A propos de Miss Provence et de l’antisémitisme (le vrai)

L’anti-tatarisme des Palestiniens (et des banlieues) n’existe pas

A propos de Miss Provence et de l’antisémitisme (le vrai)

Par Houria Bouteldja

 

Imaginons :

La Palestine n’a pas été colonisée par des populations se réclamant du judaïsme mais par des Tatars qui se réclament (pourquoi pas ?) du tatarisme.

Ce n’est pas Herzl qui écrit « l’Etat des Juifs » en 1896 mais un Tatar.

Les participants au premier congrès sioniste à Bâle qui a lieu en 1897 ne sont pas des Juifs mais des Tatars

La déclaration Balfour écrite par le Ministre des affaires étrangères anglais, le 2 novembre 1917, n’est pas adressée à Lionel Walter Rothschild en tant que principal financier du mouvement sioniste mais à un Tatar.

Les premiers colons, plus connus sous le nom des « amants de sions » (1880), ne sont pas Juifs mais Tatars.

Les premiers mouvements de colonisation de masse après 1905 ? Des Tatars !

Enfin, la dernière grande vague de colons qui déferle après le génocide nazi (après avoir été interdite d’entrée aux Etats-Unis) n’est pas juive mais tatare.

Bref, si le sionisme avait en théorie et en pratique, été, porté et réalisé par des Tatars, les Palestiniens auraient probablement développé une forme d’anti tatarisme que feu Maxime Rodinson aurait appelé un « racisme de guerre » ou Albert Memmi un « racisme édenté» (« édenté » ne signifiant pas « inoffensif » car ce « racisme » peut blesser ou même tuer mais pas avec les moyens et la logistique fournis par un Etat). « Racisme » que les Français, oublieux, connaissent bien, eux qui avaient affublé l’ennemi allemand des injures aussi sympathiques que « Boches », « Chleuhs », « Frisés »…

Lire la suite

« La lutte contre l’antisémitisme échouera si l’on en fait une arme pour pratiquer le racisme »

Le philosophe, historien, politologue et penseur post-colonialiste camerounais a été la cible d’une intense controverse en Allemagne. La raison ? Il lui est reproché d’avoir dressé un parallèle entre l’apartheid en Afrique du Sud et la situation des Palestiniens
Une caricature contre l’apartheid et le racisme placée sur une barrière de sécurité, lors d’une manifestation devant l’ambassade israélienne, à Buenos Aires (Argentine), le 12 septembre 2017 (AFP)
Une caricature contre l’apartheid et le racisme placée sur une barrière de sécurité, lors d’une manifestation devant l’ambassade israélienne, à Buenos Aires (Argentine), le 12 septembre 2017 (AFP)
Par Hassina Mechaï
 –

PARIS, France

Lire la suite

‘Etre Noir en Amérique ne devrait pas être une condamnation à mort.’ Qu’en est-il si on est Palestinien ?

|Gideon Levy pour Haaretz |Traduction J.Ch. pour l’AURDIP

Avez-vous vu les policiers américains ? Avez-vous vu comment ils ont tué Geroge Floyd en l’étouffant à Minneapolis ? Avez-vous vu le policier Derek Chauvin s’agenouiller sur son cou, l’immobiliser, Floyd suppliant qu’on le laisse en vie jusqu’à ce qu’il meure cinq minutes plus tard ? Quelles forces de police racistes ils ont en Amérique, comme elles sont brutales ! Maintenant, Minneapolis flambe après qu’un citoyen noir ait été exécuté à cause de sa couleur de peau. Le maire a présenté des excuses, les quatre policiers impliqués ont été renvoyés, Chauvin a été inculpé. L’Amérique est un endroit cruel pour les Noirs et sa police est raciste.

Lire la suite

Ce que la Palestine m’a appris du racisme aux États-Unis

Par Sylvie Laurent, février 2019

Dans une courte vidéo en noir et blanc, les visages bruns d’opprimés en lutte se succèdent et s’entrecroisent, certains portant des dreadlocks et d’autres un foulard ou un keffieh, unis par un même message décliné sur les pancartes : « Arrêtez de nous tuer », « Rendez-nous notre humanité ». Les images de Ferguson (Missouri), où s’est exprimée l’indignation noire face à l’impunité policière, alternent avec celles des territoires occupés. Des Palestiniens affirment « Black lives matter » (« les vies des Noirs comptent »), et des Noirs américains interprètent l’oppression des Palestiniens comme du racisme. Entre eux, des points de rencontre : la compagnie américaine Combined Systems, qui fournit la police de Ferguson en gaz lacrymogène et autres armes de répression, équipe aussi les forces israéliennes d’occupation de la bande de Gaza ou de la Cisjordanie.

Lire la suite

Crise COVID-19 : Libérez Georges Abdallah maintenant !

La crise du coronavirus accentue l’urgence de la libération immédiate de Georges Ibrahim Abdallah.

Nous, organisations belges et citoyen.ne.s soussignées, nous nous joignons aux nombreux appels à la libération immédiate des détenus pour pouvoir faire face au COVID-19 dans les prisons.  Nous lançons un appel urgent à la libération de Georges Abdallah, militant communiste et anti-impérialiste libanais, le plus vieux prisonnier politique en Europe, détenu en France depuis plus de 35 ans.

Lire la suite

Autodéfense filmique face aux fictions d’État.

Le cas de « Fauda » sur Netflix

Par Claire Scurob

Alors que la série israélienne Fauda entame sa 3ème saison sur Netflix, ce texte s’interroge sur le rôle de cette fiction dans le « ré-encodage » de la réalité coloniale.

Partant du rôle des représentations audiovisuelles pour le colonialisme israélien  , l’auteure rappelle également l’arme politique qu’est le boycott dès lors qu’il s’agit de productions « culturelles » – trop souvent présentées comme détachées des réalités politiques. Cette analyse de Fauda vient à point pour souligner que, plus que jamais, les images restent des champs de bataille.

N.B. : inutile d’avoir vu la série pour lire l’article.

Lire la suite

Combattre l’Etat policier et le racisme d’Etat à l’échelle des pays du Nord : le cas belge

#byanymeansnecessary #stopblackface Intervention de Nordine Saidi au Bandung du Nord : la colonialité du pouvoir en Belgique. On ne peut agir et penser la fin du blackface en Belgique sans agir et penser contre la politique coloniale belge jusque dans ses effets les plus actuels. « On ne peut pas envisager aujourd’hui les discriminations, le racisme et la négrophobie sans revenir sur les 80 années d’histoire coloniale, qui ont laissé des traces dans les mentalités, les esprits mais aussi dans sa politique ». Et l’on ne peut agir et penser contre la colonialité du pouvoir en Belgique sans penser ses formes contemporaines, sans restituer les inégalités géographiques (différences d’espérances de vie entre le croissant pauvre et le croissant colonial), sans penser les dispositifs racistes de ségrégation (plans canal, déchéance de la nationalité, profilage racial, ségrégation scolaire, opérations Medusa, etc.). La plainte portée par le bourgmestre socialiste de Lessines contre Nordine Saidi et les Bruxelles Panthères est à inscrire dans l’histoire longue de la colonialité négro-islamophobe en Belgique. Un texte très important à relire de toute urgence.

Lire la suite

N-D de Paris, J. Assange, la planète, les migrants, etc…

Daniel VanhovePourquoi l’incendie de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris a-t-elle suscité une telle empathie de la part du public et de la plupart des médias face à une quasi indifférence constatée lors de l’arrestation de Julian Assange à l’ambassade de l’Équateur au cœur de Londres, quelques jours plus tôt ? Objectivement, entre les deux faits, s’il en est un qui aurait dû alerter les citoyens de manière massive, c’est sans conteste l’arrestation de J. Assange.

Lire la suite

« Derrière les fronts » à Bruxelles le 12 Mars 2019

ACHETEZ VOS BILLETS
MARDI 12/03/2019 à 20h30

« Derrière les fronts », un film puissant et passionnant.

« Au quotidien la colonisation n’est pas seulement celle des terres, des logements ou de l’eau. Elle ne cherche pas simplement à s’imposer par les armes, elle travaille aussi les esprits. J’ai choisi de m’intéresser à ces formes invisibles : l’occupation intime, celle de l’espace mental » dit la réalisatrice du film, Alexandra Dols.

Ce documentaire dresse ainsi le portrait de la psychiatre, psychothérapeute et écrivaine palestinienne Dr. Samah Jabr, qui s’est spécialisée dans les conséquences psychologiques causées par l’occupation palestinienne. Son précieux témoignage, qui structure le film, est ponctué par des extraits de chroniques, des interviews de femmes et d’hommes qui partagent leurs histoires, leurs actes de résilience et de résistance.

La projection du film « Derrière les fronts » sera suivie d’un échange avec Alexandra Dols, productrice et réalisatrice du film et Samah Jabr, psychiatre, psychothérapeute et écrivaine .

Khadija Senhadji, socio-anthropologue et militante décoloniale, animera cet échange, en tentant de faire le lien avec les enjeux posés par la présence des populations issues des immigrations post-coloniales au Nord. Comment l’occupation, et plus largement la domination, se manifeste-t-elle dans les esprits? Quels sont les outils et stratégies pour y faire face? Voici quelques questions qui animeront la discussion.

Co-organisé par Bruxelles Panthères, le Cinéma Aventure & le Mouvement Citoyen Palestine

Lire la suite