100 ans de Malcolm X : après une émission diffusée sur Hors-Série en mai 2025, une incursion dans le cinéma s’imposait. Si le biopic classieux de Spike Lee continue de faire autorité, il ne représente pas l’alpha et l’oméga en la matière : ses travers postmodernes et sa servilité au canon hollywoodien limitent sa portée politique, laquelle semble pourtant ne pas faire débat depuis la sortie du film en 1992 – comme si sa seule existence suffisait. Qu’elles soient des rêves oubliés ou des hits de la culture populaire, les œuvres qui ont Malcolm en vue s’inscrivent dans une grande séquence de « reconstruction posthume de son image »… Qu’a fait le cinéma de cette image ? C’est ce que cet article entreprend d’explorer.
À qui appartient l’héritage de Frantz Fanon ? Relire « Les Damnés de la terre »
Les Damnés de la terre est le livre le plus radical et le plus influent de Frantz Fanon : il exprime les contradictions et les potentialités révolutionnaires de toute la conjoncture de la décolonisation. Pourtant, comme le montre ici Bashir Abu-Manneh dans un article initialement publié par Catalyst, sa réception postcoloniale l’a souvent défiguré — en occultant le socialisme de Fanon et son analyse de classe, et en le réduisant à un prophète de la violence.
L’extrême droite britannique multiplie les raids racistes sur le littoral français
Les attaques de militants de l’UKIP visant des exilés se sont succédé ces derniers mois autour de Dunkerque, s’ajoutant à de nombreuses pressions. Des associatifs dénoncent le laisser-faire des autorités et craignent l’escalade.
Témoignage de visite au 127 bis de Steenokkerzeel
15 octobre 1966 : Black Panther Party
En octobre 1966, Huey Newton et Bobby Seale fondent à Oakland, en Californie, le Black Panther Party, BPP, en s’appuyant sur les idées de Malcolm X et dans la ligne du Black Power. « Parce que les Noirs veulent maîtriser leur propre destin, ils font constamment l’objet de brutalités infligées par l’armée d’occupation, incarnée par la police. Il y a de grandes ressemblances entre l’armée d’occupation en Asie du Sud-Est et l’occupation de nos communautés par la police », écrit Newton en 1967.
SANS-PAPIERS : au croisement des logiques xénophobes et capitalistes – Youri Vertongen
Youri Lou Vertongen est docteur en Sciences politiques. Il a mené une longue recherche sur les mouvements sans-papiers à Bruxelles, en Belgique. Joël Girès de l’Observatoire des inégalités l’interviewe pour discuter de ses analyses et retracer l’histoire des politiques migratoires belges dans ce troisième épisode de Contrechamp.
Youri Vertongen explique à quel point la politique migratoire est structurée par une xénophobie d’État.
FRANTZ FANON, 100 ANS DE LUTTES : CE QU’IL NOUS APPREND À BRUXELLES PANTHÈRES
Ce que Frantz Fanon nous apprend à Bruxelles Panthères : pour une praxis décoloniale, radicale et populaire au cœur de la métropole européenne.
Frantz Fanon, 100 ans plus tard : armes pour nos luttes à Bruxelles Panthères
De la psychiatrie coloniale à la guérison politique collective : que ferait Fanon aujourd’hui à Bruxelles ?
« La honte. La honte et le mépris de moi-même. La nausée. Quand on m’aime, on me dit que c’est malgré ma couleur. Quand on me déteste, on ajoute que ce n’est pas à cause de ma couleur… Ici ou là, je suis prisonnier du cercle infernal. » Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs. (1952)
Fanon est vivant, ici, dans nos colères, nos soins, nos combats
66 519 décès recensés – Liste UNITED des décès de réfugiés en 2025
L’ONG UNITED for Intercultural Action publie l’édition 2025 de la Liste des décès de réfugiés, recensant 66 519 morts depuis 1993.
Ces morts ne sont pas des « accidents » de parcours, ni de simples « tragédies ». Elles sont le produit direct d’une politique européenne qui a choisi la mort comme instrument de gouvernement : militarisation des frontières, externalisation des contrôles, accords cyniques avec des régimes autoritaires pour bloquer les routes migratoires. L’Union européenne et ses États membres portent une responsabilité criminelle : chaque nom inscrit dans cette liste est une accusation contre l’Europe forteresse.
Sara R. Farris : le fémonationalisme, une idéologie sexiste et raciste au nom des femmes
Le 1er avril 2025, Enflammé.e.s s’est entretenu avec Sara R. Farris, sociologue, maîtresse de conférences à Goldsmiths (Université de Londres), spécialiste des migrations, du genre et de l’économie politique du care. Ses recherches portent notamment sur le rôle central des travailleuses migrantes dans les économies de la reproduction sociale, la racialisation du sexisme et la financiarisation du secteur du soin.
Elle est l’autrice de In the Name of Women’s Rights. The Rise of Femonationalism (Duke University Press, 2017), traduit en français sous le titre Au nom des femmes. « Fémonationalisme » : les instrumentalisations racistes du féminisme (Éditions Syllepse, 2021), un ouvrage qui a largement contribué à diffuser le concept de fémonationalisme. Celui-ci désigne l’instrumentalisation de la cause des femmes par des partis nationalistes, xénophobes ou néolibéraux, à des fins anti-immigration et islamophobes.
Dans cet entretien, elle revient sur la banalisation de ce phénomène, ses racines économiques, ses prolongements racistes, et les ambiguïtés croissantes autour d’un féminisme désormais mobilisé par l’extrême droite. Une analyse cruciale, alors que Marine Le Pen a été condamnée la veille à de la prison ferme et à cinq ans d’inéligibilité, et que la droite radicale se recompose à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.