Réflexions sur la Journée des prisonniers palestiniens

Aucun Palestinien ne devrait être emprisonné par des occupants étrangers. Alors que nous examinons la réalité des prisons sionistes en 2026, ce fait simple doit guider notre action.

Lara Kilani
17 avril 2026

Les prisonniers palestiniens en grève de la faim

Des prisonniers palestiniens dans les prisons de l’occupation participent à une manifestation de solidarité avec d’autres détenus.

Palestinian prisoners hunger strike
Palestinian prisoners in occupation prisons take part in a protest in solidarity with other prisoners. Photo by Reuters.

Aujourd’hui, le 17 avril, est la Journée des prisonniers palestiniens. Cette date a été choisie pour commémorer la libération de Mahmoud Bakr Hejazi le 17 avril 1971, lors du premier échange de prisonniers entre Israël et les Palestiniens — en l’occurrence, le mouvement Fatah. Cette journée vise à se souvenir de nos prisonniers et à aligner nos actions et nos visions de la justice sur leurs intérêts.

Cette année, alors que nous commémorons cette journée, plus de 9 600 Palestiniens sont actuellement détenus dans des prisons de l’occupation. Parmi eux, 3 532 sont en détention administrative, tous détenus sans inculpation ni procès en vertu d’ordres militaires renouvelables tous les six mois. Cela représente environ 36,7 % de l’ensemble des prisonniers palestiniens connus.

Par ailleurs, 1 251 prisonniers originaires de la bande de Gaza sont détenus sans inculpation ni procès en vertu de la « loi sur les combattants illégaux », qui permet la détention indéfinie de toute personne « membre d’une force menant des actes hostiles contre l’État d’Israël ou ayant participé à de tels actes, directement ou indirectement ». Ces prisonniers représentent 13 % de la population carcérale palestinienne connue.

Cela signifie qu’environ 49,7 % des Palestiniens dont on sait qu’ils sont emprisonnés n’ont été ni inculpés ni jugés et peuvent être détenus indéfiniment.

Ces chiffres n’incluent pas les Palestiniens disparus de la bande de Gaza par l’entité sioniste ou détenus dans des camps militaires. Ces données restent inconnues.

Depuis le début de l’occupation israélienne de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de la bande de Gaza en 1967, 326 prisonniers palestiniens sont morts en détention dans ces prisons. Parmi eux, au moins 89 ont été tués entre octobre 2023 et aujourd’hui.

Les autorités israéliennes retiennent également les corps de 97 prisonniers palestiniens morts. Avant octobre 2023, seuls 11 corps étaient retenus.

Le chiffre le plus révélateur depuis octobre 2023 est peut-être le nombre total de personnes arrêtées en Cisjordanie et à Gaza : 23 000. Cela inclut ceux qui sont encore détenus et ceux qui ont été libérés par la suite ; cela comprend les personnes arrêtées lors d’invasions militaires et de raids domiciliaires, celles enlevées à des checkpoints militaires, ainsi que celles détenues pour faire pression sur un membre de leur famille afin qu’il se rende aux autorités israéliennes.

Parmi ces personnes arrêtées, on compte au moins 1 800 enfants, dont 342 sont toujours emprisonnés. Les journalistes représentent 240 de ces arrestations, dont 43 sont encore détenus. L’un de ces journalistes, Marwan Harzallah, est mort en prison alors qu’il était en détention administrative. Son corps est toujours retenu par les autorités pénitentiaires de l’occupation.

Cette journée de commémoration est marquée cette année par la fermeture récente de l’organisation Defense for Children International – Palestine (DCI-P), qui a définitivement cessé ses activités en avril 2026 après 35 ans de travail pour la défense des droits des enfants palestiniens. Cela survient au pire moment.

Cette fermeture met fin à de nombreux services essentiels, notamment l’aide juridique aux enfants palestiniens, la documentation des violations systématiques de leurs droits fondamentaux et l’organisation de leur représentation légale. Cette fermeture forcée est le résultat d’une campagne de plusieurs années menée contre DCI-P par le gouvernement israélien et certaines organisations de la société civile, notamment après sa désignation comme organisation terroriste par le ministère israélien de la Défense en octobre 2021, aux côtés de plusieurs autres organisations palestiniennes.

Parmi ces organisations figurent Addameer (association de soutien aux prisonniers et de défense des droits humains), al-Haq, l’Union des comités de travail agricole, le Centre Bisan pour la recherche et le développement, et l’Union des comités de femmes palestiniennes. Samidoun (réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens) avait reçu la même désignation en février 2021. Il est à noter que trois des sept organisations visées travaillent au soutien des prisonniers palestiniens.

Comme cela a été largement documenté, les prisonniers palestiniens font actuellement face à des conditions aggravées, marquées par la négligence, les abus et une violence systématique de la part des autorités pénitentiaires de l’occupation.

Les personnes libérées décrivent notamment la privation systématique de nourriture et d’eau en quantité suffisante, le manque d’accès à l’eau pour se laver, la négligence médicale et sanitaire, les abus de la part de professionnels de santé, les violences physiques et la torture, la violence psychologique, ainsi que des abus sexuels répandus.

Un rapport récent d’Addameer (janvier) et un rapport du 12 avril de l’Observatoire euro-méditerranéen des droits humains documentent notamment des témoignages de viols et de violences sexuelles décrits comme une « politique de facto de l’État ». Cette affirmation est étayée par des actions récentes du ministre israélien de la Sécurité nationale, Ben Gvir, qui s’est déguisé pour inspecter des prisons et vérifier l’application de ses directives visant à intensifier la violence systémique contre les prisonniers palestiniens. Lors d’une autre visite à la prison d’Ofer, il aurait lui-même agressé des détenus en marchant sur leur tête.

Le gouvernement israélien a récemment adopté une loi, introduite par Ben Gvir, imposant la peine de mort aux Palestiniens reconnus coupables d’infractions liées au « terrorisme » ayant entraîné la mort d’un Israélien. Cette loi s’applique exclusivement aux Palestiniens et doit entrer en vigueur fin avril.

De nombreuses organisations de défense des droits humains ont rejeté ce texte, soulignant que les tribunaux militaires israéliens acquittent extrêmement rarement les Palestiniens lorsqu’ils sont jugés — avec un taux de condamnation avoisinant 99 %.

Mais la question n’est pas de savoir si ces tribunaux peuvent juger équitablement ou appliquer une peine de mort. Selon l’auteur, ils ne l’ont jamais fait et ne le feront pas. Évoquer leur taux de condamnation suggère à tort qu’ils pourraient être réformés ou rendre des jugements justes.

La réalité, selon ce texte, est qu’aucun Palestinien ne devrait être emprisonné par des occupants étrangers, encore moins torturé. Les tribunaux sionistes ne peuvent rendre leurs lois justes, car ils ne devraient pas légiférer sur la vie, la terre ou l’existence des Palestiniens.

Des colons étrangers n’ont pas le droit d’imposer leurs lois à une population autochtone qu’ils cherchent à faire disparaître. Ces lois sont fondamentalement injustes parce qu’elles ne devraient pas exister.

Aucune prison d’occupation ne devrait exister, tout comme l’occupation elle-même. Le problème principal n’est pas seulement la répression des Palestiniens, mais le fait que cette situation de privation, d’emprisonnement, de mort et de dépossession perdure. C’est cette réalité qui doit être affrontée pour rendre justice aux prisonniers palestiniens et agir pour leur liberté.

Traduction BP

Reflections on Palestinian Prisoners’ Day

Not one Palestinian should be imprisoned by foreign occupiers. As we survey the reality of zionist prisons in 2026, this simple fact must guide our action.

Palestinian prisoners hunger strike
Palestinian prisoners in occupation prisons take part in a protest in solidarity with other prisoners. Photo by Reuters.

Today, April 17, is Palestinian Prisoners’ Day. The date was chosen to commemorate the release of Mahmoud Bakr Hejazi on April 17, 1971, during the first prisoner exchange between Israel and Palestinians — in this case, the Fatah movement. The day itself is about remembering our prisoners and aligning our actions and visions of justice with their interests.

This year, as we commemorate Palestinian Prisoners’ Day, there are more than 9,600 Palestinians currently held captive in occupation prisons. Among these are 3,532 administrative detainees, all held without charge or trial under military order for renewable six-month periods. This is about 36.7% of all known Palestinian prisoners. Another 1,251 prisoners are Palestinians from the Gaza Strip are held without charge or trial according to the “Unlawful Combatants Law”, which allows for the indefinite detention of someone “who is a member of a force perpetrating hostile acts against the State of Israel or who has participated in hostile acts of such a force, either directly or indirectly”. These prisoners make up 13% of the known Palestinian prison population. This means that, among the Palestinians we know are imprisoned, about 49.7% of them have not been charged with a crime or tried, and can be held indefinitely.

These numbers do not include Palestinians disappeared from the Gaza Strip by the zionist entity or held in military camps. Those figures are unknown.

Since the start of Israel’s occupation of the West Bank, East Jerusalem, and the Gaza Strip in 1967, 326 Palestinian prisoners have been martyred inside these prisons. Of these martyrs, at least 89 have been murdered since the period between October 2023 and today.

Israeli authorities are also withholding the bodies of 97 martyred Palestinian prisoners. Prior to October 2023, only 11 martyred Palestinian prisoners’ bodies were being withheld.

Perhaps the most telling figure from the post-October 2023 period is the total number of people arrested from the West Bank and Gaza during this period: 23,000. This includes both those who are still detained and those who were subsequently released; it includes those abducted during military invasions and home raids, those kidnapped from military checkpoints, and those detained in order to pressure a family member into surrendering themselves to Israeli prisons. Among those arrested in this category are at least 1,800 children. 342 remain imprisoned. Journalists account for 240 of these arrests, 43 are still detained. One of these journalists, Marwan Harzallah, was martyred in prison. He was being held in administrative detention. His body remains held by occupation prison authorities.

This day of remembrance is marked this year by the recent closure of Defense for Children International – Palestine (DCI-P), which finally shut its doors in April 2026 after 35 years of work defending the rights of Palestinian children. This could not have come at a worse time. The closure will end the DCI-P’s many important services, including legal aid to Palestinian children, the documentation of systematic violations against their most basic rights and protections, and the organization of children’s legal representation. This forced closure was instigated by a years-long campaign against DCI-P by the Israeli government and civil society organizations, including the decision by the Israeli Defense Ministry to designate DCI-P a terror organization alongside several other Palestinian organizations in October 2021. Among the other groups designated at that time were Addameer: Prisoner Support and Human Rights Association, al-Haq, the Union of Agricultural Work Committees, Bisan Center for Research and Development, and the Union of Palestinian Women Committees. Samidoun: Palestinian Prisoner Solidarity Network was given the same designation in February 2021. It is noteworthy that three of the seven groups targeted by these terror designations work to support Palestinian prisoners.

As has been well-documented, Palestinian prisoners are currently facing escalated, horrific conditions of neglect, abuse, and systematic violence at the hands of occupation prison authorities. Those who have been released describe the standardization of withholding of adequate food and water including water access for bathing, medical and sanitary neglect, abuse by medical professionals, physical abuse and torture, psychological violence and torture, and rampant sexual abuse. You can read Addameer’s recent January report on the conditions in occupation prisons here, and Euro-Mediterranean Human Rights Monitor’s April 12 report documenting testimonies of rape and sexual violence as “de facto state policy”. This claim is not at all an exaggeration, as Ben Gvir (current zionist Minister of National Security) recently disguised himself in order to inspect occupation prisons and to monitor their “operational compliance” with his orders to escalate systemic violence against Palestinian prisoners. This comes shortly after another visit to Ofer Prison in which Ben Gvir reportedly assaulted prisoners himself, stepping on their heads.

Introduced by Ben Gvir himself, the zionist government recently passed a bill mandating the death penalty for Palestinians found guilty of “terrorism related” offenses which result in the death of an Israeli. This law applies exclusively to Palestinians and is set to take effect starting at the end of April. Many human rights organizations have rejected this bill on the basis that Israeli military courts almost never acquit Palestinian prisoners of a crime when they are actually charged and tried — conviction rates hover around 99%.

But the issue is not whether or not Israeli military courts will be able to justly convict Palestinians and apply a death sentence for Palestinians accused of carrying out acts hostile to the zionist state. By design, they have never and will not. Citing the rate of conviction of zionist military courts suggests that there is a chance of reformation, or — more grotesquely — that if zionist military courts had more moderate rates of conviction, they could be trusted to apply laws such as this.

The reality is that not one single Palestinian should be imprisoned by foreign occupiers, let alone tortured and brutalized by them. There is nothing zionist courts can do to make the application of their colonial laws just, because they should not be legislating anything about Palestinian existence, life, land, or access to any of these things at all. Foreign settlers have no right to impose their laws on an indigenous population whom they would like to see forcibly disappeared — a goal to which they have exercised every possible effort. These laws are fundamentally unjust because they should not exist. Not one occupation prison should exist, just as the occupation itself should not exist. The primary issue is not just that the zionist entity has no right to murder Palestinians for resisting its existence and carrying out acts that serve this effort; the most heinous crime is that the zionist entity continues at our privation, our imprisonment, our death and dispossession directly. This is the reality we must address in order to do any justice to Palestinian prisoners and act in the interest of their freedom.

Spoons become a new symbol of Palestinian resistance | Israel ...
Wall art in Gaza City depicts the use of spoons in the breakout of six prisoners from Gilboa Prison. Photo from 2021 by Mahmoud Hams/AFP.

SOURCE

Journée des prisonniers palestiniens 2026 : Organisez-vous et agissez pour mettre fin au génocide derrière les barreaux et libérez-les tous !

Chaque année, le 17 avril, nous commémorons la Journée des prisonniers palestiniens – journée internationale d’action et de lutte pour la libération des prisonniers palestiniens, célébrée depuis 1974 pour exiger leur libération et saluer leur rôle de premier plan dans la résistance et la lutte révolutionnaire pour la libération de la Palestine, du Jourdain à la mer. Cette année, le 17 avril 2026, cette journée revêt une importance particulière pour la mobilisation mondiale, car les prisonniers palestiniens subissent les formes les plus extrêmes de torture et d’isolement dans les prisons sionistes, ainsi que la nouvelle « loi d’exécution des prisonniers » promulguée par le gouvernement ouvertement fasciste de Netanyahu-Ben Gvir-Smotrich, à la tête du régime sioniste.

 

En tant que Réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun, nous réitérons l’appel à l’action lancé dès l’adoption de cette loi infâme et exhortons tous les Palestiniens et Arabes, les organisations communautaires, les partis politiques, les mouvements sociaux, les syndicats et toutes les personnes de conscience à participer largement aux manifestations, protestations, mobilisations et actions commémorant la Journée des prisonniers palestiniens. Il est temps de mondialiser l’intifada, de descendre dans la rue pour une mobilisation massive et des actions directes, de nous lever pour les prisonniers qui sacrifient leur liberté et leur vie pour la libération de la Palestine et la défense de l’humanité. Il est de notre responsabilité de nous organiser et d’agir pour sauver la vie des prisonniers et les libérer des horreurs de la captivité par un soulèvement pour les prisonniers, non seulement en Palestine, mais partout dans le monde.

 

On compte actuellement plus de 9 600 prisonniers palestiniens dans les prisons sionistes, dont 350 enfants et 86 femmes. Plus de 3 500 personnes sont détenues administrativement, c’est-à-dire emprisonnées sans inculpation ni procès, leur détention étant renouvelable indéfiniment. Au moins 1 250 Palestiniens ont été enlevés à Gaza et emprisonnés par l’occupation, et plus de 21 Libanais ont été enlevés au Liban et détenus dans les prisons de l’occupation. Depuis le 7 octobre 2023, date des inondations d’Al-Aqsa et du début de l’intensification du génocide sioniste en Palestine, au moins 89 prisonniers palestiniens ont été identifiés comme martyrs dans les prisons de l’occupation. Ils font partie des 326 martyrs du mouvement des prisonniers palestiniens depuis 1967. L’occupation continue d’emprisonner les corps des martyrs ; elle conserve ainsi plus de 766 dépouilles, dont celles de 97 martyrs du mouvement des prisonniers palestiniens.

 

Pour les prisonniers des prisons du régime d’occupation, le quotidien est fait de famine, de torture, de mauvais traitements, de négligence médicale et d’abandon des soins : un véritable génocide perpétré derrière les barreaux. Les prisonniers palestiniens dans les prisons de l’occupation subissent régulièrement des agressions physiques, psychologiques et sexuelles, des viols, des passages à tabac et des actes de torture, notamment lors des interrogatoires. Les Palestiniens de Gaza, en particulier, sont victimes des formes de mauvais traitements les plus extrêmes dans les tristement célèbres camps militaires de l’occupation, comme Sde Teiman.

 

Même les tentatives les plus ténues pour demander des comptes aux soldats et gardiens de prison sionistes pour leurs crimes contre les Palestiniens ont été balayées d’un revers de main. Les tristement célèbres émeutes du « droit au viol », qui défendaient les soldats violant des prisonnières à Sde Teiman, ont vu les auteurs de ces crimes devenir des célébrités, recevoir des excuses du criminel de guerre Israel Katz et être réintégrés au sein des forces d’occupation pour y poursuivre leurs crimes contre les Palestiniens. Les prisonniers palestiniens sont privés de visites familiales depuis près de trois ans, et leurs visites d’avocats sont souvent censurées, restreintes ou refusées. Ils sont également privés d’accès aux fournitures de base pour communiquer et écrire, dans le but de les isoler totalement de leur peuple et du reste du monde.

 

C’est dans ce contexte que la « Loi sur l’exécution des prisonniers » a été adoptée par la Knesset sioniste le 30 mars, tandis que Ben-Gvir et ses acolytes célébraient l’événement en brandissant des images de potences et en débouchant des bouteilles de champagne dans l’hémicycle. En résumé, cette loi vise fondamentalement à légitimer le génocide perpétré par les sionistes derrière les barreaux et à appliquer la politique d’assassinats « israélienne », longtemps au cœur de son offensive contre la résistance palestinienne et les forces de résistance régionales, directement au mouvement des prisonniers. L’incarcération et l’assassinat ont été deux des principaux outils coloniaux utilisés par l’entité sioniste pour tenter d’anéantir la résistance et de réprimer le mouvement pour la liberté et la libération ; cette loi les combine directement, d’une manière manifestement héritée du mandat colonial britannique, qui, lui aussi, n’était pas parvenu à écraser le peuple palestinien et sa résistance.

 

La « Loi d’exécution » est ouvertement raciste et fondamentalement illégitime ; c’est le peuple palestinien qui a le droit de résister au colonisateur et occupant, notamment et surtout par la lutte armée. À l’instar de l’offensive génocidaire contre Gaza et des exactions des colons en Cisjordanie et à Jérusalem, elle reflète la nature fondamentale du sionisme et de l’entité sioniste : un projet colonial raciste et illégitime. Bien entendu, les puissances impérialistes, menées par les États-Unis, sont également pleinement responsables de cette « Loi d’exécution » et de la campagne de génocide et d’assassinats en cours. Elles fournissent à l’entité sioniste une aide militaire continue, un soutien commercial, une coopération en matière de renseignement, et participent à l’emprisonnement et à la répression des communautés palestiniennes et des actions de solidarité avec la Palestine au sein même de leur empire.

 

La « Loi d’exécution » vise également à s’en prendre aux prisonniers palestiniens pour le rôle qu’ils jouent au cœur de la lutte de libération palestinienne, en tant que figures de proue de la Résistance et de la Révolution palestinienne. En prétendant interdire les échanges de prisonniers, elle cherche à supprimer le mécanisme le plus fiable et le plus précieux pour leur libération : l’action de la Résistance en vue d’un échange. Cependant, cela révèle non seulement la brutalité et l’inhumanité, mais aussi le désespoir de l’entité sioniste, incapable de briser la résistance, que ce soit dans ses prisons ou dans la bande de Gaza assiégée. Marwan Barghouti, Abdullah Barghouti, Ahmad Sa’adat, Ibrahim Hamed, Hassan Salameh, Jamal Abu al-Haija, Muhannad Shreim, Anas Jaradat et tous les autres leaders du mouvement des prisonniers demeurent un point de repère pour l’ensemble de la lutte, et l’occupation est terrifiée par leur rôle et leur influence. Les prisonniers palestiniens sont des figures emblématiques, dont la constance est un exemple de mobilisation, d’organisation et de détermination pour le monde entier. C’est pourquoi le gouvernement refuse de les libérer dans le cadre d’un échange de prisonniers et tente d’empêcher l’émergence de nouveaux leaders de cette envergure par leur exécution immédiate. Ils sont les chefs de file du mouvement de libération palestinien, de la cause arabe, du front islamique de lutte et du mouvement anti-impérialiste international – de tous les peuples libres du monde.

 

Dans les prisons sionistes, les prisonniers palestiniens continuent de s’organiser et de résister, de s’instruire mutuellement, d’écrire et de réfléchir, d’élaborer des stratégies et de bâtir un avenir libéré. ​​Malgré les crimes, la torture et les mauvais traitements, le mouvement des prisonniers palestiniens veille à ce que chaque détenu ne soit jamais seul face à l’ennemi meurtrier. Le régime « israélien » cherche sans relâche à anéantir tout ce que les prisonniers palestiniens ont construit, mais il est incapable d’ébranler la détermination et l’engagement qui permettent au mouvement de survivre et de se perpétuer.

 

L’arme coloniale de l’emprisonnement cible tous ceux qui résistent. On compte notamment au moins 21 prisonniers libanais dans les prisons de l’occupation, dont ceux détenus avant le cessez-le-feu de novembre 2024 et ceux enlevés au cours des 15 mois suivants. Depuis 45 jours que le Liban résiste à l’offensive génocidaire sioniste, la libération des prisonniers, au même titre que la libération du Sud, est un objectif prioritaire de la Résistance pour la défense du Liban. La victoire tactique remportée par la Résistance, avec l’entrée en vigueur du cessez-le-feu au Liban ce 17 avril, est également une victoire pour les Libanais emprisonnés. Ils sont incarcérés, aux côtés de leurs frères et sœurs palestiniens, dans la tristement célèbre section souterraine de Rakevet, à la prison de Ramle, alors même que l’État libanais a largement abandonné ses responsabilités envers ses citoyens emprisonnés, tandis que leurs familles et la Résistance luttent pour leur libération. La complicité et l’implication directe des impérialistes internationaux dans les attaques sionistes contre le Liban, ainsi que dans les tentatives de désarmement de la Résistance, constituent également une pleine complicité dans l’emprisonnement et l’enlèvement de prisonniers libanais.

 

Ces mêmes puissances impérialistes, dont les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche et d’autres, continuent non seulement de fournir à l’entité sioniste des armes, du matériel, des renseignements et un soutien diplomatique et politique, mais aussi de réprimer et de cibler le mouvement palestinien et la résistance légitime, notamment par l’incarcération. Tous ces pays emprisonnent des Palestiniens en exil pour leur participation présumée à la lutte, que ce soit en soutenant la résistance dans leur pays, en collectant des fonds pour l’aide humanitaire au peuple palestinien ou en participant à des manifestations et des mobilisations, ainsi que des prisonniers pour la Palestine, des personnes libres du monde entier confrontées à l’emprisonnement et à la répression parce qu’elles refusent d’abandonner la Palestine au génocide sioniste-impérialiste. Ces derniers jours, Ahmad Salem, un réfugié palestinien du camp de Baddawi au Liban, a été condamné à quatre ans et demi de prison en Italie pour possession de vidéos de la résistance sur son téléphone ; six des 24 de Filton sont rejugés, leurs peines étant assorties d’une « aggravation de peine pour terrorisme » secrète, dissimulée au jury. Salah Sarsour, leader de la communauté palestinienne et ancien prisonnier libéré, qui avait été emprisonné et maltraité durant son enfance en Palestine, a été enlevé par le tristement célèbre service de l’ICE aux États-Unis.

 

Le rôle des régimes réactionnaires arabes comme bouclier de l’impérialisme et du sionisme est devenu de plus en plus visible, notamment face à l’agression américano-sioniste contre la République islamique d’Iran et au mouvement de protestation croissant qui a mobilisé des milliers de personnes dans les rues contre la « loi d’exécution ». Des dizaines de Palestiniens ont été arrêtés en Syrie après le déclenchement de vastes manifestations contre l’entité sioniste, bien que la plupart de ces manifestations aient été organisées par des Syriens. Parallèlement, de nombreux Palestiniens et Arabes militant pour la justice restent emprisonnés en Jordanie, en Égypte, à Bahreïn et en Arabie saoudite. Les Émirats arabes unis militent ouvertement pour la destruction des organisations de résistance palestiniennes, tandis que le Koweït a emprisonné pendant des semaines un journaliste palestino-koweïtien-américain, Ahmad Shihab-Eldin, pour avoir documenté des attaques iraniennes contre des bases militaires américaines dans le pays ; il est l’un des nombreux Koweïtiens déchus de leur nationalité ces derniers mois. Il faut considérer toutes ces arrestations et cette répression pour ce qu’elles sont : partie intégrante de la normalisation avec l’entité sioniste, et prix à payer pour accueillir des bases militaires américaines dans les États arabes, où elles sont une source de déstabilisation et d’injustice pour l’ensemble de la population.

 

Le rôle des forces impérialistes dans la répression ne se limite pas aux arrestations et aux emprisonnements directs ; les sanctions américaines et européennes, la criminalisation et les désignations d’organisations « terroristes » constituent des formes d’attaque essentielles contre le mouvement de libération palestinien et les organisations solidaires de la Palestine. Non seulement les sanctions servent à cibler et à mener une guerre contre les économies indépendantes d’États qui résistent à l’impérialisme, comme Cuba, le Venezuela et la République islamique d’Iran, mais l’escalade des sanctions contre les individus et les organisations vise également à isoler les mouvements et les organisations et à préparer le terrain à une répression encore plus brutale. Samidoun est interdit de séjour en Allemagne et fait l’objet de sanctions de la part des États-Unis et du Canada en tant qu’organisation « terroriste » depuis 2024, ce que nous considérons comme une tentative de priver les prisonniers palestiniens d’une solidarité active, affirmée et populaire, ainsi que de faire taire tout soutien visible aux forces de résistance palestiniennes, libanaises, yéménites, irakiennes et iraniennes.

 

Cependant, nous sommes loin d’être seuls ; ces derniers mois et années, le Trésor américain a intensifié le recours aux désignations « SDGT » – du même type que celles appliquées à Samidoun – ainsi qu’à des sanctions supplémentaires contre les organisations coopérant avec la Cour pénale internationale pour que « Israël » réponde de crimes de guerre et de génocide. L’Europe est complice de ces sanctions ; tout en sanctionnant elle-même le journaliste Huseyin Dogru, la France a refusé un visa au directeur d’Al-Haq et défenseur palestinien des droits humains, Shawan Jabarin, suite aux sanctions américaines imposées à Al-Haq pour sa collaboration avec la CPI. L’Italie a arrêté sept Palestiniens, dont le dirigeant communautaire Mohammed Hannoun, pour leur aide humanitaire de plusieurs millions d’euros à Gaza, au Liban et en Cisjordanie, invoquant à la fois des documents militaires « israéliens » douteux (désormais jugés irrecevables) et l’existence de sanctions américaines comme justification.

 

Pour les prisonniers palestiniens libérés, déplacés de leurs foyers, de leurs familles et de leurs terres en Palestine occupée, les injustices persistent : de nombreux pays leur refusent l’entrée, ou les contraignent à vivre dans une sorte de vide juridique. Le plus difficile, cependant, est que le régime sioniste continue de leur refuser le regroupement familial, interdisant à leurs femmes et à leurs enfants de quitter la Palestine occupée pour retrouver leurs maris et pères. Lorsqu’ils sont autorisés à partir, leur départ est conditionné par leur exil forcé et définitif de leur patrie. Cette politique d’État officielle de destruction des familles a empêché nombre des centaines de Palestiniens détenus en Égypte, en Turquie, en Malaisie et ailleurs, libérés de longues peines lors de l’échange de Toufan al-Ahrar, de retrouver leurs familles. Il s’agit d’une politique de punition collective et de torture psychologique continue à l’encontre des prisonniers libérés et de leurs familles. L’entité sioniste cherche également à faire taire la voix des prisonniers libérés, en tentant d’interdire ou de faire fermer des événements dans le monde entier où les prisonniers libérés interviennent en tant que conférenciers, dans le but de leur imposer à nouveau l’isolement, y compris les récentes attaques contre Masar Badil, le Mouvement palestinien de la voie révolutionnaire alternative, et les sections de Samidoun dans le monde entier.

 

En cette Journée des prisonniers palestiniens, nous exhortons tous les mouvements pour la justice, les communautés palestiniennes et arabes en exil et en exil, les organisations populaires, les partis politiques, les syndicats et les mouvements sociaux, à agir – manifestations, protestations, actions directes et mobilisations de masse – pour la libération des prisonniers palestiniens, indissociable de la libération de la Palestine, du Nil à la mer. Face à l’urgence de la situation et à la nécessité d’abroger la loi d’exécution, il est temps de prendre au sérieux le slogan « Mondialiser l’Intifada » et d’intensifier nos actions en faveur des prisonniers, de la résistance, de la Palestine et de tous les peuples de la région.

 

Nous insistons pour que ces actions soient combinées à une forte présence médiatique et à des actions de propagande afin de mettre en lumière les luttes des prisonniers palestiniens, en Palestine et à l’étranger, et de raconter l’histoire des leaders de la résistance, des personnels de santé, des journalistes, des étudiants, des parents et des travailleurs incarcérés dans les prisons sionistes. Nous exhortons chacun à soutenir activement les nombreuses campagnes et appels à l’action en faveur des prisonniers qui prennent de l’ampleur à l’échelle internationale, notamment la campagne « Démanteler Damon » pour la libération des femmes palestiniennes, la campagne « Libérer les étudiants palestiniens » qui établit un lien entre le mouvement étudiant mondial et les étudiants palestiniens confrontés à l’occupation, la campagne « Libérer les prisonniers libanais », la campagne « Sauver les prisonniers palestiniens », ainsi que les campagnes de défense des prisonniers palestiniens à Shatat et des prisonniers pour la Palestine. Les comités de défense et de soutien, comme ceux de Tarek Bazrouk, Salah Sarsour et Jakhi McCray aux États-Unis, ceux d’Ahmad Salem, Anan Yaeesh, Mohammed Hannoun, Raed Dawoud, Yaser Elasaly et Riyad Albustanji en Italie, la campagne de Liberez Ali en France, les campagnes des Filton 24 et des Brize Norton 5 en Grande-Bretagne, les Ulm 5 en Allemagne, et bien d’autres, accomplissent un travail crucial pour faire progresser le mouvement et soutenir ses prisonniers.

 

Nous exhortons chacun à redoubler d’efforts pour mettre fin aux sanctions imposées aux groupes, individus et États qui s’opposent à l’impérialisme mené par les États-Unis, ainsi qu’à la levée des « désignations terroristes » et des interdictions visant les organisations de résistance dans toute la région et les campagnes militantes au cœur même de l’empire impérial, telles que Palestine Action et Samidoun. Le moment est venu de nous rassembler autour de la résistance, de la Palestine au Liban, en passant par l’Irak, le Yémen et l’Iran, et de dénoncer les systèmes de sanctions et de désignation qui visent à criminaliser non seulement la résistance, mais aussi le soutien, même exprimé ouvertement, à sa lutte légitime pour la libération. Du Hamas au Hezbollah, en passant par le Jihad islamique, le Front populaire de libération de la Palestine, AnsarAllah, de multiples organisations de résistance irakiennes et même le Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran – une institution étatique –, les puissances impérialistes utilisent les « désignations terroristes » contre toutes les forces qui contestent leur domination, leur exploitation et leur pillage, comme une arme de guerre supplémentaire contre la Résistance et les peuples du monde.

 

Il est crucial d’abroger la « loi d’exécution », de briser l’isolement imposé aux prisonniers et d’instaurer une responsabilité populaire par l’action directe et la mobilisation, ainsi que par tous les efforts nécessaires pour que les auteurs de ces crimes contre les prisonniers soient tenus responsables devant la justice. Exigeons l’entrée de la Croix-Rouge et d’équipes juridiques internationales indépendantes dans les prisons de l’occupation, tout en affirmant clairement : chaque prisonnier doit être libéré et les prisons de l’occupant détruites. Nous devons remplacer l’isolement des prisonniers héroïques par l’isolement de l’entité sioniste, en boycottant ses produits, les entreprises complices, les institutions académiques et culturelles et les entités gouvernementales, et en imposant un embargo total sur les armes et le commerce, par un appel unifié à l’action qui favorise la victoire de la Résistance et des forces révolutionnaires de Palestine et de la région.

 

Liberté pour tous les prisonniers palestiniens !

Victoire à la Résistance !

Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre !

Appel à l’action contre la « loi d’exécution des prisonniers » en Palestine occupée : Mondialisons l’Intifada !

Le lundi 30 mars 2026 – 50e anniversaire de la Journée de la Terre palestinienne – la Knesset sioniste a adopté en troisième et dernière lecture, par 62 voix contre 48, dont celle du Premier ministre Benjamin Netanyahu, reconnu coupable de crimes de guerre, la « loi d’exécution » visant les prisonniers palestiniens. Le tristement célèbre fasciste Itamar Ben-Gvir a célébré ce vote en débouchant une bouteille de champagne dans l’hémicycle, se livrant à une fête sanglante et applaudissant ouvertement la tentative de légitimation du génocide des Palestiniens derrière les barreaux de l’occupation.

 

Plus de 9 500 prisonniers palestiniens – aux côtés de Libanais et d’autres prisonniers arabes – sont détenus dans les prisons de l’occupation. Ils y subissent un régime institutionnalisé de torture, d’agressions physiques et sexuelles, de négligence médicale et de mauvais traitements, et leur vie est en danger. Depuis le début de l’opération Al-Aqsa Flood et plus de deux ans et demi de génocide à Gaza, plus d’une centaine de prisonniers palestiniens sont déjà morts en martyrs derrière les barreaux, sans compter les milliers de Palestiniens de Gaza dont les corps ont été rapatriés dans des fosses communes et des sacs, abattus par l’occupation, leurs corps et leurs organes ouverts dans de nombreux cas, les mains menottées ou attachées dans le dos.

 

Nous ne devons pas laisser passer cette occasion, ni les nombreux crimes du régime d’occupation. Le Réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun joint sa voix à celles des mouvements de résistance palestiniens et des organisations de prisonniers pour exprimer notre indignation et souligner : il est temps de mondialiser l’intifada, de descendre dans la rue pour une mobilisation massive et des actions directes, de nous soulever pour les prisonniers qui sacrifient leur liberté et leur vie pour la libération de la Palestine et la défense de l’humanité. Il est de notre responsabilité de nous organiser et d’agir pour sauver la vie des prisonniers et les libérer des horreurs de la captivité, par un soulèvement pour les prisonniers, non seulement en Palestine, mais partout dans le monde.

 

L’entité sioniste – ainsi que ses commanditaires, alliés et prédécesseurs impérialistes et colonialistes – a toujours considéré l’incarcération et l’assassinat comme des instruments d’oppression parallèles, dirigés contre l’organisation, la résistance et la lutte du peuple palestinien pour sa libération. Cette loi cherche à légitimer de façade ce qui n’est rien d’autre que la pratique courante des colonialistes consistant à assassiner les leaders des mouvements de libération, dans le but d’étouffer le peuple palestinien et sa volonté de résister, sous peine de mort. De même que les assassinats répétés de leaders révolutionnaires et de résistants au cours des dernières décennies n’ont pas réussi à briser la résistance en Palestine, au Liban et dans toute la région, cette oppression sanglante se brisera elle aussi contre la détermination du peuple palestinien à libérer sa terre.

 

Le racisme et le fascisme flagrants du régime sioniste sont inscrits explicitement dans la loi. Ils s’appliquent aux Palestiniens, principalement de Cisjordanie, jugés par des tribunaux militaires par l’armée d’occupation, mais aussi aux Palestiniens de Jérusalem, de la Palestine occupée de 1948 et de Gaza, jugés par de prétendus « tribunaux civils », qui peuvent être condamnés à mort ou à la réclusion à perpétuité. Ces exécutions visent spécifiquement les Palestiniens engagés dans la résistance ; non seulement la violence des colons est ignorée et, dans les faits, récompensée, mais elle est également exemptée de la loi sur la peine de mort. Bien sûr, contrairement à la violence cruelle exercée quotidiennement par les colons contre les Palestiniens restés sur leurs terres, la lutte armée révolutionnaire palestinienne est non seulement moralement juste et une réponse naturelle pour un peuple privé de ses foyers, de ses terres et de sa patrie, mais elle est aussi pleinement justifiée juridiquement, car les peuples ont un droit bien défini et reconnu par le droit international de résister à l’occupation étrangère et à la domination coloniale par tous les moyens, y compris et surtout par la lutte armée.

 

Aux termes de cette loi, les exécutions doivent se faire par pendaison, une forme flagrante de lynchage légalisé et raciste. Lors de sa campagne pour ce projet de loi, Ben-Gvir arborait sur son costume une épinglette représentant un nœud coulant, une menace ouverte pour la vie des Palestiniens. De plus, ces exécutions sommaires doivent avoir lieu dans les 90 jours suivant le prononcé de la sentence. La loi prétend également interdire le mécanisme le plus efficace de libération des prisonniers palestiniens : les échanges de prisonniers avec la Résistance. Il s’agit d’une tentative pour entraver les plans et les actions des forces de résistance visant à obtenir un échange de prisonniers en excluant ceux condamnés aux peines les plus lourdes. Or, en réalité, les échanges de prisonniers ne relèvent pas du droit ni d’un calcul légal, mais résultent uniquement de la confrontation entre les opprimés et l’occupant et l’oppresseur par la force.

 

Bien entendu, le massacre des prisonniers palestiniens n’est pas un objectif nouveau pour le régime d’occupation. Quotidiennement, les forces d’occupation mènent des opérations d’arrestation et d’assassinat où elles ciblent délibérément des Palestiniens sous prétexte de tentative d’arrestation, et refusent régulièrement de soigner les Palestiniens blessés qui meurent en captivité. L’assassinat est devenu une composante essentielle du siège de Gaza, les policiers et les défenseurs du territoire étant pris pour cible quasi quotidiennement par des bombes et des drones de l’occupation. Les Palestiniens détenus dans les prisons de l’occupation subissent une négligence médicale institutionnalisée et croissante, une crise qui n’a fait que s’aggraver depuis le 7 octobre 2023.

 

Cette loi, à l’instar de la « détention administrative » qui a conduit à l’emprisonnement de plus de 3 600 Palestiniens sans inculpation ni procès, rappelle la politique d’exécutions britanniques contre les Palestiniens résistants. Fouad Hijazi, Mohammad Jamjoum et Ataa al-Zeer, trois prisonniers révolutionnaires palestiniens exécutés par les Britanniques en 1930, sont devenus des figures emblématiques du mouvement des prisonniers, et la chanson composée en leur honneur, « Depuis la prison d’Akka », demeure l’un de ses hymnes depuis près d’un siècle.

 

La « Loi d’exécution » fait partie intégrante du génocide sioniste-impérialiste perpétré contre le peuple palestinien dans son ensemble, sa résistance et ses dirigeants. Actuellement, les prisonniers condamnés à de longues peines sont des figures de proue du mouvement des prisonniers palestiniens et de la résistance en général, ainsi que de notre mouvement international anti-impérialiste pour la justice et la libération. Marwan Barghouti, Abdullah Barghouti, Ahmad Sa’adat, Ibrahim Hamed, Hassan Salameh, Jamal Abu al-Haija, Muhannad Shreim, Anas Jaradat et tous les autres leaders du mouvement des prisonniers demeurent un point de repère pour la lutte dans son ensemble, et l’occupation est terrifiée par leur rôle et leur influence. C’est pourquoi elle refuse de les libérer dans le cadre d’un échange de prisonniers et tente d’empêcher l’émergence de nouveaux leaders de ce calibre par leur exécution immédiate. Il ne s’agit pas d’un acte de force, mais d’un acte de désespoir, car la résistance du Sud-Liban défend son territoire avec un courage immense, tandis que la République islamique d’Iran, le Yémen et la Résistance en Irak frappent quotidiennement, voire d’heure en heure, les bases de l’entité occupante et des impérialistes.

 

De plus, la « Loi d’exécution » s’inscrit dans une guerre d’envergure menée contre les prisonniers, la résistance et le peuple palestinien dans son ensemble. Le régime sioniste a toujours cherché à entraver, saper et anéantir la résistance par des démonstrations de violence sanglante et des menaces, et à dissuader les familles et les proches de faire rejoindre la résistance à leurs enfants afin de les protéger de la torture, des mauvais traitements et des assassinats qu’ils pourraient subir aux mains du régime d’occupation. Cette loi constitue une nouvelle tentative pour atteindre cet objectif et ébranler le socle populaire de la résistance ; or, il est clair pour tous que les tentatives de pacification ou d’apaisement des forces d’occupation ne suscitent en rien d’autre que davantage de morts, de spoliations foncières, d’arrivées massives de colons, de dépossession et de massacres, comme l’ont démontré les camps de réfugiés de Cisjordanie.

 

Cette « loi d’exécution », applicable aux événements à venir, s’accompagne d’une loi parallèle en cours d’examen à la Knesset, visant les prisonniers palestiniens et libanais qualifiés de « Nukhba » ou de prisonniers « d’élite », des résistants incarcérés lors des émeutes d’Al-Aqsa ou pour avoir défendu Gaza ou le Sud-Liban contre les forces d’occupation. Ces prisonniers, détenus pour la plupart dans des camps de torture tristement célèbres comme Sde Teiman ou Rakevet (la partie souterraine de la prison de Ramle), représentent ceux qui ont fait preuve du plus grand courage dans la lutte pour la libération de la Palestine et de leurs frères et sœurs emprisonnés.

 

Dans une déclaration collective, les factions de la Résistance palestinienne ont affirmé : « Ces lois, malgré leur cruauté, leur dangerosité et leur caractère fasciste, révèlent davantage l’état de peur, d’incapacité et de faillite de l’entité sioniste qu’elles ne reflètent sa puissance. Car les prisonniers que l’ennemi a tenté de réduire à de simples numéros dans leurs cellules sont devenus un symbole de dignité et de fermeté. Toute tentative de leur nuire met une fois de plus en lumière la justesse de leur cause et discrédite les prétentions au respect du droit et des droits humains… Que notre devise soit : les droits ne sont pas bafoués, la dignité n’est pas pendue, ce que les prisons n’ont pas réussi à obtenir, la potence ne le réussira pas, et l’ennemi paiera le prix de ses actes et de ses lois criminelles. »

 

En tant que mouvement anti-impérialiste mondial, parmi les Palestiniens en exil et de la diaspora, parmi les mouvements de libération et parmi tous ceux qui luttent pour la justice, nous devons opposer à cette loi abominable – et à l’agression continue contre la Palestine, le Liban et la République islamique d’Iran – un rejet total et une intifada mondiale. Aujourd’hui plus que jamais, il est temps de veiller à ce que les ambassadeurs du génocide soient expulsés du monde entier et que les relations diplomatiques avec l’entité sioniste soient rompues ; que les tribunaux et le système juridique sionistes soient reconnus internationalement comme une simple façade pour une machine à tuer ciblant les Palestiniens ; que les responsables sionistes et les puissances impérialistes qui les soutiennent et les dirigent soient tenus responsables par tous les moyens, par des actions légales, populaires et citoyennes partout dans le monde. Chaque vie de nos prisonniers, de nos résistants, de nos militants et de nos martyrs est précieuse et mérite une forte rétribution, une pression qui dépasse les simples condamnations et se traduise par des actes d’isolement et l’exigence de comptes. La libération des prisonniers est la clé de la libération de la Palestine, du fleuve à la mer.

 

Au niveau international, il est de notre responsabilité d’agir. Tous ces crimes sont rendus possibles par les puissances impérialistes – au premier rang desquelles les États-Unis, mais aussi la Grande-Bretagne, la France, le Canada, l’Allemagne, l’Australie et l’Union européenne dans son ensemble – qui criminalisent la résistance légitime du peuple palestinien tout en armant ses bourreaux, et qui considèrent les crimes de l’occupant comme le « sale boulot de l’Occident ». Le moment est venu d’agir et de nous mobiliser à tous les niveaux de la lutte. Nous devons affirmer clairement qu’en tant que mouvement international, nous n’abandonnerons pas nos prisonniers ; au contraire, nous devons contribuer activement à leur libération.

Le Réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun est une organisation de base qui compte sur le soutien de personnes comme vous pour poursuivre son militantisme et son travail d’organisation. Vos dons sont grandement appréciés.

 

Comme vous le savez peut-être, Samidoun a subi une répression féroce dans le monde entier, notamment aux États-Unis, au Canada et en Allemagne, et a été désignée en vertu de lois « antiterroristes », malgré son engagement public et politique en faveur de la liberté et de la libération des Palestiniens.

 

Bien que Samidoun soit légal dans la grande majorité des pays du monde, les États-Unis exigent que leurs sanctions soient respectées par les systèmes bancaires et les prestataires de services de paiement internationaux. C’est pourquoi Samidoun accepte vos dons en cryptomonnaie.

 

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