Par Gàbor TVERDOTA
Compte-rendu de l’ouvrage de Charles W. Mills, Le contrat racial, traduit de l’anglais (États-Unis) par Aly Ndiaye alias Webster, Montréal (Québec), 2023, 204 pp.
Qu’est-ce qui explique la persistance et l’ubiquité du racisme dans les sociétés occidentales contemporaines, réputées libres et démocratiques ? Comment se fait-il que des États qui se veulent fondés sur des principes universels de justice tolèrent, voire organisent l’oppression des minorités ethniques et raciales ? Pourquoi ces dernières se trouvent-elles systématiquement désavantagées en termes de distribution des richesses, des opportunités et de qualité de vie ? Dans son ouvrage classique Le contrat racial (1998), le philosophe jamaïcain et états-unien Charles W. Mills (1951-2021) répond à ces questions en s’emparant de la notion centrale de la philosophie politique libérale moderne : le contrat social, dont il démontre le caractère implicite de contrat de domination – en l’espèce, d’un contrat racial tacite visant à établir la supériorité des Européens et de leurs descendants sur les peuples colonisés, esclavagisés ou dominés.