Plus de 28 000 personnes sont mortes depuis 2014 en essayant de rejoindre l’Europe ou de franchir ses frontières intérieures, 49 000 depuis 1993. Elles viennent d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient et disparaissent surtout en Méditerranée et dans l’Atlantique, mais aussi dans les Balkans, dans les Alpes, dans la Manche, dans la Bidassoa au pied des Pyrénées et dans d’autres zones frontalières.
Extraits du livre de Solène Brun et Claire Cosquer : Sociologie de la race
Le terme de race charrie des connotations biologisantes et culturalistes qui sont au fondement du racisme, comme idéologie et comme système d’inégalités. Les sciences sociales s’en sont cependant saisies pour mettre précisément en lumière les ressorts du racisme et ont montré comment la croyance en l’existence de « races » humaines produit des inégalités bien réelles.
Cet ouvrage propose une synthèse, inédite en France, de l’analyse de la race comme construction sociale et détaille ce que cette analyse implique pour la recherche empirique et la manière de penser les inégalités sociales. Alors que l’usage du concept de race soulève questions et débats, ce manuel présente les approches théoriques et les résultats empiriques des sciences sociales qui le mobilisent.
Au fil de l’histoire du constructivisme racial et du panorama de ses applications contemporaines, l’ouvrage engage à penser le caractère ordinaire et transversal de la race comme rapport social.
Bruxelles Panthères interpelle à nouveau l’UNESCO à propos du « Sauvage » d’Ath
Après notre premier courrier à l’UNESCO en 2019, après plus de deux ans de pandémie mondiale et deux ans après le mouvement mondial Black Lives Matter suite à l’assassinat de George Floyd, la position des autorités athoises et des communautés organisatrices de la ducasse n’a pas bougé d’un iota. Leur souhait est de continuer à produire un personnage négrophobe dans un événement populaire patrimoine immatériel de l’humanité qui rassemble des dizaines de milliers de personnes, dont une grande part d’enfants, pendant plusieurs jours.
Nous écrivons une seconde fois à Madame la Directrice générale et à l’UNESCO pour faire part de notre constat sur l’évolution de la position des responsables impliqués et pour rappeler les conséquences désastreuses de la perpétuation de cette pratique déshumanisante qui à nos yeux devrait être illégale.
Veuillez trouver ci-dessous notre message à Madame la Directrice générale.
23 ans : YAGUINE et FODE : Qui se souvient encore d’eux ?
Vingt-trois ans se sont écoulés depuis le 2 août 1999, lorsque Yaguine Coita et Fodé Tounkara, deux jeunes Guinéens, ont été retrouvés morts de froid dans le train d’atterrissage d’un avion à l’aéroport de Bruxelles, au cœur de l’Europe, alors qu’ils étaient en provenance de Conakry, la capitale de la Guinée.
Entretien avec Houria Bouteldja : “La décolonisation du monde est devant nous et les forces à combattre sont colossales”
Houria Bouteldja a accepté un entretien ( pour « Du Racisme Social en Europe – et par extension dans le monde. » ). Vous trouvez ci-dessous questions et réponses. Elle est une référence constante et du monde décolonial et de tout un arc extrémiste, dont les membres actifs la détestent. Parce qu’elle est la Lénine des Décoloniaux. Ce qui est impressionnant, c’est que, face à leur rage, et ce n’est même pas une métaphore, tant certains ont la bave aux lèvres quand ils l’évoquent, elle reste calme, froide – clinique et pas clanique. La concernant, il faut faire un choix : ou faire comme l’ex-chroniqueur de BFMTV, Thomas Guénolé, qui, dans l’émission “Ce soir ou jamais”, a fait référence à son livre “Les blancs, les juifs et nous”, soit, sans en comprendre le sens, soit en citant des extraits de manière tronquée, ou, au contraire, la lire et l’écouter, ce qui garantit de se vacciner contre les interprétations/réductions, frelatées, stupides ou dégueulasses. C’est l’une des raisons de cet entretien : inciter, chacune, chacun, à avoir un accès direct, personnel, par la lecture ou l’audition, sans le filtre d’un média explicitement (ou non) réactionnaire. Dont nous sommes bombardés, pollués. Remerciements à Houria pour avoir pris le temps de cet entretien.
« L’assassinat de Rwagasore est presque un copié-collé de celui de Lumumba »
Pourquoi le Sud global post-colonial est-il source d’immigration et de réfugiés ?
Aussi bien dans le passé comme actuellement, les gens migrent à la recherche d’opportunités économiques, de moyens de subsistance et de sécurité pour eux-mêmes et leur famille. La recherche d’opportunités économiques loin de chez soi est le principal moteur de l’immigration et des déplacements d’une partie du monde à l’autre. Les immigrants vers l’Europe et les États-Unis cherchent des opportunités économiques loin de chez eux en raison de l’effondrement et de la fragmentation totale des économies post-coloniales du Sud et de l’effondrement des ordres politiques et sociaux qui ont conduit à l’insécurité. La raison de ce phénomène est une question essentielle qui n’est pas souvent posée ou à laquelle on ne répond pas.
Comment le colonialisme a façonné le monde postcolonial contemporain ?
Prof. Hatem Bazian
Les lignes de faille qui existent dans les États postcoloniaux ont une longue histoire derrière eux et sont présentes dans le monde entier. Certains pourraient affirmer que nous ne pouvons pas accuser le Nord global de les avoir initiées ou créées en premier lieu. Cependant, le Nord global colonial est devenu maître dans le jeu du « diviser pour mieux régner » et rien n’a été jugé sacré dans le cadre de l’approche coloniale « la fin justifie les moyens », y compris l’être humain et sa relation à Dieu. Soyons clairs : le lien entre les discours coloniaux et le racisme est ontologique, chacun étant la progéniture de l’autre comme un monstre à deux têtes partageant un cœur et un corps défigurés.
Louisa Yousfi présente RESTER BARBARE à Bruxelles
La rencontre est co-organisée et co-animée avec la Librairie Météores.
Entretien avec Louisa Yousfi autour de Rester barbare.
Louisa Yousfi : « Plus je me gavais de culture légitime, plus je ressentais une impuissance à écrire » (Rester Barbare)
Autant le dire tout de suite : avec Rester barbare, Louisa Yousfi livre un texte important. Essai littéraire, manifeste politique du décolonial, force de l’écriture devant un monde qui s’effondre, réflexion sur l’intégration et l’assimilation, Rester barbare sonde l’irréductible d’une parole que l’Occident voudrait faire taire. De Mohammed Dib à PNL, de la littérature au rap, Louisa Yousfi pose la barbarie comme puissance esthétique et politique positive contre la rhétorique macroniste, lepéniste et zemmouriste de l’ensauvagement. Une nouvelle voie se dessine pour qui écrit : elle est ici. Autant de nouvelles perspectives sur lesquelles Diacritik a souhaité interroger avec Louisa Yousfi le temps d’un grand entretien.
