026 à la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta. En quelques jours, des dizaines de milliers de personnes — les estimations vont de 60 000 à 80 000 selon les sources — ont tenté de franchir la frontière, dans le mouvement de traversée le plus massif jamais enregistré en ce lieu. Le bilan humain est lourd et continue de s’aggraver : les autorités espagnoles ont fait état d’au moins 72 morts confirmés au 2 août, un chiffre porté à 88 selon la morgue de Ceuta, tandis que le ministère marocain de l’Intérieur n’en reconnaissait officiellement que 11. Selon l’Association marocaine des droits humains (AMDH), le bilan de la tragédie dépasse 140 morts, atteignant 141 victimes selon son dernier décompte. Les autorités marocaines n’en reconnaissaient officiellement que 11, principalement décédées par noyade, un écart considérable qui alimente les demandes d’enquête indépendante et de transparence sur le nombre réel des victimes. Cet écart vertigineux entre les bilans dit à lui seul le mépris dans lequel sont tenues ces vies humaines par les appareils d’État des deux rives.
Vingt ans de combat contre la politique migratoire de l’Union européenne
Claire Rodier - Gisti, Migreurop
La mort d’Yves Sakila : Anatomie des gestes assassins
Sociologue
Alors que l’Assemblée nationale vient d’entériner la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, la question du danger perçu devient centrale. La mort d’Yves Sakila à Dublin, plaqué au sol pour un vol mineur, en offre un contrepoint saisissant : comment un corps gémissant, à bout de souffle, reste-t-il perçu comme menaçant ? La réponse est moins dans la force exercée que dans les affects qui, en amont, orientent le regard.
VIOLENCES RACISTES : LA POLICE D’ASSE EN ACCUSATION
La rupture suicidaire d’Israël avec les États-Unis
Israël se retourne contre son dernier allié important dans un élan d’orgueil suicidaire.
Israël sabote les négociations avec l’Iran et s’aliène son dernier allié important en refusant de mettre fin à ses attaques contre le Liban et de se retirer du sud du pays qu’il occupe. Il est déterminé à raviver un brasier régional qui pourrait conduire l’Iran à fermer définitivement le détroit d’Ormuz et plonger l’économie mondiale dans une dépression planétaire. Et il poursuit son génocide à Gaza.
Israël est gangrené par le racisme et la violence génocidaire. Il est aveuglé par une supériorité morale répugnante. Il est corrompu par une classe de milliardaires sionistes aux États-Unis qui utilisent leur fortune pour orienter la politique étrangère au service des intérêts israéliens. Il dispose d’un arsenal nucléaire que les responsables israéliens ont menacé à plusieurs reprises d’utiliser.
C’est une menace pour la région. C’est une menace pour lui-même. Et c’est une menace pour nous.
Terroristes par essence
Par Edward W. Said
En 1986, Edward Said rend compte d’un ouvrage sur le terrorisme que vient de faire paraître un certain Benjamin Netanyahou, ambassadeur d’Israël aux Nations unies. L’intellectuel palestinien constate que cette notion fait perdre la tête à la classe politique, aux journalistes et aux universitaires, qui, dès qu’il en est question, abandonnent les principes rationnels les plus élémentaires pour s’ébattre gaiement dans les eaux boueuses du racisme. Déjà, le terroriste, c’est l’Arabe, c’est le musulman… Moyen commode d’escamoter les crimes commis par Israël et les États-Unis, et qui, quarante ans après la rédaction de cet article, semble, hélas, plus inusable que jamais.
Retour sur les politiques anti-immigration – 28
Tout commence généralement par une agression violente. Ensuite, la vidéo de l’incident circule rapidement sur Internet, incitant les gens à y voir non seulement un crime isolé, mais aussi une histoire plus large concernant des étrangers perçus comme dangereux.
Des hommes contre du charbon » : l’accord conclu il y a 80 ans entre la Belgique et l’Italie
« Des hommes contre du charbon » : l’accord conclu il y a 80 ans entre la Belgique et l’Italie a profondément marqué l’histoire du Limbourg
Le 23 juin 1946, la Belgique et l’Italie signaient un accord historique qui allait conduire quelque 50.000 travailleurs immigrés italiens à venir s’installer en Belgique, pour travailler dans nos mines de charbon. Cet accord, conclu, il y a 80 ans, a profondément transformé la province du Limbourg. La communauté italienne y est devenue un élément incontournable de l’identité régionale. Même si l’histoire de cette communauté n’a pas toujours été un long fleuve tranquille.
Retour sur dix ans de lutte contre la mégaprison de Haren et la catastrophe carcérale en Belgique
Le « Masterplan »: « Make our prisons great again »
Tout commence il y a une vingtaine d’années.
Les prisons débordent, avec environ dix mille détenus, soit un excédent de 1 500 personnes par rapport au nombre de places disponibles, dans des établissements souvent délabrés. (1) Des dizaines d’évasions, parfois spectaculaires comme à Termonde (28 !) ou en hélicoptère depuis les prisons d’Ittre et de Bruges. Des révoltes partout. Tout cela contraint le gouvernement à intervenir.
Par Luk Vervaet
Ces « terroristes » britanniques qui soutiennent la Palestine
En juin 2026, la Cour d’appel britannique a confirmé l’interdiction de Palestine Action et plusieurs militants ont été condamnés au titre d’une « connexion terroriste ». Les acquittements obtenus devant certains jurys et les hésitations d’une partie de la magistrature avaient un temps empêché que la volonté du pouvoir ne se transforme en doctrine. Cette parenthèse s’est refermée. Au Royaume-Uni, les mécanismes d’exception forgés au nom de la « guerre contre le terrorisme » constituent désormais l’ordinaire du traitement politique de la question palestinienne. Le projet de loi sur les « menaces contre l’État », actuellement débattu au Parlement, entend déjà étendre cette logique au droit de manifester et aux libertés publiques.