La Palestine est notre boussole.
1001 jours.
1001jours que les puissants du monde promettent la fin d’un peuple.
1001 jours qu’ils annoncent sa défaite.
1001 jours qu’ils veulent nous convaincre que la force fait le droit.
Et pourtant…
1001 jours plus tard, la Palestine est toujours là.
Non seulement elle est toujours là, mais elle est plus présente que jamais dans les consciences des peuples.
Car il existe une vérité que les empires n’ont jamais comprise.
On peut occuper une terre.
On peut contrôler des frontières.
On peut enfermer des corps.
Mais on ne peut pas coloniser éternellement une idée.
Et la Palestine est devenue une idée.
L’idée qu’aucun peuple ne renonce volontairement à sa liberté.
L’idée que la dignité ne se négocie pas.
L’idée que l’histoire n’appartient jamais définitivement aux puissants.
Pendant des décennies, ils nous ont dit que la Palestine était une cause perdue.
Ils nous ont dit que le colonialisme était devenu un fait accompli.
Ils nous ont dit que le droit au retour appartenait au passé.
Ils nous ont dit que les nouvelles générations oublieraient.
Ils nous ont dit que l’argent, les armes, la propagande et les alliances impérialistes finiraient par effacer jusqu’au nom même de la Palestine.
Ils se sont trompés.
Car aujourd’hui, partout dans le monde, une jeunesse s’est levée.
À Bruxelles.
À Tanger.
À Johannesburg.
À Alger.
À Dakar.
À Londres.
À Montréal.
À Santiago.
À Jakarta.
Dans les universités.
Dans les syndicats.
Dans les quartiers populaires.
Dans les mouvements antiracistes.
Dans les luttes féministes.
Dans les mobilisations décoloniales.
Partout, la Palestine est devenue une boussole politique.
Elle rappelle que la justice n’est pas un privilège.
Elle rappelle que la liberté n’est pas une faveur accordée par les puissants.
Elle rappelle que les peuples écrivent eux-mêmes leur histoire.
Ces 1001 jours ont bouleversé le monde.
Ils ont fait tomber des masques.
Ils ont révélé les contradictions de celles et ceux qui parlent de démocratie tout en fermant les yeux lorsque le droit international est piétiné.
Ils ont révélé les limites d’un ordre international qui prétend défendre les droits humains tout en appliquant ces droits à géométrie variable.
Ils ont aussi changé profondément le débat politique.
Pendant trop longtemps, toute critique du sionisme était immédiatement caricaturée comme une forme d’antisémitisme.
Cette confusion a servi à faire taire les voix palestiniennes, mais aussi les voix juives antisionistes, les chercheurs, les intellectuels, les militants qui rappelaient une évidence : combattre le racisme sous toutes ses formes ne signifie jamais renoncer au droit de critiquer une idéologie politique ou un projet colonial.
Aujourd’hui, cette confusion ne tient plus.
Des millions de personnes, partout dans le monde, refusent ce chantage intellectuel.
Elles distinguent clairement la lutte indispensable contre l’antisémitisme de la critique politique du sionisme.
Et cela constitue un tournant historique.
Ces 1001 jours ont également remis au centre une question que beaucoup voulaient faire disparaître : celle de l’avenir de cette terre, entre la mer Méditerranée et le Jourdain.
Plus personne ne peut prétendre que la question palestinienne est réglée.
Plus personne ne peut prétendre qu’elle appartient au passé.
Plus personne ne peut construire un avenir sans répondre aux exigences de justice, d’égalité, de liberté et de droits pour toutes celles et tous ceux qui vivent sur cette terre, ainsi qu’à la question du retour des réfugiés, qui demeure une revendication inscrite dans la mémoire collective palestinienne et reconnue dans le débat international.
Ces 1001 jours ont montré quelque chose d’immense.
Ils ont montré que les peuples possèdent une force que les empires ne comprendront jamais.
La force de la mémoire.
La force de la dignité.
La force de l’espérance.
La force de la solidarité.
Nous rendons aujourd’hui hommage à toutes les générations palestiniennes qui ont porté cette cause, à toutes celles et ceux qui ont refusé l’effacement, à toutes celles et ceux qui ont transmis une histoire, une culture, une identité et une espérance de justice.
Parce qu’au fond, la Palestine dépasse aujourd’hui ses frontières.
Elle est devenue le symbole universel du refus de la domination.
Le symbole de la dignité des peuples.
Le symbole de celles et ceux qui refusent de croire que l’histoire est écrite d’avance.
Alors, après 1001 jours, notre responsabilité est immense.
Continuer à parler.
Continuer à manifester.
Continuer à transmettre.
Continuer à construire des solidarités.
Continuer à défendre le droit des peuples à l’autodétermination.
Continuer à combattre toutes les formes de racisme, de colonialisme et d’impérialisme.
Parce que la Palestine nous rappelle une leçon que l’histoire enseigne depuis toujours :
Les empires passent.
Les peuples demeurent.
Et tant qu’il y aura des femmes et des hommes pour se lever en faveur de la justice, la Palestine ne sera jamais réduite au silence.
Vive la solidarité entre les peuples.
Vive la justice.
Vive la liberté.
Et que vive, aujourd’hui comme demain, l’espérance d’une paix fondée sur l’égalité des droits, la dignité et l’autodétermination pour le peuple palestinien.
—
Bruxelles Panthères
« La liberté, la justice et l’égalité, par tous les moyens nécessaires ! » Malcolm X
Mouvement Citoyen Palestine
« L’égalité ou rien » Edward Said
