Au moins 120 personnes sont décédées depuis 2010 à la suite d’interventions policières

Depuis 2010, au moins 120 personnes sont décédées durant ou à la suite d’une intervention policière.

Ces chiffres sont le fruit d’une enquête journalistique indépendante, car aucune statistique n’est disponible publiquement.

De nombreuses réalités se cachent derrière ces 120 victimes.

L’Echo, ainsi que trois autres médias, vous plongent dans une histoire complexe: entre manque de transparence, situations délicates et dangereuses et sentiment d’impunité.

Depuis 2010, au moins 120 personnes sont décédées durant ou à la suite d’une intervention policière.

Ces chiffres sont le fruit d’une enquête journalistique indépendante, car aucune statistique n’est disponible publiquement.

De nombreuses réalités se cachent derrière ces 120 victimes.

L’Echo, ainsi que trois autres médias, vous plongent dans une histoire complexe: entre manque de transparence, situations délicates et dangereuses et sentiment d’impunité.

Illustration podium numero de cas

Au moins 120 personnes sont décédées depuis 2010 à la suite d’interventions policières

Entre 2010 et 2026, au moins 120 personnes sont décédées lors d’interventions policières ou en détention. C’est la première fois qu’un tel chiffre est recensé.

Par Nicolas Baudoux & Laurens DekockIllustration: Philippe Marissens
Design & développement: Benjamin Verboogen

fioriture carton numéro police 34

Le 12 janvier 2023, Sourour Abouda a été arrêtée par la police locale dans la zone Bruxelles-Capitale / Ixelles. Cette assistante sociale de 46 ans, mère d’un garçon alors âgé de 19 ans, était en état d’ivresse et aurait troublé l’ordre public. Les policiers ont décidé de la transférer au centre administratif de la police fédérale à Bruxelles. Après avoir demandé de l’aide, elle a perdu connaissance. Les caméras de surveillance fonctionnaient, mais les policiers du commissariat ne sont pas intervenus. Elle est décédée 70 minutes plus tard. Les circonstances exactes de son décès restent encore floues à ce jour.

Sourour Abouda n’est pas un cas isolé. Depuis 2010, au moins 120 civils ont perdu la vie lors d’une intervention policière ou lorsqu’ils étaient privés de liberté. C’est ce que révèle l’enquête conjointe 120xPolice menée par L’Echo, Le Vif, De Tijd et Knack, à partir d’archives de la presse belge (voir méthodologie). Les cas recensés dans les articles de presse ont ensuite été recoupés avec les informations fournies par les parquets, les avocats et les proches des victimes.

Cette méthodologie s’est imposée faute de mieux. Aucune autorité compétente ne dispose en effet d’un bilan complet du nombre de civils décédés pendant ou après une intervention policière. Le chiffre relatif au nombre de policiers morts en service durant la même période, soit 17, a par contre été facilement obtenu auprès de la Police Fédérale.

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Les circonstances des décès sont variées. Quatre cas sur dix impliquent des confrontations armées, souvent dans un contexte de légitime défense. Par exemple, en 2019, Jean-Yves D. a été abattu à Jupille après avoir tiré sur un policier lors d’un contrôle routier. Sammy C. a également perdu la vie en 2019 après avoir grièvement blessé un policier avec un tournevis.

Dans d’autres cas, les interventions policières soulèvent des questions, comme celles de Fabian, ce garçon de onze ans percuté par un véhicule de police au parc Élisabeth de Bruxelles en 2025, ou de Mawda Shawri, fillette irako-kurde de deux ans décédée lors d’une course-poursuite avec la police en 2018. Les agissements de la police ont également levé des interrogations concernant Jozef Chovanec, tombé dans le coma dans une cellule de la police de l’aéroport de Charleroi la même année, et décédé quelques jours plus tard.

Notre liste réunit des affaires qui ont marqué l’opinion publique. Parfois, par contre, nous ne sommes même pas parvenus à mettre un nom sur la victime décédée.

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Ce que montrent les données: principalement des hommes et six victimes mineures

Selon nos analyses, près de la moitié (45%) des personnes sont décédées sur la scène d’intervention, ou durant l’arrestation, alors que 16% des cas ont succombé en détention, comme ce fut le cas de Sourour Abouda.



Neuf fois sur dix, les personnes concernées étaient des hommes. La moitié des individus ont entre 21 et 40 ans, tandis que six personnes tuées étaient des mineures (de 2 à 17 ans). Dans la plupart des cas (46%), les personnes ont été abattues, onze ont été fauchées par une voiture, huit ont eu des problèmes cardiaques pendant ou juste après l’intervention. Quand la victime était armée, c’était le plus souvent avec un couteau, mais une fois sur trois avec une arme à feu.

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Ces chiffres sont probablement sous-estimés. Selon un rapport du Comité P, l’organe de contrôle des services de police, 13 personnes sont mortes en détention policière entre 2017 et 2023. Un nombre supérieur à celui que notre enquête a permis d’identifier pour la même période.

Les comparaisons internationales se heurtent au même obstacle: l’absence de données homogènes. Basta, un site d’information français, a néanmoins compilé des chiffres pour plusieurs pays entre 2020 et 2022. Rapporté à ses 10 millions d’habitants, la Belgique enregistre 21 décès — un niveau légèrement supérieur à la France (16), mais inférieur à celui des Pays-Bas (28).

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Des chiffres qui n’existent pas

Pourquoi n’existe-t-il aucun chiffre global? Les raisons sont multiples: circulation lacunaire de l’information, infrastructures informatiques inadaptées ou données éclatées entre institutions. La police locale est structurée en 176 zones, chacune disposant de ses propres règles quant à l’enregistrement et à l’archivage des informations. Résultat: pas de standard uniforme.

La police fédérale, elle non plus, ne peut fournir de statistiques. Elle renvoie vers deux organes de contrôle: le Comité P et l’Inspection générale (AIG). Cette dernière, placée sous l’autorité du gouvernement fédéral, indique qu’elle ne partage pas d’informations spécifiques avec des tiers. Le Comité P, de son côté, fournit des données fragmentaires sur le nombre d’inculpations ouvertes à l’encontre d’agents de police, mais l’homicide est intégré dans la catégorie plus large des coups et blessures, ce qui empêche toute ventilation distincte.

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Le Comité P affirme dépendre des informations transmises par le ministère public. En principe, toute ouverture d’une enquête judiciaire visant un membre des forces de l’ordre doit être signalée au président du Comité P. “En pratique, le Comité P constate que cette obligation est ‘de facto oubliée’ par plusieurs parquets”, écrit-il dans une enquête.

Le ministère public ne dispose pas non plus d’une vue d’ensemble des décès survenus lors d’interventions policières, faute de code spécifique permettant leur enregistrement. En janvier, nous avons sollicité les différentes cours d’appel afin d’obtenir des informations sur le nombre d’affaires et sur les cas qu’elles avaient pu identifier. Seule la cour d’appel d’Anvers a fourni des informations sur le déroulement judiciaire pour un tiers des cas recensés. Pour les autres dossiers, “davantage d’informations étaient nécessaires, telles que le nom exact ou le numéro de procès-verbal”. Dans une réaction, le ministère public reconnaît que l’enregistrement des chiffres varie d’un parquet à l’autre, mais précise que “ce point d’attention est régulièrement discuté par chaque procureur général lors des concertations au sein de son ressort”.

Si aucune instance compétente ne dispose de ces chiffres, je me demande comment une politique peut être menée.

Sofie De Kimpe

criminologue

Pourquoi les chiffres comptent

Pour la criminologue Sofie De Kimpe, qui a mené des recherches approfondies sur le fonctionnement de la police, il n’est pas illogique que des incidents surviennent. Les policiers sont, par nature, confrontés à la violence. “Mais si aucune instance compétente ne dispose de ces chiffres, je me demande comment une politique peut être menée. Si les données sont fragmentées, voire inexistantes, comment ajuster les choses de manière ciblée? Dans près de la moitié des cas, une personne a été abattue: faut-il, par exemple, revoir la formation au tir? Ce type de conclusion n’est possible que si l’on dispose de données. Chaque décès est un décès de trop, car chaque mort jette une ombre sur la police et érode la confiance à son égard.”

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Sofie De Kimpe constate que ce déficit de transparence s’inscrit dans une culture institutionnelle plus large. “Au Royaume-Uni, on exige la transparence de la police”, explique-t-elle. “Le manque d’ouverture, selon eux, engendre la méfiance et mine la légitimité des forces de l’ordre.” En Belgique, observe-t-elle, la logique est différente. “Ici, la police perçoit toute forme de transparence comme un danger potentiel, susceptible de susciter des critiques, plutôt que comme une opportunité d’améliorer son fonctionnement. Critiquer la police est souvent assimilé à une critique de l’État de droit, et donc à une remise en cause de sa légitimité.”

Tous les corps de police ne partagent toutefois pas cette vision. Pour Peter Muyshondt, chef de corps de la zone de police Rupel, la transparence est cruciale pour l’institution. “En tant qu’organisation socialement responsable, nous ne pouvons pas nous permettre d’être laxistes.” Marc Snels, chef de corps adjoint de la zone de police Scheldewaas, ne voit pas non plus d’objection à la publication de statistiques globales. “Une enquête judiciaire est, par nature, couverte par le secret, il est donc logique que peu d’informations soient communiquées à ce sujet. Mais des chiffres globaux? Cela ne me pose aucun problème.”

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Justice pour…

Pour les familles, le décès d’un proche marque souvent le début d’une période de souffrance et d’interrogations, assortie d’une procédure souvent longue et difficile à suivre. Le fardeau émotionnel est amplifié par l’incertitude quant aux circonstances exactes du décès et aux incompréhensions face au manque d’informations. La violence était-elle nécessaire? Existait-il des alternatives?

Ces questions hantent la sœur d’Imad, tué par balle à Seneffe en 2023. Près de trois ans plus tard, toujours suspendue aux allers-retours judiciaires, il lui arrive de croiser en rue un des policiers qui aurait tiré sur son frère. “Je fais des cauchemars à propos de cet agent. La justice n’est pas de notre côté, nous sommes détruits.”

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Pour la famille de Sourour Abouda, ce chemin dure aussi depuis trois ans. En 2025, le nouveau procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, s’est décidé à citer la zone de police bruxelloise concernée à comparaître pour homicide involontaire. Lors d’un colloque sur les violences policières, auquel assistait Le Soir, il a laissé entendre que le dossier était resté en suspens sous son prédécesseur, ce que ce dernier conteste. La chambre du conseil de Bruxelles examinera l’ensemble du dossier ce 14 avril, soit trois ans après le décès d’Abouda.

Les familles n’ont souvent pas un statut social qui permet de se défendre.

Saskia Simon

chargée de cours invitée à l’UCLouvain et ancienne coordinatrice de Police Watch

Après le décès d’Adil, 19 ans, mort en avril 2020 lors d’une course-poursuite, et celui de Mehdi Bouda, décédé un an plus tôt à la suite d’une collision avec un combi de police, des manifestations avaient également eu lieu, tout comme pour Sourour Abouda. Sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes se sont rassemblées autour de pages telles que Justice pour Adil, Justice pour Mehdi et Justice pour Sourour. Elles expriment un sentiment partagé: les dossiers liés aux violences policières restent trop souvent sans suite.

“Les condamnations sont rares et souvent annulées en appel, comme dans le cas des policières qui ont laissé Simon Bachelet faire une overdose en cellule sans lui porter secours”, affirme Saskia Simon, chargée de cours invitée à l’UCLouvain et ancienne coordinatrice de Police Watch, l’observatoire des violences policières de la Ligue des droits humains. De plus, “les familles n’ont souvent pas un statut social qui permet de se défendre”.

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Ce ressenti est alimenté par le nombre limité de condamnations. Dans notre liste des 120 cas recensés, c’est l’agent impliqué dans l’affaire de la fillette de deux ans, Mawda, qui a écopé de la peine la plus lourde: dix mois de prison avec sursis et une amende de 400 euros.

Selon le Comité P, 101 membres des services de police ont été poursuivis en 2024 pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Au final, 12 d’entre eux ont été condamnés, pour des faits dont nous ne connaissons pas la nature exacte. Cependant, les jugements et arrêts relevaient principalement de la catégorie “violences policières”. Le Comité P fait toutefois état d’une diminution du nombre d’infractions pénales liées aux coups et blessures, y compris les homicides. On dénombrait 28 cas en 2020, contre 6 en 2024.

Chaque dossier judiciaire est également examiné par le conseil de discipline, l’organe interne compétent pour sanctionner les agents. Les sanctions disciplinaires vont de l’avertissement et du blâme à des retenues sur salaire, voire au licenciement. Ni le cabinet de l’Intérieur, ni la police fédérale n’ont pu nous fournir ces rapports.

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Monopole de la violence

Le chef de corps adjoint, Marc Snels, dit comprendre ce sentiment d’impunité. “Mais chacun est innocent jusqu’à preuve du contraire. Cela vaut pour les citoyens, mais aussi pour les policiers. Les interventions se déroulent souvent extrêmement vite, si bien que j’ai déjà constaté des contradictions entre les déclarations d’agents. Ce n’est généralement pas intentionnel.”

La question de savoir s’il existe un problème structurel d’impunité ne se prête pas à une réponse univoque. Encore faut-il d’abord établir qu’une faute a été commise par des agents lors d’une intervention. L’usage de la force par la police, lui, est strictement encadré, comme le souligne la procureure générale de Mons, Ingrid Godart.

Ces conditions sont fixées à l’article 37 de la loi sur la fonction de police. La force ne peut être utilisée que pour atteindre un objectif légitime, lorsqu’aucune autre solution n’est possible, et elle doit être raisonnable et proportionnée. En principe, un avertissement doit précéder toute intervention, sauf si cela rend celle-ci impossible. “Un agent n’est pas un citoyen ordinaire”, rappelle Ingrid Godart. “Si les conditions légales justifiant l’usage de la force sont réunies, il n’engage pas sa responsabilité pénale. C’est parfois difficile à accepter pour les proches.”

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En même temps, il apparaît difficile pour les citoyens de se défendre face à la parole d’un policier. En 2022, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné l’État belge dans l’affaire Boutaffala, au motif que le tribunal avait accordé un poids déterminant aux déclarations de policiers eux-mêmes parties à l’incident. La Cour a estimé que lorsque les agents sont les seuls témoins, les juges ne peuvent pas se fier aveuglément à leurs dires. Ingrid Godart nuance: “La déclaration d’un agent n’a pas de valeur juridique différente, mais comme il prête serment, les conséquences d’un mensonge sont bien plus lourdes pour lui, tant sur le plan pénal que disciplinaire.”

S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est de ne jamais croire d’emblée ce que les personnes impliquées ont déclaré, pas même les agents.

Wim Van de Voorde

médecin légiste

Le médecin légiste Wim Van de Voorde, qui a traité, au cours de sa carrière, plusieurs cas de décès survenus lors d’interventions policières, observe dans sa pratique un phénomène comparable à celui pointé par la Cour. “Les experts judiciaires s’appuient parfois trop facilement sur les déclarations de la police. S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est de ne jamais croire d’emblée ce que les personnes impliquées ont déclaré, pas même les agents.”

“Pas de culture de l’excuse”

Pour les policiers eux-mêmes, ces affaires sont également lourdes de conséquences. “Aucun agent ne souhaite être impliqué dans un décès”, souligne Muyshondt. “Mais ils doivent intervenir dans des situations dangereuses. L’impact mental ne doit pas être sous-estimé, surtout lorsque le procès se tient déjà sur les réseaux sociaux, mené par des personnes qui ne connaissent pas les nuances du dossier. Cela a également des répercussions sur le reste des forces de l’ordre.”

Dans ce contexte tendu, les bodycams sont souvent présentées comme un moyen de limiter les contestations a posteriori. Depuis début 2024, une législation encadre les conditions d’utilisation de ces caméras, l’exploitation des images et leur durée de conservation. Dans la pratique, l’achat et l’usage varient encore fortement d’une zone de police à l’autre.

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Selon Vico Cockx, commissaire divisionnaire et responsable de l’équipe Usage de la force au sein de la police fédérale, les bodycams constituent un outil utile pour éviter les situations de parole contre parole. “Elles semblent aussi avoir un effet préventif sur l’agressivité, tant chez les citoyens que chez les agents. En même temps, un décalage peut exister entre la perception des personnes impliquées et ce que montrent les images, sans qu’il soit immédiatement question de mensonge. Aussi, la position sur la poitrine constitue un désavantage technique: des gestes cruciaux peuvent malgré tout échapper au champ de la caméra.”

C’est pourquoi, selon le commissaire principal Marc Snels et Vico Cockx, il reste essentiel de communiquer de manière claire après un décès — ce qui, d’après eux, se fait encore trop peu. “Cela n’aide ni la justice ni la police à gagner la confiance des familles”, affirme Vico Cockx. “L’impression est que les agents s’en sortent sans conséquences, ce qui est inexact. Et si des erreurs ont été commises, la hiérarchie doit avoir le courage de les reconnaître.” Il ajoute: “Il n’existe pas chez nous de culture de l’excuse. Cela doit changer.”

« Des mesures disciplinaires ou pénales sont prises lorsque cela s’avère nécessaire », Bernard Quintin (MR), ministre de l’Intérieur.En réponse, le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR), a déclaré que des enquêtes sont systématiquement menées. « Des mesures disciplinaires ou pénales sont prises lorsque cela s’avère nécessaire. Je souhaite une police respectueuse, respectable et respectée. »

« Sur le plan opérationnel, les décès survenus lors d’interventions font l’objet d’un suivi axé sur la prévention, la responsabilité des employeurs et le retour d’expérience, complété par des mécanismes de contrôle. La formation est constamment adaptée. Cette approche est également discutée plus en détail en consultation avec les syndicats. »

Enfin, Bernard Quintin rappelle que le cadre législatif applicable est clair et défini dans la loi sur la fonction de police. « Suite au décès de Fabian, une révision des procédures relatives aux poursuites routières a également été lancée. Ce travail devrait aboutir dans les prochaines semaines. »

Comment avons-nous travaillé?Pour le projet d’enquête 120xPolice, L’Echo, De Tijd, Le Vif et Knack ont collaboré afin de recenser le nombre de personnes décédées en Belgique en cellule, lors d’une intervention de police ou peu après.

Comme les autorités compétentes ne tiennent pas de registre centralisé et accessible au public, nous avons constitué notre propre base de données à partir d’archives de presse.

Nous sommes remontés jusqu’en 2010, année du décès de Jonathan Jacob dans une cellule à la suite d’une intervention du service d’assistance spéciale.

Nous avons consulté les archives des journaux francophones et néerlandophones ainsi que celles de l’agence de presse Belga, à la recherche d’articles mentionnant des décès en cellule, lors d’interventions, au cours de poursuites ou peu de temps après la confrontation avec la police.

Le chiffre de 120 décès n’est pas exhaustif et notre méthodologie, basée sur des articles de presse, laisse à penser que le nombre de cas est plus élevé. C’est pourquoi nous écrivons “au moins” 120 cas.

Pour chaque cas, nous avons rassemblé, lorsque c’était possible, des informations supplémentaires sur la personne et les circonstances: âge, sexe, lieu et contexte, par exemple. Ces données ont été vérifiées et complétées auprès des parquets, des zones de police et d’avocats. Nous avons ensuite uniquement analysé les indicateurs pour lesquels suffisamment d’informations étaient disponibles.

Nous avons choisi de ne pas porter de jugement de valeur sur les cas individuels et d’adopter une définition large des décès liés à une intervention policière. Nous ne nous prononçons donc pas sur d’éventuelles fautes ou responsabilités, notamment parce que nous n’avons pas accès à l’ensemble des pièces pour chacun des dossiers et que les informations disponibles varient selon les cas.

Nos données sont disponibles en open data et peuvent être demandées via nicolas.baudoux@lecho.be.

120xPolice est une enquête de L’Echo, De Tijd, Le Vif et Knack.

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