Témoignage de visite au 127 bis de Steenokkerzeel

(31 octobre 2025)
 
J’ai été sollicité, il y a quelques jours, pour rendre visite à un jeune exilé palestinien détenu depuis un mois au centre fermé de Steenokkerzeel (127 bis), après avoir été arrêté à la sortie d’un rassemblement en soutien à la Palestine sur la place de la Bourse, en plein centre de Bruxelles. Cette demande m’a explicitement été adressée en tant que chercheur en sciences sociales travaillant sur les dispositifs (anti-)migratoires. La visite visait à documenter non seulement son parcours et les raisons de son arrestation, mais aussi les conditions concrètes de détention dans l’un des espaces centraux de la politique de contrôle des étrangers en Belgique.

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Oubliez la Libye, ignorez Gaza

Le génocide en Palestine n’est pas, comme le présentent la presse et le gouvernement italiens, une tragédie, une crise humanitaire ou une perversion extrémiste du gouvernement israélien de Netanyahou. Se remémorer le génocide italien en Libye, perpétré entre 1924 et 1934, permet de contrer ce récit par une analyse alternative, matérialiste et décoloniale, qui envisage le génocide comme un mécanisme fondamental de reproduction du système colonial-capitaliste face aux mouvements de résistance anticoloniale. Les responsabilités de l’Italie, hier comme aujourd’hui, sont claires.

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Pour en finir avec les allégations de viols attribués du Hamas

En septembre 2025, la Commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU a conclu qu’Israël commet un génocide à Gaza. Déjà, le 26 janvier 2024, la Cour internationale de justice CIJ a reconnu un risque plausible de génocide, imposant à tous les États d’appliquer la Convention sur le génocide et d’agir pour le prévenir.
Dans ce contexte, les accusations de viols attribuées au Hamas, largement relayées par les médias et de nombreux dirigeants politiques, ont été instrumentalisées pour légitimer le génocide à Gaza, bien qu’aucun cas de viol n’ait été documenté par la mission onusienne menée par Pramila Patten
Le slogan “Believe women- croire les femmes” est né d’un souci légitime : celui de réparer des siècles de discrédit systémique envers les victimes de violences sexuelles.

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Ma mère est plus écolo que vos COP!

Par Nordine Saïdi

Dans le cadre de l’université d’été du QG décolonial qui avait pour thème Penser le pouvoir et l’hégémonie avec Fanon et Gamsci, Nordine Saïdi participait à une plénière intitulée «Dérèglement climatique ou la vengeance des ancêtres: que peut l’écologie décoloniale ?». À cette occasion, il livrait le texte qui suit afin de recadrer les débats entourant les luttes environnementales ou écologiques. Il contribue à identifier les divisions de classe et les divisions raciales afin de mieux les surmonter dans une perspective de lutte. – CMB

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SANS-PAPIERS : au croisement des logiques xénophobes et capitalistes – Youri Vertongen

Youri Lou Vertongen est docteur en Sciences politiques. Il a mené une longue recherche sur les mouvements sans-papiers à Bruxelles, en Belgique. Joël Girès de l’Observatoire des inégalités l’interviewe pour discuter de ses analyses et retracer l’histoire des politiques migratoires belges dans ce troisième épisode de Contrechamp.

Youri Vertongen explique à quel point la politique migratoire est structurée par une xénophobie d’État.

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FRANTZ FANON, 100 ANS DE LUTTES : CE QU’IL NOUS APPREND À BRUXELLES PANTHÈRES

Ce que Frantz Fanon nous apprend à Bruxelles Panthères : pour une praxis décoloniale, radicale et populaire au cœur de la métropole européenne.

Frantz Fanon, 100 ans plus tard : armes pour nos luttes à Bruxelles Panthères
De la psychiatrie coloniale à la guérison politique collective : que ferait Fanon aujourd’hui à Bruxelles ?

« La honte. La honte et le mépris de moi-même. La nausée. Quand on m’aime, on me dit que c’est malgré ma couleur. Quand on me déteste, on ajoute que ce n’est pas à cause de ma couleur… Ici ou là, je suis prisonnier du cercle infernal. » Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs. (1952)

Fanon est vivant, ici, dans nos colères, nos soins, nos combats

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Le devoir de solidarité implique une lutte pour l’annulation intégrale de la dette du Tiers Monde

Mise en perspective des relations Nord/Sud — Les fondements d’une solidarité entre citoyen-ne-s

par Ernest Mandel

Nous publions une interview d’Ernest Mandel (1923-1995), militant marxiste, connu notamment pour ses travaux économiques et pour ses analyses politiques. Ernest Mandel a soutenu dès le départ la création du CADTM et a participé comme conférencier aux premiers grands rassemblements internationaux organisés par celui-ci à Bruxelles en 1991 (aux côtés de Hugo Blanco, Susan George, René Dumont et Gilles Perrault) et en 1993 (aux côtés d’Abraham Serfaty, Susan George, Nawaal El Saadawi et Michel Chossudovsky). L’interview qui date de 1991 se termine par la nécessité d’agir pour l’annulation de la dette du Tiers Monde et pour l’émancipation des peuples du Sud. Dans cette contribution, Ernest Mandel met en perspective historique les relations Nord Sud en utilisant la grille d’analyse marxiste, il en vient à la question des mécanismes de drainage des richesses du Sud vers le Nord (le remboursement de la dette du Tiers Monde comme l’échange inégal) et argumente en faveur de la solidarité entre travailleurs du Sud et du Nord. L’énorme intérêt de l’apport d’Ernest Mandel au travers de ce texte est la mise en évidence du cadre historique global dans lequel s’insèrent des combats comme celui de l’annulation de la dette du Tiers Monde.

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Bruxelles Panthères – Déclaration de soutien au CCIE

Nous, Bruxelles Panthères, réaffirmons notre soutien total au Collectif Contre l’Islamophobie en Europe (CCIE), injustement visé par une offensive politico-judiciaire orchestrée par l’État français et relayée dans nos propres territoires.

En mai dernier, des perquisitions et gardes à vue ont frappé le CCIE et ses partenaires, sous le prétexte fallacieux de « participation à une association dissoute ». Il s’agit d’une manipulation grossière du droit pour criminaliser un collectif de droit belge dont la seule “faute” est de défendre les droits fondamentaux des musulman·e·s et de dénoncer l’islamophobie institutionnelle.

Ce que nous observons, ce n’est pas la justice : c’est une justice instrumentalisée par le pouvoir politique pour museler les voix critiques, intimider les militant·e·s et effacer les organisations antiracistes du champ public.

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66 519 décès recensés – Liste UNITED des décès de réfugiés en 2025

L’ONG UNITED for Intercultural Action publie l’édition 2025 de la Liste des décès de réfugiés, recensant 66 519 morts depuis 1993.

Ces morts ne sont pas des « accidents » de parcours, ni de simples « tragédies ». Elles sont le produit direct d’une politique européenne qui a choisi la mort comme instrument de gouvernement : militarisation des frontières, externalisation des contrôles, accords cyniques avec des régimes autoritaires pour bloquer les routes migratoires. L’Union européenne et ses États membres portent une responsabilité criminelle : chaque nom inscrit dans cette liste est une accusation contre l’Europe forteresse.

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Sara R. Farris : le fémonationalisme, une idéologie sexiste et raciste au nom des femmes

Le 1er avril 2025, Enflammé.e.s s’est entretenu avec Sara R. Farris, sociologue, maîtresse de conférences à Goldsmiths (Université de Londres), spécialiste des migrations, du genre et de l’économie politique du care. Ses recherches portent notamment sur le rôle central des travailleuses migrantes dans les économies de la reproduction sociale, la racialisation du sexisme et la financiarisation du secteur du soin.

Elle est l’autrice de In the Name of Women’s Rights. The Rise of Femonationalism (Duke University Press, 2017), traduit en français sous le titre Au nom des femmes. « Fémonationalisme » : les instrumentalisations racistes du féminisme (Éditions Syllepse, 2021), un ouvrage qui a largement contribué à diffuser le concept de fémonationalisme. Celui-ci désigne l’instrumentalisation de la cause des femmes par des partis nationalistes, xénophobes ou néolibéraux, à des fins anti-immigration et islamophobes.

Dans cet entretien, elle revient sur la banalisation de ce phénomène, ses racines économiques, ses prolongements racistes, et les ambiguïtés croissantes autour d’un féminisme désormais mobilisé par l’extrême droite. Une analyse cruciale, alors que Marine Le Pen a été condamnée la veille à de la prison ferme et à cinq ans d’inéligibilité, et que la droite radicale se recompose à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.

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