Vidéo de la séance de conférence/ formation organisée par la BAN et le PIR sur les violences policières et sur la lutte des familles endeuillées par la perte d’un proche.
Avec Amal Bentounsi du Collectif Justice pour Amine, Farid el Yamni de Justice Vérité pour Wissam, Youssef Boussoumah militant du PIR et Jo du Collectif Angles Morts.
Table ronde : « La double nationalité en Belgique au regard du droit international et des droits de l’Homme ».
Intervenants :
Arnaud Louwette – Spécialiste de droit international (ULB);
Claude Debrulle- Administrateur à la Ligue des Droits de l’Homme.
Christophe Marchand – Avocat ;
Luk Vervaet – Auteur de « Condamnés à la prison? »
Cela fait plusieurs années qu’une révolution silencieuse s’opère dans le domaine électronique. Les gadgets qui font partie de notre quotidien, ont appris à voir. S’appuyant sur les instruments d’optiques et les logiciels qui peuvent détecter les visages et suivre les mouvements du corps, les caméras, jeux, téléphones et autres, ont accédé aux mécanismes de vision et reconnaissance qui furent considérés un temps comme le territoire exclusif des êtres dotés de sensation (ici, capable de vision)
Lancement d’une nouvelle revue en ligne de théorie marxiste, Période.
Dans cette contribution, Fanny Müller-Uri et Benjamin Opratko se proposent de passer le concept d’islamophobie au crible de la riche tradition d’analyse marxiste de la race. L’islamophobie pose en effet un défi aux interprétations traditionnelles de la race et du racisme. L’islamophobie invite à davantage penser la race et le racisme comme des constructions sociales fortement spécifiées historiquement, ainsi qu’à mieux cerner l’intrication entre leurs dimensions « biologiques » et « culturelles ». Ces précisions permettent de mieux situer la place de la race dans les luttes d’hégémonie et de contre-hégémonie.
L’objet de cet article1 est de réfléchir aux implications théoriques et conceptuelles des études et publications les plus récentes sur le phénomène de « l’islamophobie » dans les pays du Nord, c’est-à-dire principalement l’Europe et les États-Unis. Notre propos suivra quatre étapes :
Premièrement, nous donnerons un court aperçu des développements contemporains au sein du champ universitaire émergent que sont les études sur l’Islamophobie (Islamophobia studies). Deuxièmement, nous discuterons des usages du terme « d’islamophobie » dans certaines des contributions les plus importantes de ce champ de recherche. Nous examinerons ainsi les problèmes produits par l’absence systématique de confrontation avec les théories critiques du racisme. Dans une troisième partie, nous traduirons les conséquences théoriques du défi que représente « l’islamophobie » dans un cadre conceptuel alternatif plus à même de rendre compte du racisme anti-musulmans. Nous examinerons la manière dont celui-ci renvoie à un ensemble de principes fondamentaux d’une critique radicale et marxiste du racisme. Nous conclurons enfin par quelques suggestions sur la manière dont ces considérations théoriques peuvent être aujourd’hui mobilisées dans des stratégies anti-racistes.
La Fondation Frantz Fanon a participé à la réunion » de l’esclavage aux réparations » dans le cadre du Black Month History, le 28 février 2014 à la salle Jean Dame à Paris.
Black History Month
De l’esclavage aux réparations
Paris, 28 février 2014
2014, treize ans après la loi du 21 mai 2001
La question des réparations, toujours d’actualité…

Le corollaire de la discrimination engendrée par le racisme, c’est le « privilège blanc ». Toute une série d’avantages avec lesquels les personnes blanches partent dans la vie, pour l’unique raison qu’elles sont blanches. Ces atouts font qu’elles sont perçues comme a priori légitimes, a priori compétentes et a priori innocentes[1].
Cela a tendance à leur valoir de la considération, quand les personnes racisées[2] font globalement l’objet d’une présomption de culpabilité, de médiocrité (ce qui peut leur valoir du mépris) et d’incompétence. En vertu de ce privilège, non discrétionnaire, systémique et lié à l’absence de discrimination subie (voir la définition détaillée de ce concept dans ce contexte précis dans « Briser le tabou du privilège pour lutter contre le racisme et le sexisme »), les personnes blanches n’ont pas à faire leurs preuves en tant que blanches.
Se voir en tant que blanc·he·s
« aujourd’hui, plus de 2 millions d’Américains (sur une population carcérale mondiale estimée à 9 millions d’individus) vivent en prison, en maison d’arrêt, en centre de détention pour mineurs ou en centre de rétention pour migrants ».
Il semble aller de soi que des individu-e-s reconnu-es coupables de crime par les procédures judiciaires soit enfermé-e-s. Mais qui décide socialement de la définition d’un crime, de la réduction d’une personne à son « crime », de l’enfermement comme organisation sociale ?
Hier la peine de mort, aujourd’hui la prison, « comme élément constitutif et immuable de nos sociétés ». Angela Davis ajoute : « On ignore trop souvent que le mouvement pour l’abolition carcérale est lui aussi riche d’une longue histoire qui remonte à l’époque où la prison est apparue en tant que principale forme de châtiment ».
L’auteure reprend les propos d’Elliot Currie : « la prison jette désormais une ombre menaçante sur notre société, à un degré inédit dans notre histoire ou celle de n’importe quelle démocratie industrielle. En l’absence de grands conflits armés, l’incarcération de masse constitue le programme social le plus assidûment appliqué par les gouvernements de notre époque ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit un enfermement de masse, ayant peu ou pas d’effet sur les chiffres officiels de la criminalité. Cela devrait interroger sur la fonction sociale réelle de la prison. Sans oublier les questionnements sur qui sont majoritairement les prisonnier-e-s, sur l’articulation entre rapports sociaux inégalitaires, justice et ordre carcéral.
La loi anti-foulard du 15 mars 2004 : bilan d’une loi d’exclusion
par
20 février 2014
Cela fera dix ans, le 15 mars prochain, qu’a été votée la loi sur les « signes religieux ostensibles », interdisant le port du foulard dit islamique à l’école, sous peine d’exclusion définitive. À l’occasion de ce sinistre anniversaire, nous republions le bilan que le collectif Une école pour tou-te-s avait publié en septembre 2005, concernant les effets les plus immédiats et concrets de cette loi : comment s’est-elle appliquée dans les écoles ? Quelles ont été les conséquences pour les élèves – les voilées, les dévoilées et les autres… ? Bien d’autres éléments doivent y être ajoutés pour que le bilan soit complet, et notamment les suites innombrables qu’a eue cette loi sur le terrain idéologique, politique et social pendant la décennie qui a suivi, que ce soit la loi anti-niqab de 2010, les interdictions de sortie scolaire aux mamans voilées, l’affaire Ilham Moussaïd et plus largement la production et la diffusion massive d’une voilophobie et d’une islamophobie « respectable », sans parler des effets de division et de diversion et du dramatique dévoiement du féminisme. Mais il importe toujours de revenir aux premières cibles de cette loi d’exception, celles qui en ont subi les effets de la manière la plus concrète et brutale : les adolescentes musulmanes portant le foulard, qui ont dû « choisir » – c’est le mot qui fut employé par l’institution – entre un dévoilement forcé et une déscolarisation. C’est sur cette conséquence-là que se focalise le bilan que nous republions aujourd’hui. Pour le compléter, un appel à témoignages a été lancé par le Collectif des féministes pour l’égalité, qui a également initié une pétition demandant l’abrogation de cette loi infâme, ainsi qu’une manifestation.