ON NE PEUT PAS ÊTRE DÉCOLONIAL SANS ÊTRE ANTI-IMPÉRIALISTE.
CONVERSATION AVEC RAMÓN GROSFOGUEL
ON NE PEUT PAS ÊTRE DÉCOLONIAL SANS ÊTRE ANTI-IMPÉRIALISTE.
CONVERSATION AVEC RAMÓN GROSFOGUEL
“Je me suis relevé dans l’orage” est un poème issu du témoignage d’un étudiant congolais qui vivait en Ukraine lorsque la guerre a éclaté (travail avec l’organisation Change Asbl). Le poème relate la discrimination dont il a fait preuve en Ukraine, et continue de faire preuve en Belgique. A l’heure où l’on voit une discrimination de traitement des réfugiés sur la base de l’origine, ce texte a pour vocation d’être connu et diffusé.
Jonathan Nguyen
« L’enfant qui n’est pas embrassé par le village, le brûlera pour en sentir la chaleur », dit un proverbe africain. Les jeunes noirs et arabes des quartiers de France sont-ils embrassés voire aimés ? La réponse semble négative dans les chef des Autorités comme dans une large partie de la population française. Une détestation et un mépris racistes croissant, annonciateur d’autres crimes policiers et d’autres révoltes… Depuis onze ans, Amal Bentounsi n’a cessé d’alerter sur la dangerosité des violences policières et dénoncé, dès 2017, le vote de la loi qui a « légalisé » l’exécution de Nahel. Entretien avec la fondatrice et porte-parole du collectif Urgence notre police assassine.
L’armée israélienne a mené pendant 48 heures à Jénine son opération militaire la plus étendue depuis la deuxième intifada, avec aviation et chars, jetant sur les routes plus de 3 000 Palestiniens. Pourtant, cette guerre ne suscite que peu de réactions internationales, contrairement à la mobilisation permanente en faveur des Ukrainiens. Ce double standard mine le discours sur l’universalité du droit international.
Françoise Verges est politologue et militante féministe décoloniale. Elle soutient officiellement les Soulèvements de la Terre et a écrit le chapitre « État toujours colonial » dans le livre On ne dissout pas un Soulèvement (Seuil, 2023).
Par Lucas Catherine, Martin Rosenfeld, Matthias Förster
Il s’agit d’enfourcher votre vélo et de partir à vélo à la découverte des trésors de l’Art nouveau dispersés le long de l’ancien parcours du tram qui reliait le centre-ville à l’exposition coloniale de Tervuren. Les pavillons de l’exposition de 1897 ont été l’une des premières occasions de faire découvrir au grand public l’audace et la finesse d’artistes tels que Paul Hankar ou Philippe Wolfers. Mais il s’agissait aussi d’un projet délibéré de promotion du projet colonial et des matières premières exploitées au Congo. Pour explorer par vous-même toutes ces imbrications entre naissance de l’Art nouveau et promotion du projet colonial, il vous suffit d’imprimer la carte et de suivre les explications le long du parcours.
Cette intervention a été présentée par Houria Bouteldja une première fois à l’université de Yale (Etats-Unis), le 6 avril 2023 et une deuxième fois, le 18 mai 2023, à Montréal dans le cadre de la « Grande Transition », conférence internationale organisée par Historical Materialism. Elle est proposée ici dans sa dernière version.
Le naufrage du 14 juin en mer Ionienne est venu s’ajouter à la longue série noire de tragédies similaires dont une partie seulement bénéficie de couverture médiatique, ou même d’un quelconque signalement. Avec sans doute plus de 650 morts (104 survivants sur un total de 750 à 800 personnes à bord), ce naufrage est d’ores et déjà le second plus meurtrier jamais enregistré en Méditerranée, après celui du 19 avril 2015 (plus de 900 morts) au large des côtes libyennes mais dépassant la « tragédie de Lampedusa » d’octobre 2013 (366 corps retrouvés).
par Véronique Clette-Gakuba
En mobilisant Debora Silverman et d’autres travaux de la littérature anglo-saxonne, cet article nous aide à comprendre comment nous sommes profondément affectés par une « esthétique de la Noirceur » produisant un amalgame fantasmagorique entre les corps noirs et les régions supposées sauvages du monde. Une esthétique qui influença profondément l’Art nouveau, mais également le rapport racialisé aux populations noires.
À l’occasion de la parution de son livre La Dimension coloniale de l’Art nouveau (Kunst met de K van Kongo) [1], Lucas Catherine se prête au jeu de l’interview et revient sur le long travail historique, et parfois plus personnel, l’ayant amené à devenir l’un des spécialistes du Congo.