Pour le sociologue, ce ne sont pas les immigrés qui menacent la France, mais la xénophobie. Et la gauche devrait reprendre la main dans un débat en pleine dérive.
Eric Fassin (Audrey Cerdan/Rue89)
Eric Fassin, sociologue (Paris VIII) et chercheur à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (Iris), travaille sur la politisation des questions sexuelles et raciales, et sur leurs articulations autour de la politique d’immigration. Depuis 2007, cette dernière est au cœur de son travail. Avec Michel Feher, leur collectif « Cette France-là » propose une contre-expertise en forme d’annales.
Image : Un rapport du CCIF montre la net augmentation des actes anti-musulmans en France.
Islamophobie. Les actes et menaces racistes ont reculé en France l’an dernier (-7% par rapport à 2010), mais le racisme anti-musulman lui a explosé de plus de 58% selon le rapport annuel du Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF). On remarque que 84,73% des victimes sont des femmes.
Parce que des dizaines de milliers de femmes, jeunes et moins jeunes, se retrouvent sans emploi. Parce que le taux de chômage à Bruxelles est plus qu’inquiétant et que la majorité d’entre les chômeurs sont des femmes. Parce que trouver un emploi au sein d’une entreprise en ces temps de crise n’est déjà pas chose aisée et qu’il relève aujourd’hui de la mission impossible pour une femme portant le foulard de trouver un emploi. Parce que cela dure maintenant depuis trop longtemps et parce que des femmes Belges sont révoltées d’être considérées comme des citoyennes de seconde zone ! Pour toutes ces raisons, nous disons STOP !
Après avoir sauvé les banques de la faillite, les États ont vu leur dette publique exploser. Les pouvoirs publics sont maintenant sous pression des marchés financiers et des autorités européennes (et, dans certains cas, du FMI) pour imposer des plans d’austérité afin de trouver les ressources financières nécessaires au remboursement de cette dette.Même si sa situation est moins dramatique que celle de la Grèce, la Belgique ne fait pas exception. Sa situation pourrait même encore se dégrader si la garantie d’Etat de 54,45 milliards d’euros octroyée en octobre 2011 à certains créanciers de Dexia était activée. C’est pourquoi trois associations (CADTM, ATTAC Bruxelles 2 et ATTAC Liège), représentées par les avocats Pierre Robert et Olivier Stein, ont introduit le 23 décembre dernier un recours devant le Conseil d’État afin d’annuler l’arrêté royal octroyant ces garanties. Ces associations ont été rejointes en mars 2012 par les députées fédérales Zoé Genot et Meyrem Almaci.
Ce combat juridique s’inscrit plus largement dans une lutte politique pour l’annulation de la dette publique illégitime, notamment celle issue du sauvetage des banques. Rendez-vous sur le site www.sauvetage-dexia.be pour suivre l’actualité de Dexia et du recours contre les garanties accordées aux créanciers du groupe Dexia.
Pour lancer le débat sur les mesures à prendre à l’égard de Dexia et du système financier en général, nous avons rédigé un courrier que vous pouvez envoyer aux membres du Parlement fédéral. Interpellons nos parlementaires !
Lettre manuscrite de Dimitris Christoulas, le pharmacien retraité âgé de 77 ans qui a mis fin à ses jours sur une pelouse de la place Syntagma le 4 avril 2012
Les immigrés en Belgique sont sous-payés. C’est ce qui ressort d’un récent rapport de l’office européen de statistiques Eurostat. Sur les 27 pays de l’Union européenne, la Belgique est le pays où l’écart entre revenus d’immigrés et de non-immigrés est le plus important.
Les aciéries de Ploërmel, dans le sud de la Bretagne, font beaucoup parler d’elles. Lâchées par les actionnaires, elles ont été reprises en coopérative par les métallos en 2005. Les bénéfices de l’entreprise, spécialisée dans la production de pièces ferroviaires, vont croissant. Les aciéries embauchent et les conditions de travail se sont améliorées. Comme quoi, les salariés ne sont pas des patrons comme les autres.
Les vrais Nazillons venus d’Allemagne sont-ils devenus fréquentables ? contrairement aux « intégristes islamistes », ces « assassins de la démocratie » fabriqués par les médias et le monde politique ?
On aurait pu croire que la gauche, après avoir obtenu la majorité au Sénat, s’emploierait à préfigurer ce qu’elle compte faire quand elle sera au pouvoir, que les urgences politiques et sociales commanderaient qu’elle examine en priorité des proposition de lois de réformes structurelles touchant à l’impôt, au budget de l’Etat, aux conditions de la négociation sociale. Ou bien que la question des institutions retiendrait son attention, celle des modalités de la décentralisation, de l’instauration du conseiller territorial ou de la modification souhaitée par la majorité parlementaire actuelle de la clause de compétence générale des collectivités territoriales. Le Sénat est attendu sur ce terrain et ces questions ont pesé dans le basculement à gauche de la Haute assemblée…