Appel contre l’apartheid lancé par des syndicats palestiniens

Palestine occupée, 10 avril 2023 – Le mouvement syndical mondial, qui a joué un rôle clé et a été une grande source d’inspiration dans son engagement en faveur des droits des travailleurs et des droits de la personne en général, a fait preuve d’une solidarité de principe avec les opprimés du monde entier, en adoptant des sanctions concrètes et novatrices contre les régimes oppressifs, sous l’égide des travailleurs.

La destruction systématique de l’économie palestinienne par Israël, les lois discriminatoires et racistes et les restrictions à la liberté de circulation et d’association ont un impact significatif sur les droits et les conditions de travail des travailleurs palestiniens.

Inspirée par la solidarité massive des travailleurs avec la lutte qui a mis fin à l’apartheid en Afrique du Sud et avec la lutte palestinienne en cours pour la liberté, la justice et l’égalité, et

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Contre le particularisme des dominants, pour l’universalité insurgée

Dans son livre Le Malentendu. Race, classe et identité, Asad Haider propose une critique des politiques de l’identité et avance des perspectives pour penser un antiracisme politique et radical. Avec l’aimable autorisation des éditions Amsterdam, nous mettons à disposition un extrait du chapitre 6, où il discute le problème de l’universalisme, réfutant la fausse alternative entre un universalisme d’en haut, uniformisant et paternaliste d’un côté, et un particularisme de l’identité qui enferme les subalternes dans un statut de victimeSe réclamant de l’héritage de la Révolution haïtienne et de la Déclaration des droits de l’homme de 1793, il défend ainsi la piste de l’universalité insurgée, partant des combats singuliers mais visant la libération de tou-tes.

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L’État-nation comme pivot de l’impérialisme

Ce texte est tiré d’une intervention faite lors de l’inauguration de l’Ecole Décoloniale, le 6 octobre 2019 , à La Colonie.

On m’a demandé aujourd’hui de parler de « l’État-nation comme pivot de l’impérialisme », vaste programme. La question de l’État, de son rôle et de sa place dans l’impérialisme contemporain est essentielle à toute politique décoloniale. La question sous-jacente porte en quelque sorte, et pour paraphraser Claude Serfati[1] sur le rapport entre les dynamiques « économiques et géopolitiques. » Si l’on suit la fameuse phrase de Rosa Luxemburg, dans le 31e chapitre de L’accumulation du capital, selon laquelle « [l]’impérialisme est l’expression politique du processus de l’accumulation capitaliste se manifestant par la concurrence entre les capitalismes nationaux », alors il est évident que le rôle des États doit être central dans toute analyse décoloniale. Cependant, l’impérialisme contemporain n’est, bien évidemment, plus configuré de la même manière qu’à l’époque de Luxemburg. Certains théoriciens de l’impérialisme expliquent par exemple que la domination impérialiste ne repose plus principalement sur les États-nations. On pourrait, en effet, arguer que la transnationalisation toujours plus grande du capital sape la centralité des États-nations dans l’impérialisme contemporain – ce qui n’efface pas leur rôle pour autant. Afin de ne pas traiter de ce sujet de manière trop vague et superficielle, je vais m’attarder sur un cas bien précis (un cas d’école de transnationalisation du capital) : celui de l’Union européenne (UE).

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Les sanctions et l’évolution de l’ordre mondial : quelques perspectives depuis le Sud global

Ce texte a été initialement publié sur le site « Developing Economics », qui nous a aimablement autorisé à le traduire.

Farwa Sial est chercheuse à l’Université de Manchester (Grande-Bretagne). Ses recherches portent sur le développement, dans une perspective comparative, la politique industrielle, les entreprises, la géographie économique et l’évolution du paysage de l’aide au développement. On peut la suivre sur Twitter : @FarwaSial.

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POUR LA RÉGULARISATION DES PERSONNES SANS-PAPIERS

MANIFESTATION NATIONALE

5 mars – 14h00 – Départ Gare du Nord

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA COORDINATION DES SANSPAPIERS DE BELGIQUE

La politique d’asile et migration belge : rien que du laisser mourir

 Bruxelles | 

Les personnes sans-papiers ont traversé l’année 2022 avec une boule à la gorge. Elles sont vraiment assommées, car depuis 2014, rien n’a été décidé pour leur intégration dans l’Etat de droit belge. En effet, voilà déjà une décennie qu’elles continuent à toujours être la crise oubliée en Belgique. Mêmes les médias belges se refusent d’étaler leurs réalités de vie. Ils attendent toujours les actions de désespoir de ces personnes déjà très vulnérables pour essayer de parler d’elles. Installées de façon préméditée dans un trou noir, dans l’invisibilité totale, les personnes sans-papiers n’ont bénéficié d’aucun regard bienveillant des différents gouvernements qui se sont succédés. Comme d’accoutumée, à l’aube de cette nouvelle année, aucune entité d’Etat ne leur a formulé des vœux de bonheur. Les responsables politiques belges ignorent que « le bonheur est la seule chose qui se double si on le partage ».

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LIVRE-EXAMEN : UNE THÉORIE CONTRACTUALISTE DE LA DOMINATION RACIALE

Par Gàbor TVERDOTA

Compte-rendu de l’ouvrage de Charles W. Mills, Le contrat racial, traduit de l’anglais (États-Unis) par Aly Ndiaye alias Webster, Montréal (Québec), 2023, 204 pp.

Qu’est-ce qui explique la persistance et l’ubiquité du racisme dans les sociétés occidentales contemporaines, réputées libres et démocratiques ? Comment se fait-il que des États qui se veulent fondés sur des principes universels de justice tolèrent, voire organisent l’oppression des minorités ethniques et raciales ? Pourquoi ces dernières se trouvent-elles systématiquement désavantagées en termes de distribution des richesses, des opportunités et de qualité de vie ? Dans son ouvrage classique Le contrat racial (1998), le philosophe jamaïcain et états-unien Charles W. Mills (1951-2021) répond à ces questions en s’emparant de la notion centrale de la philosophie politique libérale moderne : le contrat social, dont il démontre le caractère implicite de contrat de domination – en l’espèce, d’un contrat racial tacite visant à établir la supériorité des Européens et de leurs descendants sur les peuples colonisés, esclavagisés ou dominés.

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Entretiens avec Houria Bouteldja.

Samedi 4 mars

Houria Bouteldja à Bruxelles

Rencontre organisée par la librairie Météores et Bruxelles Panthères avec Houria Bouteldja, autrice de Beaufs et barbaressamedi 4 mars 2023 à 19h au Pianocktail (304, rue Haute, 1000 Bruxelles).

https://fb.me/e/2i4zRRhfs

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De la profondeur de l’islamophobie d’État en Belgique.

Sourour

Vous imaginez qu’on interdise à une famille chrétienne, surtout si elle est blanche, de choisir l’église dans laquelle elle souhaite que se déroulent les funérailles d’une fille, d’une mère, d’une sœur ?

Vous imaginez qu’on interdise à une famille juive de choisir la synagogue dans laquelle elle souhaite que se déroulent les funérailles d’une fille, d’une mère, d’une sœur ?

Vous imaginez qu’on oblige une famille dont le défunt souhaitait être incinéré à le faire enterrer ?

Vous imaginez qu’on oblige une famille dont le défunt souhaitait être enterré à le faire incinérer ?

La réponse à toutes ses questions est, sans doute, « non ».

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Du Nord au Sud de la planète : Les répudiations de dettes de la fin du XVIII au XXIe siècle

Le présent texte montre qu’il est parfaitement possible de répudier des dettes qui sont considérées comme illégitimes ou odieuses sans que cela entraîne durablement des conséquences néfastes, au contraire. L’idée selon laquelle un pays qui répudie une dette sera boycotté par les prêteurs est infirmée par la réalité.

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Extrait du livre  «Planter du blanc » de Saïd Bouamama

Nous avons le plaisir de publier en exclusivité un extrait du livre  «Planter du blanc » de Saïd Bouamama

Au nom de quoi la France possède-t-elle toujours, en 2019, et en violant ostensiblement certaines résolutions de l’ONU, des territoires en Amérique latine, au large de Madagascar et en plein Océan pacifique ? Comment s’y prennent nos gouvernements pour endiguer, le plus discrètement possible, les velléités indépendantistes des populations ultra-marines ? Pourquoi huit pays africains utilisent-ils encore une monnaie portant le nom de l’ancien occupant, le franc CFA ? En quoi la philosophie des Lumières peut-elle s’avérer le corolaire, et non le remède, de discriminations raciales ? Dans « Planter du Blanc ». Chroniques du (néo)colonialisme français (Syllepse, 2019), un livre incroyablement documenté sur le plan historique et factuel, le sociologue Saïd Bouamama apporte des réponses édifiantes.

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