1998-2018 : résistances actives et collectives contre le durcissement des politiques migratoires
rue de la Victoire 26 Overwinningstraat
1060 Saint-Gilles
La liberté, la justice et l'égalité, par tous les moyens nécessaires ! Malcolm X
Le porte-parole du groupe « Les Bruxelles Panthères » était l’invité de Christophe Giltay, dans le RTLInfo 18h sur Bel RTL. Il explique pourquoi il a réclamé l’annulation de la « sortie des nègres » à la Ducasse de Deux-Acren.

Bruxelles 12 septembre 2018
Monsieur le ministre,
Je vous écris à l’occasion de la rentrée scolaire. C’est aussi une année d’élections qui s’annonce. Mais encore une année de nouveaux débats sur la prison de Haren et la politique pénale à mener dans le futur.
Ce mois de septembre 2018, cela fera dix ans que je ne peux pas reprendre mon travail en tant qu’enseignant dans les prisons belges. Ni rendre visite à un détenu dans aucune prison. Un interdit professionnel imposé en 2008 et maintenu jusqu’à ce jour, en dépit des décisions de justice. Par cette lettre, je vous demande de lever ce bannissement illégal.
Un rappel des faits.
Ce mois sera consacré aux commémorations des 20 ans du meurtre de Semira Adamu. Expo, débats, concerts, rencontres, théâtre, projections, manifestations, séminaires, actions …
A l’heure où la Belgique enferme des familles, où s’annonce l’évacuation forcée du Parc Maximilien, la création au 127 bis d’un « centre administratif national pour la transmigration, la transformation du Petit Château en « centre d’enregistrement » ( l’Echo, 5 sept), où les personnes sans-papiers désespèrent d’obtenir une régularisation et où les morts s’accumulent devant et dans nos frontières, nous sommes persuadés que les revendications de l’appel « Semira Adamu 2018 » sont
plus que nécessaires.
Pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, n’hésitez pas à signer cet appel
via le site internet www.semiraadamu2018.be
Des Héréros et Namas à Lusinga (Allemagne-Namibie, Belgique-Congo)
Dans Se défendre. Une Philosophie de la violence, Elsa Dorlin ouvre son histoire des éthiques martiales avec le récit du passage à tabac de Rodney King par des policiers en mars 1991. Rodney King, jeune chauffeur de taxi afro-américain est arrêté sur une autoroute de Los Angeles pour excès de vitesse. Il est « tasé » par les policiers alors qu’il est à terre, frappé à coup de matraque lorsqu’il essaie de se relever pour se protéger, laissé inconscient, ligoté au sol, crâne et mâchoire fracturées en plusieurs endroits, visage en partie lacéré, cheville cassée… une vidéo amateur de la scène provoque un scandale dans le monde entier. Un an plus tard, l’acquittement des policiers déclenche six jours d’émeutes à Los Angeles.
Par ce prologue Dorlin nous invite à une réflexion sur les conditions qui ont rendu possible pour les policiers de plaider, avec succès, la légitime défense. Par quels processus historiques et sociaux le champ de visibilité nord-américain, ce que les américains perçoivent de la réalité, en est arrivé à être « racialement saturé » ? Comment s’est construite cette « paranoïa blanche” vis-à-vis du corps des Africains Américains perçus spontanément comme un corps agresseur? Et surtout, si cette perception de la violence policière qui inverse les responsabilités entre agresseurs et agressé s’ancre dans un cadre d’intelligibilité produit de l’histoire, quelles sont aujourd’hui les techniques de pouvoir matérielles et discursives qui actualisent ce cadre?[1]
(14 juin 2018) – Tariq Ramadan, intellectuel et professeur respecté de l’université d’Oxford, a été placé en détention provisoire dans une prison française et privé de liberté sous caution suite à des allégations de viol qu’il nie avec véhémence.
Incarcéré depuis plus de quatre mois, Tariq Ramadan s’est vu refuser un traitement médical approprié d’une affection médicale antérieure grave et s’est vu refuser l’accès à son dossier judiciaire complet.
Les magistrats français semblent ignorer les diagnostics de neuf médecins stipulant que le professeur Ramadan souffre d’une sclérose en plaques, y compris l’avis de l’autorité médicale en chef de la prison qui a confirmé que son état de santé n’était pas compatible avec le maintien en incarcération.
En réponse, un appel international émis par des journalistes, des politiciens, des universitaires et des chercheurs qui s’expriment dans une lettre ouverte. Parmi les signataires : l’auteure anglaise Karen Armstrong; le philosophe canadien Charles Taylor; le cinéaste britannique Ken Loach; Dr Amina Wadud de Berkeley; le journaliste britannique Peter Oborne; le professeur John Esposito de l’université de Georgetown et l’universitaire Hamza Yusuf.
« Nous souhaitons rappeler au pays qui a affirmé l’inaliénabilité des droits de l’Homme et l’égalité; l’importance de respecter les principes qui garantissent l’intégrité de la justice française telle que la présomption d’innocence. »
La lettre exprime également une profonde inquiétude quant au traitement inhumain infligé à Tariq Ramadan par la justice française.
Les signataires concluent par: « Nous demandons à nos amis français: fallait-il en arriver là?! »
Le football est parfois méprisé par des gens de gauche car il serait un divertissement pour les travailleurs, au sens premier à savoir les distraire de leurs intérêts de classe. Il est vrai aussi que le capital s’est emparé de façon prodigieuse de ce sport populaire pour accumuler des profits, en user de façon diplomatique (le Qatar à travers le Paris Saint-Germain) ou faire de la propagande personnelle (Silvio Berlusconi, président de l’AC Milan jusqu’en 2017). Il est également vrai que beaucoup de jeunes, sans conscience de classe, sont fascinés par un sport ultramédiatisé qui entretient l’illusion d’un argent facile. À cet égard, des discussions avec des élèves sont révélatrices : certains ne peuvent comprendre l’attachement à certains clubs désormais moins réputés par rapport aux grosses machines à fric qui achètent à tour de bras des joueurs, de la force de travail, à coup de millions. Des jeunes sont plus attachés à la vedette et moins au club. Pourtant, le club, c’est l’identité d’un collectif. Aussi, s’il est nécessaire de critiquer le football-business et le football professionnel voire de vouloir le limiter et demander aux puissants clubs de contribuer davantage financièrement, il ne faudrait pas rejeter le football. En effet, au-delà de l’aspect financier, le football et le stade sont des enjeux de classe et de luttes sociales. Pour le comprendre, il faut parfois retourner aux origines des clubs.
Sur notre soutien « inconditionnel ».
Qualifier « d’inconditionnel » le soutien apporté par des gens au professeur Tariq Ramadan c’est ôter à ces gens toute capacité de réflexion et d’esprit critique, c’est les réduire à un fan club en admiration aveugle devant leur idole. Vision lourde de préjugés. On peut parfaitement le soutenir avec discernement et clairvoyance, sans tomber dans l’aliénation.
Oui ! le professeur Tariq Ramadan mérite tout notre soutien pour son œuvre, pour ses combats, pour avoir redonné fierté et dignité à toute une génération qui se cherchait. Il a largement contribué à nous réconcilier avec nous même, avec nos parents et avec la société française / belge / européenne. Il a aidé beaucoup de personnes à se reconstruire et à reprendre confiance en elles-mêmes.
Oui ! nous lui devons notre soutien en ce tragique moment de sa vie ; vie qu’il a passé à sillonner notre pays pour panser nos blessures et nous réconforter comme un père, comme un frère.