Adèle, « Moi aussi j’ai pris une décision : je vais parler. »

Avant de publier l’appel qui suit, Bruxelles Panthères a pris le temps de le soumettre à plusieurs médias bruxellois et nationaux — Le Soir, La Libre, Le Vif, ainsi qu’à d’autres rédactions et interlocuteurs de la presse. À ce stade, ces démarches sont restées sans réponse.

Nous ne voulons pas tirer de conclusion hâtive de ces silences. Mais nous considérons néanmoins qu’ils méritent d’être constatés, particulièrement lorsqu’il s’agit d’une affaire qui touche à la fois aux libertés publiques, au monde culturel, au débat démocratique et à la question du traitement médiatique de certaines voix.

C’est précisément parce que l’espace médiatique semble, pour l’instant, ne pas s’être saisi de cette affaire que Bruxelles Panthères choisit de rendre public l’appel ci-dessous concernant Adèle Hanaele.

Cet appel rassemble déjà plus d’une cinquantaine de premières signatures issues de milieux artistiques, culturels, universitaires et militants, et continue à recueillir de nouveaux soutiens.

Parmi les premières personnes signataires figurent notamment Isabelle Stengers (philosophe), Riccardo Petrella (professeur émérite de l’Université de Louvain), Marco Martiniello (sociologue), Jacinthe Mazzocchetti (anthropologue et autrice), Saïd Bouamama (sociologue et militant du FUIQP), Eyal Sivan (cinéaste et essayiste), David Murgia (comédien, auteur et metteur en scène), Joëlle Sambi (autrice, poétesse, slameuse et réalisatrice), Rokia Bamba (DJ, compositrice et animatrice radio) et Mohamed Ouachen (artiste interprète et réalisateur).

La diversité de ces premières signatures est significative : elle montre que cet appel ne relève pas d’un seul milieu professionnel, d’un seul courant politique ou d’un cercle militant restreint. Il fait d’ores et déjà écho auprès de personnes issues de la culture, de la recherche, du monde artistique et de différents espaces de mobilisation.

Bruxelles Panthères considère donc qu’il est temps que cette parole puisse circuler publiquement. Non pas pour demander aux médias de penser à notre place, mais pour leur rappeler qu’il existe, derrière cette affaire, des questions qui concernent l’ensemble de la société : qui est entendu, qui est rendu visible, quelles paroles trouvent une place dans l’espace public et lesquelles restent confinées au silence.

Voici donc l’appel.

Adèle, tu as parlé.

Tu as dit : « Moi aussi j’ai pris une décision : je vais parler. »
Et tu as parlé.
Tu as dit ce que beaucoup savent, voient, ressentent, mais que trop de gens continuent à avoir peur de dire publiquement :
« L’État d’Israël commet un génocide en Palestine, et la France est complice. N’acceptez pas l’inacceptable. Alors sanctionnez Israël, et libérez la Palestine. »
Nous avons entendu ta parole.
Et surtout, nous avons entendu ta peur.
Parce que nous aussi, nous avons peur.
Nous avons peur des conséquences.
Nous avons peur des insultes, des campagnes, des intimidations, des pressions professionnelles.
Nous avons peur de perdre des espaces, des relations, des opportunités.
Nous avons peur de ce que cette parole peut coûter.
Mais nous sommes fatigués d’avoir peur.
Fatigués de calculer chaque mot.
Fatigués de nous demander qui va se fâcher, qui va nous retirer son soutien, qui va nous fermer une porte, qui va nous traiter d’extrémistes, d’antisémites, de dangereux, simplement parce que nous refusons de fermer les yeux sur ce qui se passe en Palestine.
Nous sommes fatigués de cette injonction permanente au silence.
Alors oui, nous allons parler.
Nous allons continuer à parler de Palestine.
Nous allons parler du génocide.
De la complicité des États.
De la responsabilité de nos gouvernements.
De celles et ceux qui arment, financent, protègent et normalisent.
Nous allons parler des Palestiniens, de leur dignité, de leur droit à vivre, à être libres, à revenir chez eux.
Et nous allons parler malgré la peur.
Pas parce que nous sommes courageux en permanence.
Mais parce qu’à un moment donné, se taire devient plus insupportable que les conséquences de la parole.
Adèle, merci d’avoir utilisé ta voix.
Merci de ne pas avoir attendu de ne plus avoir peur pour parler.
Parce que nous non plus, nous ne voulons plus attendre.
Nous avons peur.
Mais nous allons parler.
Et nous continuerons à parler.
Pour la Palestine.
Pour Gaza.
Pour celles et ceux qui n’ont plus de voix parce qu’on les a tués.
Pour celles et ceux qui continuent de vivre sous les bombes.
Et pour celles et ceux qui, ici, refusent encore de détourner le regard.
La peur ne doit pas devenir notre silence.
Alors, nous aussi, nous avons pris une décision.
Nous allons parler.
Vous souhaitez signer l’appel ? Envoyez simplement votre nom et votre qualité à bruxelles.pantheres@gmail.com , ou répondez-moi directement ici.
Signataires : 
  • Mohamed Ouachen, artiste interprète et réalisateur
  • Mohamed Salim Haouach, acteur, auteur et directeur artistique
  • Vincent Liben, auteur compositeur interprète
  • Léa Drouet, metteure en scène
  • Marie-aurore Dawans, metteuse en scène
  • David Murgia, comédien, auteur et metteur en scène
  • Julie Jaroszewski, chanteuse et comédienne
  • François Makanga, acteur, activiste culturel et guide-conférencier décolonial
  • Maïa Chauvier,  actrice, slameuse, poétesse
  • Tom Lyon, artiste visuel
  • Pauline Vanden Neste, artiste visuelle
  • Aliette Griz, auteure
  • Chems Bakkali, auteure
  • Dema CNN,artiste graffiti & calligraphe
  • Joëlle Sambi, auteure, poétesse, slameuse et réalisatrice
  • Code Rouge, rappeur
  • Adeline Rosenstein, metteuse en scène
  • Pauline Fonsny, réalisatrice
  • Tom Adjibi, acteur, réalisateur
  • Julie Rens, musicienne
  • Françoise Stuyck, artiste
  • Alexandra Dols, autrice, réalisatrice et performeuse
  • Rokia Bamba, DJ, compositrice et animatrice radio
  • Thomas Prédour, acteur
  • Boris Lamérand, violoniste et compositeur
  • Jean Luc Bansard, artisan du théâtre du Tiroir Laval 53
  • Jérôme Branders – directeur / Programmateur – cinéma aventure
  • Elettra Bisogno, réalisatrice
  • Pénélope Gratacos, musicienne
  • Gioia Frolli (Joy Slam), artiste
  • Ismaël Allem, poète hip hop
  • Achille, rappeur et poète bruxellois
  • Noldo Warnu, Atomes d’Intifada
  • Lisa Da Boit, chorégraphe
  • Jeanne Dailler, metteure en scène et comédienne
  • Nadjim Bigou-Fathi, designer, artiste visuel et performeur
  • Othmane Moumen, comédien, auteur, pédagogue
  • Sébastien Hendrickx, dramaturge/rédacteur/critique de théâtre
  • Ava Carrère, autrice-compositrice interprète
  • Cecilia Guypen , réalisatrice
  • Raphaëlle Bruneau, comédienne
  • Eyal Sivan, producteur, cinéaste et essayiste
  • Lazza Gio, artiste pluridisciplinaire
  • Ayoh Kré Duchâtelet, auteur, artiste, enseignant, doctorant, designer
  • Bernadette Marthelot, administratrice de production
  • Geneviève Voisin,  actrice, compositrice, auteur, clown
  • Marlier Micheyle , formatrice, féministe, anticolonialiste et responsable associative
  • Isabelle Stengers, philosophe
  • Riccardo Petrella, Professeur émérite de l’Université de Louvain
  • Michel Gevers, professeur émérite UCLouvain
  • Maryam Kolly, sociologue UCLouvain – Saint-Louis
  • Véronique Clette-Gakuba, sociologue à l’ULB et UMONS
  • David Jamar, sociologue UMons
  • Marco Martiniello, sociologue
  • Laurent De Wangen, enseignant.
  • Jacinthe Mazzocchetti, anthropologue et autrice
  • Marie Pascale Chevance Bertín, psychanalyste
  • Bouregba Myriam , sociologue retraitée
  • Didier Lestrade, journaliste, écrivain, fondateur d’Act Up-Paris
  • Tsouria Berbar, biologiste retraitée INSERM
  • Jean-Paul Chardon, pédopsychiatre
  • Houria Bouteldja, membre du QG décolonial et Paroles d’honneur
  • Youssef Boussoumah, membre du QG décolonial et Paroles d’honneur
  • Mouhad Reghif, Bruxelles Panthères
  • Gilbert Simiand,  Union Juive Française pour la Paix ( UJFP )  et LFI
  • Albert Achten, retraité Membre de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)
  • Dr. Christophe Oberlin, médecin spécialiste en microchirurgie
  • André Rosevègue, conférencier gesticulateur (UJFP)
  • Elena Aoun, professeure et chercheure, UCLouvain
  • Gérard Gerdil-Margueron, professeur
  • Colette Burdairon, retraitée de la profession d’infirmière
  • Olivia Zémor, militante, ex journaliste
  • Marie-Noëlle Colson, retraitée
  • Saïd Bouamama, sociologue et militant du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP)
  • Elias Preszow, membre de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique ( UPJB )
  • Dominique Verhaeren, militante, collectif #avectoigaza
  • Jean-Guy Greilsamer, militant de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)
  • Ouardia Derriche, retraitée du service public, militante associative
  • Mohamed Guellati, metteur en scène, auteur, interprète
  • Abder Chafi, syndicaliste
  • Bideli Sebatasi, Reggae Ride
  • Cécile Fontaine, comédienne, ile de La Réunion
  • Marie-Rose Vella, réalisatrice et intervenante artistique en milieu scolaire et associatif.
  • July Robert : autrice et traductrice
  • Valérie Bousquet, retraitée, membre de l’UJFP
  • Sara Selma Dolorès, clown
  • Gérard Couchoud, Professeur retraité, membre de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix)
  • Anaïs Carton, réalisatrice radiophonique
  • Béatrice Orès, porte-parole Union juive française pour la paix et co-autrice « Antisionisme, une histoire juive »
  • Jocelyne Rajnchapel-Messaï, membre de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix)
  • Ariane d’Hoop, anthropologue UCLouvain & ULiège
  • Nordine Saïdi, Bruxelles Panthères et Mouvement Citoyen Palestine
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1 commentaire sur « Adèle, « Moi aussi j’ai pris une décision : je vais parler. » »

  1. Merci Adèle d’avoir été la porte parole de celles et ceux qui n’avaient pas droit à la parole, de celles et ceux qui ont peur
    Bravo pour ton courage

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