Les Damnés de la terre est le livre le plus radical et le plus influent de Frantz Fanon : il exprime les contradictions et les potentialités révolutionnaires de toute la conjoncture de la décolonisation. Pourtant, comme le montre ici Bashir Abu-Manneh dans un article initialement publié par Catalyst, sa réception postcoloniale l’a souvent défiguré — en occultant le socialisme de Fanon et son analyse de classe, et en le réduisant à un prophète de la violence.
Comment la diplomatie européenne a été grippée par des fonctionnaires « très conciliants » avec Israël
Pendant deux ans, l’UE s’est révélée impuissante à sanctionner Israël pour les violations du droit international à Gaza. Les divisions entre États membres en sont la cause première. Mais, au sein du service diplomatique européen, des hauts fonctionnaires freinaient toute initiative « défavorable à Israël ».
Qui « nazifie Israël » ?
Réflexions critiques sur la négation d’un génocide
par
8 décembre 2025
Le 4 octobre 2025, Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), s’interroge sur le plateau de franceinfo : « Mais je ne comprendrai jamais l’inversion morale qui vise à accuser Israël de génocide. D’accuser l’État refuge des réfugiés de la Shoah d’être au fond nazifié ». Cet argument, souvent repris, appelle quelques réflexions, que voici.
Gaza : après le génocide, le génocide
Alors que la situation en Palestine s’efface peu à peu des médias occidentaux, le peuple palestinien et les peuples arabes voisins continuent de subir la catastrophe du colonialisme israélien. À Gaza, le génocide se poursuit avec le soutien de l’Occident. En Cisjordanie, le nettoyage ethnique s’accélère. Au Liban, les bombardements israéliens continuent et une partie du sud du pays est occupée.
Dans ce texte, l’universitaire palestinien-américain Saree Makdisi revient sur la politique d’éradication conduite par l’État colonial israélien à Gaza. L’auteur insiste : le génocide continue. Et cette violence abominable, inhérente au colonialisme israélien et à l’impérialisme occidental, ne doit pas être banalisée. Partout il faut résister, partout il faut refuser la normalisation d’Israël.
Corps et territoire
Cet entretien avec Silvia Federici explore la notion de « communalité » liée aux luttes sud-américaines, qui se distingue de celle de « commun » déployée en Europe. La philosophe et militante féministe examine la place de l’État dans un projet de transformation sociale, et insiste sur la portée des mouvements sociaux en Amérique latine. La corporalité, ou « corps territoire », y constitue un enjeu majeur de ce qui doit être défendu contre les menées capitalistes et colonialistes. Entretien mené par Luis Martinez Andrade, à Paris le 3 mai 2018, et traduit par Thibaut Rouchon.
L’extrême droite britannique multiplie les raids racistes sur le littoral français
Les attaques de militants de l’UKIP visant des exilés se sont succédé ces derniers mois autour de Dunkerque, s’ajoutant à de nombreuses pressions. Des associatifs dénoncent le laisser-faire des autorités et craignent l’escalade.
La peur juive dans l’irréalité sioniste et comment la dépasser
mis en ligne le 2 novembre 2025 – Em Cohen
Dans l’expérience de la main en caoutchouc [1], une main factice est posée sur une table à côté de la véritable main du sujet. Cette dernière est couverte de manière à ce qu’il ne puisse voir que la fausse main en caoutchouc et, à l’aide d’un pinceau, on caresse les deux mains à la même vitesse et au même endroit. Au fur et à mesure de l’expérience, le sujet en vient à considérer la fausse main comme la sienne.
Soudain, celui ou celle qui mène l’expérience saisit un marteau et frappe la main en caoutchouc. Bien que seule la fausse main ait été touchée, les gens réagissent généralement comme s’il s’agissait de leur propre main. Ils·elles sursautent, leur rythme cardiaque s’accélère, puis rient de soulagement lorsqu’ils·elles réalisent qu’ils·elles ont été dupé·es et que leur main est parfaitement intacte. Ayant été conditionné·es à penser dans la première partie de l’expérience que la main en caoutchouc était la leur, les participant·es en viennent à adopter une vision déformée de la réalité, au moins temporairement. Ils et elles redoutent ainsi un coup de marteau qui ne présente aucune menace réelle.
Sur la crise climatique, l’impérialisme et la libération de la Palestine
La dévastation à Gaza n’est pas seulement un génocide, mais aussi un écocide : la destruction délibérée de tout un tissu social et écologique. Des sols contaminés et des terres agricoles décimées à l’effondrement des réseaux hydrographiques et aux mers saturées de déchets, l’attaque israélienne révèle combien la violence coloniale est indissociable des atteintes à l’environnement. Reliant la lutte palestinienne à la lutte mondiale contre le capitalisme fossile et l’impérialisme, cette analyse soutient que la justice climatique est impossible sans la libération palestinienne.
Témoignage de visite au 127 bis de Steenokkerzeel
Israël mène un holocauste à Gaza. La dénazification est notre seul remède – par Orly Noy
La suprématie ethnique meurtrière inhérente à la société israélienne est plus profonde que Netanyahou, Ben Gvir et Smotrich. Elle doit être combattue à la racine.
Source : +972, Orly Noy
La ville de Gaza est en proie aux flammes, alors que l’armée israélienne s’est lancée dans une offensive terrestre (du moins jusqu’au récent cessez-le-feu, ndlr) après des semaines de bombardements incessants. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou, déjà visé par un mandat d’arrêt international pour crimes contre l’humanité, a qualifié cette dernière offensive « d’opération intensifiée. » Je vous invite à regarder les images diffusées depuis Gaza pour comprendre ce que signifie réellement cet euphémisme.